Ulthuan vs Naggaroth

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 [Recit] Les Chroniques d'Orelym

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Llomarin
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Mer 30 Déc 2009 - 23:52

Knurlnien a écrit:

Citation :
J’avais prévu que tu passerais par là.
Pourquoi ? Il est devin ? N'as-tu pas une explication rationnelle à nous fournir de la bouche d'un pro de la traque ?
Le gars avait juste vu Llomarin poursuivi par les gardes noirs, il a pris un raccourci pour rejoindre le premier bâtiment sur sa route. Voilà, ça te convaincra ou non.



Citation :
Je sais que tu adore les scène de baston (il y en a dans (presque) tous les passages) mais il faudrait un peu tisser le prétexte la trame de fond AMHA.
Alors là, sincèrement, tu me choques. Il n'y a quasiment aucune scène de vraie baston dans mon récit : à chaque fois le combat s'ouvre mais il n'est pas raconté, ou alors on atterrit directement sur son issue. Je pensais justement varié les plaisirs en racontant complètement ces deux combats.

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Knurlnien
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Jeu 31 Déc 2009 - 19:04

Citation :
Alors là, sincèrement, tu me choques. Il n'y a quasiment aucune scène de vraie baston dans mon récit : à chaque fois le combat s'ouvre mais il n'est pas raconté, ou alors on atterrit directement sur son issue. Je pensais justement varier les plaisirs en racontant complètement ces deux combats.
Je n'ai pas dis non plus que je n'ai pas apprécié les combats (être dans la tête de Llo pour le deuxième est même pas mal du tout). Mais personnellement, je trouve qu'il y a des combats dans chaque texte pour la partie de Llomarin (ce n'est pas un mal vu que généralement cela permet de tisser l'histoire) mais on voit toujours cette partie du point de vu des Druchii. Or, pour une fois qu'on le voie de Llo lui-même, il n'y a aucune réflexion sur le but que cherche à atteindre le Prince. D'où ma frustration.

Au fait, j'avais oublié : bien que je n'ai pas de synonymes sous la main, tu répètes sans cesse hallebarde lors de l'affrontement avec les Gardes Noirs. Pense donc à le rectifier un peu. ;)

Cordialement,
Knur'
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Ven 1 Jan 2010 - 15:20

Citation :
Au fait, j'avais oublié : bien que je n'ai pas de synonymes sous la main, tu répètes sans cesse hallebarde lors de l'affrontement avec les Gardes Noirs. Pense donc à le rectifier un peu
Arme d'hast. Je n'en vois pas vraiment d'autres, mais on peut utiliser des synonymes ou des périphrases pour les lames plutôt que pour l'arme si on souhaite décrire le geste. Il me vient "morsure" et "l'acier" qui sont simple à placés, mais on peut en trouver bien d'autre.

SunHunter -
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Lun 4 Jan 2010 - 11:02

Re, et bien, je ne m'attendais pas à revoir ce récit, tu l'as commencé en 2008 si je me rapelle bien. Bon je vais essayer de rattraper mon retard.
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Lun 14 Juin 2010 - 18:31

Suite >< ? XD
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Dinath
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Lun 14 Juin 2010 - 18:39

Heu... fais gaff, là tu viens de déterrer un sujet qui n'a plus été visité depuis environ 5 mois alors que après un moi ça devient déjà juste

http://ulthuan-naggaroth.forumactif.com/concernant-le-forum-f23/charte-du-forum-t59.htm

lis ça, ça peut t'aider

amicalement,
dinath
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Knurlnien
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Lun 14 Juin 2010 - 19:18

Dinath a écrit:
Heu... fais gaff, là tu viens de déterrer un sujet qui n'a plus été visité depuis environ 5 mois alors que après un moi ça devient déjà juste
Sauf que là c'est un sujet qui a une certaine vocation à être déterré vu que son auteur traîne toujours (épisodiquement en ce moment **siffle**) sur le forum.

C'est vrai que ça fait d'ailleurs longtemps que tu ne nous as pas régalé mon bon Llo !

Cordialement,
Knur'


Dernière édition par Knurlnien le Mar 15 Juin 2010 - 21:42, édité 1 fois
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Llomarin
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Lun 14 Juin 2010 - 21:09

Knurlnien a écrit:
régaler
Régaler ? Tu viens du Sud ou quoi toi ? XD

Blague à part, je suis plus très heroïc fantasy en ce moment, mais vous n'êtes pas à l'abri que ça revienne cet été... avec pourquoi pas la suite de la saga.

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Lun 14 Juin 2010 - 22:54

Citation :
sujet qui a une certaine vocation à être déterré

Excuse moi, je croyais qu'on ne pouvait pas déterrer un sujet qu'on à pas crée, seul le créateur en a le droit. Mais si tu le dis...
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Mar 15 Juin 2010 - 12:50

WAAAAAAAAAH!
Je viens de tout lire d'un trait... M-A-G-N-F-I-Q-U-E !!!!
Heu...j'veux dire....pas mal pour de l'elfique.
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Jeu 17 Juin 2010 - 13:08

Désolée , c'est juste que vu qu'il avait déjà fait une pause de 4 mois je me demandais si il avait oublié ou fait une pause **laugh* XD
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Llomarin
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Ven 2 Juil 2010 - 12:10

Voilà la suite !





NUHILIS



« Où se trouve le seigneur Tyrus ? »
Le garde sursauta et se retourna vers celui qui lui avait parlé, les mains serrés sur sa lance. Il sembla à peine se détendre en reconnaissant l’assassin tout de noir vêtu.
- Plus haut, dans une des cours intérieures, indiqua-t-il d’un vague signe de tête.
- Merci.
Nuhilis se remit en marche.
Il n’avait rien oublié de la configuration spatiale du weyr et ne devrait pas tardé à trouver le dynaste.
Alors qu’il gravissait les marches, il sentait encore et toujours la douleur à sa main gauche. Il l’avait entouré de bandages, mais cela n’était que temporaire, il fallait la soigner prochainement.
Il déboucha sur une cour intérieure que plusieurs gardes noirs semblaient inspecter. Qu’est-ce que cela signifiait ?
Tyrus avait certainement beaucoup de choses à lui dire. Après tout, s’il l’avait appelé avec la fumée, ce n’était sans doute pas pour rien.
La porte d’un des bâtiments de la cour, collé au chemin de ronde, au dessus, était grande ouverte, et le serviteur de Khaine y perçut des voix. Il s’y engouffra et gravit un nouvel escalier, en bois cette fois.
« Je n’en peux plus, ces Asur me font perdre la tête. » fit la voix de Tyrus. « Ils sont partout et nulle part à la fois. Mais bientôt, ils seront morts, oh oui, bientôt…»
Le dynaste et un soldat citoyen se tenaient dans une salle moyenne, sur le plancher de laquelle gisait le corps ensanglanté d’un des chevaliers de l’armée. Nuhilis le connaissait de vue, il se battait d’ordinaire avec une sorte de hache. Toutefois, son arme se trouvait actuellement fichée dans son crâne.
« Vous m’avez demandé ? » dit l’assassin.
Tyrus se retourna, surpris de cette intervention soudaine.
- Tu es là, Nuhilis. Tu as été rapide. C’est bien, très bien.
Le dynaste congédia le garde d’un signe et reporta son attention sur l’élu de Khaine :
- J’ai une mission pour toi.
L’assassin resta abasourdi. Tyrus ne lui demandait même pas comment s’était déroulée sa précédente mission. La mission qui pouvait leur faire gagner la guerre, la mission en laquelle il avait placé tant d’espoirs.
Nuhilis avait pourtant imaginé la scène de nombreuses fois.
Tyrus lui aurait demandé, la langue pendu à ses lèvres :
- Comment s’est déroulée ta mission ?
Il aurait répondu, l’air mystérieux :
- A vrai dire, ce n’est qu’un demi-succès. Je n’ai pas réussi à tuer celui qui mène les renforts.
Le noble aurait alors sans doute grimacé, à la fois déçu et énervé. Mais avant qu’il n’ait pu cracher sa haine, le messager de la mort aurait repris :
- En revanche, j’ai empoisonné le chef des dernières troupes du weyr.
Nuhilis aurait souris en disant cela. Il était plutôt fier de lui. Cette infime éraflure qu’il avait infligée à la main de Gregor lors d’une passe d’arme pendant leur duel, elle avait insufflé en lui un poison terrible. A l’heure actuelle, le Haut Prince devait d’ailleurs se tordre de douleur.
Certes, le dynaste lui aurait sans doute reproché que ce n’était pas l’objectif principal, cependant il n’aurait pu blâmer le tueur sur l’ensemble de la copie, et surtout, il aurait fini par comprendre l’étendu du succès de l’opération.
Mais rien ne vînt. Rien ne vînt, si ce n’est : « J’ai une mission pour toi ».
Qu’est-ce qui attirait ainsi l’attention de Tyrus, au point de lui faire oublier la victoire ?
Le noble saisit soudainement le bras de l’assassin. Ce dernier ne réagit pas. Le dynaste n’avait encore jamais essayé de l’agresser. Et c’était plutôt sage de sa part, car Nuhilis aurait regretté devoir tuer celui dont il avait la charge, selon les ordres du temple, de servir.
- Il y a des Asur dans la forteresse, réprit Tyrus. Ils sèment la mort dans nos rangs. Ils ont tué Elkora !
Le serviteur de Khaine comprit alors la détresse du seigneur. Il venait de perdre sa maîtresse et semblait en fait, à mieux y regarder… au bord de la crise de nerfs et de désespoir.
L’assassin se dégagea doucement de l’étreinte de Tyrus, toutefois ce dernier lui saisit de nouveau le bras, les traits déformés par la colère.
- Tu dois retrouver ceux qui ont fait cela, tu le dois ! Je veux qu’ils paient, tu entends ? Qu’ils paient ! Je veux leur couper les membres un à un, moi-même ! Alors trouve-les, trouve-les !
Cette fois, le tueur se dégagea sans ménagement et recula. Le dynaste n’avait visiblement plus qu’une seule chose en tête : la vengeance. Tout le reste, la guerre, l’armée Asur, était sorti visiblement de son esprit. Cela n’annonçait rien de bon pour la suite des évènements…
Pour la première fois depuis le début de la campagne, Nuhilis eut des doutes sur son issue. Ce n’était pas avec un chef brisé qu’ils gagneraient une guerre…
L’élu de Khaine revînt à la réalité.
- Je vous trouverais les responsables, et je vous les amènerais vivant, messire.
- Oui, je n’en attends pas moins de toi.
Tyrus retira violemment le hachoir planté dans le corps sans vie à côté de lui, éclaboussant de sang l’homme en noir. Ne prêtant plus la moindre attention à ce dernier, il quitta la salle en beuglant, arme à l’épaule :
- Amenez-moi des prisonniers, je veux des prisonniers !
Le maître assassin reporta son attention sur le cadavre à ses pieds.
L’affrontement avait à coup sûr eu lieu en un contre un, et celui qui lui avait donné la mort était d’un talent plus que certain. Ses coups avaient été d’une précision sans faille. Un adversaire qui pourrait s’avérer intéressant.
Sa main le lança de nouveau. Il serra les dents et quitta les lieux.


Son chemin s’arrêta devant la porte d’un des appartements du weyr.
L’endroit servait toujours de lieu de vie, mais sans doute plus au même genre de personnes qu’auparavant. En effet, il s’agissait des quartiers de la matriarche en personne.
L’assassin frappa selon le code secret. La porte s’ouvrit peu de temps après, laissant apparaître, dans le plus simple appareil, une femme brune, à la peau laiteuse et la très longue chevelure tressée.
Elle affichait un sourire ravi.
- Nuhilis, te voilà enfin. Je m’inquiétais pour toi.
Celui-ci savait qu’il fallait se méfier de la matriarche, que ses paroles étaient sujettes à caution, aussi se contenta-t-il de sourire.
Elle l’attrapa par le bras. L’assassin tressaillit, c’était le côté de sa blessure.
- Tu es blessé, mon cher ? Il va falloir soigner cela.
Nuhilis opina. Elle lui saisit l’autre bras et le fit entrer avant de refermer la porte.
- Alors, comment c’est déroulé l’opération ? demanda-t-elle d’une voix suave.
- Pas exactement comme je l’avais prévu. Je n’ai pas pu liquider la cible initiale. En revanche, j’ai empoisonné le chef des troupes rescapées du Weyr. Au vu de la foi qu’ils avaient en lui, c’est un coup dur pour les Asur.
- Bien, très bien.
La matriarche sourit de toutes ses dents.
- Dame Vaera, il faut que vous me racontiez ce qui c’est passé pendant mon absence. Les choses ont l’air d’avoir changé.
- Bien sûr. Allons discuter et soigner ta blessure.
La maîtresse des furies l’attrapa par la main et le mena dans une chambre annexe. Il s’agissait d’une salle au milieu de laquelle trônait une immense baignoire. Contrairement aux coutumes d’Ulthuan, elle était entièrement remplie… de sang.
- Voilà qui te rendra ta santé, dit-elle malicieusement en commençant à lui enlever ses vêtements.

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Knurlnien
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Ven 2 Juil 2010 - 22:51

Pour commencer, je m'autocite :
Knur' a écrit:
Pas de signe de vie depuis 4 mois et là 3 textes en 1 semaine : tu fais péter ta moyenne Llo !
Là tu la fais sérieusement baisser avec 6 mois d'attente mais espérons que la période estivale te relancera.

Un passage morne mais il faut bien replanter le décor. Alors pourvu que la suite donne un bon équilibre entre combat et avancée de l'histoire.

Citation :
« Où se trouve le seigneur Tyrus ? »
Bon, goût strictement personnel, mais je trouverais l'assassin encore plus mystérieux et furtif s'il disais tout simplement "Tyrusssssssssssss."

Citation :
Voilà qui te rendra ta santé, dit-elle malicieusement en commençant à lui enlever ses vêtements.
Peut-on connaître les détails de cette pratique occulte pour se soigner stp ? Simple curiosité scientifique bien sûr. XD

Knur' (content :))
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Llomarin
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Dim 11 Juil 2010 - 14:57

Citation :
Peut-on connaître les détails de cette pratique occulte pour se soigner stp ? Simple curiosité scientifique bien sûr.
Je suggérais juste qu'ils allaient se baigner dans la baignoire pleine de sang, tu ne la pas compris comme cela :P ?


La suite !
Désolé pour la mauvaise mise en page, la faute aux copiés collés...





LLOMARIN



Les cheveux battus par le vent, le prince était appuyé sur la balustrade d’un des balcons de la partie est du Weyr.
Si une armée d’Asur ne s’était pas trouvée à ses pieds, assiégeant leur propre demeure, il aurait pu se croire dans son ancienne vie. La vie où il avait eu une femme, des terres, une armée. Mais cette vie là avait volé en éclats, tout comme les tours du château volaient désormais en éclats sous le bombardement incessant des troupes de Degry.
Llomarin avait reconnu le drapeau pourpre de la maison de Reyl. Il avait également vu flotté son propre blason : dragon ophidien rouge sur champ blanc. Les hommes de Degry devaient le porter en l’honneur des siens tombés ici mêmes. Toujours était-il qu’ils avaient emmenés avec eux des dizaines et des dizaines de machines de siège, et qu’elles avaient promptement été installées et mises en marche. De puis, la forteresse tremblait régulièrement sous les impacts de blocs de pierre géants.
Voir ainsi des Asur détruire un monument historique d’Ulthuan comme le Weyr lui donnait mal au cœur, mais ce n’était rien à côté de la haine qu’il éprouvait pour les nouveaux habitants de la forteresse, ses cousins mille fois maudits. S’il avait pu lui-même réduire en poussière le château fort pour les éradiquer, il l’aurait fait sans hésiter. Quitte à le démonter pierre par pierre.
Sa main se porta comme par réflexe sur la garde de Croc du Dragon. Sa soif de sang était momentanément rassasiée. Il avait tué nombre de Druchii ces derniers temps, pourtant rien n’arrivait à calmer sa rage sur le long terme. Peut-être que seule la douce étreinte de la mort saurait lui donner le repos.
Le repos, oui, il en avait besoin. Il n’avait pas dormi correctement depuis plusieurs jours. La fatigue et la faim lui avaient parfois donné des vertiges.
Llomarin se laissa glisser sur le sol dallé du balcon et s’étendit de tout son long. Ses yeux se fermèrent et le sommeil ne mit pas longtemps à l’emporter.

Une grotte… Voilà ce qu’il voyait par ses yeux entrouverts.
Il connaissait cet endroit. Certes, il ne l’avait pas vu depuis des siècles, et pourtant, il ne l’avait jamais quitté.
Autour de lui, il discernait la forme sombre de ses frères. Endormis, tous, comme il l’avait été lui-même pendant des lustres. Jusqu’à maintenant.
Désormais, il sentait ses muscles tressaillir. Il pouvait presque bouger.
Tout n’était que question de temps… Bientôt, ses ailes battraient de nouveau et il s’élancerait dans les cieux comme il le faisait jadis, il en était convaincu.
« Tu vois, maintenant. »

Llomarin se réveilla en sursaut.
Il se mit sur son séant. Sa peau était recouverte de sueur. Il pouvait presqu’encore sentir la sensation de ses muscles qui se contractaient, de ses ailes qui essayaient de bouger. Oui, il avait été ce dragon. Il avait partagé sa conscience pendant l’espace de quelques secondes. Il avait touché du doigt des millénaires de souvenirs, des visions aériennes des montagnes d’Anulii, des visions de cités depuis longtemps réduits à l’état de ruines, des visions de royaumes à jamais disparus…
Le prince mit de longues minutes à se remettre de cette vision. Il avait l’impression, parfois, d’y être encore, dans cette grotte. Cette grotte qu’il avait immédiatement reconnu : le Hall des Dragons.

Un sifflement puis un bruit cacophonique d’explosion tira le seigneur de sa semi torpeur.
La tour dans laquelle il se trouvait se mis soudain à trembler fortement. Elle donnait l’impression… d’être sur le point de s’écrouler.
Llomarin se leva d’un bond se s’engouffra dans l’escalier en colimaçons. Un trou béant dans le mur en face de lui marquait l’endroit où le projectile de siège était ressorti. Les débris qui tombaient du sommet de la tour indiquaient quant à eux l’endroit par où il était entré.
Le sol tremblait de plus en plus. Le prince se mit à courir dans les escaliers. Il fallait qu’il atteigne le chemin de rond prestement. Au fur et à mesure qu’il courait, il sentait le sol se dérober sous ses pieds. Alors qu’il n’était plus qu’à quelques pas de la sortie, un crac lui signifia que tout s’écroulait. Il prit impulsion et parvînt d’un bond sur le chemin de ronde tandis que, derrière lui, la tour s’effondrait comme un château de cartes.
Le prince devait trouver un endroit plus calme. Il pouvait s’aventurer à peu près n’importe où dans le Weyr maintenant, puisque les Druchii étaient bien trop occupés à leur tâche défensive pour faire attention aux déplacements furtifs du Calédorien.
Llomarin s’éloigna en quelques minutes de la zone qui semblait être la nouvelle cible des assiégeants. Il dut se cacher plusieurs fois pour éviter des groupes d’arbalétriers elfes noirs en train de courir, les mains chargées de magasins de carreaux. Le seigneur dragon préférait les éviter, ne voulant pas laisser de trace de son passage : il valait mieux qu’on ignore où il se trouvait.

Alors qu’il déambulait dans divers chemins de ronde inoccupés du fait de leur position assez éloignée de la façade exposée aux tirs, des cris attirèrent son attention. Des cris de détresse et de douleurs.
Que cela pouvait-il bien être ? Des prisonniers Asur exécutés par les Druchii ?
Il y en avait eu après presque chaque acte marquant de Llomarin dans la forteresse. Cependant il était toujours arrivé trop tard pour sauver les malheureux. Mais pourquoi les elfes noirs perdraient-ils leur temps à exécuter des prisonniers alors qu’ils avaient des assiégeants à repousser ?
Chaque nouveau cri qu’il entendait poussait désormais le prince un peu plus vers la source de cette scène de torture. Il fallait qu’il découvre ce qu’il se passait.
Gravissant marches après marches, il reconnut les lieux. Les cris de désespoir qu’il entendait le conduisaient tout droit vers une cour légèrement au dessus du chemin de ronde faisant face aux assiégeants.
Llomarin prit soin de ne pas y pénétrer par l’entrée principale, et arriva par le côté.
La cérémonie qu’il y découvrit lui glaça le sang.
Un immense chaudron se dressait au centre de l’esplanade, hissé sur une estrade. Trois furies portant pour seul habit un tissu enroulé à leur taille dansaient de part et d’autre, récitant de sombres incantations.
D’autres furies s’activaient tout autour, conduisant une file de prisonnier jusqu’au sombre artefact. Les victimes, des femmes, des enfants et des vieillards hauts elfes, étaient alors sauvagement égorgées au dessus de la cavité.
Une statue d’une des représentations de Khaine, le dieu à la main sanglante, jetait son ombre sur la scène.
Le prince admirait là une des plus sombres inventions des elfes noirs, un instrument du mal qui décuplait la folie meurtrière de tous les Druchii alentour.

Une furie agrippa un bambin par le cou et le hissa au dessus du sol à la force du bras. Récitant des prières à son dieu meurtrier, elle leva une dague à la lame en forme d’éclair.
Alors qu’elle s’apprêtait à frapper, une pointe de métal lui transperça le ventre une première fois. Puis une seconde, et encore une autre, encore et encore.
Llomarin cessa la boucherie seulement lorsqu’il estima qu’assez de sang s’était écoulé.
Son intervention fit cesser la petite cérémonie. Tous les regards des furies se tournaient désormais vers lui.

« Venez ! Venez, harpies ! Venez coûter ma lame et rejoindre vos victimes dans votre chaudron infernal ! »
Les furies se jetèrent sur lui.
Le seigneur dragon entra dans une danse de mort, virevoltant dans tous les sens, faisant pleuvoir les coups, découpant les membres. Il allait tellement vite qu’il faisait passer les diablesses pour des pantins inarticulés. En quelques secondes, il se retrouva au milieu d’une mare de sang et d’un tas de cadavres. Son armure dragon dégoulinait du sang de ses victimes.
Un rire cristallin attira son attention. Une furie, hilare, se tenait encore sur l’estrade, aux côtés de l’artefact. A en juger par la couronne de pierres précieuses qu’elle portait, ce devait être une matriarche.
- Tu penses que ton propre sang ne coulera pas, idiot ? lança-t-elle. Détrompes toi donc, car c’est ici que ta fin commence.
Elle claqua des doigts.
Une quinzaine d’elfes en armures et heaumes d’airain, portant des lames géantes aussi grandes qu’eux, envahit soudain la cour. Des exécuteurs, comprit le prince.
Ils formèrent rapidement un cercle autour de lui, l’épée collée contre leur corps, en position défensive.

Une mort épique, c’est tout ce dont Llomarin avait rêvé.

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Sam 17 Juil 2010 - 14:46

Ça sent la fin !

Des dragons, de l'héroïsme, une grande bataille et un duel trépidant et un assassin caché dans les exécuteurs, voilà de quoi assurer le succès.
On sent que le dénouement est proche.

Knur'
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Llomarin
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Mar 3 Aoû 2010 - 11:15

Effectivement ça sent la fin !




NUHILIS


Posté devant la fenêtre d’un couloir, les bras croisés, enroulé dans son habituelle cape noire, l’assassin regardait d’un air intéressé le seigneur dragon découper en morceaux les furies qui se jetaient sur lui dans la cour.
Découper, oui, c’était le mot. Il devait le reconnaître, cet Asur avait un certain style. On distinguait sans peine la patte des instructeurs de la tour blanche dans ses bottes, toutefois il y avait aussi une touche personnelle, moins académique, plus instinctive, et tout aussi efficace.
Nuhilis retenait à jamais le profil d’un combattant une fois qu’il l’avait vu à l’œuvre, et il n’y avait pas de doute, c’était bien le même homme qu’il avait affronté sur le pont du navire elfique, il y a de cela plusieurs semaines. Sa cible qu’il avait ratée. Pitoyablement ratée.
Le coeur du khainite s’était arrêté de battre à l’arrivée du seigneur dragon, toute à l’heure. Il l’avait reconnu presque tout de suite. Son armure, ses cheveux blonds presque blancs, son visage encore si jeune.
A sa vue, il avait également tout compris. Tout ce que la matriarche lui avait raconté, tout qu’il avait vu de lui-même prenaient un sens. Ce prince de pacotille s’était introduit dans la forteresse, avide de vengeance, et avait commencé à faire le ménage, en solitaire. Nuhilis s’était attendu à ce que les Asur troubles fêtes soient peu nombreux, toutefois il n’avait pas sérieusement envisagé l’hypothèse du cavalier seul. Cela lui apprendra à rater sa proie.
Comment avait-il pu échouer, d’ailleurs ? Comment ce chien avait-il survécu à la noyade ? Pourquoi donc ne lui avait-il pas enfoncé un décimètre d’acier dans la gorge plutôt que de le pousser dans l’eau ?
Nuhilis n’avait pas pour habitude de se remettre en question, et pour cause, il avait toujours, ou presque, été le meilleur. Pourtant, il fallait bien avouer que ces derniers temps, ses cibles avaient la fâcheuse tendance de se balader gaiement sur leurs deux jambes. D’abord le seigneur du Weyr, puis ce maudit Reyl… L’empoisonnement de Gregor avait du mal à redorer le blason. Heureusement que le commanditaire de ces meurtres était Tyrus, et non quelqu’un du Temple, sinon l’assassin serait peut-être en ce moment même en train de pourrir sur un pic sacrificiel, à cause de ses échecs à répétition.

Tout allait cependant rentrer dans l’ordre. Son plan, machiavélique, avait reçu l’approbation de la matriarche en personne. Et cette fois, son exécution serait parfaite.
Nuhilis se délecta de la lueur d’espoir qu’il lut sur les visages des prisonniers Asur au moment où leur sauveur abattait la dernière maîtresse de Khaine. Ce qu’ils ne savaient pas, c’était qu’ils faisaient tous partie du plan. De son plan.
Comme prévu, la matriarche fit un signe, et les exécuteurs envahirent l’endroit. Le tueur avait beau trouver que l’Asur ne se battait pas trop mal, il n’avait pas la trempe nécessaire pour régler leur compte à une pareille assemblée.
La furie fit un second signe. Un des bourreaux postés en retrait attrapa par le col un prisonnier haut elfe et le jeta à terre violemment. Son camarade abattit alors son arme, et une tête vola dans la cour.
Le seigneur dragon attaqua soudainement les guerriers devant lui, dans le but d’empêcher le massacre, mais il ne réussit pas à percer la forêt de lames dressée contre lui.
Une seconde tête se mit à rouler sur le sol. Les cris de désespoir des autres prisonniers vinrent se mêler aux cris de rage du prince elfique. Ce dernier retenta quelque chose. Cette fois, il fut projeté à terre sous la force d’un coup des énormes draïch de Har Ganeth qu’il réussit à parer. Il se releva, impuissant, et accepta son destin, qui était de voir mourir un par un ses compatriotes, sans pouvoir agir.
On lisait de la colère sur son visage angélique, mais aussi et surtout, de la tristesse. Pathétique. Le sourire aux lèvres, l’assassin se mit en mouvement.

Ses pas ne le conduisirent pas devant le seigneur dragon à la merci de ses adversaires, mais en dehors de la cour, vers une des parties les plus hautes du Weyr, la salle du trône. Les portes, grandes ouvertes, étaient gardées par deux soldats citoyens. L’un d’eux ne put réprimer un frisson à l’arrivée de l’élu de Khaine. Qu’est-ce qu’il aimait cet aura de peur qu’il dégageait !
A l’intérieur, il trouva un Tyrus à l’air anéanti, assis sur le trône. La tête penchée, ses cheveux noirs cachaient son visage. Son Draïch était adossé, à portée de main, mais ses mains, tremblantes, laissaient transparaître la folie qui l’enserrait chaque jour plus fort.
Le dynaste ne leva même pas la tête à l’arrivée du tueur. Ou peut-être ne l’avait-il pas entendu, comme c’était souvent le cas lors des arrivées de Nuhilis.
- Messire, j’ai une nouvelle qui va vous faire plaisir.
Le concerné ne cilla pas.
- Comme prévu, je vous amène sur un plateau le responsable des évènements qui vous ont si profondément marqués.
Cela eut l’effet d’une claque. Comme si un mort reprenait soudain vie, comme si on agitait de nouveau les ficelles d’un pantin.
Tyrus s’était redressé et regardait désormais le nouvel arrivant, les yeux brillant d’une lueur folle.
- C’est vrai, mon bon Nuhilis ?
- Tout ce qu’il y a de plus vrai. Le responsable de tout cela attend votre courroux. Les exécuteurs le tiennent.
Le noble se leva d’un bond, saisit son draïch, fébrile. Il avait soudain retrouvé l’air dangereux qu’il arborait à l’accoutumée, renforcé par sa cape en peaux de dragon des mers qui se terminait d’un côté par d’énormes griffes recouvertes de sang séché.
- Le responsable, tu as dit ? Il est seul ? Un seul homme a réussi à mettre ma forteresse sans dessus dessous ? Très bien, il endurera les souffrances de mille hommes ! Où est-il, Nuhilis, où ?
- Suivez-moi.
Dans un mouvement de cape, l’assassin se retourna et prit la direction de la cour où devait toujours se trouver l’Asur. Tyrus lui emboîta le pas joyeusement, excité comme un gamin. Il congédia d’un geste les gardes qui firent mine de le suivre pour l’escorter et se mit à marmonner pour lui-même. Le dynaste semblait vouloir marcher plus vite que le tueur, mais cela lui était difficile car il ne savait pas où ils allaient. Alors il marmonnait de plus belle, promettant à une personne invisible une vengeance digne de ce nom, et agitait frénétiquement ses doigts sur la garde de son arme.

Comme Nuhilis s’y attendait, rien n’avait bougé dans la petite cour, excepté que désormais, plus aucun des prisonniers hauts elfes n’était en vie. Leurs corps gisaient, baignés de sang, dans un coin de la place.
Les exécuteurs étaient en formation autour du prince. A voir l’air agacé de ce dernier, cela ne lui plaisait pas vraiment que ses adversaires ne se décident pas à en finir. Peut-être avait-il compris qu’il était promis à quelque chose de spécial.
A peine Tyrus avait-il vu la cause de tous ses malheurs qu’il accélérait le pas, bousculant sans ménagement les bourreaux de Har Ganeth sur son passage pour se planter devant l’Asur.
- Alors, c’est toi le chien qui défie mon armée entière ? cracha le dynaste.
- Certes, répondit le haut elfe sans relâcher sa garde. Tu dois être Tyrus, usurpateur du trône de ces lieux.
- Usurpateur ? Comment oses-tu dire cela, toi dont les ancêtres ont volé Ulthuan au Roi Malékith ? Je vais te couper la langue.
- Soit, essais donc. Réglons enfin définitivement nos comptes.
Nuhilis vînt tranquillement se ranger aux côtés de la matriarche, qui suivait la scène sur l’estrade, à côté du chaudron.
- Tu avais raison, dit la furie, l’Asur est venu. Ton plan se déroule comme prévu.
L’assassin se contenta d’hocher la tête. Rien ne servait de se réjouir avant que tout ne soit terminé. Il reporta son attention sur les deux seigneurs elfiques.
- Ecartez-vous, écartez-vous ! vociférait le dynaste à l’attention des exécuteurs. Je veux de la place pour le faire chanter !
Bientôt, les bourreaux se furent suffisamment reculés pour que les deux combattants disposent de la moitié de la cour pour s’exprimer. Il s’agissait de la moitié de la cour qui se dressait au bord du vide. Posté là, on pouvait voir les remparts du Weyr en dessous, où s’agitaient les soldats Druchii, et les assiégeants Asur, en face. Merveilleux lieu pour cet acte, pensa l’assassin.

Tyrus leva son draïch au dessus de sa tête, les deux mains serrées autour de la garde, puis fondit sur le haut elfe en un cri. Ce dernier s’esquiva d’un volte face et contre attaqua. Sa lame fut stoppée par les griffes de dragon des mers de l’elfe noir.
Les deux adversaires se défièrent du regard pendant quelques secondes, immobiles.
La face du dynaste était livide, déformée par la haine, ses pupilles sombres et dilatées bougeant sans cesse. Le calédorien avait le teint à peine plus coloré, ses sourcils froncés et son regard froid témoignaient eux aussi d’une colère sans bornes.
Il y avait des noirs sentiments dans le cœur de ces deux elfes, Nuhilis pouvait presque les ressentir lui-même. Tout cela était très prometteur… pour le spectacle.

Soudain, les protagonistes se remirent en mouvement, à la vitesse de l’éclair. Les lames se mirent à danser en tout sens, au même titre que les corps, sans pourtant que jamais les premières ne touchent les seconds. Chaque coup porté ne trouvait que le vide, ou au mieux l’arme adverse.
L’élu de Khaine assistait là à un ballet dont il n’aurait jamais soupçonné qu’il se révèlerait aussi beau. Rien à voir certes avec ce que lui-même, ou un autre disciple du temple, pouvait produire. Mais tout de même, ces deux là savaient se battre.
Au fil des années, Tyrus avait acquis une grande maîtrise du duo formé par son draïch et ses griffes. Il était capable de passer en un éclair d’une botte à deux mains avec son épée à une attaque sournoise de son poing griffu. Cela faillit coûter la vie plusieurs fois à l’Asur. Ce dernier se défendait cependant fort bien avec son style acrobatique quelque peu particulier.
Tout cela, c’était ce qu’un œil commun pouvait déceler dans l’observation de ce duel. Toutefois, Nuhilis n’avait rien de commun. Son œil était expert. Il voyait toutes sortes de choses que d’autres ne verraient pas.
Tyrus se livrait trop. Guidé par sa rage, il réalisait parfois des enchaînements trop longs qui le laissaient quelque peu fatigué, légèrement en retard, à leur issue. D’autre part, il ne mesurait pas toujours correctement le risque. Il lui arrivait de ne pas être assez vigilant sur des attaques du haut elfe. Par chance, cela ne lui avait pour l’instant pas causé de tord.
Le seigneur dragon, quant à lui, était épuisé. Oui, épuisé. D’aucun l’aurait pris pour un fou, à dire cela, au vu de ses cabrioles et de sa célérité, mais tout ses efforts étaient soigneusement mesurés. Dès que possible, il prenait quelques secondes de repos. Plus les enchaînements du Druchii étaient longs, moins l’Asur contre-attaquait rapidement. Bref, il n’était pas au mieux de sa forme.
Pour conclure, cette analyse semblait tabler sur une victoire du dynaste. L’elfe noir, qui mettait toute sa haine dans ses coups sans retenue, allait finir par déborder son adversaire.

Comme pour confirmer ces pensées, le draïch faucha soudain le haut elfe en dessous du genou. Sa protection ancestrale, forgée sur l’enclume de Vaul, lui évita l’amputation, et même la plaie. Ce qu’en revanche elle ne sut éluder, c’est la force du choc. Le calédorien fut balayé et se retrouva à terre, sur le dos, à la merci du dynaste. Ce dernier vînt placer en un éclair son épée contre le front de l’Asur.
Le prince devait coller le plus possible sa tête contre le sol pour éviter la douleur causée par la lame qui lui entamait la chair.
Tyrus partit d’un rire dément qui dura de longues secondes. Puis il plongea son regard dans celui de sa victime.
- Tu es à moi, chien ! Je vais te faire comprendre ta douleur.

Le cœur de Nuhilis battait à tout rompre. Il devait agir, maintenant.
Il plongea la main sous sa tunique et un instant plus tard, un éclair argent jaillissait.
Le dynaste poussa un gémissement de douleur et lâcha subitement sa lame, qui tomba à côté du haut elfe. Ce dernier se releva d’un bond et d’un geste, frappa.
Son épée fracassa la mâchoire de Tyrus, arrachant ses joues et faisant jaillir le liquide vermeil. Le Druchii voltigea dans une gerbe de sang et s’écroula, ventre à terre. Seul un râle arrivait à s’échapper de sa gorge alors qu’il gigotait, comme pour se relever.
Le calédorien le tourna sur le dos d’un coup de pied. Sa bouche, qui ne ressemblait plus vraiment à une bouche, laissait s’échapper des flots de sang. Au vu des tremblements qui l’agitaient, il devait être en train de se noyer dans ses effluves.
On voyait clairement, planté entre deux pièces d’armure, au niveau de son poignet gauche, la moitié d’une étoile de lancer.

Le regard du haut elfe se leva lentement vers l’assassin.
Nuhilis affronta ses yeux bleu glacial sans ciller, en souriant, puis descendit de l’estrade et s’avança vers le prince.
- Je me doutais que j’aurai à faire cela, dit-il en se plantant devant le dynaste allongé. Merci à toi, tu as très bien joué ton rôle.
L’Asur leva un sourcil interrogateur maculé de sang, alors que la plaie sur son front saignait toujours.
- Oui, reprit-il. Tu as fait exactement ce que je voulais. Tu as éliminé Tyrus.
Le serviteur de Khaine baissa les yeux vers le susnommé. Le noble de Naggaroth était parfaitement immobile, dans une mare vermeille, le regard fixé sur l’assassin. Seul le râle qui s’échappait toujours de sa gorge signalait qu’il était encore en vie. Le râle, et ses yeux emplis de détresse et d’incompréhension.
- Si je voulais ta mort, Tyrus, c’était parce que tu étais devenu un poids, un poids pour toute notre armée. Depuis la mort de ta chère et tendre, tu n’es plus que l’ombre de ce que tu as été, un fantôme hanté par la vengeance. On aurait dit que le fait que nous soyons en guerre t’était sorti de la tête. Tu n’as même pas réagi lorsque l’on t’a annoncé que les Asur étaient là, aux portes. Non, vraiment, cela ne pouvait durer. Le temple se devait d’intervenir, il en allait de notre sort à tous. Rassures toi donc, un de tes lieutenants te succèdera bien vite, et les choses rentreront dans l’ordre.
Le râle prit fin. Le dynaste s’était figé pour l’éternité.
Nuhulis se baissa un instant pour fermer ses paupières.
- La noirceur des plans druchii m’étonnera toujours, susurra le seigneur dragon.
- La noirceur ? Tu veux plutôt dire le génie. Si vous aviez des pratiques similaires, notre nation n’existerait peut être plus, voire n’aurait jamais existé.
- J’ai donc été l’instrument d’un assassin ?
L’intéressé ricana.
- C’est tout à fait cela, oui. Un instrument bien maladroit, d’ailleurs. J’eus espéré que tu lui règles son compte seul.
- Ce n’était pas l’envie qui me manquait. Cet homme était responsable de nombre de mes malheurs. Mais maintenant que j’ai vu toutes les ténèbres dans ton âme, je me pose des questions. Peut-être que je te dois plus d’un grief.
- Sans doute. J’ai tué bon nombre de tes frères d’armes, empoisonné celui qui a voulu te remplacer. J’ai même jeté sur le pic sacrificiel la truie qui te servait de femme.
L’Asur fit un pas en avant, un rictus de colère sur le visage.
- Doucement, chien ! cracha Nuhilis.
En même temps qu’il avait parlé, il avait placé, en un éclair, la pointe de sa dague juste devant les yeux du calédorien. Ce dernier ne put que soupirer de rage.
- Je suppose que tu vas me tuer maintenant, dit le prince, déguiser ta trahison pour être blanc comme neige.
- Effectivement, tu vas mourir. Je raconterais que nous sommes arrivés trop tard, que tu avais déjà assassiné notre commandant, mais qu’il a été vengé.
- Pourquoi ne pas m’accorder un dernier duel ? demanda l’Asur. Je préfère mourir par ta lame dans un combat singulier plutôt que par un projectile de lâche.
- Oh non, je ne te ferai pas l’honneur de m’affronter. Mon histoire sera bien plus crédible si ce sont les exécuteurs qui te mettent en pièces.
Nuhilis tourna le dos à son interlocuteur et s’éloigna. Il claqua des doigts, et soudain, les bourreaux de Har Ganeth se remirent en formation autour du haut elfe, lames hautes.
L’élu de Khaine vînt tranquillement se poster à côté de la matriarche, qui affichait un sourire radieux, pour admirer la mise à mort.
Les exécuteurs ne tardèrent pas à passer à l’action. Le prince contra les premiers coups, décidé à mourir en héros. Après tout, l’assassin lui avait accordé cette chance.

Soudain, le sixième sens de Nuhilis le mit en alerte. Il regarda d’un coup d’œil autour de lui, sans résultat.
Un flot de flammes envahit tout à coup la cour, devant lui. A peine étaient-elles dissipées qu’un dragon rouge, long d’au moins cinq mètres de la gueule aux pattes, atterrissait sans ménagement devant ses yeux ébahis, écrasant par la même plusieurs exécuteurs qui avaient plus ou moins survécu au brasier. La poignée de soldat encore debout fut rapidement balayée par quelques coups de pattes de la bête. La taille de ses griffes, grands comme des couteaux, donna des sueurs froides au tueur.
Un cavalier trônait sur son dos, ou plutôt, une cavalière. Une femme aux cheveux châtains, en armure.
La fille de Reyl !
Celle-ci cria quelque chose à l’attention du prince, visiblement indemne malgré la déflagration, qui monta derrière elle. Le dragon décolla du sol presque aussitôt d’un grand battement d’ailes. Il s’éleva de plusieurs mètres, et c’est là que l’assassin repéra le deuxième dragon, orange, plus loin derrière, suspendu dans le vide. Il avait un cavalier également.
Il sentit subitement les vents de magie bouger autour de lui, se dirigeant vers le deuxième dragon.
Nuhilis avait assisté, impuissant, à la totalité de la scène. Mais ses réflexes de survie revinrent au galop. Il attrapa la matriarche par la main et se mit à courir vers la porte qui donnait sur l’intérieur de la forteresse.
Alors qu’ils s’y engouffraient à peine, un enfer de flammes dévorait la cour derrière eux, sous l’impact d’une immense boule incandescente.
L’élu de Khaine se jeta au sol, sur le tapis qui recouvrait les dalles, comme dans de nombreux couloirs du Weyr. La douleur fut insupportable lorsque le jet de feu qui jaillit dans le corridor lui lécha le dos. Il ne put s’empêcher de hurler, hurler comme il ne l’avait jamais fait. Il lui semblait que son corps brûlait de l’intérieur.
Puis, les flammes magiques s’évanouirent. Pour autant, la douleur ne se calma pas le moins du monde. Tout n’était que souffrance. Chaque respiration, chaque seconde.
Lentement, Nuhilis chercha sous sa tunique un flacon, un flacon rempli de poudre qu’il absorba tout entier dans une grande inspiration nasale. Et il attendit, il attendit que doucement, la douleur s’estompe.
Lorsqu’il se sentit mieux, l’assassin se leva. Ses vêtements étaient en lambeaux, en bonne partie brûlés. Il se retourna. Outre le couloir carbonisé, il ne vit rien. Pas de traces des deux dragons, dehors. La matriarche n’était plus là non plus. Enfin, plus vraiment. Sans qu’il ne s’en soit rendu compte, il avait encore entre ses doigts sa main crispée et son avant-bras, cependant tout le reste avait disparu.

Il laissa tomber à terre le moignon encore fumant.
Lentement, il sentit monter en lui la colère, remplaçant peu à peu complètement la douleur.
Nuhilis posa ses mains raffermies sur la garde de ses lames.
Il allait tous les faire payer.
Le prince, pour avoir survécu.
La fille de Reyl, pour l’avoir sauvé.
Et surtout, surtout… le magicien.

_________________
« Qu’il ne soit fait aucun quartier. Je veux entendre leur cri. Faites les souffrir. Mutilez leurs corps pour que même Isha ne puisse reconnaître ses enfants. »
Tyrus, dynaste elfe noir

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Jeu 5 Aoû 2010 - 21:59

TYLRAEL



Une sphère de feu parfaite s’échappa de sa main.
Elle laissait dans sa course une traînée majestueuse. Les deux Druchii encore debouts coururent pour essayer d’y échapper et disparurent sous une arche juste avant l’explosion qui s’ensuivit. Les flammes se répandirent aux quatre coins de la cour, balayant tout sur leur passage.
Lorsque le feu se fut volatilisé dans l’air, il ne restait plus de trace des cadavres des exécuteurs, ni des deux Druchii. Avaient-ils succombé ou avaient-ils réussi à échapper à ce chef d’œuvre ? Qui pouvait bien survivre à pareille merveille ? Seul le chaudron était encore debout. Ce sombre artefact jouissait d’une protection ancestrale, Tylrael pouvait le sentir.
- Impressionnant, Tyl’ ! dit Aelys, perché sur son dragon, à quelques mètres.
Le cœur du magicien se mit à battre plus vite. La jeune femme était la seule chose à ses yeux qui valait plus que ses talents.
- Merci.
Les deux reptiles géants se maintenaient à hauteur constante à l’aide de grands battements d’ailes.
Sur le wyrm orange trônait Tylrael, dans ses amples robes bleu et gris. Sur le vert siégeaient celle qu’il aimait et l’homme qu’ils avaient sauvé. Ce dernier portait une armure dragon magnifiquement ciselée et brandissait une longue lame tout aussi belle. Il s’agissait vraisemblablement d’un noble de naissance plus qu’honorable. Le type même de personne dont le magicien se méfiait grandement, lui fils de roturier, qui avait du tout acquérir par lui-même. Et le fait qu’il avait les mains posées autour de la taille d’Aelys pour se maintenir en selle ne jouait pas en sa faveur. Il avait les cheveux blond blanc et le regard d’un bleu froid. Mais ce qui attirait surtout l’attention sur son faciès, c’était l’estafilade qui lui barrait le front, et qui avait maculé de sang une bonne partie de son visage.
- Il ne faut pas rester ici, dit sèchement l’inconnu. L’explosion a du les attirer, les Druchii vont venir en masse, avec des arbalètes.
- On vous sauve la vie, et c’est tout ce que vous trouvez à dire ? s’étonna le sorcier. Ou peut-être que cela vous arrive souvent, de combattre une quinzaine d’exécuteurs en solo ?
- Assez, Tyl’ ! trancha Aelys avec une voix autoritaire. Il n’a pas vraiment tord, reprit-elle. Allons donc au campement de père.
- Quoi ? éructa le mage. Mais, tu plaisantes ? Nous sommes là pour nous battre !
- Il faut bien le déposer quelque part, non ?
L’intéressé soupira. Ce n’était pas faux.
- Nous repartirons sans plus attendre, alors, se défendit-il tout de même.
- Nous verrons bien.

Tandis qu’Aelys jouait des rennes pour faire comprendre le message à sa monture, Tylrael « n’eut qu’à » lier son esprit à celui de sa monture pour lui communiquer la destination. Dès le réveil du dragon, le sorcier avait senti qu’ils pouvaient communiquer ainsi. Il était fait pour cela, fait pour chevaucher un wyrm et se battre pour l’honneur et la gloire !
Les deux reptiles entamèrent la descente vers le centre du campement qui formait un demi-cercle autour de la forteresse, en faisant en sorte de ne pas être à porter d’arbalète. Pendant le voyage, Aelys entama la discussion avec le prince dragon :
- Que faisiez-vous donc là ?
- Je suis ici chez moi.
- Chez vous ? ricana le magicien. Vous êtes un Druchii ou quoi ?
- Non, dit la jeune femme en se tournant vers l’inconnu. Vous êtes Llomarin, seigneur dragon du Weyr. Je vous reconnais maintenant, mais tout le sang que vous avez sur le visage ne m’a pas aidé.
- Et vous, vous êtes la fille du seigneur Reyl. Je n’oublis jamais un visage.
Tylrael rit de nouveau et répliqua :
- Vraiment ? Vous devez oublier facilement les blasons, alors. Car vous essayiez à l’instant d’abattre une escouade de l’élite de Har Ganeth tout seul.
- Je n’ai pas peur de la mort.
Le mage soutînt le regard du prince.
- Moi non plus. Ceci dit, je m’en suis mieux sorti que vous, sur ce coup là.
- Je vous croyais loin d’ici, en dehors de Caledor, dit Aelys sans tenir compte du sorcier.
- Je suis revenu. Vous êtes allé au Hall des Dragons, vous avez réussi à en réveiller ?
- C’est que messire est observateur ! lança insolemment Tylrael, gagnant par là même un regard noir de la part de la jeune femme.
- Il faut que je m’y rende, reprit le noble. Pouvez-vous m’y emmener ?
- Vous pensez pouvoir tirer un wyrm de son sommeil ? questionna l’ancien élève de la tour blanche. Avez-vous eu des songes étranges, ces temps-ci ?
Le prince fit oui de la tête.
- Alors il faut que vous vous y rendiez, conclut le sorcier. Aelys, emmène-le.
- Moi, pourquoi ce serait moi ?
Parce que moins tu seras sur le champ de bataille, moins je me ferai de souci, mon amour.

Tylrael n’eut pas le temps de trouver une réponse plus convenable, car c’est sous les hourras qu’ils atterrirent sur une petite place sans tente dans le campement des assiégeants. Des dizaines de guerriers citoyens et même quelques princes dragons les attendaient en les acclamant. La perspective inespérée d’une victoire s’offrait à eux en leur personne.
Le magicien jubilait. Enfin, il avait la reconnaissance de ses pairs, de tous ses pairs. Jusqu’ici, seuls Aelys et quelques sorciers de la tour blanche, ceux qui ne lui avaient pas reproché son impatience, son manque de rigueur et son insubordination, lui avaient fait des compliments dans sa vie. Maintenant, il passait pour un héros, un sauveur.
Les gens formaient une haie d’honneur jusqu’à la plus grande tente de la place, devant laquelle les attendait le seigneur Reyl en personne, accompagné de ses plus fidèles lieutenants. Avec ses cheveux blonds tirant sur le gris coiffés en catogan, son visage figé sur une mine austère, ses bras résolument croisés, il semblait d’une humeur complètement opposée à celle des autres personnes rassemblées ici. Rien d’étonnant. S’éclipser comme Tylrael et Aelys l’avaient fait pour se rendre au Hall des dragons, alors que le seigneur dragon leur avait formellement interdit de quitter la ville, n’avait pas du beaucoup lui plaire, c’était même un euphémisme.
Le seigneur dragon serra visiblement avec émotion sa fille dans ses bras, puis sans un mot, fit signe aux trois nouveaux arrivants de le suivre dans sa tente. Lorsque la toile se fut refermée derrière l’entrée, sa langue se délia :
- Vous avez désobéi à mes ordres.
Il jeta un regard noir au magicien.
- Mais, père, nous avons réveillé deux dragons ! se révolta Aelys.
- Cependant, reprit-il, cela n’a pas été vain. Vous avez ramené deux créatures qui font la gloire de Caledor. Je vais sélectionner sur le champ mes meilleurs princes dragons pour les chevaucher.
- Pardon ? éructa le sorcier. Vos meilleurs princes dragons ? Il y a un malentendu, c’est votre fille et moi qui chevaucherons les wyrms !
- Vous n’avez aucune expérience de la guerre, voyons !
Le ton du seigneur était monté d’un cran.
- Je maîtrise une magie de combat, messire, se défendit Tylrael. Je sais également me battre à l’épée, sans doute moins bien que vos hommes, mais mes talents dans les arcanes surpassent largement ce handicap.
- Quant à moi, père, vous m’avez appris le maniement des armes dès mon plus jeune âge, comme à un garçon ! M’empêcher de me battre, ce serait renié cette partie de mon éducation. Vous vouliez un fils pour vous succéder, et bien ce sera une fille, et elle fera tout aussi bien !
Reyl baissa les yeux.
- Je… je…
- De toute façon, vous ne pouvez nous empêcher de participer à cette guerre, conclut le mage.
Un long silence s’ensuivit, sans que personne ne bouge. Le noble gardait les yeux baissés vers le sol, pensif.
« Soit. »
Ce mot sembla faire mal au seigneur tellement il était prononcé à contre cœur.
Tyrael poussa un soupir de soulagement. Ni Aelys ni lui-même ne purent répondre, car le dénommé Llomarin, en retrait depuis le début de la conversation, les devança :
- Il faut que je me rende au Hall des dragons.
- Llomarin, s’excama Reyl, je vous avais presque oublié ! Mais je vous croyais loin d’ici, en voyage ?
- C’est une longue histoire, que je n’ai ni le temps ni l’envie de raconter. Il me faut aller au Hall des dragons.
- Certes, je vous ai bien entendu. Vous pensez pouvoir réveiller un reptile ? Je peux vous affréter un cheval sans plus tarder.

Tylrael ne fit pas attention à la réponse du prince. Quelque chose dans les vents de magies venait de changer. L’énergie était soudain aspirée doucement, en direction du Weyr. Mauvais signe.
Il sortir en trombes de la tente. La plus grande partie de la foule s’était dispersée. Seuls restaient quelques guerriers citoyens téméraires et des princes dragons, rassemblés autour des reptiles géants, en admiration. Le mage y fit à peine attention.
Il fixa son regard sur la forme gigantesque de la forteresse, au dessus d’eux. Pas de doute, les vents magiques convergeaient en masse vers elle, bien qu’il ne puisse dire avec précision où. Il se concentra et essaya de freiner la convergence, d’attirer le pouvoir vers lui. Il réussit à ralentir légèrement l’aspiration, sans toutefois pouvoir la stopper.
Bientôt, il sentit que quelqu’un d’autre essayait de stopper le flux d’énergie, puis encore un autre. Sans aucun doute les sorciers de l’armée de Reyl, quelque part dans le campement, qui avaient senti comme lui ce changement. La convergence des vents était maintenant fortement ralentie, mais petit à petit, un vortex de magie était en train de se former, là haut, dans le Weyr.
« Qu’est-ce qu’il t’arrive ? »
Tylrael fut interrompu dans sa concentration par Aelys, qui lui secouait l’épaule. Son père, elle et Llomarin étaient sortis de la tente et devaient l’observer depuis quelques instants déjà. Le sorcier se tourna vers eux.
- Un sortilège est à l’œuvre, dans la forteresse. Les sorcières attirent beaucoup d’énergie à elles, je n’aime pas du tout cela. Il s’agit d’une incantation de très grande envergure. Le genre de charme qui aboutit… à une catastrophe.
- Peux-tu être plus précis ? Qu’est-ce que s’est exactement ?
- Comment le saurais-je ? Malédiction, invocation, tout est possible.
- Vous et les autres mages ne pouvez pas le contenir ? demanda le seigneur Reyl.
- Si, je pense que si, mais il faut me laisser me concentrer.
Le dirigeant de Degry hocha la tête.
- Je vais prévenir mes troupes.
Il s’éloigna à grands pas. Llomarin reprit la parole :
- Aelys, pouvez-vous m’emmener au hall des dragons ?
- Je… je croyais que vous vous y rendiez à cheval.
- Je préfèrerai à dos de dragon. Cela ne prendra que quelques heures, contre plusieurs jours.
- Il a raison, intervint Tylrael. Emmène-le. Trois dragons ne seront pas de trop face à ce qui ce prépare. Tu auras bien l’occasion de te battre après.
Et comme cela, tu ne seras pas dans les parages, si l’incantation des Druchii réussit, dit-il intérieurement.
- Très bien, soupira la jeune femme. Venez, messire.
Les deux elfes s’éloignèrent vers les dragons. Le magicien ferma les yeux.

Il ne mit que quelques secondes pour se concentrer à nouveau et recommencer à dévier la convergence des vents. Les deux autres sorciers de l’armée avaient uni leurs efforts et la dissipation du sortilège allait grand train. Il s’aligna lui-même sur leur méthode. S’ils continuaient comme cela, il commencerait à avoir des doutes sur la réussite de l’entreprise de leurs maudits cousins.
Puis, quelque chose changea. L’intensité de l’attraction énergétique avait soudain doublé. Devant cette recrudescence, Tylrael fut perturbé et perdit sa concentration. Il rouvrit les yeux.
Un des deux dragons avait disparu, comme il pouvait s’y attendre. Le camp suivait son rythme habituel. Des blocs de pierre gigantesques étaient régulièrement projetés vers le Weyr par d’ingénieux mécanismes, autour desquels s’agitaient nombre de soldats et d’ingénieurs.
Le cœur du magicien s’était mis à battre plus vite. Par tous les dieux, qu’il n’aimait pas la tournure que prenaient les choses ! Les Druchii semblaient tenir au succès de leur incantation et avaient trouvé un moyen d’arriver à leur fin. Il ne comprenait toujours pas la soudaine accélération du processus.
Il fallait intervenir, et vite.
Le mage tissa un lien mental avec ses deux homologues et leur dit simplement : « Essayez de contenir les vents le plus possible, je vais tenter quelque chose».
Un des sorciers voulut lui répondre quelque chose, mais Tylrael ferma son esprit. Se concentrant quelques instants, il rassembla un peu du vent d’Aqshy entre ses mains, et modela une épée. Il avait travaillé ce sortilège de nombreuses heures et le maîtrisait désormais complètement. Bientôt, il tînt entre ses doigts une longue épée à la lame orange et la garde constellée de pierres précieuses. Encore un effort, et des flammes se mirent à brûler sur le fil de l’épée.
Des gardes citoyens, hébétés, s’étaient arrêtés autour de lui, contemplant l’étendu de son talent. Le magicien sourit à peine, la gravité de la situation l’en empêchant.
Il courut jusqu’à sa monture et sauta sur son dos. Un instant plus tard, la bête s’élançait dans les airs, en direction du Weyr qui les surplombait.

Ils décrivirent une cloche pour aborder la forteresse par le haut. Certes, cela laissa plus de temps aux Druchii pour les voir arriver, néanmoins cela réduisait le nombre de projectiles qu’il allait essuyer.
Dès qu’ils furent à porter de tir, d’immenses carreaux de baliste fusèrent dans leur direction. Le dragon zigzagua légèrement pour les éviter.
De plus en plus d’éclairs de métal s’abattaient sur eux. Tylrae se concentra, faisant apparaître un mur de feu mobile devant eux. Les quelques carreaux qui le rencontrèrent se volatilisèrent aussitôt.
Le dragon s’éleva un peu plus et ils profitèrent d’un moment de répit. Le mage repéra bien vite ce pour quoi il était venu, tant la puissance qui s’en dégageait était devenu importante. Sur une cour perchée loin au dessus des chemins de ronde, trois sorcières en robe violettes de cérémonie formaient un cercle. L’air autour d’elles était tellement chargé en énergie que les formes en étaient déformées. Les trois femmes semblaient tellement absorbées par leur tâche qu’elles ne l’avaient toujours pas vu.
En revanche, une escouade d’arbalétrier se tenait prêt, en dessous. Tylrael rétablit promptement son mur de flammes, juste à temps pour accueillir une centaine de traits qui tombèrent en poussière. Le magicien avait peur, mais il était aussi terriblement excité. La situation était très difficile, cependant il avait les moyens de passer au travers, il le savait. Son pouvoir n’avait encore jamais atteint ce niveau.

Subitement, son dragon perdit de l’altitude. Le grognement de douleur qui accompagna ce changement des paramètres de vol indiquait qu’il avait été touché par un carreau de baliste qui, tiré depuis le bas, était passé sous la protection magique. Quelques secondes plus tard, le reptile et son cavalier s’écrasaient sur la cour où avait lieu la cérémonie. L’ancien élève de la tour fut projeté dans les airs. Il freina magiquement sa chute et atterrit tout en douceur sur le sol dallé.
Les sorcières avaient maintenant remarqué sa présence. Deux d’entre elles avaient cessé leurs incantations, tandis que la troisième continuait seule de maintenir le sort en vie. Il ne fallait pas toucher à cette dernière, savait Tylrael, sous peine de libérer les énergies magiques dans un cataclysme apocalyptique. Avant de lui régler son compte, il devra attendre que ses deux camarades arrivent à dissiper les vents magiques, ce qui devrait être possible maintenant que seule une Druchii tissait le charme.
Un coup d’œil aux pieds des sorcières lui révéla ce qui avait considérablement augmenté leur puissance. Trois cadavres d’esclaves elfes en pagne gisaient, les bras en croix et la poitrine déchirée par un coup de dague. La légende disait que du sang, absorbé par une lame magique vampirique, pouvait agir comme un catalyseur pour de bien sombres sortilèges. Toutefois, Tylrael n’avait pas le temps de se renseigner auprès de ces charmantes demoiselles.
Il avança vers elle, brandissant sa lame faite d’énergie pure. Avec une arme comme cela, il n’aurait aucun mal à les tailler en pièces.
Le pyromancien sentit tout à coup les vents de magie se mouvoir différemment autour de lui et avant qu’il n’ait pu réagir, une malédiction le frappait. Soudain, son corps ne fut plus que douleur. Chaque partie de son anatomie se mit à lui faire mal, un mal comme il n’en avait jamais connu auparavant. Le souffle coupé, il lâcha son épée qui tomba à terre, les flammes se volatilisèrent. Il tomba lui-même à genoux. Il entendait à peine le dragon, à ses côtés, qui se roulait sur le sol, rendu fou par la douleur.
Il avait tellement mal qu’il était totalement impossible à Tylrael de réfléchir ou de se concentrer sur la dissipation de l’anathème. Il en vînt à ne souhaiter qu’une seule chose : la mort.
Pourtant, tout s’arrêta aussi vite que c’était venu. La souffrance s’envola en laissant place à une agréable sensation de douceur. Le mage leva alors les yeux vers les sorcières. L’une d’entre elle s’était transformée en torche vivante, après que le wyrm lui ait craché un geyser enflammé dessus, entre deux spasmes de douleur. La souffrance de l’épouse de Malékith était telle qu’elle se jeta tout bonnement dans le vide pour en finir.

Tylrael reprit étonnamment vite ses esprits, sans doute guidé par son instinct de survie. Il ramassa son épée qui brûla de plus belle et se jeta sur la deuxième magicienne, qu’il trancha littéralement en deux, à hauteur de la taille.
En omettant son petit accident à la tour blanche, et les deux Druchii de toute à l’heure avec la boule de feu, dont il n’était pas sûr de la mort, c’était la première fois qu’il ôtait la vie. Toutefois, il n’eut aucun sentiment de pitié. Comment pouvait-on éprouver de la pitié devant cette engeance pervertie qu’était la branche elfique de Naggaroth ?
Ne restait devant lui qu’une seule sorcière. Elle maintenait encore le sortilège en place, et c’était bien la seule chose qui la laissait en vie. On lisait dans ses yeux qu’elle savait parfaitement que toute seule, elle ne pourrait jamais venir à bout de l’incantation, et qu’elle savait également qu’à la seconde où elle aurait rompu le sort, elle aurait connu la même fin que sa semblable.
Tylrael sourit devant l’ironie de la situation. Son dragon, lui aussi remis de la malédiction qui les avaient frappés, s’était redressé, à sa droite. Le mage lui avait mentalement intimé l’ordre de ne pas attaquer.
L’ancien élève de Hoeth se concentra. Il sentit l’action des mages Asur, toujours dans le campement. Ils poussaient la sorcière dans ses retranchements, elle ne pouvait plus retenir les vents de magie à elle. Tylrael défit mentalement les liens de l’ensorcellement un à un. Finalement, le vortex se dissipa.
La sorcière afficha une mine déconfite. Le visage du mage, quant à lui, était radieux. Il avait réussi ! Il avait brisé dans l’œuf la tentative magique des Druchii ! Son acte resterait à jamais dans les annales ! Il venait d’écrire la première page de son histoire, l’histoire du mythe qu’il allait devenir !

Sa paume s’ouvrit en direction de l’épouse du Roi sorcier. Les vents affluèrent vers lui. Une boule de feu minuscule apparut au creux de sa main et se mit à grossir lentement.
Tout fut soudain interrompu car une vive douleur venait de traverser la poitrine du pyromancien. Il ne put retenir un cri. Ses yeux se posèrent alors sur son ventre, dans lequel était planté une dague, ruisselant de sang, de son sang !
Une ombre noire venait d’apparaître à sa gauche, à une vitesse surnaturelle. L’homme, aux vêtements à moitié déchirés, tenait encore dans sa main la garde de la lame, celle la même qui venait de lui causer cette terrible blessure.
Tylrael tomba à genoux, les larmes aux yeux. La douleur s’approchait de ce qu’il avait ressenti tout à l’heure, sauf que cette fois, ce n’était pas d’origine magique, et rien ne pouvait la dissiper. L’assassin, le visage en partie caché par un foulard noir, le regardait avec froideur. La sorcière, derrière lui, poussa un cri pour le prévenir de l’assaut du dragon. Toutefois, le tueur avait prévu l’attaque et roula sur le côté pour échapper au coup de patte.
S’ensuivit un combat peu banal. Le dragon essayait de faucher avec ses griffes et sa queue l’elfe noir, cependant celui-ci était incroyablement véloce et agile, et il se dérobait à chaque attaque. Il arrivait même à porter des coups à la bête, bien que sa lame ne réussisse pas à percer les dures écailles oranges.

Pendant ce temps, Tylrael se vidait de son sang. Plié en deux, il regardait son liquide vital sortir par la plaie. La dague était encore en place, il ne l’avait pas retiré, et pour cause, c’était ce qui limitait le flux, ce qui retardait légèrement l’heure de sa mort.
Tous ses espoirs, ses rêves venaient de voler en éclats. L’avenir qu’il s’était imaginé. Mage parmi les plus illustres, reconnus par tous ses pairs. Véritable cauchemar pour les ennemis de Caledor. En temps de guerre, il irait au front, sur le dos de son dragon, et réduirait en cendres ceux qui se dresseraient sur la route. En temps de paix, il dirigerait une école de Pyromancie et y enseignerait, établissement qu’il aurait fondé à Degry. Sa notoriété et son talent auraient totalement éclipsé son seul défaut : sa mauvaise naissance. Ses anciens instructeurs de la tour blanche n’auraient pu que constater et reconnaître leur erreur. Ils lui auraient présenté des excuses pour ne pas lui avoir fait confiance. Enfin, les princes dragons hautains lui auraient accordé leur considération et lui auraient témoigné du respect. Et surtout, le seigneur Reyl n’aurait pu lui refuser la main de sa fille.
La colère monta en Tylrael. Cet assassin de malheur avait brisé une destinée. Jamais il ne connaîtrait la gloire, la reconnaissance, ni même l’amour de sa bien aimée !

Les vents de magie se mirent à tourner autour de lui. Ils formèrent une spirale, de plus en plus importante, dont il était le centre. Sa haine grandissait à mesure que la vie le quittait. Il avait de plus en plus de pouvoir. Le souffle magique se mouvait désormais à une vitesse qu’il n’avait encore jamais vue. Il ne s’était jamais senti aussi puissant, malgré sa blessure.
Soudain, les vents affluèrent en lui, dans son corps. Il ne fut plus que puissance. L’air crépitait autour de lui. Il se sentait capable de détruire le monde d’un seul mot de pouvoir.
Il eut la force de dire mentalement au dragon de partir. Quelques secondes plus tard, le reptile mettait fin au ballet avec l’élu de Khaine et s’envolait.
L’assassin se retrouva seul avec le sorcier. Au même moment, des créatures revêtues d’armures noires comme le geai et dardées de pics envahissaient l’endroit. Ils l’encerclèrent rapidement, brandissant des hallebardes menaçantes.

L’élu de Khaine devait connaître les vents magiques, car le jeune mage lut dans ses yeux une peur qu’il trouva exquise : la peur de la mort. Il fit volte face et prit ses jambes à son cou, sous le regard surpris des diables noirs. Mais le magicien n’en avait pas décidé ainsi.
Sa sentence était le trépas pour ce meurtrier !
Tylrael saisit avec ses deux mains la garde de la dague toujours plantée dans sa poitrine et, d’un coup, la retira. Dès lors, il ne fut plus capable de contenir les énergies.
Son corps implosa, brûlant jusqu’à son âme.

Sa dernière vision fut celle de la cour dévastée par un torrent de flammes auquel rien ne peut survivre.

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Ven 6 Aoû 2010 - 10:23

C'est la fin du cycle 2 !
Il y aura sans doute un épilogue, mais l'histoire est terminée :thumright:

J'espère que ça vous a plu, en tout cas moi je me suis bien amusé.
Je travaille en ce moment à une légère réécriture du cycle 1, on verra ce que cela donne.

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Sam 7 Aoû 2010 - 0:48

Une fin sympathique avec de nombreux rebondissements. Que du plaisir...

Citation :
Il y aura sans doute un épilogue, mais l'histoire est terminée
Ce serait cool en effet surtout avec Llo chevauchant un dragon stellaire.

A quand le cycle 3. XD

Knur' (jamais rassasié)
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Sam 4 Sep 2010 - 22:58

Voilà donc l'épilogue promis et... tant attendu... **siffle**

A noter que j'ai enfin donner un titre à cette petite saga.




EPILOGUE


La jeune femme tout de rouge vêtue s’avança lentement vers l’autel.
Elle tenait dans sa main une torche aux flammes dansantes. Sur son visage se lisait une grande tristesse : son visage était fermé, son teint pâle et ses yeux bleus tout humide. Elle avait les cheveux attachés, en signe de deuil.

Un vent léger et froid soufflait sur la cour extérieure du weyr où se tenait le petit groupe. Il s’agissait d’un des rares endroits de la forteresse resté miraculeusement intact. Depuis ce lieu, on distinguait une grande partie de la région. D’abord, à leurs pieds, la ville d’Orelym, qui portait les lourdes marques de deux sièges séparés par un pillage avec le lot de profanations qui l’accompagnait. Autour, le camp des troupes d’Orelym et de Degry avait disparu : ne restait plus que des traces du passage de ces milliers d’hommes. Encore plus loin, la vallée, puis les montagnes, seuls éléments du paysage qui étaient restés inchangées, et ce depuis des millénaires.
« Nous te remercions pour ton sacrifice, Tylrael, toi qui a donné ta vie pour sauver le weyr. »
L’elfe récita alors une prière à Isha, la priant d’accueillir auprès d’elle son enfant.
Sa voix était mélodieuse et douce. Elle donna à Térys des frissons.
Tout doucement, dame Aélys abaissa la lueur vers les grandes brindilles disposées devant elle, et soudain, l’ensemble prit feu. Les flammes léchèrent d’abord l’endroit ou la torche s’était posée, puis elles envahirent le braséro tout entier, jetant des reflets orangés sur les témoins de la scène.
Elle recula d’un pas, contempla quelques instants l’autel puis vînt se ranger auprès du reste de l’assemblée, juste derrière. Tous suivaient silencieusement du regard les mouvements à la fois gracieux et vifs des flammes du brasier.

Térys n’avait pas connu personnellement le mage dragon en l’honneur duquel se tenait la présente cérémonie mortuaire. Il avait bien perçu, du fond de sa geôle, la déflagration dans laquelle le sorcier avait trouvé la mort, mais c’est bien la seule manifestation qu’il ait reçu de sa part. On ne connaissait pas les circonstances exactes de la disparition de l’arcaniste. Apparemment, il avait lancé un sortilège d’une puissance telle qu’il y avait lui-même succombé. Ce qui était sûr, c’était que ce dernier acte avait été un fait marquant dans le conflit. On attribuait au magicien la mort d’un assassin du Temple et des sœurs des Couvents de sorcières présentes dans l’armée elfe noire, ainsi que celle de nombreux gardes noirs, exécuteurs ou autres soldats de la sombre Naggaroth. En faisant taire les adeptes de la magie noire, le magicien avait épargné des vies Asur, et surtout laissé le champ libre aux ensorceleurs hauts elfes, qui n’étaient pas étrangers à la victoire finale.
Ce qui était cynique, et à la fois si grand, c’était que ce Tylrael était devenu un héros en mourant : il n’aura pas connu la gloire de son vivant. Cette histoire inspirait beaucoup Térys. Nul doute qu’un jour il se renseignerait sur cet elfe dans le but d’écrire un roman sur le mage.
Au bout de quelques secondes, le regard de l’intendant quitta le foyer incandescent pour se balader dans l’assemblée. Il y avait là tout le haut état-major des armées d’Orelym et de Degry.
Le seigneur dragon Llomarin se tenait à côté de dame Aélys. Il portait son armure doré constellée d’aigues marines, ainsi qu’une longue cape orange qui touchait presque le sol. Son visage avait toujours les mêmes traits presqu’enfantins qu’auparavant, toutefois toute joie y avait disparu. Depuis que Térys avait revu le prince, ce dernier n’avait pas quitté son masque mélancolique. Colère et tristesse se lisaient sur son faciès de jeune premier.
Pour sûr, le noble avait été profondément affecté par les évènements passés. L’intendant se demandait s’il retrouverait un jour sa bonne humeur et ses éclats de rires de jadis. Peut-être avait-il été trop doué trop jeune. Il avait vu trop d’horreurs, connu trop de pertes, et tout cela bien trop tôt. Plus haut on s’élève, plus dure est la chute, se rappela Térys.
Une chose était sûre, les épreuves qu’il avait traversées n’avaient en rien émoussé son talent de combattant, bien au contraire. Sire Llomarin était un des héros majeurs du conflit, avec le magicien auquel on rendait maintenant hommage. L’intendant ne connaissait pas encore le début des péripéties du prince, faute d’avoir pu lui parler directement. Tout ce qu’il savait là dessus, c’était ce qu’on lui avait raconté, et les versions étaient nombreuses. Pour certains, il était resté caché dans le weyr pendant tout le siège par les elfes noirs et n’était sortie de sa cachette que pour commettre meurtre sur meurtre dans les rangs ennemis, pour d’autres, il s’était en fait infiltré dans la forteresse, déguisé en Druchii. La seconde version semblait la plus vraisemblable.
En tout cas, Térys connaissait comme tout le monde la suite de l’histoire. Sire Llomarin s’était rendu au Hall des dragons et était revenu sur le dos de la créature qu’il avait réussi à réveiller : un grand reptile aux écailles bleu comme le ciel, doté d’épines dorsales et de cornes du même orange qu’un coucher de soleil. Une créature magnique…et terrifiante. Son rôle et celui de son maître dans la reprise du weyr avaient été primordiaux.
Des trois wyrms qui avaient été réveillés durant le conflit, seul le reptile de sire Llomarin ne s’était pas déjà rendormi. En effet, les deux autres s’étaient envolés pour ne jamais revenir quelques jours après que le château ne soit tombé.
Un coup d’œil dans le ciel nuageux au dessus de Térys lui indiqua que le dernier dragon effectuait en ce moment même de grands cercles aériens au dessus des plates formes d’envol, comme il le faisait déjà toute à l’heure.


Les yeux de l’intendant glissèrent ensuite sur la voisine de sire Llomarin, la fille du seigneur Reyl, sans doute la plus marquée par le décès du sorcier, puis sur son géniteur, en armure rouge sang. Dame Aélys, sur le dos de son wyrm, s’était battu comme un vrai prince dragon. Elle avait merveilleusement mise en pratique son éducation presque masculine. Quant au sire Reyl lui-même, il avait parfaitement supervisé le siège, contrant avec brio la contre attaque des Druchii, et avait également vaillamment mené les derniers assauts avant la victoire. Orelym était désormais fortement redevable devant Degry. A vrai dire, Térys ne voyait pas vraiment comment cette dette pourrait un jour être payée… Sans la vaillance des troupes de Degry, le weyr serait encore occupé, et sur cette cour se tiendrait peut-être à l’heure actuelle un dynaste Druchii, contemplant ses nouvelles conquêtes. Rien qu’à y penser, l’apothicaire en avait la nausée.


Ses yeux se posèrent alors sur sire Gregor. Portant son armure dragon émeraude ancestrale rehaussée d’une cape de la même couleur à la doublure dorée, il avait toute la splendeur des héros d’Ulthuan. Étonnamment, il semblait affecté par la cérémonie. Pourtant, à la connaissance de l’intendant, les deux personnages étaient des inconnus l’un pour l’autre.
Pour ce qui était du conflit, sire Gregor était un peu l’invité surprise. Térys avait appris que pendant la fuite d’Orelym, devant la disparition d’Elris, les officiers s’étaient naturellement tournés vers lui, fort de son expérience de seigneur dragon et de son charisme. Puis, le prince avait sauvé le seigneur Reyl d’une tentative d’assassinat par un agent du Temple de Khaine de Naggaroth, déguisé en Asur. Suite à cet évènement, sire Gregor avait sombré dans le coma, empoisonné par la lame du Druchii. Il en était miraculeusement sorti quelques jours plus tard, alors que les troupes avaient déjà quitté Degry pour partir assiéger leur propre forteresse. Il avait rejoint en urgence le front, pour se battre.
C’est un honneur bien particulier qui l’attendait, dans le camp des assiégeants. Sire Gregor arrivait juste après le sacrifice de Tylrael. Seul son dragon, orange comme le feu qui brûlait devant eux, était revenu. Messire Reyl, pour remercier l’ancien seigneur dragon de l’avoir sauvé, l’avait alors autorisé à chevaucher le reptile.

Sire Gregor était donc le cinquième élément du bras qui avait balayé les Druchii.
La place forte avait été reprise en un temps record, encore plus rapidement que les troupes de Naggaroth ne leur avaient initialement arraché des mains, puisque le siège avait duré exactement trois semaines, soit plusieurs semaines de moins que la première prise.
Les combats ne s’étaient bien sûr pas arrêtés là. Il avait fallu encore plusieurs mois pour balayer toute la région de la présence des elfes noirs. L’arche noire qui les avait amenés ici s’était éclipsée juste avant la fin du siège, laissant piégée derrière elle de nombreux soldats, abandonnés à leur sort. Cette dernière phase du conflit avait donc pris la forme d’une guérilla, les Druchii se cachant dans la montagne.
Aujourd’hui encore, des bateaux calédoriens, aidés par des vaisseaux de la garde maritime de Lothern, patrouillaient aux alentours des côtes et au-delà pour surveiller une éventuelle nouvelle attaque, ou bien encore pour dénicher de potentiels trainards.


Enfin, le regard de l’intendant finit son tour d’horizon sur la silhouette d’une belle femme blonde portant une robe blanche qui lui collait au corps sous une cape bleue. La sorcière Maella. Elle était revenue en hâte de son séjour à la tour blanche, avertie par un moyen ou par un autre de l’attaque des elfes noirs. Toutefois, elle n’était arrivée qu’après la prise du weyr, ce qui ne l’avait pas empêché de participer activement à la chasse aux Druchii, éparpillés partout dans la région.


La cérémonie prit fin lorsque sire Llomarin remercia tous les invités d’être venu. L’assemblée se dissout en quelques instants, chacun s’éclipsant par l’une ou l’autre des sorties de la cour. Seuls restaient sire Llomarin, dame Aélys et Téryis lui-même. Ce dernier se rapprocha du prince, qui avait expressément demandé à le voir après l’hommage au défunt héros.
- Je voudrais rester ici pour me receuillir, murmurra la jeune femme.
Le seigneur dragon hocha la tête. Il se tourna ensuite vers l’intendant. Ce dernier eut la vision si éphémère d’un sourire sur les lèvres du noble qu’il se demanda s’il n’avait pas rêvé.
Térys emboîta le pas de son maître pour une ballade le long des créneaux, laissant derrière eux le silhouette de dame Aélys accroupie devant le bucher. Leur allure était lente, du fait du physique défaillant du vieil elfe. Il n’était déjà pas en grande forme avant le conflit, et les semaines passées ne l’avaient pas arrangé. Son état de santé était plus que jamais défaillant. Il se demandait malgré tout si leur promenade durerait très longtemps, car les portions de chemin de ronde encore intactes avaient tendance à être plutôt courtes, à la suite des deux sièges qu’avaient essuyés la forteresse. Alors qu’ils marchaient, ils pouvaient voir tout autour d’eux les ravages de la guerre : murs éventrés, tours décapitées, ponts effondrés et autres structures endommagées.
- Mon cher Térys, commença le prince, je ne saurai t’exprimer toute ma joie de te revoir, bien vivant. Les gens que j’apprécie ne sont donc pas tous devenus des fantômes.
- J’ai appris pour votre épouse, je…
Le seigneur dragon leva la main pour lui imposer le silence.
- Ne parlons pas de cela, je te prie. Racontes moi plutôt comment tu as fait pour survivre à toute cette horreur.
- Je veux bien, messire, mais à une condition : que vous me narrez votre propre histoire. J’ai entendu tellement de choses extraordinaires et contradictoires à votre propos que j’aimerai vraiment entendre l’authentique.
- Il me coûte de la raconter, soupira sire Llomarin, cependant j’accepte.
- Et bien, messire, j’ai été fait prisonnier par les Druchii.
- Vraiment ?
- Je ne pouvais pas abandonner derrière moi l’endroit où j’ai vécu pendant un millénaire et demi, même sous la menace de nos sombres cousins. Alors je suis resté ici quand tout le monde a fuit par les sous terrains. Le destin a voulu que les soldats ennemis qui m’ont trouvé, attendant la mort dans mon bureau, ne m’ont pas tué. Je n’ai pas non plus fait partie de tous les prisonniers sacrifiés à Khaine ou simplement exécutés pour satisfaire les poussées de sadisme du dynaste qui commandait cette sombre armée. Il s’en est fallu de peu, à vrai dire. Un jour, il a donné l’ordre de tuer tous les prisonniers, mais les agents du Temple de Khaine ont fait pression pour en garder quelques dizaines.
- Sans doute pour alimenter la magie noire de leur chaudron. J’ai tenté de faire cesser ces sacrifices, comme tu l’apprendras toute à l’heure, néanmoins je ne connais pas la conclusion de ma tentative.
- Et bien, peut-être avez-vous réussi, messire. A partir d’un certain moment durant le siège, les Druchii nous ont complètement oubliés. Si bien qu’ils ne nous nourrissaient même plus, si l’on peut toutefois appeler ce qu’ils nous donnaient de la nourriture. Malgré mon âge, malgré mon état de faiblesse extrême, j’ai survécu jusqu’à la victoire. Il faut croire qu’Asuryan n’avait pas encore décidé d’en finir avec moi.
- Tant mieux, mon cher Térys. Revoir ton visage a été un des seuls moments dénués de tristesse de ces derniers temps. Revoir Maella m’a aussi apaisé. J’ai même été content de voir la trogne de Gregor, c’est dire.
L’apothicaire eut l’intuition que le prince allait ricaner, mais sa bouche ne produit qu’un son rauque, puis il resta silencieux.
- Puis-je connaître votre histoire, messire ?
Sire Llomarin acquiesça et se lança dans un long récit. Si long qu’ils finirent par arriver devant un trou béant. Un énorme bloc de pierre avait arraché cette partie du chemin de ronde. Les deux elfes restèrent là, l’un continuant son histoire, l’autre l’écoutant attentivement.
Il lui conta comment il avait failli mourir noyer, au large de Caledor, comment déguiser en elfe noir, il avait traversé la région entière pour atteindre la place forte, comment il s’y était introduit, utilisant un des passages secrets que lui-même, intendant du weyr, lui avait montré. Il raconta comment il s’était caché et avait espionné l’ennemi dans le but de connaître l’identité des dirigeants des forces de Naggaroth, comment il avait tué, avait été poursuivi. Puis il décrivit l’affrontement final contre le dynaste, duel truqué par l’intervention de l’assassin. Ce dernier élément était bien entendu à omettre, se dit Térys, dans tout récit écrit digne de ce nom relatant cette histoire.

Le soleil piquait déjà fortement vers l’horizon lorsque le seigneur dragon eut enfin fini son récit et que, silencieux, il se mit à regarder les montagnes. L’intendant n’osa pas interrompre sa méditation. Il se mit lui aussi admirer le magnifique panorama, imaginant dans sa tête toutes les scènes que le noble venait de lui narrer.
- Cependant, reprit finalement sire Llomarin, je ne t’avais pas mandé seulement pour que l’on raconte toutes nos épreuves. J’ai demandé à des ingénieurs de parcourir la forteresse, afin d’évaluer tous les dégâts subis, de les référencer et surtout, de donner une estimation du coût que vont entraîner les réparations. Cela permettra de dresser une liste des priorités, car tout ne pourra pas être remis en l’état, je ne me fais pas d’illusions. Cela prendrait trop de temps et coûterait trop cher. Il faudra déjà sans doute augmenter l’impôt pour couvrir les travaux.
L’intendant hocha la tête.
- Je comptais sur toi pour superviser les travaux, continua-t-il. Je te donnerai les priorités militaires, et tu auras carte blanche pour tout le reste.
- Je m’en occuperai volontiers, messire. C’est un honneur que vous me faîtes.
- J’espère sincèrement que le weyr s’en remettra, je ne te cache pas que je crains le contraire. A ce que j’ai déjà pu voir, les dégâts sont énormes. Je me demande si l’on va pouvoir continuer à l’occuper.
- Je vous avouerai que j’ai eu les mêmes doutes, messire. Mais même si c’était le cas, je préfèrerai encore une fois mourir que l’abandonner. C’est dans un monument de l’histoire elfique que nous nous trouvons, messire. Ces murs millénaires ont vu passé des générations de calédoriens.
- Je ne le sais que trop bien, Térys. Je retrouverai l’Arche noire, je la retrouverai.
L’apothicaire resta silencieux. Il avait du mal à croire que le noble parlait sérieusement. Retrouver l’arche noire qui avait attaqué le fief ? Mais comment ? Et puis surtout, il fallait une flotte et une armée immenses pour détruire une telle cité flottante. Comment lever une telle force ? A l’heure actuelle, les plus gros osts elfique étaient rassemblés en cas d’attaque ennemie seulement, lorsque la mobilisation générale était instaurée dans plusieurs régions à la fois, comme cela venait d’être le cas. Il y a bien longtemps que la population d’Ulthuan ne permettait plus de lever localement des armées dans un unique but offensif.
- Tu peux te retirer, Térys, finit par dire le prince. Je vais rester un peu ici.


L’intendant s’éclipsa sans mot dire. Il remonta le chemin qu’ils avaient parcouru, déboucha sur la cour et s’engouffra sous un des arches qui donnait le dédale des couloirs.
Claudiquer comme il le faisait, couplé à la grandeur des lieux et aux voies impraticables du fait des éboulements récents, lui fit mettre de longues minutes à atteindre son bureau. Apparemment, cette pièce n’avait pas servi aux Druchii, puisqu’elle avait seulement été mise sens dessus dessous par pur plaisir par des envahisseurs enivrés par la victoire. Térys l’avait déjà quelque peu remise en ordre, aidé par son jeune page qu’il avait retrouvé avec joie dans les citoyens revenus de leur exil à Degry.
L’intendant posa la paume de sa main contre une paroi du mur. Il fut pris de tremblements, autres que ceux causés par sa faiblesse. Un symbole turquoise apparut soudain sur le dos de sa main, brillant. A peine avait-il retiré ses doigts de la paroi qu’elle pivotait, dévoilant ce qui n’était qu’une petite enclave, ressemblant à une armoire creusée dans la pierre. Il s’agissait là d’ancienne magie. L’intendant du weyr avait été marqué jadis, et seul lui pouvait ouvrir certaines portes secrètes, comme celle-ci.
Il fouilla une pile de livres, dans l’un des casiers. Il y avait là plusieurs ouvrages en cours d’écriture. Un livre sur l’économie calédorienne depuis le début du règne de Finubar, les statistiques démographiques de la région depuis plusieurs siècles, un livre sur l’histoire des sciences en Ulthuan, un livre sur la peinture et la sculpture calédoriennes, le début de la biographie du seigneur Llomarin, et enfin, en l’occurrence ce qu’il l’intéressait présentement, le dernier volume en date des chroniques d’Orelym. Cette série avait été entamée par le premier intendant du weyr, il y a de cela des millénaires, après la première guerre contre le chaos.
Térys souleva l’épais volume aux pages encore au moins pour moitié vierges jusqu’à son étude.
Il s’assit devant et l’ouvrit à la dernière page écrite. Il n’y avait pas retouché depuis l’apparition de l’arche noire au large des côtes et le début de l’assaut Druchii.
Il trempa soigneusement sa plume dans l’encrier. Il vérifia d’un coup d’œil que son jeune élève lui avait bien fait préparer un plateau de « vivres », qui consistait en réalité en une carafe d’eau accompagné d’un verre, et un morceau de pain noir.
Qu’importe : la plupart du temps, écrire lui faisait oublier la faim.

Et Asuryan en était témoin, il en avait des évènements, à coucher sur le papier…

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Dim 5 Sep 2010 - 16:34

Un épilogue efficace. J'aime particulièrement le dernier paragraphe. **love**

Récit a écrit:
que vous me narriez votre propre histoire.

Récit a écrit:
Sire Llomarin s’était rendu au Hall des dragons et était revenu sur le
dos de la créature qu’il avait réussi à réveiller : un grand reptile aux
écailles bleu comme le ciel, doté d’épines dorsales et de cornes du
même orange qu’un coucher de soleil.
XD

Récit a écrit:
Je retrouverai l’Arche noire, je la retrouverai.
Et c'est reparti ?

Knur'
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Dim 5 Sep 2010 - 18:09

Merci Knur', fidèle lecteur :thumright:

Knurlnien a écrit:

Récit a écrit:
que vous me narriez votre propre histoire.
Tiens, je m'appelle "récit" maintenant :P

Citation :

Et c'est reparti ?
En fait, chronologiquement, l'histoire s'arrête ici. On est arrivé au fameux "présent" de Warhammer.
Orelym est dévastée, le Weyr en ruine, la région exsangue. L'heure est à la reconstruction.
La vengeance est un plat qui se mange froid.

Ceci étant dit, ce n'est pas pour cela que la saga est finie. En effet, j'ai dans l'idée, un jour, d'écrire le cycle 3, qui couvrirait la période de la grande incursion du chaos, bien avant les cycles un et deux. Gregor y serait Haut prince, Llomarin simple prince dragon. On pourrait même y retrouver éventuellement Aenor, Alexstraza, voir Arsyk ou un de ses parents **siffle**
Enfin, a priori, c'est pas pour tout de suite, vu que je travaille entre autres à la réécriture du cycle un, mais sait-on jamais XD

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Lun 6 Sep 2010 - 21:45

Citation :
Merci Knur', fidèle lecteur :thumright:
C'est que j'aime qu'on me raconte de belles histoires. ;)

Citation :
nfin, a priori, c'est pas pour tout de suite, vu que je travaille entre autres à la réécriture du cycle un
En édit ou totalement ?

Knur' (qui se motive pour pondre un texte pour le concours )
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Mar 7 Sep 2010 - 2:44

Lu !

Je dois t'avouer que je n'aime pas les fins comme celles-ci. Elles ... terminent l'histoire XD . Paradoxalement, j'aime que les fins permettent au lecteur d'imaginer/compléter/refaire la fin.

Ça nous fera un sacré bout de récit au final, et je suis sûr que j'ai oublier la moitié de l'histoire depuis mes premières lectures (tes citations de personnages en sont la preuve la plus flagrante). Il faudrait que je me refasse toute la saga, en fait. Un topic de récap' en vue ?

Dans tous les cas, un grand bravo pour ce bel et glorieux effort. Ainsi s'achève le projet à-plus-long-terme de l'histoire du forum !

SunHunter -
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Mar 7 Sep 2010 - 9:28

Knurlnien a écrit:

Citation :
nfin, a priori, c'est pas pour tout de suite, vu que je travaille entre autres à la réécriture du cycle un
En édit ou totalement ?
En édit, ou plutôt, essentiellement à base de rajouts.

Sunhunter a écrit:
Je dois t'avouer que je n'aime pas les fins comme celles-ci. Elles ... terminent l'histoire XD . Paradoxalement, j'aime que les fins permettent au lecteur d'imaginer/compléter/refaire la fin.
Je comprend tout à fait. C'est vrai que si tu aimes ce genre de fin, il valait mieux ne pas lire l'épilogue XD

Citation :
Un topic de récap' en vue ?
Et bien, quand j'aurai terminé l'édition du cycle un, je le posterai en texte pur, sans les commentaires.

Citation :
Dans tous les cas, un grand bravo pour ce bel et glorieux effort.
Merci

Citation :
Ainsi
s'achève le projet à-plus-long-terme de l'histoire du forum !
Oula, c'est peut-être un peu exagérer ?
Quoique, c'est vrai que c'est quand même un projet qui s'étale sur trois ans...
Le temps passe vite, j'ai l'impression d'avoir commencer hier.

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