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 [Recit] Pourpre Crépuscule

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Mauldred
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MessageSujet: [Recit] Pourpre Crépuscule   Ven 14 Nov 2008 - 13:52

"Un pourpre crépuscule descend sur les nations de l'Ordre
Qui apportera mort, terreur et damnation aux infidèles
Après la nuit viendra l'aube, celle d'une ère nouvelle
Suivez la voie du Chaos, ou la mort viendra vous mordre
"

Un prophète anonyme, déclaré hérétique et brûlé sur la place de Carroburg le 13 de Sigmarzeit 2522.


La Sombre Épopée de
Mauldred le Dément


Les descendants d'Eldred de Castagne avaient tous deux, à l'instar de leur père, les cheveux blancs ainsi que les yeux et la peau dénués de pigments.

C'est une anomalie héréditaire dans la famille de Castagne qui se transmet de père en fils depuis des siècles, et qui serait la conséquence d'une longue succession de mariages consanguins. En effet, pour préserver la noblesse du sang dans une région aussi isolée, perdue au milieu des Marais des Goules, cette solution présenta souvent des avantages évidents, plutôt que de risquer que la lignée s'éteigne ou que le seigneur de Castagne n'ait que des bâtards pour prendre sa succession.

L'aîné se nommait Mauldred. Froid et orgueilleux était son tempérament, mais pieux et prompt à défendre l'ordre et la justice au nom de la Dame du Lac. Le dernier-né, Dregor, était tout le contraire : passant peu de temps à la chapelle, mais bien plus aux banquets et aux fêtes de village, peu soucieux de donner l'image que son rang méritait.

Lorsque le comte Eloi d'Andragon le fit mander pour repousser l'armée du Chevalier Noir Malbaude, Mauldred se rua littéralement à la bataille, juché sur son magnifique pégase royal. Ses prouesses martiales étaient à la hauteur de son arrogance et de sa fierté, on dit qu'il fit des brochettes en empalant sur sa lance plusieurs rangs de zombies, avant de prendre de l'altitude pour les laisser tomber sur leurs congénères restés sur le plancher des vaches. Il aurait même transpercé un sorcier ennemi en pleine invocation... de quel maléfice ? On ne le saura jamais, toujours est-il qu'à la fin de la bataille, alors que les cris de victoire retentissaient dans les rangs de l'armée d'Andragon, Mauldred sembla soudain perdre la raison.

En plein vol, il se mit à hurler. De folie, il tira son épée et l'enfonça dans le cou de sa monture volante. Plume le pégase piqua en vrille, et s'écrasa lourdement dans un champ de betteraves. On retrouva la monture morte et son cavalier miraculeusement en vie, cependant en train de délirer et atteint de crises de hurlements à glacer le sang. Des hommes d'armes le transportèrent sur une civière jusqu'au château de Castagne, et il sombra dans un profond coma qui dura des semaines.

A son réveil, quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'une servante lui raconta les évenements qu'il avait manqué : Dregor avait pris les rênes de la baronnie, et invitait des gueux en son château pour festoyer en leur compagnie !

Toutes ces années qu'il avait passé à faire en sorte que les paysans le respectent et courbent l'échine sur son passage, et voilà que son jeune imbécile de frère réduisait tout cela à néant ! Mauldred céda à la plus noire des colères. Fut-ce son frère, il ne pouvait permettre que quiconque trahisse à ce point l'honneur de sa lignée.

« Apportez-moi mes armes ! cria-t-il à la bonne. »
« Messire, non, vous ne pouvez pas... »
« SILENCE, PUTENTRAILLES ! Jamais nulle gueuse ne m'a dit et ne me dira ce que je puis faire ! »

De rage il prit une épée accrochée au mur en décoration et éventra la servante, avant de répandre ses tripes dans la pièce. Il descendit ensuite l'escalier en colimaçon menant à l'armurerie.

Les armures des chevaliers de Castagne, comme partout dans le duché de Moussillon, sont noircies à l'huile pour les protéger de la corrosion dûe à l'humidité, et aussi pour les faire paraître plus impressionnantes. Vêtu de la sorte, Mauldred se dirigea vers la grande salle du château.

Il éviscéra les convives, les damoiselles, les serviteurs, le cuisinier, le bouffon, les ménestrels ainsi que son propre frère et la femme de celui-ci. Il n'eut pas le temps d'égorger leur jeune fils Dangorn, car les hommes d'armes et les chevaliers en faction dans le château, alertés par les cris de terreur et d'agonie, arrivèrent à temps. L'un d'eux, un vieux chevalier du Graal du nom de Loïc dit "le Preux", se battit en duel contre lui et le poussa à reculer. Mauldred n'eut d'autre choix que de sauter à travers les vitraux d'une fenêtre pour s'échapper en émettant un rire machiavélique. Dans sa chambre ils découvrirent avec horreur ce qu'il avait fait de la bonne qui devait s'occuper de lui pendant son coma...

Ce meurtre fratricide fit de lui un paria et un fugitif en Bretonnie. Ainsi il s’exila dans l’Empire pour échapper à ses poursuivants, et il voulu y commencer une nouvelle vie. Mais les envoûtantes visions le hantaient toujours, ainsi il fut heureux de rencontrer à Middenheim un groupe de personnes qui semblaient vouloir l’aider. Des artistes, des écrivains, des libres-penseurs parmi lesquels on trouvait même des nobles et de riches bourgeois. Il alla de plus en plus régulièrement à leurs réunions, pendant lesquels ils discutaient sans tabou de la situation de l’Empire, critiquant parfois ses hauts dignitaires, c’est pourquoi ces réunions se déroulaient dans le plus grand secret. Souvent elles avaient lieu dans une cave, sous la taverne du Noir Symbole dont le tenancier était un ami de ces gens. Mauldred leur parla de ses visions d’un terrifiant champion du Chaos rassemblant une armée apocalyptique, et il fut soulagé de voir que ses nouveaux amis ne le prenaient pas pour un fou. Ils lui expliquèrent qu’en effet l’Empire vivait ses derniers jours, et que l’immense horde du seigneur Archaon se rassemblait dans le nord, décidée à mettre fin à son agonie. Ils lui racontèrent la défaite tragique des forces impériales à Zedhevka, ils lui avouèrent que l’Empereur Karl-Franz Ier était dépassé par les évenements, et qu’en plus son autorité divine avait été remise en cause depuis que le jeune Valten s’était présenté comme la réincarnation de Sigmar en personne.

Mauldred réalisa alors que l’Empire qu'il considérait comme un refuge était en fait sur la voie d'un inéluctable anéantissement.

« N'y a-t-il rien que nous puissions faire pour éviter cela ? » avait-il un jour demandé à celui qui se faisait appeler "Glurkar".
« Non, mais nous pouvons espérer que de cet effondrement imminent naisse un nouvel ordre qui redorera notre blason », lui avait répondu ce dernier.

Les réunions du Noir Symbole devinrent pour lui comme une drogue. Grâce à elles ses visions devenaient claires et il put les comprendre. Il réalisa donc l’ampleur du mensonge en lequel il avait cru toute sa vie, et il renia sa foi en la Dame du Lac pour adopter les divinités du "nouvel ordre" dont parlait Glurkar. Bien entendu, le Noir Symbole était en fait un culte secret du Chaos, et Mauldred se livra corps et âme à l’adoration de ces nouveaux dieux, sans savoir qu'ils étaient les mêmes qu'il avait jadis tant haï. Petit à petit, son âme céda à la corruption jusqu'à ce qu'il ne lui soit plus possible de faire marche arrière.

Un soir, la secte fut découverte par les Quadruplés de la Flamme, une fratrie de quatre répurgateurs ayant sous leurs ordres les meilleurs hommes de main de la région. Les membres du Noir Symbole, bien que supérieurs en nombre, n'étaient pas de taille à lutter.

Mauldred et quelques autres cultistes réussirent à quitter l'enceinte de la ville et à s’enfuir vers le Pays des Trolls. À mi-chemin l'un des Quadruplés parvint à les rattraper et à leur tendre une embuscade, espérant sans doute que ses frères arriveraient à temps pour le voir triompher, mais Mauldred le tua en défi et ses hommes de main furent étripés ou mis en fuite. Un jour plus tard, les trois autres répurgateurs ne découvrirent que le cadavre de leur frère dans la neige rosie par le sang, et abandonnèrent la poursuite.

Les sectateurs traversèrent l'Ostland presque sans encombre, en massacrant quelques hommes-bêtes qui vivaient dans les bois, et franchirent enfin le Lynsk en direction des Désolations. Mais à peine arrivés à Praag, où ils espéraient trouver d'autres cultistes, ils furent capturés par des Nains du Chaos qui les emmenèrent à travers la Haute Passe et le Pays du Grand Crâne pour les réduire en esclavage dans les carrières de la Plaine de Zharr. La moyenne de survie dans ces carrières où l’air est saturé de cendres et de poussière corrosive ne dépasse pas quelques mois, mais Mauldred et certains des plus résistants parmi ses compagnons d’infortune y travaillèrent pendant presque trois ans, guettant la moindre occasion de s’échapper. Cette occasion finit par arriver, car les hobgobelins essayaient souvent de défier l'autorité de leurs sombres maîtres, et le petit groupe d’esclaves s’enfuit dans le désert froid de Zorn Uzkul.

Après avoir semé leurs poursuivants, les survivants se séparèrent, et Mauldred voyagea seul vers le Nord. A moitié mort, il atteignit enfin un campement nordique, et s’effondra d’épuisement devant les sentinelles qui le menaçaient. Il fut surpris de se réveiller en vie. Le campement était habité par des walkyries, de farouches femmes guerrières nomades qui parcouraient les Désolations Nordiques. Elles avaient soigné ses plaies et lui avaient recouvert le corps d’un baume apaisant et revigorant. Le campement fut rapidement levé, et les walkyries reprirent leur migration vers l’Ouest, vers la Norsca. Mauldred fut d’abord transporté sur un brancard, mais en deux jours il fut de nouveau capable de marcher et même de monter à cheval. Il n’avait aucune idée du sort que les walkyries lui réservaient, ni pourquoi elles s’étaient occupé de lui.

Il n’eut pas à attendre longtemps pour le deviner. Après quelques jours de chevauchée à travers les steppes septentrionales, le clan s’arrêta devant un immense tumulus, qui était comme un temple recouvert d’un dôme de roche et de terre. Dans ce dôme, dont l'intérieur était tapissé d'ossements, Mauldred fut assommé et attaché sur une table de pierre. Au fil des jours suivants, les valkyries désignées comme reproductrices du clan vinrent les unes après les autres lui rendre visite. Au début le chevalier déchu trouva cela plaisant, car en bon adorateur du Chaos Universel il y avait une part de Slaaneshi en lui, mais il n'apprécia pas bien longtemps d'être ainsi retenu prisonnier. Bientôt sa seule obsession fut de trouver un moyen de briser ses chaînes et de s'échapper de ce tumulus, mais ses efforts n'aboutirent qu'à l'épuiser encore plus que les femmes-guerrières ne l'épuisaient déjà. Au bout de quelques jours, les visites cessèrent, et la lourde porte de pierre fut fermée. Mauldred comprit alors avec horreur que les walkyries l'avaient abandonné là, enchaîné à un autel dans un tumulus. Son tumulus, désormais. A combien d'autres mâles avait-il servi de sépulture, combien d'autres maraudeurs avaient péri, emmurés vivants dans ce piège ? Il comprit également que les ossements qui composaient les décorations à l'intérieur du dôme étaient justement ceux de ces pauvres hères, qui n'avaient pas su s'extraire à temps des griffes de leurs hôtes.

Le désespoir commença à l'envahir, mais Mauldred refusa de se laisser mourir. Une faible lumière parvenait depuis le sommet du tumulus, où un trou avait été laissé béant. L'utilité de cette ouverture fut bientôt évidente, lorsque des oiseaux charognards s'y engoufrèrent depuis l'extérieur.

« Dieux de la Ruine ! Aidez votre fidèle serviteur ! Donnez-moi au moins une chance ! » hurla-t-il tandis qu'une nuée de volatiles affamés de chair tourbillonnait vers lui.

Apparemment l'un des Dieux du Chaos entendit sa supplique, et, pour une raison inconnue, l'exauça. Mauldred tira une fois encore sur ses chaînes et à sa grande surprise, l'une d'elle se rompit. Son bras gauche était libre. Il put se tourner et briser la chaîne qui enserrait son bras droit en tirant à deux mains dessus. Puis il se libéra les pieds, roula sur le côté et se laissa tomber de l'autel sur le sol poussiéreux. Un corbeau vint lui picorer les omoplates. Criant de douleur, il se débattit, et un vautour lui griffa le bras jusqu'au sang. Puis des dizaines d'oiseaux lui tombèrent dessus, bec et serres prêts à déchiqueter leur victime désarmée et nue comme un ver.

Ce fut un vrai concert de cris d'oiseau et d'humain pendant de longues minutes qui semblèrent durer des heures. Puis les hurlements cessèrent. Les piaillements d'oiseaux également. Tout redevint peu à peu silencieux. Le silence de la mort.

Bien plus tard, la lourde porte de pierre qui scellait l'entrée du tumulus éclata sous l'impact d'une énorme masse. La bête pénétra à l'intérieur du tombeau, agitant ses tentacules sensitives en tous sens. Son maître la suivit, ses yeux brillant comme deux topazes sous l'ombre de son épaisse capuche grise. Ulguphaos était satisfait, il venait de trouver un endroit où passer la nuit, et qui plus est, il s'agissait d'une antique tombe. Elle recelait peut-être des mystères qu'il pourrait étudier pour accroître sa puissance. Seul hic : quelqu'un d'autre avait réussi à entrer, et il vivait encore. Ulguphaos le sentait, et la bête aussi le sentait. Il était dans le même plan d'existence qu'eux.

Mauldred avait miraculeusement survécu. Son corps était couvert de plaies, mais il avait tué à mains nues tous les charognards qui l'attaquaient. Son regard croisa les deux flammes qui luisaient sous le capuchon d'Ulguphaos. Le sorcier du Chaos vit les corps des oiseaux morts aux pieds du guerrier, et en déduisit qu'il s'agissait d'un signe des Dieux.

« Es-tu le gardien de ce lieu ? » risqua-t-il en langue obscure. Mauldred mit un certain temps à comprendre les mots qui lui étaient adressés, d'autant que son attention était détournée par le répugnant Enfant du Chaos qui bavait aux côtés de son interlocuteur.
« Non, je ne suis personne. » voulut-il répondre, mais il ne savait pas comment le dire. Il répliqua finalement un simple « Êkh Mauldred » : « Je suis Mauldred ».
« Mol-dreth ? Je vais t'appeler Akshodhar : le cherche-ténèbres. Car si tu es dans un tumulus c'est que tu aimes rester dans le noir. »
« Comme tu voudras. Et toi, comment te nommes-tu ? » demanda l'ex-bretonnien au sorcier.
« Sepheus Ulguphaos est mon nom. Et voici mon ami Lucien », il montra la bête qui s'avança dans un rais de lumière. Elle était vraiment hideuse.
« Va vers la tombe, et arrache-la. » ordonna Ulguphaos à son 'ami'. Lucien se traîna lourdement vers la table de pierre où Mauldred était attaché quelques heures auparavant, et la souleva dans les airs avec ses puissants membres et tentacules. Sous la dalle, un corps reposait. Celui d'un champion des Puissances des Ténèbres mort depuis des lustres. Rien ne subsistait de son enveloppe charnelle, à part des restes d'ossements rongés par le temps. En revanche, son impressionante armure noire semblait presque intacte.
« Mets-la ».
Mauldred ne se fit pas prier. Il s'appropria également l'arme du guerrier défunt, une lame large et grossière, ébrêchée en plusieurs endroits, mais suffisante pour broyer les os et la chair. Le sorcier eut l'air satisfait. Sa bouche se tordit d'un sourire cruel.
« Enfin te voilà prêt, Akshodhar. Les Chemins de la Gloire t'attendent. »



Dernière édition par Mauldred le Lun 17 Nov 2008 - 2:39, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [Recit] Pourpre Crépuscule   Ven 14 Nov 2008 - 13:52

Moult péripéties l'attendaient en effet dans les froides étendues de la Norsca, en compagnie du sorcier Ulguphaos et de son enfant du Chaos apprivoisé qui s'appelait Lucien. Mais à eux trois ils n'auraient pas pu aller bien loin. Heureusement, ils tombèrent en chemin sur des fuyards rescapés d'Urszebya et de Mazhorod, les batailles où les hordes d'Aelfric Cyenwulf et de Surtha Lenk avaient été défaites. Ralliant les guerriers en fuite, Mauldred parvint à se construire une bande guerrière. Ses victoires contre d'autres bandes lui amenèrent de nouvelles recrues, si bien qu'après quelques années il se trouva à la tête d'une véritable armée. Les farouches valkyries vinrent même rejoindre sa bannière.

Il finit néanmoins par connaître la défaite, car nul mortel n'est infaillible. En Norsca, une défaite signe généralement l'arrêt de mort du général vaincu, car la coutume veut que l'on tranche sa tête et qu'on la plante sur une bannière en guise de trophée.

Quand la bataille avait commencé, beaucoup de ses guerriers avaient préféré s'enfuir plutôt que de combattre. Les lâches. Il faut dire que la horde en face n'avait rien d'une petite bande de maraudeurs. Il s'agissait d'élus couverts de dons des Dieux, de monstres chacun plus haut qu'une tour de garde, de nombreux sorciers les accompagnait et il y avait aussi des démons avec eux. Mauldred, sentant sa dernière heure arrivée, leva ses yeux rouges vers son bourreau. Il fut surpris de le voir se faire manger par une immense créature qu'il n'avait encore jamais vu, ni pendant la bataille, ni avant. Apparemment elle venait de traverser l'armée adverse en semant la mort dans son sillage, et avait transformé les cris de victoire en hurlements de terreur.

C'était une gigantesque créature humanoïde couverte d'écailles vert émeraude et dotée d'une énorme tête de loup. Ses mains puissantes à six doigts avaient des griffes de la taille de dagues, et ses mâchoires crocodiliennes arboraient plusieurs rangées de dents de requin, de lion et même des défenses de sanglier. Ses trois yeux bestiaux considérèrent Mauldred avec un profond mépris, bien que ses pupilles brûlassent d'une malice diabolique. Et elle se mit soudain à parler, d'une voix venue des profondeurs insondables du Warp.

« Tu as une dette envers ton sauveur, mortel. Viens la régler en sa demeure et il te donnera en retour bien mieux que le droit de vivre. Il te donnera la puissance, même si tu crois être puissant. Il te donnera la vengeance, même si tu ne sais pas encore que tu veux te venger. »
Mauldred se montra méfiant.
« Qui es-tu ? »
« Je suis le Tourmenteur. »
*Question idiote...* pensa Mauldred.
« Je n'ai pas demandé à être sauvé. Et quand bien même j'aurais une dette, comment suis-je censé la régler ? »
Le démon majeur éclata d'un rire tonitruant.
« Malal ne demande pas, il se sert. Tu n'auras rien à me donner, il le prendra. »
« Qui est Malal ? » osa Mauldred. A sa grande surprise, le démon lui répondit.
« Il est l'un d'eux et leur ennemi à la fois, leur semblable et leur opposé. Il est la composante essentielle du Chaos : le frère qui se retourne contre le frère, le Chaos qui détruit le Chaos, l'essence du traître qui t'habite depuis que tes semblables veulent ta perte. Et ils ont raison. Regarde-toi ! Depuis que tu vénères les Quatre, que t'ont-ils apporté, que t'ont-il pris ? Ne souhaites-tu pas te venger de ce qu'ils t'ont fait ? »
« Ils m'ont apporté la vérité, celle que mes yeux ne pouvaient voir à cause de ma piété envers la Dame du Lac, cette ridicule imposture. »
« Une fausse vérité ! Une vérité déformée ! Et à présent tu es damné pour l'éternité, ils t'ont pris ton âme. Seul Malal peut te la rendre ! »
L'avatar démoniaque pointa un doigt griffu vers l'horizon qui disparaissait dans une épaisse brume grisâtre.
« Va toujours vers le Nord, Akshodhar. Ne t'avise jamais de te détourner, et tu seras digne de rencontrer mon maître. »
Le Tourmenteur ne prit pas la peine d'indiquer la conséquence d'un refus ou d'un échec, Mauldred savait déjà qu'elle devait être pire que la mort. Il se rendit donc dans le Royaume du Chaos, pour surmonter les épreuves qui lui ont permis de rencontrer Malal en personne et de lui jurer allégeance pour l'éternité.

Lorsqu’il ressurgit dans le monde matériel, plusieurs mois après (le temps s'était écoulé plus vite que ce qu'il avait ressenti dans le Royaume du Chaos), il avait changé à tout point de vue. Extérieurement, sa peau était devenue grise, ses yeux rouges luisaient d’une lueur inquiétante et son armure antique s’était métamorphosée en une impressionnante armure du Chaos, le métal et sa chair corrompus ayant fusionné. Intérieurement, il n’était plus le chevalier déshérité, se cachant comme un lâche par crainte des répurgateurs et des chasseurs de prime. Il était devenu bien plus cruel, bien plus fort, et avait acquis une certaine confiance en lui, ce qui lui permit de retrouver et de reformer sa bande de combattants qui devint au fil des batailles sur les steppes glacées une véritable armée.

Peu après, Mauldred tua en combat singulier le champion d’une troupe de guerriers du Chaos, qui vinrent grossir ses rangs. En se forgeant une réputation au fil des combats la petite armée prit de l’ampleur. D'autres guerriers, rescapés des batailles de Mazhorod et Urszebya rejoignirent son ost, et Mauldred conquis sans effort le village de Kvarn, en Norsca. Le Clan des Kvarn jura allégeance au bretonnien déchu, et un régiment de maraudeurs fut levé. Leur chef, Brutorg, plu à Mauldred pour sa férocité et son courage. Il reçut donc l’honneur de porter la Grande Bannière de l’armée.

Les troupes de Mauldred marchèrent ensuite sur Rùgveigh, un village côtier au Sud de la Norsca, et après avoir massacré la population de paisibles pêcheurs nordiques qui y vivaient, construisirent des drakkars pour attaquer l’Empire et la Bretonnie…


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