Ulthuan vs Naggaroth

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 [Recit] Corbus Deathshade

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deathshade
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MessageSujet: [Recit] Corbus Deathshade   Sam 29 Mar 2008 - 13:23

Voici un nouveau personnage de ma cité dont l'histoire a été écrite par Eruvas, après des indications fluffiques de ma part.
Je tiens d'ailleurs à louer ici son talent magnifique pour l'écriture (si ce mec obtient moins de 16 à ses rédac', les profs de français sont des nuls!). Avec lui parmi les druchii, on a de beaux jours devant nous dans les concours d'écriture. Il fait parti des plus grands écrivains que j'ai jamais lu (je parle bien sûr des amateurs, pas de ceux qui en ont fait leur métier).

Voici le récit :

Corbus


La gemme palpita une nouvelle fois. De rouge, elle passa à bleu, avant de virer au turquoise. Elle émit, comme à son habitude, un petit bourdonnement aigu.
Corbus Deathshade détacha ses yeux de la pierre pour les reporter sur Raynor, son assistant.
"- D'ou vient cette gemme, déjà ?" lui demanda-t-il.
" C'est la ville d'Ernor qui nous l'a envoyée. Un de ses explorateurs l'a ramenée d'un de ses voyages."
Corbus se replongea dans la contemplation du joyau. Ce dernier avait la forme et la taille d'un oeuf de poule. Il était taillé dans une pierre noire comme l'obsidienne, mais une lueur brillait en son centre, changeant constamment de couleur.
"- Une merveille ...", murmura Corbus pour lui-même. Plus de cent ans qu'il était membre du Consortium, plus de cent ans qu'il étudiait, avec ses confrères toutes les choses les plus étranges qu'on vît sur la terre de Naggaroth et au-delà. Et pourtant, jamais il n'avait vu quelque chose d'aussi beau, et d'aussi intriguant.
"- Je veux une audience avec Korith", dit-il à son apprenti. Étant donné qu'il était le cousin du seigneur d'Harrondh, il était un des rares membres de la cité pouvant l'appeler par son nom.
"- Bien, monseigneur." Raynor s'inclina brièvement, puis disparut par la porte d'entrée.
Corbus regarda la grande salle dans laquelle il se trouvait. L'harkython ... beaucoup de druchii se serait damnés pour pouvoir contempler l'intérieur de la salle des dangers. Ses grands murs de grès, sobres, étaient décorés de bannières rapportés de la guerre, chacune possédant une particularité digne d'intérêt. Corbus aimait particulièrement le grand étendard chaotique, fait de peau humaine, représentant d'innombrables visages qui continuaient encore maintenant à se tordre de douleur.
L'intérieur de la salle était dans un état de désordre permanent. Sur des tréteaux reposaient diverses armes luisantes, enchantées pour la plupart. De grandes armoires contenaient des herbes étonnantes et des produits dangereux. Sur une étagère reposait un bocal, dans lequelle gigotait une main sectionnée. Dans une cage, un oiseau aux plumes colorées répetait sans arrêt : Sigmar ! Sigmar ! Sigmar !
Corbus se sentit presque triste à l'idée de devoir quitter le consortium, qui était devenu pour lui comme un foyer. Mais la gemme enchantée l'attirait bien plus : sans qu'il sache réellement pourquoi, il sentait qu'il devait comprendre ce qu'elle était.
Raynor reparut soudain.
"- Le seigneur Korith accepte. il vous attend."
Corbus jeta un regard à la salle, avant de sortir, suivant son apprenti.
Corbus était plutôt grand, même pour un elfe : il devait bien mesurer dans les deux mètres vingt. Dans ses cheveux noirs apparaissaient des fils d'argent qui trahissaient son âge, un peu moins de cinq cent ans. Ses yeux étaient comme deux miroirs de glace au milieu d'un visage austère. Sa bouche était si fine qu'elle semblait être une cicatrice qui s'étirait en dessous de son nez. Il portait depuis toujours la tunique violette, réhaussée d'or, du Consortium.
Les deux elfes traversèrent les trois bibliothèques, puis gagnèrent la sortie du Consortium. Ce dernier était bâti sur le pic nord de la cité. Au dehors, à la faveur de l’aube, de grande flaques de lumières jouaient sur les autres pics dela cité, commençant à l’éclairer. Corbus restait la plupart du temps sans voix devant un aussi beau spectacle, mais aujourd’hui, il n’y jeta même pas un coup d’œil. Après avoir vu la pierre, tout lui paraissait fade et médiocre.
Raynor mena Corbus sur un dédale de ponts qui menaient au pic est, la résidence de nobles et du seigneur Korith. Le pic, le plus haut des quatres, était dominé par la grande tour de pierre noire de la famille Deathshade. Le long de l’unique route menant à celle-ci se trouvaient les demeures des familles nobles d’Harrondh, plus grandes et plus décorées au fur et à mesure que le chemin progressait vers le haut. Au dessus de chaque porte apparaissait le blason de chaque maisonnée. En gravissant le pic, Corbus reconnut, comme à l’accoutumée, la manticore des Hyrklu, le poing de fer Stralen, le serpent noir Lahrn, l’œil omniscient Vraleth et une multitude d’autres écussons. Enfin, lui et son assistant parvinrent devant la porte de la grande tour.
La Porte Damnée, tel était le nom que l’on prêtait à cette porte. A vrai dire, elle le méritait bien : dans le basalte qui constituait la tour était sculptée une immense face elfique. Ses yeux, qu’on aurait pu croire vrai tant la sculpture était fine, luisaient de terreur, et sa bouche ouverte sur un hurlement constituait la porte en elle-même. Hier encore, elle le faisait frissonner, mais aujourd’hui, elle ne pu lui extirper qu’un rictus méprisant.Rien, pensa-t-il, rien, face à la Pierre. Il fut lui-même surpris par une telle pensée : quel était cet étrange pouvoir que cette pierre exerçait sur lui ? Il n’en savait rien, et, à vrai dire, il s’en moquait. Seule la Pierre comptait.
Le voyant arriver, les deux gardes de faction abaissèrent leurs hallebardes et s’inclinèrent. « Messire », dirent-ils d’une voix solennelle, alors que Corbus les dépassaient en pressant le pas. Les cérémonies et les formules de politesse le mettaient mal à l’aise, contrairement à son cousin, Korith.
L’intérieur de la Tour était un vrai labyrinthe. Des dédales de pierre noire s’enfuyaient dans toutes les directions, cachés dans l’ombre pour la plupart, et les murs recelaient d’innombrables passages secrets, la majorité d’entres eux étant inconnus. Ni Corbus, ni Korith, ni même le vieux Nardh, le vieil elfe secret qui fut le majordome de Lreibith, de Vronith et maintenant celui de Korith, aucun d’entre ne pouvait se targuer de connaître entièrement ne serai-ce que la moitié de la tour, mais pour accéder à la salle du trône, le chemin était on ne peut plus simple : toujours au centre si on arrivait à un croisement, toujours en haut devant une cage d’escalier. Mais, à défaut d’être compliqué, le chemin était long, et il leur fallut une bonne vingtaine de minutes pour parvenir devant la porte ouvragée de la salle du trône.
Une fois arrivé, Corbus congédia Raynor, et entra. C’était l’heure des audiences. Une foule d’elfes se pressaient dans la salle, qui pour exiger réparation à la suite d’une dispute, qui pour se voir protéger, qui pour protester contre des impôts, d’autres encore pour réclamer justice. Sur les deux côtés de la salle, de grandes tribunes accueillaient quelques seigneurs et dames de la cour. Enfin, dominant la salle entière sur son immense trône d’obsidienne se trouvait Korith.
Le trône était saisissant : ses accoudoirs représentaient deux dragons noirs sur lesquels s’appuyaient les mains du seigneur, et derrière sa tête surgissait un autre dragon de pierre, qui s’envolait vers le plafond, si haut qu’on pouvait à peine la distinguer. Et celui qui se trouvait sur la haute cathèdre était tout à fait adaptée à celle-ci.
Korith Deathshade n’était pas spécialement grand ; sa musculature n’avait rien d’impressionnante, et il était bâti comme le commun des elfes, son visage était banal et ses vêtements, simples. Mais sa majesté et l’impression de puissance qui se dégageaient de lui le rendait plus grand que le plus colossal des gardes qui l’entouraient, et il absorbait le regard si bien qu’on ne pouvait détacher ses yeux de lui. Ses yeux froids et scrutateurs donnaient la chair de poule. Autour de son front était ceint un large cercle de fer météorique pur qui arborait, juste au-dessus de ses yeux, le grand dragon noir rugissant, l’emblème des Deathshade.
« - Corbus », dit-il en le voyant. Sa voix grave et puissante résonnait dans toute la pièce. « Je t’attendais. Que me veux-tu ? »
Corbus s’inclina en murmurant un rapide « Seigneur », puis se releva .
« - Je dois quitter la ville, cousin. Pour mes recherches », précisa-t-il en exhibant la gemme. En la voyant, les yeux de Korith flamboyèrent un moment de convoitise, mais il se reprit vite.
« - Accordé. Tu voudra sans doute des troupes … Tu n’as qu’à te servir. Nous sommes en période de paix, et maintenir une armée régulière dans ces conditions est difficile. Ce sera un soulagement de perdre quelques soldats.
-Merci, monseigneur ». Sur ces mots, Corbus s’éclipsa sous les yeux de la Cour. Il n’avait jamais aimé toute cette noblesse qui léchait les bottes de Korith, et plus tôt il les auraient quitté, mieux ce serait.
De retour au Consortium, il fut accueilli par Raynor, visiblement impatient d’avoir des réponses à ses questions.
« - Alors, nous partons ? » questionna ce dernier.
« - Oui, répondit Corbus. Je veux savoir d’où vient cette pierre. Nous devons aller à Ernor, trouver l’explorateur qui l’a découverte.
- Quand partons-nous ? demanda son assistant.
Corbus jeta un regard à la gemme. Si belle, pensa-t-il …
« - Demain. »
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Kouran
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MessageSujet: Re: [Recit] Corbus Deathshade   Sam 29 Mar 2008 - 16:20

Très bien, comme d'habitude^^. Pourtant, je trouve que Raynor demande très rapidement une audience a Deathshade, alors que cela aurait dû prendre un moment, étant donné la longueur du chemin a parcourir, tant au messager, qu'a la demande elle-même pour qu'elle arrive aux oreilles (pointues) de Korith, et que celui-ci la considère.
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deathshade
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MessageSujet: Re: [Recit] Corbus Deathshade   Mer 4 Juin 2008 - 21:04

Voici le chapitre 2 du récit, bien écrit comme d'habitude.

Rhynn



Armures de bronze, tuniques rouge sang. Aucun doute, des soldats d’Harrondh.
Rhynn inspecta plus longuement la longue file qui sortait du navire. En tête venait des patrouilleurs qui chevauchaient des sang-froid. Ils se dispersèrent rapidement dans les bois de pins, reconnaissant le terrain. Ils furent suivis par les oriouranear, la garde d’élite d’Harrondh. Leurs grandes armes à deux lames étaient passées en bandoulière, et recouvraient leur grande cape pourpre. Leurs armures était ornementées de fines dorures, qui s’enroulaient en spirale autour des membres et sillonnaient la cuirasse. A leur tête se trouvait un elfe, plutôt grand. Il portait la cape violette rehaussée d’or du consortium. Rhynn s’interrogea. Qu’est ce qu’un savant venait faire à la tête d’une expédition guerrière ?
Il reporta ses pensées sur la troupe. A la suite des gardes d’élites apparurent une longue file de conscrits, la lance dans le dos et l’arbalète à la ceinture. Puis, ce furent ces guerriers spécifiques d’Harrondh, les gangers. Leur équipement dépareillé, leur formation dispersée et leurs armures cabossées pouvaient leur conférer un aspect ridicule, mais Rhynn savait qu’ils étaient au moins aussi dangereux que les gardes pourpres qui défilaient en tête. Ils étaient de dangereux vétérans. Rhynn se promit de faire attention à eux.
Voyant que la colonne se déplaçait en direction d’Ernor, l’éclaireur quitta la falaise sur laquelle il avait observé les arrivants, puis fila à travers bois. Les soldats d’Harrondh étaient-ils venus avec des intentions belliqueuses ? Il ne le pensait pas. Ils étaient trop peu nombreux pour être une armée, trop peu mobiles pour être des pillards, trop bien équipés pour être des éclaireurs. Mais alors, dans quel but étaient-ils venus à Ernor ?
La route était longue jusqu’à Ernor, mais Rhynn voyageait léger et connaissait parfaitement le terrain. Il fit plus de la moitié du chemin au cours de l’après-midi. A la tombée de la nuit, il alla se réfugier dans une petite caverne, et s’endormit après un repas frugal. Son sommeil dura quelques heures seulement, et il se remit en route dès son réveil, aussi arriva-t-il à la ville dans la matinée.
Ernor était à l’origine un site sacré dédié à Khaine, un monolithe au sommet d’une haute colline. C’était lorsque Herayn le Prophète était devenu seigneur de l’île que, inspiré par une vision, il avait décidé de bâtir une nouvelle capitale à l’emplacement de ce lieu de prière. Si la Haute Ville et le bastion, construits sur le monticule, respectaient une géométrie rigoureuse et un important système de défense, la partie basse de la cité, composée d’habitations, de tavernes et de petits commerces, avait été bâtie dans le désordre le plus total autour de la colline. Les rues étaient un chaos incroyable, et les bâtiments s’étendaient sur la plaine, à la merci de tous les pillards. Les seigneurs successifs avaient bien essayés de construire des murailles autour de la ville, mais, de nouveaux habitants arrivant fort souvent à Ernor, la ville s’étendait déjà à plusieurs centaines de toises plus loin, alors que la construction des remparts n’en étaient même pas à la moitié ; le projet avait donc été abandonné. Tout cela faisait d’Ernor une cité cosmopolite et bigarrée. On racontait que tous les cartographes qui avaient tenté de faire un plan de la ville étaient devenus fous.
Rhynn s’engagea dans un dédale de ruelle qu’il traversa au pas de course. Les rues défilaient, bordées de restaurants et de boutiques. Dans un recoin sombre, il vit trois créature à l’aspect miteux faisant réchauffer des pigeons au dessus d’un brasero. Il contourna la longue silhouette sombre et profilée de l’Arsenal, le couchage, camp d’entraînement et quartier général des forces militaires. Il passa devant le haut bâtiment qui abritaient la Guilde de Fer, une corporation qui avait fait fortune lorsque des gisements d’airain de grande qualités avaient étés découverts dans le nord de l’île. Il aperçut un prêtre de Khaine qui haranguait la foule du haut d’une estrade, quelques mercenaires qui déambulaient et proposaient leurs services, une place ou un esclavagiste faisait monter les enchères sur un barbare de Norsca. Lorsqu’il traversa la rue de la Forge, il crut que le bruit des marteaux résonnants sur les enclumes allait le rendre sourd.
Il finit par arriver devant l’une des grandes portes de fer qui gardaient l’accès à la Ville Haute. Après une course d’une demi-douzaine de jours en pleine nature, il avait un aspect misérable, et deux gardes voulurent l’empêcher de passer ; mais il n’eut qu’à murmurer le mot de passe pour que les soldats s’effacent.
La Ville Haute, demeure des hauts dignitaires, des riches marchands et des bourgeois de la ville, avait un aspect terne et solennel. Ses grands manoirs de marbre et de pierre grise s’alignaient sur les bas-côtés. Il n’y avait pas âme qui vive dans la rue. La chaussée montait, et la pente forte aurait essoufflée de nombreux autres elfes, mais Rhynn courait toujours au même rythme. Il finit par arriver au palais, où il put pénétrer grâce à un nouveau mot de passe.
Avant même d’aller se changer ou prendre un bain, il décida d’aller faire son rapport à Darhyn Oreyn, le seigneur d’Ernor. Il entra dans la salle du trône. Elle était spacieuse. De grandes fenêtres perçaient ses murs et laissaient passer le vent froid, qui balayait inlassablement la pièce. En son centre se dressait le grand autel de Khaine, sur lequel était immolé un prisonnier par jour ; sur son socle était posée une immense statue dédiée au dieu du meurtre, qui touchait presque le plafond. A ses pieds se trouvait le trône, bâti en airain, presque minuscule en comparaison de l’œuvre d’art.
Darhyn était assis sur le grand siège. C’était un elfe de taille et de corpulence moyenne, dur, sec et intelligent. Sa peau était pâle, ses cheveux d’un blanc presque blond, couleur rare chez les druchii. Il portait un pourpoint noir à crevés d’argent, et ses gantelets comme ses bottes étaient décorés de fines lignes rouges et bleu, les couleurs d’Ernor. Rouge pour le sang, bleu pour la mer.
« - Alors, Rhynn ? ». La voix du seigneur d’Ernor était un simple chuchotement, et son interlocuteur dut tendre l’oreille pour l’entendre parmi les bourrasques. Autrefois, Darhyn avait eu une voix puissante, qui portait loin lors des batailles, mais un jour, la lance d’un prince haut-elfe avait déchiré son gorgerin et traversé sa gorge. Il n’avait eu la vie sauve, disait-on, que grâce à l’intervention d’une sorcière, mais même les arts sombres étaient impuissants à guérir ses cordes vocales gravement touchées. Depuis cette bataille, il ne parlait plus que par murmures.
« - Les soldats d’Harrondh ont débarqués sur la côte est, monseigneur », répondit-il d’une voix forte. « Contre toutes attentes, ils ne semblent pas disposés à la guerre. Ils sont menés par un membre du Consortium. »
Darhyn se redressa sur son siège, les yeux dans le vide. Rhynn resta impassible alors que son seigneur réfléchissait. De longues minutes plus tard, le seigneur sortit enfin de son silence.
« - Cela ne nous facilitera pas la tâche, en effet. Mais nous aurons la guerre avec Harrondh, même si ils ne la déclarent pas eux-mêmes. Nous massacrerons cette troupe, et Korith sera bien obligé d’entrer en guerre avec nous, à part s’il désire passer pour faible. En définitive, cela ne change rien. »
Rhynn sourit. Un massacre, une guerre … les mots de son seigneur commençaient à lui plaire. « Dois-je lancer l’attaque dès maintenant, monseigneur ?
-Non. Laisse-les venir. J’aimerais savoir pourquoi ils sont là. Tu peux te retirer. »
Rhynn fit un imperceptible mouvement de tête pour saluer Darhyn, puis sortit de la salle, et marcha jusqu’à ses appartements. C’était de petits quartiers, composés d’une chambre, d’une loggia qui contenait un bureau et une table à manger, d’une salle de bain et d’un balcon qui offraient une vue plongeante sur la ville tentaculaire qui s’étendait en contrebas. Il fit appeler un esclave qui lui versa un bain, puis il se changea, donnant ses vieux vêtements à un serviteur pour qu’il les lavent. Il opta pour une tenue uniformément noire sous une tunique rouge sombre, et garda ses gantelets et ses canons de jambes en cuir bouilli pour montrer son statut de soldat. Il accrocha à sa ceinture une dague effilée et en glissa une autre dans sa botte droite, puis il sortit du palais. Il passa la journée à déambuler dans la basse-ville, et fit un rapide détour à l’Arsenal pour vérifier s’ils auraient la force d’affronter Harrondh. A sa grande satisfaction, la réponse fut oui.
Le soir venu, il rentra au palais, pris un dîner frugal et s’endormit rapidement d’un sommeil sans rêves. Le lendemain, il fut réveillé par les sonneries de cor des veilleurs. Trois sons courts, un autre long : une ambassade diplomatique approchait.
Il s’habilla de façon plus martiale, en évitant toutefois une cuirasse, et partit en trombe à la rencontre des arrivants. Ils étaient déjà entrés dans la ville, et Rhynn se fondit à la foule pour les observer. C’était bien la troupe d’Harrondh qu’il avait aperçu la veille. A sa tête, entre les oriouranear, marchait le savant. Il dominait ses hommes d’une bonne tête, et Rhynn ne pu que s‘étonner de sa ressemblance avec Korith Deathshade. Qui était-il vraiment ?
Il posa de nombreuses questions aux gardes qui les avaient laisser passer, et il apprit que la délégation avait un but purement scientifique. Néanmoins, aucun soldat ne savait rien à propos du savant, aussi finit-il par se décourager, et il rentra au château. Dans l’heure qui suivit, il put voir les soldats d’Harrondh entrer dans la cour. Les gangers n’étaient plus là : Rhynn devina qu’ils s’étaient dispersés dans la basse-ville, jugés impropres d’entrer dans le château d’un seigneur. Avec un sourire, il repensa que quelques années auparavant, il n’était pas tellement différent d’eux …
Il était natif d’une petite famille d’artisan de Clar Karond, et tout le destinait à reprendre le travail de son père, mais c’était compter sans son caractère impétueux. A quarante ans, il avait tué le fils d’un riche noble, suite à une querelle dont il ne se souvenait même plus. Il avait du s’enfuir. La dernière chose dont ils se rappelait , à Clar Karond, était sa sortie par la porte du Loup, au dessus de laquelle il avait vu ses parents crucifiés.
Il avait ensuite eu une vie de mercenaire, allant d’une cité à l’autre pour proposer ses services. Son acuité visuelle, sa grande maîtrise des armes et son intelligence naturelle avaient fait de lui un soldat très apprécié, mais son tempérament sulfureux et insolent avait su le mettre dans de mauvaises situations.
Ce n’était que quelques années auparavant, alors qu’il était venu à Ernor dans le but de décrocher un emploi, que Darhyn Oreyn l’avait repéré. Depuis ce moment, il était devenu le garde du corps, le spadassin, l’homme de confiance et le conseiller du seigneur d’Ernor, et il ne lui avait pas encore fourni l’occasion de le décevoir.
Impatient de connaître le but de la visite de l’érudit, il déambula dans les couloirs autour de la salle du trône, attendant le moment où Darhyn l’envoierait chercher. Lorsque le membre du consortium, accompagné de deux oriouranear de haute stature, sortit, il se cacha le visage, puis entra à leur suite. Le seigneur Oreyn était assis sur sa cathèdre au pied de la statue, comme à son habitude. Il s’en approcha, et prit immédiatement la parole.
« Alors ? Qui est-ce ?
- Corbus Deathshade, » répondit Darhyn dans un de ses habituels murmures. « Un cousin de Korith. Il est ici à propos d’un caillou, une pierre qu’un de nos explorateurs a ramené, et que nous avons envoyés au consortium pour qu’il l’étudie. Il veut retrouver l’explorateur, pour qu’il le mène à l’endroit de sa découverte.
- Et alors ? L’explorateur est prévenu ?
- Bien sûr que non. » Darhyn marqua une pause. « Tu va prendre sa place. Demain, quand ils partiront, tu les mènera au défilé des aigles. Nos archers les attendront sur les falaises. » Pour la première fois depuis qu’il était entré à son service, Rhynn vit son seigneur sourire. « Et alors, ce sera la guerre.
Et Harrondh sera à nous ».
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Morvael
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MessageSujet: Re: [Recit] Corbus Deathshade   Mer 4 Juin 2008 - 21:34

c'est vraiment bien écrit :shock: j'adore!!! et puis l'histoire est super bien imaginée je reste sans voix :silent:
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sméagol
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MessageSujet: Re: [Recit] Corbus Deathshade   Mer 4 Juin 2008 - 23:23

Il y a juste le seul petit problème qui est que l'Airain est l'autre nom du bronze. Ce métal est un alliage de cuivre et d'étain et par conséquent, même dans le monde de Warhammer, un gisement de ce dernier est impossible...


Sinon j'aime bien ton style fluide et agréable, malgré les petites fautes (humaines) je te dis bravo ( et même bravissimo).
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deathshade
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MessageSujet: Re: [Recit] Corbus Deathshade   Jeu 5 Juin 2008 - 17:57

Il est fort Eruvas, hein?
Pour l'histoire, il est aussi à féliciter car je n'ai donné que la trame et lui invante les péripéties dessus.
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MessageSujet: Re: [Recit] Corbus Deathshade   Mar 1 Juil 2008 - 13:05

Alors, j'ai enfin lu ce petit récit.
C'est pas mal du tout, comme on en a l'habitude avec Eruvas.
De bonnes vieilles intrigues et complots politiques comme on les aime
**evil**


Sinon, j'ai noté :
Citation :
A quarante ans, il avait tué le fils d’un riche noble
Si je ne m'abuse, un elfe est à peu près adulte à 200 ans. Ados/jeune homme à 150 ans. Donc les quarante ans que tu mentionnes font référence à l'âge des hochets et des biberons à peu près **siffle**

_________________
« Qu’il ne soit fait aucun quartier. Je veux entendre leur cri. Faites les souffrir. Mutilez leurs corps pour que même Isha ne puisse reconnaître ses enfants. »
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MessageSujet: Re: [Recit] Corbus Deathshade   Mar 1 Juil 2008 - 14:10

Llomarin a écrit:

Citation :
A quarante ans, il avait tué le fils d’un riche noble
Si je ne m'abuse, un elfe est à peu près adulte à 200 ans. Ados/jeune homme à 150 ans. Donc les quarante ans que tu mentionnes font référence à l'âge des hochets et des biberons à peu près **siffle**
Je pense qu'une elfe doit avoir l'intelligence d'un humain d'une trentaine d'année dès ses 20 ans (oui, on est très fort XD ). On peut aussi pensait qu'il a déjà la taille et la carrure d'une adolescent humain,il peut donc tuer un elfe par suprise, par exemple.

Tout cela n'est que supposition, évidement.
PS : Bravo a Eruvas, son talent ne se dément pas!
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MessageSujet: Re: [Recit] Corbus Deathshade   Mar 1 Juil 2008 - 20:53

Kouran a écrit:

Je pense qu'une elfe doit avoir l'intelligence d'un humain d'une trentaine d'année dès ses 20 ans (oui, on est très fort XD ). On peut aussi pensait qu'il a déjà la taille et la carrure d'une adolescent humain,il peut donc tuer un elfe par suprise, par exemple.
Non justement...
A 150 ans il a l'âge pour tuer, mais c'est tout juste (cf histoire de Lamenoir, qui a la surprise de tout le monde a tué un équipage haut elfe entier à 150 ans).
Donc, par déduction, je suppose qu'à 40 ans, un elfe a la morphologie d'un gamin de 5 ou 6 ans humains, bien qu'il soit peut-être plus intelligent que son homologue humain de cet âge.

Ce ne sont aussi que des déductions, mais je raisonne sur des faits "officiels".

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MessageSujet: Re: [Recit] Corbus Deathshade   Mar 1 Juil 2008 - 21:40

suis d'accord avec l'age...mais

l'histoire.........pouaaaa
je m'aurais cru avec un livre, j'etais plongé dans l'histoire
il yaurais 1O pages je crois bien que je n'aurais pu m'arreter

félicitations
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Eruvas
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MessageSujet: Re: [Recit] Corbus Deathshade   Mer 2 Juil 2008 - 9:20

Concernant l'âge des elfes, je suis plutôt d'accord avec Kouran.
Pour l'histoire de lamenoire, je pense que la surprise ne viens pas de son âge, mais du massacre qu'il a fait. Tout un équipage, en gros une petite centaine d'elfes, à lui tout seul, c'est pas mal, quand même !

Enfin, comme sur le point de l'âge GW n'a laissé aucune source "officielle" de BG, chacun vois ça comme il le veux.
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Arya
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MessageSujet: Re: [Recit] Corbus Deathshade   Mer 2 Juil 2008 - 10:25

Non, un elfe garde longtemps la morphologie d'un enfant par rapport aux humains qui se développent plus vite, un elfe de 40ans correspond physiquement environ à un enfant humain de 7-8 ans mais mentalement peut dépasser de beaucoup les plus âgés des hommes.
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MessageSujet: Re: [Recit] Corbus Deathshade   Mer 2 Juil 2008 - 11:38

Citation :
Non, un elfe garde longtemps la morphologie d'un enfant par rapport aux humains qui se développent plus vite, un elfe de 40ans correspond physiquement environ à un enfant humain de 7-8 ans mais mentalement peut dépasser de beaucoup les plus âgés des hommes.

Sources ?


Bon, maintenant je poste moi-même, j'ai constaté que c'était beaucoup plus pratique pour éditer si un truc ou deux ne me plaise pas.
Voilà la suite :

Raynor




Raynor était gelé, trempé et de mauvaise humeur.
En tendant ses mains vers le petit brasero rougeoyant qui, luttant contre les assauts du vent et de la pluie, tentait vainement de le réchauffer, il maudit une nouvelle fois l’explorateur qui tardait à arriver. En ce moment, il pourrait être en train de dormir – la chambre qu’on lui avait alloué semblait si agréable !-, mais maître Corbus avait insisté pour qu’il attende ici l’envoyé d’Ernor.
Il jeta un nouveau regard vers le portique de bronze qui formait l’entrée de la bâtisse, sans parvenir à le distinguer à cause du déluge. Le bâtiment qu’on leur avait donné pour leur séjour à Ernor était un grand manoir composé d’un corps de plusieurs étages et de deux ailes qui encerclaient une cour pavée, le tout étant fermé par une grande grille. Raynor pensa alors aux deux oriouranear qui montaient la garde devant l’entrée, seuls dans la tempête, sans rien pour les éclairer ou les réchauffer. Avec satisfaction, il se rapprocha du brasero.
Il aurait du être à l’abri sous la tonnelle de pierre qui protégeait la porte, mais la pluie tombait en diagonale. Elle trempait sa robe de laine violette et argentée, symbole des apprentis du consortium, s’infiltrait sous les épaisseurs de laine qu’il avait enfilé, lui glaçait la peau et semblait même traverser sa chair pour aller le tremper jusqu’à l’os. Elle ruisselait sur son visage et dégoulinait de ses cheveux pour s’engouffrer dans son cou. Elle tombait sans discontinuer depuis déjà deux heures, et sembler bien partie pour durer bien davantage. Par Khaine, y avait-il quelque chose de plus retors que cette satanée pluie ?
Raynor était un elfe petit et malingre, mais d’une grande intelligence et d’une soif de connaissances sans limite. Troisième né de la maisonnée Hyrklu, il aurait dû être voué à la guerre, mais sa faible constitution ne le lui avait pas permis. Désespéré de pouvoir en faire quelque chose, son père lui avait fermé la porte de sa demeure, le privant ainsi de tous les privilèges que lui accordaient autrefois sa condition de noble. Il avait fini par s’engager dans l’armée au poste d’intendant, et sa grande connaissance de la logistique lui avait fait gravir les échelons jusqu’au grade de sergent, chargé du ravitaillement des armées. Il servait alors sous les ordres d’un des meilleurs généraux d’Harrondh, Corbus Deathshade. Lorsque ce dernier, suite à la défaite du mont Erkyn, était tombé en disgrâce et rentré au consortium, Raynor l’avait suivit, devenant rapidement son apprenti. Aujourd’hui, une centaine d’années plus tard, la situation n’avait pas changé.
Un brusque coup de vent fit revenir l’apprenti au moment présent. La pluie avait redoublé, et éteinte toutes les flammes du brasero. Seules quelques braises rougeoyaient encore au fond. Raynor jura. Il était désormais dans le noir le plus complet. Il attendit une dizaine de minutes, puis, comme l’explorateur n’arrivait toujours pas, il se mit à chercher à tâtons la porte de la bâtisse. Quand il l’eut trouvée, il l’ouvrit en grand, puis s’engouffra dans le manoir avec soulagement.
A l’image de toute la maison, le hall d’entrée était spacieux, luxueux et bien éclairé. Des tapisseries étaient suspendues aux murs, et des torches projetaient à travers la salle une lueur tamisée et agréable. Dans le fond de la salle, un escalier en colimaçon menait au étages supérieurs, tandis que deux couloirs menaient aux ailes. Raynor resta sur le seuil, tendant vainement de sécher sa tunique en la tordant, puis il s’approcha d’une torche et ferma les yeux, tout au plaisir de la douce chaleur que la flamme répandait dans son corps.
Une bonne demi-heure passa avant que de grands coups ne résonnent à la porte. Raynor, presque sec, alla ouvrir rapidement. Grand et musclé, les cheveux d’un noir de jais et le regard ferme et décidé, l’explorateur était très impressionnant. Il portait une armure de cuir bouilli sans la cuirasse, passée sur une tunique rouge sombre.
« - Mon nom est Rhynn, et je suis l’explorateur de la ville d’Ernor. Je viens voir Corbus Deathshade. » Il avait une voix puissante avec un timbre grave, et parlait avec nonchalance, et même une pointe de mépris. Raynor n’en tint pas compte. Aussi longtemps qu’il serait apprenti, il serait voué à servir. C’était le pris à payer pour pouvoir devenir ensuite un membre du consortium, une position qui, en plus du métier en lui-même, conférait aussi tous les avantages de la noblesse.
« - Je me nomme Raynor Hyrklu, » répondit-il d’une voix neutre. « Je suis l’assistant de Corbus. Veuillez me suivre … »
Il guida l’aventurier au troisième étage, jusqu’à la chambre de son maître, puis frappa trois fois à la porte. Il pensait qu’à une telle heure Corbus dormirait, mais ce dernier vint ouvrir la porte lui-même. Raynor fit rapidement les présentations, puis les laissa, traversant le couloir pour aller jusqu’à sa chambre.
Enfin ! Enfin, il pouvait dormir, enfin il était dans ce lieu dont il rêvait depuis de longues heures. Dans le bateau qui les avait menés jusqu’à Ernor, le roulis l’avait empêché de dormir convenablement, et les jours de voyage à pied avaient été pires encore. Seul Corbus disposait d’un « vrai » lit, lui et les soldats devant se contenter d’un matelas posé à même le sol. Ou qu’il s’installa, il lui semblait qu’il y avait toujours une racine ou un rocher pour lui labourer le dos. La pièce était petite, sobrement meublée d’un lit et d’un bureau, mais en cet instant, jamais il n’avait contemplé une si belle chambre. Sans même se changer, il se glissa sous ses couvertures et s’endormit.

Une nouvelle fois, Raynor était trempé, gelé et de mauvaise humeur.
Il se trouvait dans un bois. Les frondaisons impénétrables ne laissaient pas passer la lueur de la lune. Partout autour de lui, les troncs gris et mornes semblaient se rapprocher pour l’enserrer. La forêt baignait dans la brume omniprésente qui lui conférait un aspect magique et terrifiant.
Paniqué, Raynor se mit à courir. Il courut à perdre haleine pendant des dizaines et des dizaines de minutes, traversant clairières, bosquets et bois. Ce fut lorsqu’il pénétra pour la troisième fois dans une vaste clairière au milieu de laquelle était plantée un vieux chêne qu’il se rendit compte qu’il tournait en rond.
Désespéré, il se blottit contre le tronc du grand arbre et éclata en sanglots. Il était perdu et seul au monde dans cette maudite forêt. Il cria, cria et cria encore, appelant ses amis, maudissant arbres et dieux, se lamentant sur son sort. Pas une seule réponse ne lui parvint.
Il resta appuyé, pleurant, sur le chêne, pendant des heures, puis il recouvra ses esprits, sa pensée logique, réfléchie, rationnelle. De la clairière, il voyait les étoiles. Il repéra rapidement Lyenïs, l’étoile du nord, et décida de prendre la direction opposée. Il faisait toujours plus chaud, dans le sud.
Il se mit en route. En marchant, il marquait les arbres à l’aide de son couteau, pour pouvoir retrouver son chemin dans le cas ou il se perdrait à nouveau. De temps en temps, il grimpait à un arbre pas trop haut et retrouvait Lyenïs pour être sûr de ne pas dévier de son chemin. En marchant ainsi, il trouverait forcément quelque chose. Un village, une ville, l’orée de la forêt. Quelque chose. C’était tout ce qu’il désirait.
Il se mit à compter ses pas, mais perdit le compte après trois mille deux cent. Il voulut chanter une fable guerrière pour se donner du courage, mais sa voix mal assurée résonnait et rendait sa marche encore plus lugubre. Il se récita en silence les leçons de Furion de Clar Karond, mais, incapable de se rappeler un paragraphe, il finit par abandonner, et repris son lent voyage silencieux.
Soudain, un bruit lui parvint, une sorte de déflagration qui venait de sa gauche. L’espoir de retrouver quelque chose de vivant lui fit perdre toute prudence, et il se précipita dans cette direction. Au fur et à mesure qu’il avançait, il distingua une forte lumière bleutée qui provenait du même lieu. Pendant une seconde, une simple seconde, une voix lui dit de rebrousser chemin, mais à nouveau, l’espoir fut le plus fort, et il continua sa course effrénée.
Il finit par déboucher dans une clairière. La lumière était d’une telle intensité qu’il ne voyait rien, mais elle diminua en quelque seconde. Ce que Raynor vit alors le glaça d’horreur.
Au milieu de la clairière, son maître, Corbus, se tordait de douleur sur le sol. Dans sa main, il tenait la pierre, qui, au lieu d’être noire, brillait de mille feux. Elle projetait une lueur d’un bleu glacé. Soudain, le poignet de Corbus, en contact avec la pierre, devint noir. La couleur se propagea sur toute la peau de son maître jusqu’à ce qu’il soit entièrement noir, puis il tomba en cendres. Raynor se mit à hurler alors que quelque chose de chaud et moelleux l’enveloppait, l’étouffait …

Raynor se réveilla dans son lit. Il hurlait toujours, et il s’était tellement empêtré dans ses draps que ceux-ci l’étouffaient. Il repoussa sa couverture, sauta hors de son lit et sortit de la chambre.
La terreur le saisit à nouveau lorsqu’il vit que le couloir était baigné de la même couleur bleutée que dans le rêve. La source de la lumière était la chambre de son maître. Cette fois-ci, il pensa sérieusement à fuir, mais la fidélité envers Corbus fut la plus forte, et il se rua vers la chambre. La porte n’était pas fermée.
A l’intérieur, Corbus se tordait de douleur sur son lit. Dans sa main droite reposait la pierre, qui brillait de mille feux.
Son poignet était d’un noir de cendres.
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MessageSujet: Re: [Recit] Corbus Deathshade   Mer 2 Juil 2008 - 15:14

Excellent, à part un passage :

Eruvas a écrit:
Désespéré, il se blottit contre le tronc du grand arbre et éclata en sanglots. Il était perdu et seul au monde dans cette maudite forêt. Il cria, cria et cria encore, appelant ses amis, maudissant arbres et dieux, se lamentant sur son sort. Pas une seule réponse ne lui parvint.
Il resta appuyé, pleurant, sur le chêne, pendant des heures, puis il recouvra ses esprits, sa pensée logique, réfléchie, rationnelle.

On parle bien d'un druchii, là? :scratch:
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MessageSujet: Re: [Recit] Corbus Deathshade   Mar 8 Juil 2008 - 15:56

Sources : les enfants de Hurin.
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MessageSujet: Re: [Recit] Corbus Deathshade   Mar 8 Juil 2008 - 19:14

Citation :
Sources : les enfants de Hurin.

Les enfants du Hurin se déroule dans le monde de Tolkien, pas dans celui de WHB, dans lequel, je persiste à le dire, on a aucune réelle source.
Faudrait peut-être créer un topic secondaire concernant l'âge des elfes, ça dégénère u n peu là ...
[S] : Fonction recherche ! Vous avez l'autorisation spéciale pour relever d'entre les tombes l'un des vieux topics à ce sujet XD
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