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 [Recit] Nathan ou l'exil d'un paria

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Wolfen
Khaineux Extremiste et Fanatique du Draïch
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MessageSujet: [Recit] Nathan ou l'exil d'un paria   Mer 19 Nov 2008 - 15:53

Le soleil toisait Hurlevent d’un regard distant, perçant difficilement le voile blanc qui surplombait la ville. Les flocons tombaient et tourbillonnaient dans leur danse mystérieuse depuis trois jours, sans interruption, mais cela n’empêchait pas citoyens, marchands et voyageurs de s’affairer dans les grandes rues. On entendait les commerçants tenter de vendre leurs derniers fruits, les femmes bavarder gaiement sans se soucier du temps, les gardes contrôler les trop nombreuses arrivées. Et au sein de cette effervescence, contre un bâtiment d’une rue commerçante, la main tendue, un gamin était assis.

L’on aurait vu sa misère quand bien même il n’aurait pas été entrain de mendier ; outre cette éloquente posture, il ne portait en effet qu’une guenille sur la peau et à peine de peau sur les os. Le passant qui se serait arrêté lui aurait vu une tignasse brune, sale et mal coiffée et pour peu que son regard ait croisé celui du petit, il aurait vu de grands yeux bleus, pâles et mélancoliques, qui auraient été beaux sans leur éclat tragique, leur désillusion.
L’enfant se fait appeler Nathan depuis tout petit ; il n’avait jamais eu de famille, ni père, ni mère, ni frères et sœurs ; pas non plus d’autre compagnie que celle de la rue et un temps de ses semblables. Ses huit premiers ans, il les avait passé à l’orphelinat, mais les guerres n’avaient pas tari les flots d’enfants abandonnés et l’on chassa ceux de sept ans et plus, pour faire de la place. Cela faisait ainsi six hivers qu’il vivotait d’une horrible liberté, quémandant à longueur de journée l’aumône pour une miche de pain.
Parfois, il se prenait à penser à ses parents, à les maudire pour sa faim, sa solitude, son malheur. Puis il réalisait que c’était inutile et implorait silencieusement leur pardon, les yeux tournés vers l’azur tourmenté. Il lui arrivait aussi d’haïr la société, de jalouser les passants, mais cela ne lui durait que rarement, persuadé qu’il était que la Lumière le sauverait.

Ce jour-là donc, que le froid le tenaillait et lui infligeait de féroces morsures sur tout son corps, Nathan n’avait pas mangé depuis trois jours et il espérait ardemment qu’une âme lumineuse se tourne vers lui, lui donne un sou ; mais il ne savait que trop bien ce qu’il en serait. Il avait tiré une vérité de son existence miséreuse : un passant donne une fois pour sa conscience, une autre pour que cela se dise, puis passe son chemin.
Le garçon fut finalement arraché à ses pensées laconiques par un éclair de lumière : un chevalier tout en armure passait fièrement par là, la foule s’écartant et l’observant, émerveillée. Les yeux égarés de Nathan étincelèrent à cette vue. Il portait une cuirasse d’un métal si brillant qu’elle lui parut blanche, un heaume lui évoquant un ange vengeur ; ses mains gantées étaient fines et dorées, sa cape claquait au vent, comme indiquant à une armée de le suivre.
Alors qu’il fendait les flots, sur lui posée une multitude d’yeux, Nathan remarqua à l’opposé une silhouette malingre, ballotée par les vagues de passants. Ce garçon, notre petit mendiant le connaissait : un autre orphelin abandonné une seconde fois, mais il ne remettait plus son nom. Cet autre gamin, timide et effaré, qui ne parlait presque pas et que l’on crut même un temps muet, ce petit être perdu et peu débrouillard — Tim ! Voilà, c’était là son nom — se retrouvait crieur des rues, vendant une obscure gazette ; s’il n’avait pas eu si froid, Nathan en aurait ri.
Sous les yeux du jeune mendiant, Tim allait enfin parvenir à s’extraire de la marée humaine lorsqu’il trébucha, bousculé par quelque balourd de méchante humeur. Il réussit à se remettre debout mais, pris par l’élan, ne parvint à s’arrêter à temps ; il atterrit dans les jambes du chevalier, qui le repoussa nonchalamment, et tomba à la renverse, lâchant ses gazettes.

Le cœur de Nathan se serra en voyant ce petit bout d’homme qui tentait de se relever et ses yeux ne quittèrent pas le drame. Il se sentait plus glacé encore que la neige qui ne cessait de tomber et il trembla ; faiblement d’abord, puis terriblement.
Le silence se fit, aussitôt interrompu par un coup de tonnerre : c’était le chevalier. Nathan ne perçut pas les mots, mais il lui parut évident qu’il était très en colère, bien qu’il ne vit pas pourquoi. Devant la foule réunie en cercle qui observait sans rien dire, presque religieusement la scène, il attrapa au col le gamin et le jeta à nouveau au sol, violemment. On entendit un bruit sourd, suivi des pleurs du gamin.

A ce moment, quelque chose en Nathan se brisa, ses spasmes terrifiés s’arrêtèrent. Un espoir de lumière qu’il voyait s’envoler, une terrible vérité qu’il préférait voilée. Devant ses yeux et son âme se déposa une brume rouge, une fureur sans limite. A ses yeux, le chevalier de lumière n’était plus. Il avait en face de lui un homme à l’armure d’un blanc squelettique, au casque macabre, aux mains terrifiantes et funestes, maniant non pas une lance mais une véritable faux, prêt à faucher l’âme innocente d’un garçon malheureux. Son regard se posa ensuite sur le cercle silencieux, approbateur, il l’aurait juré ; il se fit juge et les condamna, devenu bourreau, il jaillit du cercle et tenta maladroitement de faire tomber le maléfique colosse. Hélas, que peut un gamin affamé face à cette incarnation de la déchéance ? Rien, en vérité. Il sentit plus qu’il ne vit la garde se ruer sur lui, son corps s’enflamma de douleur et il fut expulsé de son corps, sombrant dans l’abîme noir de l’inconscience. Il s’éveilla en prison, souffrant comme jamais d’une blessure au cœur plus terrible encore que celles de son corps.

A l’ombre des fleurs resplendissantes se cachent d’autres, atrophiées par le manque de lumière, vivant dans l’espoir d’un rayon. Qu’elles songent seulement à grandir pour que les plus belles leur rappellent qui elles sont. Ce n’est pas vrai que dans les jardins.

Trois jours lui suffirent, trois jours de travaux épuisants, même pas compensés par les repas qu’on ne leur servait pas toujours. On ne l’avait pas jugé mais il était condamné. Son âme s’enflamma à l’idée de la vengeance, les braises ardentes de la colère et de la haine se répandirent en lui ; elles brûlaient déjà dans toute la prison. C’était un monstrueux murmure, le souffle d’un brasier inextinguible, l’incendie d’une révolte imminente.
Et en ces lieux de peine, de désespoir et de haine, pour la première fois, la chance sourit au petit Nathan. Son compagnon de cellule s’évadait justement, le gamin le suivit. Nez au vent, il se tourna vers le nord, le sud, l’ouest puis l’est, ne trouva de direction plus tentante. Il tourna sur lui-même et prit la direction dans laquelle il s’arrêta, vers une destination dont il ne savait rien. Il se retourna une dernière fois vers la cité, jurant qu’il reviendrait et se vengerait.

C’est ainsi que les sociétés forgent leur perte.



---

Voila un texte qui date un peu mais que je n'avais jamais posté par ici — pas d'elfe en vue et comme le nom de ville l'indique, ce n'est même pas dans l'univers de Warhammer que ça se passe à la base, même s'il suffit de changer le nom de la ville par Nuln ou Altdorf (ou autre) pour que ça colle.
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Knurlnien
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MessageSujet: Re: [Recit] Nathan ou l'exil d'un paria   Ven 21 Nov 2008 - 19:08

Sympa ce petit texte (conte ? fable ?) et moralisateur. ;)

Quelques remarques habituelles :
Citation :
persuadé qu’il était que la Lumière le sauverait.
:scratch:
Heuuuuu, qu'est-ce que tu as voulu dire ?

Citation :
il ne remettait plus son nom.
Soit tu t'es totalement gouré de langage (mais ça m'étonnerais : honte sur moi **sac**), soit tu n'as pas marquer assez la rupture entre le narrateur externe/omniscient et le point de vu interne du gamin.

Enfin je trouve la morale trop brutale....

Knur' :)
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Eruvas
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MessageSujet: Re: [Recit] Nathan ou l'exil d'un paria   Mer 26 Nov 2008 - 12:48

Un très bon texte, j'aime beaucoup l'idée de base avec le petit orphelin pauvre et miséreux, le beau chevalier, là on s'attend presque au super cliché comme "le chevalier ramassa le garçon, l'ammena chez lui et le pris comme écuyer". Mais non, le preux et vertueux chevalier se contente de mettre en pièce un autre orphelin. XD

Sinon :

Citation :
persuadé qu’il était que la Lumière le sauverait

Comme Knur', je reste étonné devant cette phrase, sans comprendre ce que tu as voulu dire. La Lumière est-elle un dieu ?

Et, toujours comme Knur', je trouve la morale trop brutale. J'ajouterai que la scène de l'évasion est bien trop rapide et gagnerai à être plus détaillée.
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MessageSujet: Re: [Recit] Nathan ou l'exil d'un paria   

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