| | | Chroniques des montagnes de Naggaroth - la cité de Kar Gilat | |
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| Auteur | Message |
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Knurlnien Seigneur

Nombre de messages: 1197 Age: 18 Localisation: Gouts (40) / Toulouse (31) Date d'inscription: 27/01/2008
 | Sujet: Re: Chroniques des montagnes de Naggaroth - la cité de Kar Gilat Ven 5 Juin 2009 - 19:50 | |
| Une entrée en matière efficace et alléchante : vivement la suite !  Je n'ai qu'une chose à critiquer pour le fond : | Citation: | | Lin n’en avait pas vraiment car il était orphelin. |
Cliché !  Ce que je te donne là n'est que mon humble avis mais si cela n'a pas d'importance pour la suite j'enlèverai cette fin de phrase.
Pour la forme j'ai d'abord peu apprécié les sauts de temps :
| Citation: | | On arrêtait habituellement le travail de la mine un peu avant le coucher du soleil, car passé certaines heures, les températures deviennent trop froides pour pouvoir continuer les opérations d’extractions, et il est difficile d’assurer une surveillance efficace une fois la nuit tombée. |
Passer de l'imparfait d'habitude au présent de vérité générale me gêne un peu...mais cela peu encore passer.
| Citation: | | Le réseau de surveillance des montagnes a toujours été très efficace pour repérer les intrus, et de toute façon c’est loin au nord dans les cols où les troupes elfes était le plus souvent sollicités. |
Un plus-que-parfait serait ici plus adapté.
| Citation: | Mais le mercure est la base de l’économie de Kar Gilath et la protection des mines trop cruciale pour être négligée, c’est pourquoi autour de chacune un dispositif de patrouilles était mis en place, afin d’anticiper tout incursion éventuelle.
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Mets tout au présent de vérité générale ou à l'imparfait d'habitude. Je pencherais plutôt pour le présent.
Quelques fautes de sintaxe :
| Citation: | | bientôt tous rentreraient à Kar Gilath retrouver son foyer, |
"Tous...à leur foyer" ou "Chacun....à son foyer".
| Citation: | | Mais la chance lui souriat enfin |
Noooon, comment as-tu pu faire une faute pareille vu la qualité du reste du texte. SOURIT !
Cordialement, Knur' (qui attend la suite)_________________  Moi égocentrique ? Noooooooooon !  |
|  | | Wolfen Khaineux Extremiste et Fanatique du Draïch

Nombre de messages: 378 Localisation: 92 Date d'inscription: 26/02/2005
 | Sujet: Re: Chroniques des montagnes de Naggaroth - la cité de Kar Gilat Sam 6 Juin 2009 - 23:23 | |
| Il est tard, je ne ferai pour une fois pas dans le détail. Dès la première phrase, il y a deux fautes de conjugaison (accord sujet / verbe). Pas de faute majeure mais de nombreuses erreurs de temps ; une ou deux relectures et le correcteur de word ne seraient pas de trop. | Citation: | Dans l’ensemble, les journées qu’il passait à patrouiller étaient plutôt routinières |
C'est un peu le principe d'une patrouille.
| Citation: | Si il y avait bien une chose pour laquelle Lin était doué, c’était bien l’équitation ; |
Voila qui fait beaucoup de "bien" pour une si courte phrase.
Sinon le combat est proprement ridicule. On a un protagoniste qui d'entrée est blessé avec un bras gauche pour ainsi dire inutilisable. En face, deux puis trois ennemis. Déjà, il les tient à distance. Va savoir comment, il doit vraiment faire peur à voir. Ensuite voila qu'il frappe au crâne l'autre ; on est en droit de se demander comment il fait ça sans offrir une magnifique ouverture à l'autre trouffion. Le plus drôle étant que quand le troisième arrive, il se colle dos au mur. Bah oui, quoi, c'est normal, il n'est pas suffisamment désavantagé, il faut qu'il se rajoute un handicap en se calant contre le mur et se privant de toute liberté de mouvement. Et pour finir, il gagne. On a trouvé un remplaçant à Archaon, je crois.
Navré d'être acide mais tu nous as jusque là habitué à bien mieux.
Wolf'. |
|  | | Zarakaï Apprenti Guerrier

Nombre de messages: 22 Age: 23 Localisation: Rouen Date d'inscription: 21/05/2009
 | Sujet: Re: Chroniques des montagnes de Naggaroth - la cité de Kar Gilat Dim 7 Juin 2009 - 1:00 | |
| Bonsoir, d'abord un grand merci à ceux qui prennent le temps de me lire. | Citation: | | Quelques fautes dont certaines sont dans la citation. |
| Citation: | | Noooon, comment as-tu pu faire une faute pareille vu la qualité du reste du texte |
| Citation: | | il y a deux fautes de conjugaison (accord sujet / verbe). Pas de faute majeure mais de nombreuses erreurs de temps ; une ou deux relectures et le correcteur de word ne seraient pas de trop. |
Bon j'ai commencé à corriger. Au passage j'utilise un correcteur word, qui ne corrige pas les temps bien sur.. Il faut que je m'applique.
| Citation: | | je n'ai pas très bien compris la signification de taille haute ( taille est féminin, donc il faut accorder haut |
Alors je ne suis pas sur de moi. La taille c'est l'épée en fait, et cette formule moyenageuse aurait abouti sur le "tayoooo" d'aujourd'hui. A voir.
| Citation: | Le récit était bien, certes, mais le manque de points donne un rythme un peu trop soutenu à mon gout.
| Comme c'est le premier texte en mode "récit" je m'attendais à ce genre de problèmes, vos conseil sont les bienvenus pour améliorer le tout.
| Citation: | Citation:
Dans l’ensemble, les journées qu’il passait à patrouiller étaient plutôt routinières
C'est un peu le principe d'une patrouille.
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Je me permet de te contredire. Pour par exemple un policier, effectuer quotidiennement des patrouille dans le 16ème est en effet routinier. Pour celui qui effetue ces mêmes patrouilles dans cette fois-ci les quartiers chauds de jérusalem, je pense que c'est pas la même mayonnaise question routine heing?
| Citation: | Sinon le combat est proprement ridicule. On a un protagoniste qui d'entrée est blessé avec un bras gauche pour ainsi dire inutilisable. En face, deux puis trois ennemis. Déjà, il les tient à distance. Va savoir comment, il doit vraiment faire peur à voir. |
Le combat n'est en effet pas le plus glorieux qu'il nous est été donné de voir. Lin est un piètre duéliste pour un elfe, et ses adversaires ne sont guère de meilleurs combattant.
| Citation: | | Ensuite voila qu'il frappe au crâne l'autre ; on est en droit de se demander comment il fait ça sans offrir une magnifique ouverture à l'autre trouffion. |
Là je me suis relu, mais il ne le frappe pas au crâne, il le manque, et lui déchire la main.
| Citation: | Le plus drôle étant que quand le troisième arrive, il se colle dos au mur. Bah oui, quoi, c'est normal, il n'est pas suffisamment désavantagé, il faut qu'il se rajoute un handicap en se calant contre le mur et se privant de toute liberté de mouvement.
| Et bien je pense qu'en tant que mauvais combattant, encerclé et fatigué, se reposer contre un mur peut sembler un répit non?
| Citation: | Et pour finir, il gagne. On a trouvé un remplaçant à Archaon, je crois.
| Il gagne car bien meilleur à cheval que l'épée à la main.
| Citation: | Navré d'être acide mais tu nous as jusque là habitué à bien mieux.
| Je te remercie de ta franchise Wolf, je n'ai pas l'habitude de ce type d'écriture, et parfois je me perds, mais je reste positif!
@+ |
|  | | Wolfen Khaineux Extremiste et Fanatique du Draïch

Nombre de messages: 378 Localisation: 92 Date d'inscription: 26/02/2005
 | Sujet: Re: Chroniques des montagnes de Naggaroth - la cité de Kar Gilat Dim 7 Juin 2009 - 11:50 | |
| | Citation: | Je me permet de te contredire. Pour par exemple un policier, effectuer quotidiennement des patrouille dans le 16ème est en effet routinier. Pour celui qui effetue ces mêmes patrouilles dans cette fois-ci les quartiers chauds de jérusalem, je pense que c'est pas la même mayonnaise question routine heing?
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C'est une routine différente, ça reste une routine. Une patrouille, on lui demande de patrouiller (O RLY ?), donc de faire un chemin quasi-identique à intervalles réguliers. C'est bien une routine. Tu as l'air de penser que "routine" = "aucun ennui" ; mais avoir des ennuis chaque jour, c'est une routine aussi (que je ne souhaite pas ;p ). Moralité, le terme "tranquille" ou "se déroulaient sans accroc" irait mieux à ce que tu veux transmettre.
| Citation: | Le combat n'est en effet pas le plus glorieux qu'il nous est été donné de voir. Lin est un piètre duéliste pour un elfe, et ses adversaires ne sont guère de meilleurs combattant. |
Ouais mais dans ces cas là autant le dire clairement "il affronte des buses et les bat avec ses pieds les yeux fermés".
| Citation: | Là je me suis relu, mais il ne le frappe pas au crâne, il le manque, et lui déchire la main.
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Justement ; une attaque occasionne automatiquement de relâcher sa défense ; si en plus il manque son coup et perd son équilibre, il faut être plus que stupide pour ne pas saisir l'occasion et l'embrocher. Mets-toi en situation : tu te bats contre deux personnes (en boxe mettons) ; tu lances une grande droite à celui de droite ; comment veux-tu, pendant ce mouvement, te protéger efficacement contre le mec de gauche ?
| Citation: | Et bien je pense qu'en tant que mauvais combattant, encerclé et fatigué, se reposer contre un mur peut sembler un répit non? |
Quand tu combats, tu n'es jamais statique ; tu avances, te déplaces latéralement ou recules quand tu es en mauvaise posture. Si tu es dos au mur, c'est d'une simplicité extrême de pénétrer ta garde car tu ne peux plus maintenir de distance entre toi et ton adversaire (d'autant plus qu'il fait face à trois grandes brutes).
| Citation: | Je te remercie de ta franchise Wolf, je n'ai pas l'habitude de ce type d'écriture, et parfois je me perds, mais je reste positif! |
Je suis là pour ça, si je flattais les gens dans le sens du poil, ce serait pas la peine de commenter. Ton texte n'est pas mauvais sur le plan de l'écriture ni de la construction — même s'il demeure assez classique — c'est juste le fait qu'un novice blessé triomphe de trois adversaires qui me choque. On n'est pas dans le grobillisme pur et dur comme on le voit parfois mais bon, c'est quand même un peu gros.
Wolf'. |
|  | | Zarakaï Apprenti Guerrier

Nombre de messages: 22 Age: 23 Localisation: Rouen Date d'inscription: 21/05/2009
 | Sujet: Re: Chroniques des montagnes de Naggaroth - la cité de Kar Gilat Ven 12 Juin 2009 - 17:55 | |
| Bonjour à tous! Je suis d'accord avec toutes tes ramarques Wolfen, j'espère qu'à l'avenir les combats te sembleront plus réalistes!Surtout pour le chapitre 3 (= baston  ) J'ajoute le chapitre 2, comme c'est un passage assez court de "transition", je tarderais moins à poster la suite (d'autant que je suis déjà en train de rédiger le Chap.5  ) Bonne lecture! ___________________________________________________________________________
Chapitre 2 Le soleil se couchait sur Kar Gilath, disparaissant à l’horizon, loin derrière les pics enneigés d’une imposante chaîne de montagnes. Depuis le balcon d’une tour du palais, le seigneur Sarraï Molhmotho regardait le spectacle sans vraiment y prêter attention, l’air soucieux. Depuis la mort de son illustre père et son accession sur le trône, il avait compris ce qu’impliquait réellement de diriger une cité et quels désagréments cela pouvait apporter. Il lui fallait constamment gérer une foule de problèmes, parfois même les plus insignifiants. Et cela toujours avec la même énergie, la même efficacité : il devait se montrer infaillible et intraitable, afin de ne jamais compromettre sa situation auprès des citoyens, mais aussi du conseil de la cité. Car si il avait su s’imposer comme le nouveau maître de la citadelle et était maintenant très expérimenté, il ne jouissait pas du charisme de son père, encore honoré à ce jour. Il arrivait même que le conseil discute ses décisions, lui qui autrefois s’en remettait aveuglement aux directives de Sanbi. Sarraï ne disposait pas de toute la liberté de manœuvre qu’il aurait souhaité. Comme si certains conseillers sentaient qu’ils y pouvait y avoir quelques profits à tirer d’une éventuelle éviction du seigneur. -Peut-être que les nouveaux membres sont finalement bien plus ambitieux qu’autrefois rumina-t-il, perdu dans ses pensées. Toujours est-il que l’envie lui prenait bien souvent, lorsque siégeait le conseil, de tirer son épée et de découper quelques têtes! Mais son père lui avait maintes fois répété l’importance de ces réunions pour l’équilibre du royaume. Ce Sanbi.. maudit soit-il! Même les relations avec Naggarond s’étaient détériorées depuis sa mort, qui ne disposait plus de son interlocuteur habituel, et Sarraï eu bien de la peine à rétablir l’échange avec les autorités de la capitale. Maintenir l’économie de la ville à flot était une priorité, et cela passait par une meilleure exploitation des mines ainsi qu’un commerce ouvert sur l’extérieur. Car bien que la démographie de la communauté était stable, il fallait toujours anticiper de futures problématiques liées aux besoins croissants des habitants. De plus Sarraï savait que pour faire grandir Kar Gilath, il fallait que la population se développe. Et comme si ce n’était pas suffisant, les rapports des éclaireurs dressaient des bilans alarmants sur l’activités dans montagnes ces dernières semaines : orques sauvages, gobelins, hommes du nord.. la région était de moins en moins sure. Ses considérations sur l’économie de la citadelle n’auraient plus lieu d’être si les elfes étaient rayés de la région. Le constat était clair : il manquait d’hommes ; les passes au nord devaient être surveillées et les mines nécessitaient un lourd dispositif de protections, surtout concernant l’acheminement des matières extraites jusqu’à la ville, les exploitations étant dispersées dans les montagnes. Sans compter que ces serpents de Naggarond lui laissait l’entière responsabilité des convois marchands entre les deux cités! Ces voyages étaient longs et souvent périlleux, mais essentiels pour Kar Gilath car les caravanes revenaient toujours les caisses pleines, assurant ainsi la totalité des exportations ET de l’importation. Son regard se posa sur la ville qui s’étalait à ses pieds : la cité était un véritable joyau, petit chef-d’œuvre du savoir-faire architectural des elfes. Construite sur le flanc d’une montagne, plus précisément adossé à un des pics d’une chaine qui surplombait un plateau de très haute altitude, la cité était constituée par une succession de niveaux imbriqués, établis sur des terrasses aménagées plus ou moins vastes. L’unique accès était la route sur le plateau qui débutait au portes de la ville et se poursuivait vers les montagnes. L’énorme pic montagneux était situé sur le bord du dit plateau et une partie de la ville était tournée vers le vide du versant de la montagne, disposant d’un panorama grandiose sur toute cette partie de la vallée. Une fois les portes de l’enceinte passées on accédait d'abord au premier niveau, logiquement le plus bas en altitude, qui n’était pas construit sur une terrasse mais directement sur le socle du plateau, contre le pied du pic qui le surplombait. A cet endroit il y avait un petit renfoncement dans la montagne, ce qui a permis de « caler » facilement le premier niveau, qui était comme protégé de part et d’autre par deux « bras » de la montagne. De solide remparts faisant face au plateau complétaient la protection naturelle par un demi-cercle de muraille qui joignait ces deux bras. On trouvait dans le premier niveau la plupart des gros bâtiments de la ville comme des entrepôts, des bâtiments militaires, le corral, les précieuses et imposantes installations de traitements du cinabre, mais aussi des habitations. Lorsque l’on avait traversé le premier niveau, on accédait au second via la rampe principale, une imposante montée en double section droite creusée dans la roche, qui menait à l’étage le plus grand de la cité. Construit sur une vaste terrasse, il formait un ovale empiétant sur le niveau inférieur. La plupart de la population résidait ici, et on y trouvait de nombreux petits commerces, échoppes, ainsi que l’incontournable marché des Halles. Plus haut encore la ville présentait une suite d’autres terrasses de plus ou moins grande importance, certaines communiquaient entres elles, d’autres étaient isolées, où se trouvaient les plus belles demeures de la ville. Sur le versant de la cité tourné vers le vide avait été construite la tour du savoir, une grande bâtisse constituée en réalité de plusieurs tours, lieu ou toutes les connaissances des elfes de Kar Gilath étaient accumulées. Enfin, au plus haut de la citadelle, au-dessus encore du quartier des nobles et des bâtiments administratifs, il y avait le palais, ou vivait la famille Molhmotho et sa cour. Un messager venait d’entrer sur le balcon sans faire de bruit, et attendait qu’on lui fasse signe. Sarraï lui autorisa la parole d’un mouvement de tête. -Maître Sïnh est arrivé, seigneur, dit doucement l’elfe. Sïnh. Son frère damné.. Encore un problème de plus. Il devait sans cesse faire avec ses sautes d’humeurs, ce qui chaque fois lui coûtait ses réserves de patience pour la semaine. Malgré qu’il était le maître des Cavaliers Noirs, son maléfique jumeau n’en faisait souvent qu’à sa tête, et il était dur de coopérer avec lui. Bien des fois il se demandait pourquoi n’avait on pas jadis fait occire l'enfant au visage démoniaque plutôt que sa pauvre mère, qui après tout n’aurait certainement pas voulu éduquer une telle horreur. Mais le légendaire sens de la justice de Sanbi en avait décidé autrement, et la génitrice fut déclarée fautive et exécutée sur le champ, ce qui tout de même ne manquait pas d’une certaine classe, reconnu Sarraï à contrecœur. Quant à l’option de faire supprimer lui-même son frère, il n’y avait jamais vraiment réfléchit sérieusement, d’abord parce que la paranoïa et la brutalité de Sïnh rendait la chose quasi impossible, et puis, il devait bien à son père de suivre quelques-unes de ses directives. Cette idée le fit sourire, et il se sentit finalement prêt à supporter l’exécrable caractère de son jumeau. -Faites-le entrer, ordonna Sarraï. ___________________________________________________________________________ La suite dans le courant de la semaine prochaine! @+ |
|  | | Wolfen Khaineux Extremiste et Fanatique du Draïch

Nombre de messages: 378 Localisation: 92 Date d'inscription: 26/02/2005
 | Sujet: Re: Chroniques des montagnes de Naggaroth - la cité de Kar Gilat Ven 12 Juin 2009 - 23:15 | |
| Ma lecture a été assez rapide — il est tard, je me lève tôt demain — mais je n'ai rien vu à redire. Un chapitre de transition qui joue beaucoup sur la description ; ce que l'on sait de tes explications, on l'observe au travers de ton personnage. C'est bien rendu, la longueur est bien dosée, ni trop long, ni trop court. Pas de commentaire plus approfondi avant une seconde lecture donc, ce qui ne sera pas avant quelques jours étant donné que je m'absente jusqu'à mercredi. Bon boulot en tout cas. Wolf'. |
|  | | Zarakaï Apprenti Guerrier

Nombre de messages: 22 Age: 23 Localisation: Rouen Date d'inscription: 21/05/2009
 | Sujet: Re: Chroniques des montagnes de Naggaroth - la cité de Kar Gilat Lun 15 Juin 2009 - 19:25 | |
| Bonjour! Comme promis je post la suite sans tarder!! Voici la baston aux mines!! ___________________________________________________________________________ Chapitre 3 Le vent froid claquait sur les joues de Lïn qui avait lancé Hoth au triple galop sur le sentier enneigé menant à la mine. Les trois hommes qu’il avait affronté n’était visiblement pas venus seuls, et le gros de leur troupe devait certainement être parti à l’assaut de l’exploitation, mais dans quel but? Il était difficile d’imaginer quelles idées pouvait traverser l’esprit crétin de ces brutes des montagnes.. Mais selon toute vraisemblance, on courrait à la catastrophe : les mines étaient très vulnérables et peu protégées. Il fallait espérer que les éclaireurs feraient preuve de réactivité et reviennent sans tarder prêter main-forte aux gardes qui allaient être vite débordés, car il ne faisait aucun doute qu’ils seraient en sous nombre. L’elfe se prépara mentalement. Il y avait de forte chance qu’il ait à se battre de nouveau, et cette fois-ci il lui faudrait éviter que le combat ne tourne si vite en sa défaveur. Cette simple pensée le fit raidir sur sa selle. Il essaya de garder la tête froide et de rester concentré sur les événements. *** Arrivé en haut du chemin, le spectacle qui se déroulait en contrebas le frappa d’horreur : plusieurs dizaines de nordiques dévalait en hurlant le versant ouest de la vallée, fondant sur l’entrée de la mine dans la faible lumière de fin d’après-midi. Il étaient armés de haches, d’épées, de massues, et pour certains de grands boucliers ronds. Vêtus de simples peaux de bêtes, la plupart étaient quasiment nus. Des vrais barbares des tribus du nord. Les quelques gardes tentèrent de s’organiser : alors que certains étaient encore en train de s’équiper et que le cor d’alerte soufflait toujours, d’autres tiraient déjà des carreaux sur leurs assaillants, et criaient aux esclaves de rentrer dans la mine. Ces derniers étaient pris d’un vent de panique : hésitant, une partie d’entre eux obéirent et s’abritèrent dans les souterrains, tandis que les plus téméraires se jetèrent dans les bras de leurs sauveurs venu du nord, croyant y voir une possibilité de s’échapper. Finalement, la suite des événements donna raison à ceux qui avaient choisi la solution de repli, car le premier barbare qui atteignit les esclaves entreprit de leur broyer la tête avec son gourdin. S’ensuivit un terrible massacre qui vit les esclaves malchanceux être réduit à l’état de bouillie. Dans leur folie destructrice, les guerriers les plus frénétiques frappaient sans relâche les cadavres jusqu’à ce qu’il ne deviennent que d’horribles monceaux de chairs sanguinolente. Les défenseurs utilisèrent les reliefs pour s’abriter et délivrer une avalanche de traits qui firent tomber de nombreux chaotiques. Comme à l’accoutumée, les aptitudes tactiques relativement peu développées des humains ne leur permirent pas d’apprécier le fait qu’une longue charge à travers la vallée les laissaient très exposés au tirs des elfes. Mais la démence de ces guerriers leur faisaient faire abstraction les tirs qui volaient autour d’eux, et il poursuivirent leur mouvement à travers la neige. La masse de guerriers à peaux de bêtes atteignit finalement les druchii, et pour éviter que tout les arbalétriers soient engagés au corps à corps, un petit groupe d’elfes tirèrent leurs épée et s’avancèrent pour engager le combat et les tenir à distance. Lïn descendit le sentier à toute allure. Il lui fallait intervenir. Déjà des éclaireurs avaient pu revenir, et il vit quelques ombres harceler la horde depuis les bois dans le val. Mais ce n’était qu’une épine dans le pied de l’ennemi. Il devait profiter de sa mobilité pour attaquer les chaotiques qui étaient relativement dispersés. Les gardes tinrent bons, et firent rempart de leurs boucliers pour repousser la bande d’enragés, mais cela ne durerait qu’un temps. Une poignée de barbares tenta de contourner les épéistes pour atteindre la ligne de tireur et offrir un répit aux reste de la bande. Lïn, qui venait juste d’arriver à proximité, remarqua la manœuvre. C’était l’occasion d’agir. Lance serrée contre lui, l’elfe chargea les arrières de ceux qui débordaient. Il embrocha net un homme entre ses omoplates, mais lâcha son arme, restée solidement accrochée au corps. Il profita encore de l’effet de surprise pour en tuer deux autres de son arbalète pour ensuite fuir la contre-attaque de leurs semblables. Les barbares se retrouvèrent perdus au milieux des lignes et furent rapidement criblés de carreaux par les gardes. A nouveau hors de portée, l’orphelin reprit son souffle, le cœur battant la chamade. En extase, il ne put s’empêcher de se féliciter sur sa première intervention au beau milieu des combats, qu’il jugea tout simplement « meurtrière »! Décidant que le terme était de loin le plus approprié. Mais malgré son excitation, il était incroyablement crispé : il n’avait jamais connu de telle bataille, et n’avait jamais tué autant d’homme qu’à ce jour. Lors de sa précédente charge, la peur l’avait presque paralysé sur sa selle. Au loin il aperçu les gardes qui commençaient à reculer, pliant sous le nombre des attaquants. Ils se battaient à quatre contre un, et la violence de l’assaut avait déjà fait beaucoup de victime. Respirant un grand coup, il étrilla Hoth, et repartit harceler les maraudeurs. A cet instant deux de ses compagnons cavaliers arrivèrent par le chemin du col et vinrent immédiatement le rejoindre, leurs montures étaient à bout de souffle. C’étaient deux hommes expérimentés, qu’il connaissait peu. L’un d’entre eux lui fit signe en montrant du doigt la bataille. -Lïn! Les hommes à cheval! Lui cria-t-il le bras tendu. En effet, des cavaliers comme ceux qu’il avait combattu dans la montagne avaient joint la mêlée et mettaient en grande difficulté les druchii. Les trois elfes dirigèrent leurs montures vers le combat. Une fois non loin de leur cible, un des camarades de Lïn souleva sa lance comme un javelot, et la lança avec beaucoup de dextérité sur un barbare monté, qui décolla littéralement de son destrier, percé de part en part. Face à cette nouvelle menace, les maraudeurs firent demi-tour et se ruèrent sur les cavaliers noirs qui rebroussèrent chemin pour les éviter. C’était la meilleure tactique à employer : ralentis par la neige, les lourds chevaux qui de plus supportaient tout l’équipement des hommes ne pouvaient les atteindre, et les elfes avaient tout le loisir de les arroser de traits. Mais malgré que plusieurs ennemis tombèrent de la sorte, le petit manège avait ses limites, le terrain était difficile et il fallait calculer ses fuites, si bien qu’à un instant un des deux cavaliers noirs s’empala par mégarde dans un groupe de guerriers à pieds occupé à combattre, qui immédiatement le taillèrent en pièce. Certains hommes avaient percés les lignes et rentraient déjà dans la mine pour y massacrer les esclaves ainsi que les résistants qui s’y étaient réfugiés. En face, les archers essayaient d’atteindre les druchii de leurs tirs maladroits, leurs flèches étaient peu précises mais gênaient les mouvements des elfes (ainsi que des hommes!). C’est de cette façon que le cheval de l’autre compagnon de Lïn fut touché, écrasant lourdement son cavalier dans sa chute. La situation empirait chaque seconde, et le jeune elfe qui était tout azimuté par les affrontement autours de lui tenta de se sortir du guêpier. Les maraudeurs à cheval étaient presque tous tombés, mais il restait encore bien trop de guerriers. On pouvait les voir faisant tournoyer leurs haches et battre violemment les boucliers elfiques de leurs épaisses armes. C’est alors qu’au plus fort du combat on aperçu un renfort des plus inattendus pour les nordiques qui allait plonger les druchii dans le désespoir : aiguillés par quelques barbares, deux trolls des montagnes descendaient la vallée d’une démarche pataude. La vision de ces monstres fit frémir les elfes, il était déjà surprenant qu’ils aient pu déjouer si loin le réseau de surveillance, mais avec deux de ces créatures bruyantes, cela semblait défier toute logique! Comment allaient-ils pouvoir contrer leur force herculéenne avec leurs seuls armes disponibles ? D’ordinaire les troll sont des adversaires coriaces, mais lorsque l’on est pas préparé à les affronter, ils sont inarrêtables! Le moral des défenseurs venait de prendre un sacré coup. Mais un événement incroyable se produisit : les brutes géantes étaient engagés dans une partie très escarpée du versant, et dans la descente, un des trolls trébucha maladroitement. Si un homme aurait pu se rattraper facilement, la lourde masse de la bête le fit rouler en avant, et il dévala la pente à une vitesse ahurissante. Le temps semblait s’être suspendu sur le champ de bataille ou tous avaient les yeux rivés sur la folle dégringolade. Dans sa chute, le monstre se fracassait contre des blocs de pierre avec grands bruits, et finir par s’écraser au sol contre un rocher dans un craquement sinistre. Les nordiques étaient furieux, pestant les uns contre les autres. Sur la corniche, l’autre troll riait de bon cœur, l’air bêta. Les elfes reprirent courage, et l’un d’entre eux eu la présence d’esprit d’aller achever la bête, qui ne semblait pas avoir succombé de ses blessure. Ne pouvant lui trancher la tête, il entreprit de la scier énergiquement. Malheureusement pour les elfes, le géant survivant ne fit pas la même erreur que son congénère, et en quelques minutes parvint à joindre l’entrée de la mine. les derniers gardes encore debout s’opposèrent à lui, prenant même l’initiative en tentant de le percer de leurs lances, ce à quoi la créature ne sembla pas vouloir s’opposer, mais les armes des elfes restèrent inoffensivement plantée dans la peau dure de la bête, qui répondit en distribuant un monumental coup de fauchage qui balaya sans peine ses agresseurs. Lïn, qui s’était mis en tête de prêter main forte aux elfes combattant le monstre, ne put s’empêcher de fuir à la vue des corps désarticulés des elfes, qui volaient comme les pantins d’un triste spectacle. On pouvait discuter de l’utilité d’un troll dans une attaque surprise, mais dans ce cas précis elle prit tout son sens. L’être de pierre entra dans la mine, et, avec la délicatesse qui caractérise cette race, commença à en défaire les fondations. Il arrachait rageusement les poutres, pulvérisait les contreforts, tapait violemment sur les parois. La mine allait s’écrouler sur elle même. Elle allait s’écrouler aussi sur le troll, mais le monstre était trop stupide pour s’en soucier. Les derniers survivants qui étaient réfugiés dans les galeries seraient emmurés vivant, si ils n’étaient pas déjà tombés sous les coups des nordiques. Le sol gronda longuement. Finalement le son sourd des éboulis de pierres résonnèrent dans la montagne, et l’entrée de la mine fut rapidement obstruée sous des avalanches de terre pendant que les rares elfes survivant fuyaient le désastre. A cet instant précis, un des barbare sonna la retraite. Leurs objectifs, qui maintenant semblaient évident, étaient rempli. Lïn, qui s’était soustrait à la curée, leva la tête sur le champ de bataille : les gardes étaient tous mort, ainsi que la plupart des éclaireurs qui étaient revenus les aider. Les chaotiques, eux, s’éloignaient de la vallée presque à contrecœur, les hommes brûlaient encore d’envie de se jeter à corps perdu dans la bataille, jusqu’au dernier souffle. Mais leurs nombre avait diminué et la plupart étaient blessés et avaient un ou plusieurs traits d’arbalète planté dans le corps. Il s’éclipsèrent rapidement dans les montagnes. *** Le bilan était catastrophique. Outre la perte de nombreuses vies elfes, gardes, éclaireurs et employés de l’exploitation, la mine ainsi sabotée était inutilisable pour de longs mois, ce qui était d’autant plus grave que c’était la plus importantes de toutes, elle fournissait la plus grande part de l’apport en cinabre de Kar Gilath, et le matériel qu’elle contenait est maintenant détruit. Encore plus grave, des esclaves ont été perdus par dizaines, ce qui, compte tenu de la difficulté de s’en procurer représentait un investissement colossal anéanti! La journée avait été rude pour les elfes. ___________________________________________________________________________ La suite .. viendra. |
|  | | Knurlnien Seigneur

Nombre de messages: 1197 Age: 18 Localisation: Gouts (40) / Toulouse (31) Date d'inscription: 27/01/2008
 | Sujet: Re: Chroniques des montagnes de Naggaroth - la cité de Kar Gilat Mar 16 Juin 2009 - 14:47 | |
| Pas trop mal pour une première scène de bataille.  J'ai relevé ces quelques phrases : | Citation: | | C’est alors qu’au plus fort du combat on aperçu un renfort des plus inattendus pour les nordiques qui allait plonger les druchii dans le désespoir |
Je mettrais le deuxième verbe de la phrase aussi au passé simple pour plus de cohérence.
| Citation: | | l’un d’entre eux eu la présence d’esprit d’aller achever la bête, qui ne semblait pas avoir succombé de ses blessure. Ne pouvant lui trancher la tête, il entreprit de la scier énergiquement. |
Pas très élégant et surtout réaliste à mon goût (le coup d'un troll doit être deux fois plus large qu'un buste et il y a d'autres moyens plus faciles d'infliger la mort). De plus, je me demande comment l'elfe peut se retrouver à proximité du troll et s'attaquer à sa besogne sans problème alors que celui-ci arrive de l'autre côté du champ de bataille ! 
| Citation: | | les derniers gardes encore debout s’opposèrent à lui, prenant même l’initiative en tentant de le percer de leurs lances, ce à quoi la créature ne sembla pas vouloir s’opposer, mais les armes des elfes restèrent inoffensivement plantée dans la peau dure de la bête, qui répondit en distribuant un monumental coup de fauchage qui balaya sans peine ses agresseurs |
Faut quand même se rappeler que les barbares sont déjà entrés dans la mine et donc que quasiment aucun garde n'est censé avoir survécu à cet instant avant de se faire exterminer par ce débordement. De plus, j'aurais dis "un coup de faux" ou un "fauchage" tout court. 
| Citation: | | tapait violemment sur les parois |
"Frappait violemment..." me semble meilleur.
Un texte tout de même intéressant en définitive qui soulève des questions ne l'étant pas moins : - qui dirige ces barbare ? - comment une telle horde a-t-elle réussit à atteindre la mine sans se faire repérer, surtout avec deux créatures aussi massives ?
Cordialement, Knur' (à quand la suite ?)_________________  Moi égocentrique ? Noooooooooon !  |
|  | | Wolfen Khaineux Extremiste et Fanatique du Draïch

Nombre de messages: 378 Localisation: 92 Date d'inscription: 26/02/2005
 | Sujet: Re: Chroniques des montagnes de Naggaroth - la cité de Kar Gilat Mar 16 Juin 2009 - 15:41 | |
| Je passe après Knur' qui ne me laisse pas grand chose à redire sur la forme (excepté quelques verbes mal accordés, je les ai vu en lisant mais n'ai pas pensé à les relever ; mea culpa). Une première scène de bataille plutôt intéressante et cohérente ; bien menée, en tout cas et qui laisse les elfes dans une difficile position. Et je suis prêt à parier que c'est Sïnh qui est le coupable : étant à la tête des cavaliers noirs, il doit être simple pour lui de réassigner les éclaireurs de sorte à laisser une faille dans le réseau. Quant à ses motivations... Il est encore trop mystérieux pour que je ne fasse de pronostics. Allez, la suite.  Wolf'. |
|  | | Zarakaï Apprenti Guerrier

Nombre de messages: 22 Age: 23 Localisation: Rouen Date d'inscription: 21/05/2009
 | Sujet: Re: Chroniques des montagnes de Naggaroth - la cité de Kar Gilat Jeu 9 Juil 2009 - 19:15 | |
| Bonjour à tous! Après en avoir fini avec le mémoire et la soutenance de mon stage sur la fiscalité environnementale, je vais enfin pouvoir me remettre à l'écriture des tribulations de mes druchiis! | Citation: | | Faut quand même se rappeler que les barbares sont déjà entrés dans la mine et donc que quasiment aucun garde n'est censé avoir survécu à cet instant avant de se faire exterminer par ce débordement. |
En fait les gardes n'étaient pas massés devant l'entrée de la mine, mais défendait plus où moins la zone, donc certains d'entre eux sont restés combattre dehors.
| Citation: | | Et je suis prêt à parier que c'est Sïnh qui est le coupable |
| Citation: | qui dirige ces barbare ? - comment une telle horde a-t-elle réussit à atteindre la mine sans se faire repérer, surtout avec deux créatures aussi massives ? |
Vous n'êtes pas au bout de vos surprises
En avant! Voici un petit retour sur la cité, ou l'on découvre d'un peu plus près certains intriguants..
___________________________________________________________________________
Chapitre 4
Le capitaine Sulluth était anxieux. Appuyé contre les remparts de la cité, il regardait le convoi s’éloigner dans les étendues glacées de la montagne. Il y avait tellement de neige que l’on ne distinguait presque plus la route. Leur voyage serait difficile. Comme chaque fois lorsqu’une caravane quittait la ville, Sulluth était confronté à toute la fragilité de la situation de Kar Gilath ; qui dépendait de ces exportations, mais aussi des marchandises que les elfes ramèneraient de Naggarond. Il avait beau toujours superviser les préparatifs en personne, et ce jusque dans ses moindres détails, il subsistait toujours des variables qu’il ne pouvait maîtriser, susceptibles de ruiner la bonne marche du réseau de caravanes. Un réseau vital pour les elfes des montagnes.
Dans chacune d’entre elle on entassait toutes les matières que pouvait fournir la ville, essentiellement des produits du cinabre : potions, tentures, médications, matériel scientifique, et bien sur de grandes quantités de mercure brut. Une fois dans la capitale, les elfes devaient procéder à des financements afin de pourvoir la citadelle en denrées et de bien d’autres choses encore. C’est pourquoi afin d’éviter de trop charger l’expédition en or, la plupart des produits exportés étaient troqués. Ainsi des marchands et autres négociateurs à la solde de Kar Gilath siégeaient constamment à Naggarond, et discutaient sans cesse les meilleurs taux pour le compte de la cité perchée.
Quant à la protection des convois, c’était un élément crucial de l’équation. Un régiment de l’armée avait été spécialement formé à cette tache, et y était constamment affecté. Ce qui prélevait un nombre important d’hommes au reste des soldats dont la ville disposait. L’importance du dispositif était souvent proportionnel à la taille de la caravane, mais on retrouvait généralement un corps de gardes traditionnels auquel s’ajoutaient quelques éclaireurs et cavaliers noirs. Un procédé astucieux avait été mis au point lorsque le chargement était vraiment précieux : sur quelques unes des habituelles charrettes ou les marchandises étaient transportées avaient été construites des balistes à répétition, amovibles à 360°. Cela permettait de tenir à distance plus efficacement d’éventuels agresseurs. Mais il y avait peu de ces engins, qui en plus mobilisaient deux chevaux de traits supplémentaires, ainsi que trois hommes, ce qui était difficile à pourvoir.
La troupe avait maintenant disparu au loin, et Sulluth repartit vers le palais, flanqué de l’un de ses auxiliaires qui le suivait d’un pas feutré. Il avait encore beaucoup de travail.
D’âge mur, et noble de naissance, le capitaine Sulluth était un homme grand au visage dur, qui inspirait naturellement l’autorité. Il était le véritable bras droit du seigneur Sarraï. Entièrement dévoué à son maître, il avait sous sa responsabilité l’armée, la garde et la garnison. Il supervisait le transport entre les villes, et s’occupait d’une foule d’autres questions, qu’elles soient stratégiques, tactiques, ou même concernant les affaires de la cité. Ce qui délestait ainsi le seigneur Molhmotho d’une charge de travail énorme, dont les plus persifleurs faisaient remarquer que Sanbi en assumait le poids en son temps.
En remontant le rempart de la muraille du premier niveau, Sulluth en apprécia une fois de plus la facture : le mur avait les nobles caractéristiques de la conception elfique, et était renforcé tout les cents mètres d’une tour à la toiture pointue. Le long des remparts on trouvait des balistes et autres armes de jets en tout genre.
C’est alors que comme sorti de l’une de ces machines, un messager courut vers lui avec désordre en hurlant son nom à plein poumons, brandissant une missive qu’il tenait à bout de bras.
-Capitaine Sulluth! Cria l’elfe une fois arrivé à son niveau. Un cavalier a apporté ce message des mi…
Le jeune homme n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’il fut projeté dans les air par un violent coup de poing.
-Est-ce ainsi que l’on se présente à son supérieur? Réprimanda Sulluth en ramassant la missive qui était tombé à ses pieds.
Attendant une réponse, il se rendit compte ensuite qu’il avait peut-être tapé un peu fort, le messager gisait inconscient. Le capitaine avait la réputation d’être sec, et ce paltoquet semblait avoir oublié les règles élémentaires du protocole militaire.
Il ouvrit le message. Le lu. Son visage se décomposa.
-Khaine tout puissant! S’exclama-t-il. Les mines!
* **
Le capitaine avait grimpé jusqu’au palais encore plus vite que lors de sa victoire au concours de la vierge il y a des décennies de cela, ce qui lui avait valu à l’époque en atteignant le premier le sommet de la ville de profiter d’une bonne nuit de dépucelage! Mais ce n’était pas le moment de se remémorer le bon temps, l’heure était des plus grave.
Les mines avaient été attaquées, selon le rapport par des ennemis bien supérieurs en nombre, ce qui laissait présager les pires scénarios. La missive datait du début de l’attaque, le cavalier avait du avoir le réflexe de partir immédiatement prévenir la cité, sûrement aussi pour sauver sa peau.. Mais qui sait ce qu’il était advenu de la situation là-bas ?
Devant son air courroucé, les gardes n’insistèrent pas longtemps et le laissèrent entrer dans les couloirs qui menaient aux bureaux du seigneur, non sans avoir rétorqué à leur capitaine que le maître était en entretien et qu’il ne voulait être dérangé sous aucun prétexte.
-Je connais quelles sont les priorités du maître ! Leur cracha-t-il en s’éloignant. Gardez-vous bien à l’avenir de me barrer la route! Il pourrait vous en couter!
Une fois devant la porte, il reprit son souffle et prit le temps de se calmer. Même si le temps pressait, il se devait de faire bonne figure face à son souverain, qui plus est lorsqu’il le dérangeait dans une entrevue. Il frappa quatre fois à intervalles différents, mais juste assez imperceptiblement pour que seul Sarraï puisse comprend de qui il s’agissait, et comme de coutume, il entra.
La pièce lui était familière. Vaste, constituée de mur en pierres sombres, avec un plafond formé de long arcs boutants soutenus par des colonnes finement ouvragées. Des tapisseries pourpres ainsi que le feu d’une cheminée venaient quelque peu réchauffer l’aspect de la salle. Sur les murs, on pouvait admirer les rayons d’une riche bibliothèque personnelle. Au centre de l’espace il y avait une immense table-carte, qui représentant la région de Kar Gilath, du glacier de fergivre jusqu'à Naggarond. Au fond, il y avait un grand bureau, celui de Sarraï. Il y avait aussi une ouverture dans le mur qui menait sur un large balcon offrant une vue imprenable sur la cité et bien au delà.
Sulluth avança d’un pas décidé dans la pièce.
Le Seigneur de la citadelle se trouvait debout devant son bureau, et observait l’air interrogateur son meilleur lieutenant marcher vers lui. Il devait savoir que ce dernier ne l’aurait pas dérangé sauf en cas d’extrême urgence, mais du certainement songer à châtier les gardes pour leur manque de fermeté quand il en aurait le temps.
A mesure qu’il s’approchait, le capitaine se demanda où pouvait bien se trouver la personne avec qui le maître devait s’entretenir. C’est alors qu’il vit dans l’un des coins les plus sombres de la pièce une ombre se dessiner. Une ombre qu’il identifia tout de suite comme étant maléfique, menaçante. Une ombre entièrement vêtue d’une cape noire.
-Sïnh.. grimaça-t-il.
* **
-Maudit soit ces chiens! Fulmina Sarraï. Ils me le paieront très cher!
La colère se manifestait toujours de manière imperceptible chez le seigneur, mais Sulluth avait rarement vu son maître dans un tel état de fureur. Heureusement il semblait avoir été satisfait des dispositions que le capitaine avait prit : avant de monter au palais, il avait organisé à la hâte un corps d’intervention qui devait aller porter assistance aux mines. De plus, se doutant que quoiqu’il ait été advenu du combat, des barbares seraient forcement en train de fuir les lieux de la bataille vers le nord ou l’ouest. Il avait donc dépêché des forces stationnée au cols afin de tenter de les intercepter, ainsi qu’envoyé des cavaliers se lancer à leur poursuite.
Sarraï restait debout, impassible, il devait certainement penser aux options qui désormais s’ouvrait à lui, ainsi qu’au comportement qu’il devrait afficher au conseil. La suite serait déterminante pour lui.
Le capitaine aurait juré avoir entendu ricaner dans un des recoins sombre de la pièce, où la silhouette encapuchonnée se trouvait. Son malaise s’accentua lorsque Sïnh ouvrit la bouche.
-Tu semble préoccupé, mon cher frère, siffla-t-il de sa voix infecte.
Il y avait presque de l’amusement dans ses paroles, mais Sulluth frissonna. Si les vautours pouvaient parler, ils l’auraient sans doute fait avec plus d’élégance. Cela ne tiendrait qu’à lui qu’il aurait depuis longtemps renvoyé cet être odieux dans les désolations chaotiques d’où il semblait être tout droit sorti!
Le capuchon se tourna dans sa direction, et il aperçu le reflet d’un masque répugnant qui lui fit détourner le regard.
-Capitaine.. Murmura Sïnh d’un ton suspicieux. Ainsi donc vous donnez des ordres à mes cavaliers? -Pardon? Balbutia l’elfe. Mais voyons! Il nous fallait réagir au plus vite!
Un long éclat de rire à faire froid dans le dos s’éleva du capuchon. Le noir jumeau semblait se délecter de l’instant. Mais Sarraï se tourna brusquement vers eux.
-Il suffit! Trancha le seigneur. Nous n’avons pas le temps pour les palabres. Il faut nous préparer à la suite des événements. Sulluth, fait réunir le conseil. Quant à toi, dit-il en se tournant vers l’ombre au coin de la pièce, tu sais ce que tu as à faire? -Oh, mais il en sera selon vos ordres, votre magnificence! Railla Sïnh qui se recroquevilla encore plus dans l’obscurité.
Le capitaine fut soulagé de l’intervention de son maître, car il n’avait jamais vraiment eu l’avantage lors de ses échanges avec le frère maudit. Comment était-il possible qu’ils soient jumeaux? Ils étaient si différents.. Sarraï était très grand, même pour un elfe. D’un naturel séduisant, il avait le port altier qui caractérisait si bien une personne de son rang, et qui lui donnait aussi l’impression de mépriser son entourage. Il arborait de grandes tresses de guerrier et portait d’élégants vêtements pourpres de fabrication locale, qui jurait avec l’aspect débraillé de son frère. Sïnh devait être grand lui aussi, si il n’adoptait pas une posture aussi courbée. Tout ce que l’on pouvait voir de lui, c’était une vieille cape noire déchirée par endroit, et parfois des grands bras maigres et rachitiques qui en sortaient. Pour éviter que tous ne se débinent à sa simple vue, il se cachait constamment sous son capuchon. Car même le masque qu’il portait, jadis conçu pour cacher son horrible visage, semblait avoir été contaminé par le maléfice et inspirait une terreur macabre à qui le regardait.
Trop content d’avoir une bonne raison de s’éclipser de l’influence écœurante de l’être maudit, Sulluth quitta rapidement le bureau. Il fallait se hâter. Le conseil devait être prévenu.
________________________________________________________________________
Et voilà, bonne lecture! Au prochain épisode, les équipiers de Lïn!!!
@+
Dernière édition par Zarakaï le Dim 2 Aoû 2009 - 12:36, édité 1 fois |
|  | | Knurlnien Seigneur

Nombre de messages: 1197 Age: 18 Localisation: Gouts (40) / Toulouse (31) Date d'inscription: 27/01/2008
 | Sujet: Re: Chroniques des montagnes de Naggaroth - la cité de Kar Gilat Jeu 9 Juil 2009 - 20:46 | |
| Encore un bon chapitre de transition : c'est prenant !  De plus, on en apprend un peu plus sur la citée (voir ci-dessous) et on découvre un nouveau personnage clef. | Citation: | Le capitaine avait grimpé jusqu’au palais encore plus vite que lors de sa victoire au concours de la vierge il y a des décennies de cela, ce qui lui avait valu à l’époque en atteignant le premier le sommet de la ville de profiter d’une bonne nuit de dépucelage! Mais ce n’était pas le moment de se remémorer le bon temps, l’heure était des plus grave. |
Fort intéressante coutume. 
Cordialement, Knur' (qui attend déjà la suite)_________________  Moi égocentrique ? Noooooooooon !  |
|  | | Zarakaï Apprenti Guerrier

Nombre de messages: 22 Age: 23 Localisation: Rouen Date d'inscription: 21/05/2009
 | Sujet: Re: Chroniques des montagnes de Naggaroth - la cité de Kar Gilat Dim 2 Aoû 2009 - 12:36 | |
| Youhou. Après de longue tribulations de fin d'année, je reprend l'écriture avec un chapitre très important, puisqu'on y découvre..  vous verrez bien! J'ai eu beaucoup de mal à rediger ce morceau, j'espère que la qualité du texte n'en souffrira pas trop  | Tadamm!! ________________________________________________________________________ Chapitre 5 Cela faisait trois jours que Lïn était rentré des mines, et son corps était encore fatigué par le dur combat qu’il avait mené là-bas. Il venait tout juste de se réveiller, bien que les onze heures avaient sonné depuis déjà un moment. Pour lui qui n’était pas vraiment du matin, cette période de repos forcé avait quelque chose de vraiment savoureux. Après s’être longuement prélassé dans son lit, il trouva enfin la force de se lever. Il avait rendez-vous dans l’après-midi avec ses deux équipiers qui rentraient d’une semaine de mission en montagne. Les jeunes Cavalier noirs étaient, durant leur apprentissage, réunis par groupes de trois, leur permettant ainsi d’évoluer plus rapidement, et d’acquérir des automatismes dans le travail de groupe. Lïn aurait du partir avec ses deux compagnons, mais cette fois-ci il avait été puni par son supérieur pour ses mauvaises performances à l’entraînement aux duels, et avait été affecté à la surveillance des mines au lieu de partir en opération de reconnaissance. Finalement, être resté lui avait permis de se distinguer dans la bataille, il fut même féliciter par le capitaine Sulluth en personne avec les autres survivants de l’attaque, pour leur « bravoure », ainsi que leur « formidable capacité à rester en vie.. » ce qui tout de même teintait le compliment d’une sorte de reproche sur les efforts déployés pour défendre les mines. Ces sous-entendus avaient littéralement douché sur place les ardeurs du jeune elfe, qui était si fier de ses performances aux combats ! Cependant, en passant devant lui, le capitaine s’était arrêté, puis l’avait longuement dévisagé. Il lui avait même demandé son nom. Mais il ne fallait pas se fier à se genre de signes, qui n’auguraient pas forcement de bonnes choses. Après s’être rapidement préparé, il mit sa cape à col de fourrure sur les épaules, qui semblait être le prolongement naturel de ses longs cheveux en bataille, et se dirigea vers la sortie. Orphelin de naissance, le jeune elfe vivait seul dans une chambre. Bien que petite et fort modeste, elle était situé sur une belle terrasse des hauteurs de la ville tout au-dessus d’une maison bourgeoise, du coté de la cité qui faisait face au grand vide de la vallée. La chambre donnait directement au dehors, sur un petit escalier de pierre extérieur qui permettait d’éviter de passer par la maison sous-jacente. Ainsi, tout les jours il descendait ces quelques marches et ne se lassait pas d’admirer la vue imprenable qui s’offrait à lui. Lïn avait pu survivre grâce à sa condition de naissance, qui paradoxalement l’avait aussi privé de ses parents, et de tous les bénéfices financiers que cela apporte. Dommage. Il était en réalité un bâtard. Son père, un noble de la cour du seigneur, avait pour habitude de ne jamais dormir au même endroit d’une nuit à l’autre, et souvent dans des lieux et avec des personnes qui avaient peu de rapport avec son échelon social. Un jour, lors de ce que l’on pourrait plus ou moins appeler un viol, une elfe de modeste rang tomba enceinte de lui. Sa mère, trop heureuse d’attendre un fils qui avait une moitié de sang bleu, décida de garder l’enfant. Mais le géniteur malencontreux, qui avait appris la mauvaise nouvelle, était lui plus enclin à jeter sa progéniture par dessus les murailles. Comme elle ne voulait rien entendre, et que l’événement approchait, il décida finalement de lui rendre visite un soir, et éventra la malheureuse, qui eut juste le temps dans son agonie de planter un pic à glace dans le crâne de son amant d’un soir. L’enfant survécu miraculeusement au drame, et à Kar Gilath, un nouveau-né qui sort indemne d’une situation de couche délicate est présage de bonne fortune. On permit ainsi à Lïn d’être placé dans une famille d’accueil jusqu'à ce qu’il soit assez âgé pour vivre seul dans la petite chambre qu’il avait hérité de sa mère. Une fois en bas de l’escalier, il traversa la petite place principale de la terrasse sur laquelle les quelques maisons de son quartier étaient construites et alla s’appuyer contre le muret qui surplombait le vide. C’était une journée magnifique, le ciel était d’un bleu limpide, la neige qui recouvrait la cité et la vallée au-delà était éclatante de blancheur. A ses pieds s’étalait toute la partie de la ville qui était tournée vers le précipice, à sa droite la montagne venait protéger la cité à l’est, à sa gauche, la citadelle « tournait » vers le nord en épousant la forme du pic sur laquelle elle était construite, et faisait de ce coté face au plateau. Le cavalier se sentit le cœur léger devant un tel spectacle. -Les charmes du paysage te feraient-t-ils oublier tes rendez-vous ? Fit une voix mélodieuse dans son dos. Lïn se retourna brusquement et se retrouva nez-à-nez avec une jeune elfe à la chevelure nacré et au regard espiègle. Son sourire s’élargit de plus belle. Lyla était venu à sa rencontre. * * *
En descendant un long escalier creusé dans la roche qui menait au niveau inférieur, les deux équipiers se racontaient leurs récentes mésaventures, bien que pour une fois, ce fût Lïn qui avait le plus de chose à raconter. Et malgré la claudication causée par ses blessures, il le faisait avec de grands mouvements et gesticulait comme si il revivait la bataille. La jeune elfe buvait littéralement ses paroles, captivée par le récit que lui faisait Lïn de la bataille des mines, et ce dernier ne se privait pas d’en rajouter. -Incroyable! Dit-elle. J’aurais tellement aimée être là! Il fut quelque peu interloqué par la remarque de sa condisciple. -Mais... Tu sais, les combats étaient vraiment sauvages, cela n’a rien à voir avec ce que l’on a connu jusque ici! Répondit-il, Beaucoup d’entre nous sont mort… -Et alors? Tu t’en es tiré, non? Et puis nous sommes formés pour ce genre de situation, à quoi servirait-il de s’entrainer si durement sinon? Il devait reconnaître qu’elle ne manquait pas d’aplomb. Ce qui avait quelque chose de déconcertant dans la bouche d’une jeune elfe qui de prime abord semblait si délicate. -Mais dis-moi, ne devions nous pas nous retrouver au marché des Halles sur les coups de midi? s’enquerra-t-il. -Et bien je voulais que l’on puisse discuter tranquillement avant que tu ne commences à te chamailler avec Solaufein! Cette remarque le fit sourrire. Il adorait discuter avec Lyla. En l’observant du coin de l’œil, il se dit qu’ils se ressemblaient plus qu’on n’aurait voulu le croire. Joueuse et bonne camarade, son caractère s’accordait naturellement avec celui de Lïn, bien qu’il n’arrivait pas toujours à comprendre les raisons de ses caprices. Elle était légèrement plus petite que lui, mais tout aussi solide. Chez les elfes, les distinctions entre les genres étaient beaucoup moins criantes qu’avec les autres races, un autre signe de leur supériorité biologique, sans doute… Elle portait une tunique, qui mélangeait subtilement les traditionnelles couleurs pourpres du cinabre et différentes teintes de violets, ce qui était du plus bel effet. Ses étranges cheveux gris-blanc aux reflets de nacres étaient coiffés en un complexe motif de tresses, dont les connaisseurs auraient reconnus qu’il était basé sur un modèle typique de la région. Elle arborait quelques bijoux simples, mais bien choisis. En y réfléchissant, Lïn se sentait un peu habillé comme un malpropre à ses cotés, chose qui ne l’avait jamais vraiment préoccupé auparavant. -Et Solaufein? Demanda soudainement l’orphelin. -Quoi donc? -Et bien je ne sais pas,… qu’est-ce que vous avez fabriqués depuis votre départ? Lyla soupira. Elle avait parfaitement connaissance de la rivalité qui animait ses deux compagnons. Si elle s’en amusait la plupart du temps, elle sentait que cela produisait une plus grande frustration de la part de Lïn. Ce qui était logique au vu de leurs situations respectives. Elle s’arrêta net. -Tu vas pouvoir très vite lui demander par toi-même! dit-elle, d’un ton enjoué. En effet, alors qu’ils étaient encore en train de descendre un des longs escaliers qui menait au second niveau, un jeune elfe d’allure élégante venait d’apparaitre devant eux. -Solaufein… marmonna Lïn. -Bonjour. répondit l’intéressé d’une voix sèche. C’était un jeune elfe de la cour du seigneur, un des fils de la noblesse de Kar Gilath, ce qui se remarquait immédiatement dans sa démarche, fluide et autoritaire. Il avait à peu de chose près le même âge que Lïn et le dépassait de seulement quelques centimètres, mais les similitudes n’allaient pas plus loin. On pouvait même dire qu’ils étaient aux antipodes l’un de l’autre. Solaufein était paré des plus beaux vêtements en vogue dans la cité, et portait une superbe cape de soie noire. Il était d’une beauté sans égale, et ses cheveux bruns étaient coiffés en carré court, ce qui, ajouté à ses traits fins lui donnait des airs efféminés, et n’enlevait rien à son charme. Ses yeux étaient d’un violet original, et venait parapher sa silhouette de fort belle manière. Son aspect tranchait nettement avec l’allure de Lïn, qui, avec ses longs cheveux ébouriffés et son excitation naturelle, avait plus l’air d’un jeune loup ramassé sur lui même. -Où allais-tu comme ça? demanda Lyla. -En fait, je me doutais bien que tu allais lui rendre visite avant notre rendez-vous, j’ai donc simplement décidé d’aller à votre rencontre. Sa voix pleine d’assurance laissait présager un talent d’orateur certain, ce qui avait pour effet d’énerver prodigieusement Lïn -Mais oui voyons, ironisa ce dernier. Solaufein devine toujours tout, ses intuitions ne le trompent jamais! L’elfe au sang bleu le foudroya du regard. Puis son expression se mua en un air narquois. -Dis-moi, espères-tu rester en convalescence toute ta vie? commença-t-il. Où comptes-tu un jour retrouver une démarche moins boitillante? Depuis trois jours, je crois que tout le monde a compris ton histoire de blessure de guerre, il te faudrait songer à passer à autre chose! Lïn préféra feindre de l’ignorer, c’était le meilleur moyen qu’il avait trouvé pour ne pas perdre la face. * * * Le soleil commençait déjà à se coucher lorsqu’il rentrèrent dans leurs foyer respectifs, et il avaient tous passé une excellente après-midi. Après avoir déjeuné aux Camélias Noirs, la taverne préféré de Lyla, ils étaient descendus sur la grand-place du second niveau, pour assister à un formidable moment du folklore de la région: le concours de lancer de haches. Une épreuve incontournable pour les habitants de la cité où les cibles étaient des esclaves inaptes que l’on attachaient en croix à même le sol, de trente à cinquante mètres devant la ligne de lancer. Ainsi, les participants devaient projeter leurs haches très haut dans le ciel pour les atteindre, ce qui nécessitait de la force et de l’adresse, et favorisait aussi les coups chanceux. C’était un moment très festif, et une date importante dans le calendrier annuel! Evidement, Lïn adorait ce genre de tournoi, et rêvait souvent qu’il brandissait devant la foule en délire et les yeux ébahis de Solaufein la Hache d’obsidienne, le trophée de la compétition. De plus, le champion avait la possibilité d’intégrer la Garde Tohl, le régiment personnel du seigneur, ce qui lui aurait permit de faire un bond de géant sur l’échelon social. Même Solaufein, qui d’ordinaire ne raffolait pas de ce genre d’évènements, avait beaucoup rit de toutes ses amputations, membres tranchés et autres. Il avait même levé les bras lorsque le vainqueur avait réussit à décapiter du premier coup un esclave situé sur les plus grandes distances. La population s’était amusé sous un magnifique soleil, ce qui lui avait permit d’oublier quelques instants le contexte difficile dans lequel Kar Gilath se trouvait. La menace nordiques était dans toutes les conversations ces temps-ci, et les habitants attendaient impatiemment la réaction du seigneur Sarraï… ________________________________________________________________________ La suitasss prochainement! @+ |
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