Enclaves Elfiques - Ulthuan vs Naggaroth

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 [Participations] Concours de récits II

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Llomarin
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MessageSujet: [Participations] Concours de récits II   Dim 5 Sep 2010 - 20:11

Le concours est ouvert, advienne que pourra !

Le thème est... "Culte(s)".

Vous devez donc pondre un récit en rapport avec ce doux mot. Il faut que votre histoire se déroule dans le monde de Warhammer (pas de 40k) et concerne de près ou de loin les elfes.

Je vous laisse jusqu'au dimanche 10 octobre. Cette date pourra être repoussée en cas de force majeure.

Ici, on poste son œuvre, rien d'autre !


A vos claviers. Bon courage à tous les participants.

_________________
« Qu’il ne soit fait aucun quartier. Je veux entendre leur cri. Faites les souffrir. Mutilez leurs corps pour que même Isha ne puisse reconnaître ses enfants. »
Tyrus, dynaste elfe noir

Mon armée, ma saga et mes dessins

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Knurlnien
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MessageSujet: Re: [Participations] Concours de récits II   Mar 5 Oct 2010 - 23:22

Voici ma participation. En espérant que de nombreuses suivent d'ici peu. 😉



L'AUTRE NAVIRE



« - On arrête de rêvasser et on se remet au travail !
- Oui, maître Ficq, bien sûr maître Ficq, répond-je en serrant ma brosse et frottant comme si je voulais creuser le pont avec.
- C’est mieux ainsi, je veux voir mon reflet dans ce pont ! », ajoute le quartier-maître.
Je m’appelle Keneth, j’ai bientôt 13 ans et cela fait maintenant un mois que je me suis engagé comme matelot sur l’Indomptable.Je suis originaire de Bordeleaux où j’ai passé ma jeunesse. Aspirant à un meilleur avenir que mes parents en sortant de ma condition de paysan, je me suisenrôlé sur ce bateau et nous voici maintenant à Marienburg où nous avons revendu notre cargaison. Le capitaine souhaite longer encore la côte jusqu’à Erengrad où il compte faire le plein de fourrures très prisées par ici à ce que disent les gars. Je vais pouvoir découvrir de nouvelles contrées et de nouveaux gens ! En attendant, me voici à récurer ce pont jusqu’à ce…
« - Regardez », s’écrit un mousse sur la hune.
Oh ! Qu’est-ce donc que ce bateau ? Cette fois, tous les hommes ont levé la tête, y compris maître Ficq. La nef que nous voyons entrer dans le port ne ressemble en rien à ce que j’ai déjà pu voir et la plupart d’entre nous non plus au regard du reste de l’équipage. Cette embarcation déborde de grâce et semble glisser sur l’eau sans aucune difficulté telle un serpent de mer.
« - Des elfes », murmure un des plus vieux membres d’équipage.
Des êtres légendaires à quelques appontements de là ! Il faut absolument que je les vois !
« - Allez, on arrête de flemmarder bande de larves ! »
Et le fourmillement d’activité reprend autour de moi. Je m’empresse de le suivre.

Il fait maintenant nuit noire et les hommes, revenus de la taverne, sont affalés dans leurs hamacs. Je me glisse discrètement hors du mien et monte sur le pont.Je me déplace silencieusement vers la poupe du navire mais l’homme de quart me surprend.
« - Et bien Kenneth, que fais-tu ici à une heure aussi tardive ?
- La bière, répond-je en mettant ma main au niveau du bas-ventre.
- Ah ah, la vessie ne tient plus », répond mon interlocuteur souriant avant de reprendre sa ronde.
Une fois ce dernier assez éloigné, je passe par-dessus bord pour saisir la chaîne de l’ancre et me glisser sans bruit dans l’eau. Je nage à la lumière de la lune. L’eau est froide mais mon excitation est trop forte pour cette simple considération : je sais que le navire elfique se trouve trois appontements plus loin, un peu à l’écart des autres bâtiments. Une ballade à la nage.

J’y suis. Je m’agrippe à la chaîne de l’ancre. Comment une si fine chaîne peu retenir un tel vaisseau ? Le métal m’est inconnu : d’un argent presque blanc à la lumière de la lune. Il me semble si pur. Je monte maintenant lentement le long de cette corde d’argent en m’approchant le plus silencieusement possible d’une fenêtre éclairée. Sûrement les quartiers du capitaine. Après quelques contorsions,j’arrive enfin à m’agripper au panneau arrière. Je me glisse alors jusqu’aux rebords de la fenêtre.
Des senteurs si savoureuses en émanent, si envoûtantes…avec un piquant légèrement musqué…Je risque un coup d’œil. Le spectacle me stupéfie. Deux elfes totalement nus et glabres,un homme et une femme, sont enlacés dans une sorte de danse sauvage et sensuelle au milieu d’une pièce somptueuse composée d’un lit et de plusieurs commodes aux bois qui me sont méconnus. La femme porte une dague et, au milieu des vapeurs, mime des assauts sur son compagnon qui esquive tout en laissant parfois la lame laisser une ligne rouge sur son torse. Soudain, ce dernier est jeté sur le lit par sa partenaire. Celle-ci bondit à califourchon sur lui et brandit son poignard prête à frapper la gorge offerte de l’autre elfe en extase. J’entraperçois un éclair blanc et me retiens de crier mais la lame s’arrête à quelques millimètres de sa cible et continu son mouvement plus langoureusement en traçant un nouveau trait vermeil sur la peau nue.
Le ballet reprend et innove sans cesse. Quel spectacle ! Et cette odeur enivrante…Quelle chorégraphie envoûtante…Qu’il serait bon de s’y joindre. Et pourquoi pas après tout ? Ce lieu, ces senteurs si accueillantes. Ne suis-je pas venu pourvoir les elfes ? Si je les rencontrais, j’aurais tant de choses à raconter…
Transporté partant de grâce, j’enjambe doucement la fenêtre. Un des danseurs s’arrête soudain et me dévisage, bientôt suivit par l’autre. Non, pourquoi vous arrêtez-vous ? Je m’efforce d’afficher mon sourire le plus accueillant dans l’espoir de me joindre à eux. La femme semble me comprendre et me sourit en retour avec un soupçon de malice. Non, ce n’est que mon imagination, ils sont si avenants à nouveau et m’entraînent dans leur danse. Quel plaisir,quelle ronde sans fin. Des éclairs d’argents illuminent ce tourbillon tels des étoiles filantes.Ma vue se trouble devant tant de jouissance…

*
**

Rapport de M. Helsburg, Lamaneur du port de Marienburg, à l’Officier du Port Messire Orsön.

Monsieur,
J’ai ce matin découvert le cadavre exsangue d’un jeune homme d’une douzaine d’années portant la marque d’une multitude d’estafilades dans la rade du port. Une courte enquête m’a appris qu’il était mousse sur le bâtiment l’Indomptable et qu’il a été vu pour la dernière fois par l’officier de quart au milieu de la nuit dernière. J’en déduis donc qu’un assassin particulièrement sadique traîne près de nos quais. Je vous laisse le soin de prendre les mesures les plus appropriées.

Votre dévoué,
Mark Helsburg
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Aislinn
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MessageSujet: Re: [Participations] Concours de récits II   Jeu 7 Oct 2010 - 20:06

[TEXTE RETIRE PAR L'AUTEUR]

Je me suis trompé de papier... Le texte n'est pas de moi **looser**

Désolé



Dernière édition par Aislinn le Sam 9 Oct 2010 - 14:41, édité 5 fois
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Llomarin
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MessageSujet: Re: [Participations] Concours de récits II   Ven 8 Oct 2010 - 13:15

Un peu de Druchii dans ce monde de Asur !

Voilà donc ma participation. Désolé, c'est un peu long.
Ca peut paraître indigeste vu que forumactif n'a pas conservé la mise en page word.

Pour info, ceci est sans doute le point de départ d'un plus grand récit, voire du background de ma prochaine armée **siffle**




Noyades


Leonir contemplait la cité à ses pieds alors en proie à la panique.

Tout autour de lui, les pics acérés des tours d’ébène et d’airain découpaient leur silhouette menaçante sur le tapis étoilé de la nuit, au dessus de la bande sombre de l’océan. Les tours et les bâtiments, à l’architecture torturée pleine de lignes brisés et de pointes, étaient tellement imposants qu’il était difficile d’apercevoir les rues, à plus de deux cents mètres en contrebas. De temps à autre, on y devinait le mouvement au pas de course de quelques groupes de personnes.

Depuis plusieurs heures, une clameur s’échappait de certains quartiers de la ville, s’étendant et se rependant peu à peu dans tous les recoins de la cité comme le sang peut couler entre les pavés d’une rue.
Hurlement de douleur et de terreur des victimes se mêlaient avec grâce aux cris de jouissance d’agresseurs drogués et parfois même à leurs lents chants cérémoniels. Le noble se délectait de cette étrange symphonie. C’était l’ode de son Dieu, le Dieu à la Main Sanglante, réclamant son tribut d’âmes au sein de sa cité, la cité de Léonir.

Ce dernier acceptait ce sacrifice. Mieux, il le trouvait légitime. Certains ne voyaient en la Nuit des Supplices qu’un sombre moyen pour les furies de se réapprovisionner en sang frais et de participer à des cérémonies occultes pour retrouver l’éclat de leur jeunesse. Léonir voyait plus loin. Le peuple de Naggaroth devait mériter les faveurs du Dieu du Meurtre. Cette offrande annuelle à l’Avatar de la Guerre scellait pour une nouvelle année le pacte que ses serviteurs avaient passé avec lui.

La clameur s’était maintenant rapprochée. On entendait bien plus distinctement les hurlements des fanatiques et les gémissements de leurs victimes. Si distinctement, que le noble se serait cru l’espace d’un instant dans les rues, participant à cette immense holocauste orchestré par le clergé de l’église de Khaine.

Comme chaque année, la clameur allait, une fois aux pieds du palais, se diviser en deux branches pour le contourner. En sa qualité de dirigeant de la cité, Léonir et sa famille étaient à l’abri de l’ire des prêtresses du Dieu des guerriers. La symphonie de douleur, de désespoir et d’allégresse mélangées s’attarda cependant. Il n’était pas rare que des mendiants ou même des esclaves abandonnés par leur maître, profitant là d’une occasion pour se débarrasser d’un bien qu’ils ne jugeaient plus à leur goût, venaient désespéramment frapper aux portes du palais en réclamant l’asile, poussés par la folle idée qu’éventuellement, les portes s’ouvriraient grand pour eux. Tout ce que faisaient alors les gardes en faction, c’était observer ces misérables se faire étreindre par des furies dénudées puis se faire arracher le cœur vivant, certainement non sans quelques sueurs froides en pensant à ce qui arriverait s’ils étaient de l’autre côté des murs.

Le regard de Léonir se perdit dans les étoiles. Au milieu de ces milliers de petits poings lumineux, Morrslieb affichait sa face lugubre aux reflets étranges. Ce soir, elle semblait comme teintée de sang.
Le noble pensait à toutes ces années durant lesquelles il avait dirigé la cité, selon l’éducation modèle qu’il avait reçue, empreinte des valeurs martiales et d’honneur propres, selon lui, à toute société se proclamant civilisée. Cela n’avait pas été de tout repos, mais loué soit Khaine, cela durait toujours. Pour combien de temps, encore ? Seul le Dieu à la Main Sanglante le savait. Les jeux de la politique Druchii étaient des plus complexes et, bien souvent, des plus dangereux pour ses protagonistes. Les tensions actuelles n’allaient pas en le contredisant.

Une voix prononçant son nom, accompagné du titre de coutume, tira l’aristocrate de sa rêverie.
Léonir se trouvait sur un balcon ouvragée, dans l’une des plus hautes tours du palais. De là, il dominait largement les autres sommets de la ville. Il se retourna pour faire face à celui qui l’avait dérangé : un guerrier citoyen. L’homme, plutôt jeune, portait de la maille par-dessus la robe de l’uniforme de la garde. Son supérieur décela dans ses yeux, encadrés par l’acier sombre de son heaume écaillé, une lueur qu’il ne connaissait que trop bien pour l’avoir vu des milliers de fois : la terrible lueur de la peur.

Pourquoi donc ce soldat avait-il peur ? Etait-ce encore un des ces poltrons, apeurés par leurs propres officiers, et qui ne méritaient même pas d’exister, de surcroît dans les armées de Naggaroth ? Cette parodie d’elfe avait tout intérêt à posséder une très bonne raison de le déranger ainsi.

« Seigneur Léonir, répéta le milicien, il y a une intrusion dans le palais ! »

Le noble demeura perplexe quelques instants. Cela paraissait tellement insensé qu’il se demandait s’il n’avait pas mal entendu. C’est alors qu’il perçut le son qui s’était joint, depuis un certain temps sans doute, au vent de panique parcourant déjà la cité : le son grinçant de cloches.
Le tocsin retentissant secouait le palais.

L’aristocrate comprit tout. Il comprit l’origine de la peur dans le regard du soldat et celle de l’alerte. Il comprit aussi pourquoi la clameur tardait à s’éloigner du château.

« Des prêtresses de Khaine ? » demanda-t-il, connaissant déjà la réponse.

Le jeune elfe hocha la tête, juste avant de se faire vivement bousculer par le noble, qui quittait le balcon au pas de course.

Des prêtresses de Khaine, sans doute, pensa Léonir. Mais sans doute pas seules non plus. Les personnes capables de s’introduire dans le palais, alors que la garde était spécialement renforcée à cause des circonstances particulières de la Nuit des Supplices, n’étaient pas légions. Des furies droguées n’étaient pas à la hauteur de cette tâche. Non, c’était là sans doute l’œuvre d’un des terribles assassins du temple. De même, il n’y avait pas maintes raisons possibles motivant une telle intrusion. Si le clergé de la cité avait décidé de prendre ainsi pour cible la présente place, c’était pour lui causer du tord à lui, gouverneur de la ville. Et cela ne pouvait signifier qu’une seule chose, une terrible chose : l’église avait été soudoyée. Cela ne serait pas la première fois que cela arriverait. La Nuit des Supplices avait souvent été utilisé par des politiciens peu scrupuleux pour éliminer certains de leurs rivaux. Mais cela ne pouvait pas lui arriver à lui, Léonir, seigneur de la ville, fidèle serviteur de Khaine depuis sa plus tendre enfance ! Un complot si énorme ne pouvait émaner que d’une seule personne, son pire ennemi politique : le facétieux Arkalis.

Le guerrier citoyen rattrapa son supérieur dans les escaliers qui s’enfonçaient vers les niveaux inférieurs.

- Où se situent les intrus ? demanda Léonir sans jeter un regard à son subordonné.

L’interrogé sembla hésiter avant de répondre : « Près de vos appartements, messire. »

Le noble se figea, cessant soudain sa course. Le soldat citoyen fut surpris par la manœuvre et heurta l’épaule de l’aristocrate. Ce dernier ne fit même pas attention à la douleur causée par le choc de la plate contre lui. Il ne pensait plus qu’à une seule chose : sa famille était en danger.

Aussi soudainement qu’il l’avait stoppée, il reprit sa folle course vers les étages inférieurs, encore plus vite que précédemment. Il n’accorda aucune considération à son maladroit de subordonné qui aurait sans doute, à une autre occasion, écopé d’un violent coup en pleine face, mais qui se contenta dans le cas présent de lui emboîter le pas.

Il se retrouva à l’entrée du couloir qui menait à ses appartements en un temps qu’il jugea insupportablement trop long. Il distinguait, en courant à toute allure vers l’autre extrémité, les portes ouvertes et les silhouettes en mouvement. Enjambant plusieurs corps de ses propres gardes, il ramassa l’épée d’un mort et déboula dans l’entrée de la salle principale. Pas moins de cinq furies se tenaient là. Des gerbes de sang, sans doute celui des gardes à l’entrée, avait tâché leur peau nue et laiteuse. En proie à de puissantes drogues, trois d’entre elles étaient agitées de spasmes, ce qui pouvait également s’interpréter comme une sorte de danse transcendantale de leur part. Elles brandissaient des lames rougies par la substance vitale. Les deux autres tenaient chacun par un bras une autre femme, aux longs cheveux noirs et en robe violette de soirée.

La compagne de Léonir, aux traits déformés par la colère et le désespoir, hurlait et répétait quelque chose qui glaça le sang du Druchii : « Ne prenez pas mon fils ! Pas mon fils ! ».
Son regard se perdait dans un des couloirs qui menait aux autres pièces et elle gigotait en tout sens pour essayer d’échapper à la poigne de fer de ses agresseurs.

Il fut si rapide qu’aucune des trois furies se convulsionnant n’eut le temps de se défendre. Leur sang éclaboussa les tapis, la tapisserie et la tenue d’apparat pourpre du noble.

« Tu oses t’opposer aux desseins du Dieu à la Main Sanglante ? » cracha une voix que Léonir connaissait bien, alors qu’il abattait la dernière des trois prêtresses.

Il fit face à celle qui arrivait, encadré de deux suivantes, par un des corridors, avec pour seule tenue un pagne et un soutien gorge par-dessus sa peau flétrie par la vieillesse. Les traits de la matriarche avaient rarement été aussi ravagés par le temps. Ses rides nombreuses et creusées ne laissaient plus rien voir de la beauté qu’elle avait pu posséder. Mais Léonir ne fit pas attention à ce détail, il ne voyait qu’une chose : le petit corps gigotant, encore enveloppé dans ses langes, que la grande prêtresse tenait entre ses bras. Son fils.

- Rend moi mon enfant dans l’instant, sorcière ! éructa-t-il en la pointant avec son épée.
- Non, ton chérubin devra demander à Khaine en personne s’il peut continuer à vivre.
Elle caressa de ses doigts aux longs ongles le front du bébé, aussi fripé que le sien.
- Cesse cette folie, démone ! cria le noble, bouillonnant de colère. Tout ceci n’a rien à voir avec la volonté de Khaine. Tu obéis à celui qui t’a payé !
- Tu oses prétendre que l’église du Dieu aux multiples aspects est corrompu, chien ? Puisse-t-il te pardonner.
- C’est toi qui va le rejoindre !

L’aristocrate fit un pas en avant, mais fut interrompu par le bruit sourd de quelque chose qui tombait à terre. Un coup d’œil à sa droite lui révéla le corps du guerrier citoyen qui l’avait suivi, étendu au sol par la main glacée de la mort.

Léonir eut un hoquet de surprise, voulut se retourner, et n’en eut pas le temps.
Alors qu’une main surgie de nulle part lui agrippait le col, un corps froid lui traversa la poitrine. La froideur était elle qu’il en fut paralysé. Il voulut pousser un cri de surprise, ou plutôt de douleur, cependant son souffle était coupé. Ses yeux, roulant dans leurs orbites, passèrent tour à tour du visage amusé de la matriarche à sa propre femme, frappée d’horreur par la vision de son mari traversé par plusieurs pouces d’acier givré.

Alors qu’il sentait le froid envahir peu à peu tout son corps, les pensées de Léonir étaient on ne peu plus claires. L’assassin, voilà ce qu’il avait oublié dans sa tentative de rescousse : cet expert dans la façon de donner la mort, qui avait ouvert la voie aux furies, et sans doute empêcher les renforts d’arriver par-dessus le marché.
Les paupières du noble se fermèrent doucement, tout doucement, sur l’image de la forme fragile de son fils qui agitait ses petits bras dans ceux, à la peau pendante, de la haute prêtresse.

Son fils, qu’il ne pourrait sauver.












Daenorya ne pouvait plus détacher son regard du portrait si attrayant qui s’offrait à ses yeux. Elle avait fait mine, plusieurs fois, de quitter la pièce pour retourner à ses obligations de grande prêtresse du culte. Mais à chaque fois, au dernier moment, la beauté de ce qu’elle voyait l’avait retenu. Pour quelques secondes seulement, pensait-elle, avant d’oublier purement et simplement qu’elle avait voulu se retirer.

Le portrait si aguichant qui la captivait ainsi, c’était son propre reflet. La vivante image de son corps nue de jeune vierge à la fleure de l’âge, réfléchi par le grand miroir de son antichambre. Sa peau lisse et laiteuse, ses courbes séduisantes, ses seins galbés, ses cheveux ondulés d’un noir éclatant, tout cela lui paraissait tellement parfait qu’elle ne cessait de les toucher pour s’assurer de leur réelle existence. Et le plaisir tactile qu’elle éprouvait, alors que ses doigts couraient sur toute la surface dénudé, était du même acabit que le délice des yeux. Sa chair était ferme, son épiderme doux comme de la soie.

Elle en aurait presque oublié, que la veille, elle avait encore l’allure d’une vieille femme, ce que, au niveau de l’âge, elle était d’ailleurs réellement.

Un autre corps d’une beauté rayonnante, délicieusement masqué au niveau des parties intimes, apparut à côté du sien sur le reflet face à elle. Daenorya reconnut Kalys, une de ses suivantes. La prêtresse était âgée d’à peine deux siècles, et la matriarche se félicita de n’avoir pas l’air plus âgée qu’elle.

- Qu’y a-t-il ? susurra-t-elle en replongeant son regard dans sa propre image.
- Votre… invité est arrivé.
- Ah, oui.

La grande prêtresse l’avait presque oublié.

- Tu le feras entrer lorsque je te le dirais.

Daenorya attacha un pagne à sa taille et se para d’un soutien gorge aux arabesques en métal qui ne cachait, à vrai dire, pas grand-chose. Elle ceignit également une couronne incrustée de grenat puis compléta sa toilette avec divers bijoux, allant du bracelet le plus simple à la bague sertie la plus flamboyante. Enfin, elle peigna ses cheveux pour leur donner du volume.

Ce n’est que cinq bonnes minutes plus tard qu’elle se retrouva assise sur un fauteuil de cuir dans un de ses salons personnels, aux murs drapés de rouge. D’un signe, elle indiqua à Kalys d’ouvrir la porte. L’homme qui s’avança dans la pièce était paré d’une robe de courtisant bleue, aux filigranes d’or, mais sa stature était celle d’un guerrier. Deux épées, symboles de noblesse, battaient d’ailleurs son flanc. Ses cheveux noirs mi longs encadraient son visage malicieux au nez en trompette. L’éclat de la jeunesse commençait à peine à s’estomper sur ses traits. Un sourire insolant venait renforcer son allure d’aristocrate hautain et sûr de lui. Daenorya n’aimait guère ce personnage, mais il était néanmoins l’instrument qui allait permettre à l’église de Khaine de renforcer son pouvoir. Le noble avait promis tout un panel de privilèges et de gestes accordés au temple dès qu’il serait le nouveau seigneur de la cité. La matriarche ne pouvait pas dire que feu Léonir avait dédaigné le clergé, loin de là : il avait toujours ostensiblement affiché son dévouement envers le Dieu à la Main Sanglante et avait favorisé le culte. Mais celui qui avait commandité son assassinat offrait ce qu’on pouvait appeler, le niveau supérieur. Ce qu’il proposait sortait du cadre religieux pour toucher la politique.

« Grande prêtresse », dit le nouvel arrivant en s’inclinant légèrement.

Celle-ci hocha la tête en retour et lui indiqua d’un geste de prendre place. Le noble tira un siège à lui et s’assit en face d’elle. Aussitôt, un esclave humain apparut de nulle part avec un plateau sur lequel reposait deux coupes et une bouteille de vin d’hiver. Dès qu’ils furent servis, le futur maître de la cité se mit à siroter le cru. La matriarche remarqua avec satisfaction que le regard de l’homme avait du mal à rester fixer sur le visage de son interlocutrice et qu’il avait tendance à parcourir subrepticement son corps tout entier.

« Je vois que la Nuit des Supplices a rempli ses objectifs de votre côté. » finit-il par dire.

Daenorya ne répondit pas.

- J’aimerai savoir si elle a aussi rempli les miens, reprit-il. Les bruits cours déjà dans les rues que le palais aurait été pénétré, et que Léonir serait mort. J’aurai aimé avoir votre version des faits.
- Effectivement, mon cher Arkalis, le Dieu à la Main Sanglante a jeté son dévolu sur la famille du dirigeant de notre belle cité. Le seigneur Léonidas et sa compagne ont été sacrifié en son honneur.

Le noble hocha la tête, les sourcils froncés.

- Et l’enfant ? s’enquit-il.

La prêtresse trempa ses lèvres dans le liquide rouge. Il avait un gout presque sucré.

- Je l’ai noyé de mes propres mains, répondit-elle.

Arkalis ne put s’empêcher de laisser transparaître un sourire en coin. La matriarche le comprenait, son plan se déroulait sans bavure. Enfin, à ce qu’il en savait. Il avait cependant fort espoir de récupérer le trône d’ici peu. Avec les soutiens qu’il avait acheté et l’appui du temple, nul doute qu’il arriverait à ses fins.

- Très bien, conclut-il. C’est tout ce que je voulais savoir.
- J’espère que vous n’oublierez pas à qui vous devez votre place, le moment venu.
- Soyez en assurée.

Le politicien finit son verre d’un trait. Il remercia la matriarche pour son accueil, se leva et s’éclipsa par où il était arrivé.

Daenorya s’affala un peu plus sur son siège. Elle commença à faire tourner la coupe entre ses doigts. Tout en observant le mouvement de rotation du liquide dans la demi-sphère transparente, elle se mit à réfléchir. Après tout, elle n’avait pas menti. Elle avait bien noyé l’héritier de ses propres mains. Elle avait juste omis de préciser qu’il avait survécu. Khaine l’avait choisit pour le servir.
Dans sa grande bonté, le Dieu à la Main Sanglante lui offrait là la chance, à terme, d’avoir la cité toute entière. Non plus d’être seulement soi-disant allié avec son dirigeant, mais bien de la gouverner directement. L’enfant serait formé, et le jour venu, la matriarche jouerait cette carte.

Quelle ironie du sort, pensa-t-elle, pour ce pauvre Arkalis.











C’était un cauchemar. Cela ne pouvait être qu’un cauchemar. Arkalis devait être en train de rêver. Il avait du s’assoupir dans son fauteuil, à côté de l’âtre, dans le petit salon.

D’abord, des bruits de lutte l’avaient tiré de sa semi torpeur. On criait et on croisait le fer non loin. Il avait mis quelques secondes avant de réaliser ce que cela signifiait. Il avait trouvé cela tellement gros qu’il avait eu du mal à y croire. C’était trop ironique pour être vrai.

Reprenant ses esprits, il s’était prestement rendu dans la salle principale de ses appartements, avait décroché d’un mur une épée qui servait de décoration à la pièce, puis avait ouvert d’un coup de pied les portes.

Ce qu’il avait vu l’avait laissé sans voix. Dans le couloir qui lui faisait face, ses gardes étaient en train d’affronter pas moins d’une dizaine de prêtresses de Khaine presque entièrement nues et recouvertes de sang. Elles poussaient des cris de folie tout en plantant leurs lames zébrées au niveau des parties non protégés des corps des miliciens, faisant jaillir des fontaines de sang dont elles semblaient follement apprécier le contact.
Arkalis avait vu un soldat tenter de s’échapper en courant, sans doute pour donner l’alerte, ou peut-être tout simplement pour sauver sa vie. C’était alors qu’une ombre noire avait surgie de nulle part, fauchant l’homme comme une vulgaire tige de blé. L’agresseur, drapé d’une cape couleur ébène à la capuche rabattue, avait ensuite bondi de corps à corps en corps à corps. Sans même que les gardes n’aient le temps de le voir, il leur avait planté, les uns après les autres, une griffe en acier dans la moelle épinière. Les combats avaient pris fin quelques secondes à peine après l’apparition. L’avant-avant-dernière de ses victimes n’était même pas encore tombée au sol.

Tous les protagonistes présents, et encore vivants, à savoir une dizaine de furies et un tueur vêtu de noir, avaient alors tourné la tête, dans le même mouvement, vers le bout du couloir. Exactement à l’endroit où le noble se tenait.
L’espace d’un instant, Arkalis avait pensé à la fuite. Trois embranchements partaient de là où il se trouvait. Pour qu’une telle solution se soit avérée viable, il aurait fallu qu’il ne rencontre aucun autre groupe de ce genre, qu’il parvienne à trouver des gardes pour lui venir en aide, et surtout, qu’il court plus vite que l’ombre, ce qui était plus qu’incertain. En réalité, ce qui retenait le plus le noble ici était le fait que, derrière la porte qu’il défendait, se trouvait sa famille paisiblement en train de dormir. Finalement, il avait fait face.

Et maintenant, il se trouvait encadré par deux prêtresses qui le tenaient fermement. Ses idées n’étaient pas des plus claires. Il ne s’était toujours pas complètement remis du coup qu’il avait pris. Ce qui ne pouvait être qu’un des terribles assassins du temple de Khaine avait fondu sur lui, avait esquivé son attaque avec une telle facilité que l’on aurait cru que le temps ne s’écoulait pas de la même manière pour les deux adversaires, puis avait décoché un direct au noble. Le reste, il ne s’en souvenait que confusément. On l’avait empoigné par les bras alors que des furies envahissaient ses appartements et quelques minutes plus tard, il avait pris conscience de se tenir là, dans la salle principale, sous la poigne de deux servantes du Dieu à la Main Sanglante.
Ses yeux embrumés parcoururent la salle.

Quelqu’un qu’il connaissait bien se tenait face à lui, attendant visiblement qu’il reprenne complètement ses esprits. Malgré son allure de femme très âgée, Deanorya portait la tenue habituelle des prêtresses de Khaine, à savoir pas grand-chose. Mais ce qui frappa le plus le noble, c’était la forme qu’elle tenait dans ses bras. Un petit corps enrubanné dans une couverture. Son fils et héritier. Arkalis n’eut même pas la force de crier, et encore moins de bouger.
Et puis, qu’est-ce que cela aurait changé ? Il distinguait, en retrait, l’assassin, droit comme un i, les bras croisés. Ses vêtements étaient noirs comme la nuit. Un foulard lui couvrait le bas du visage tandis que sa capuche retombait sur son front, si bien que l’on ne voyait absolument rien de ses traits. Un geste de la part d’Arkalis, et il aurait sans doute écopé d’une autre correction de la part du gaillard dans la seconde.

- Dans l’hypothèse improbable où te serais un jour demander ce qu’avait du vivre et ressentir ton prédécesseur, déclara la matriarche, tu n’auras désormais plus à te poser la question.

Le noble en aurait presque ri. Cela ne pouvait être vrai. Cette catin de prêtresse de pacotille ne pouvait lui faire le coup, à lui ! Il distinguait clairement, venant de l’extérieur, les cris de détresse caractéristiques de la Nuit des Supplices. Tout était rigoureusement identique au complot qu’il avait monté contre Léonir. Ou bien il faisait un cauchemar terrifiant, ou bien Khaine avait décidé de lui rendre la monnaie de sa pièce.

- Qui ? réussit-il à articuler. Qui vous a payé pour cela ?

La matriarche partit d’un rire cristallin. Elle attendit plusieurs secondes avant de répondre.

- Mais personne, mon cher Arkalis, personne. Le temple a décidé de mettre fin à ta gouvernance. Tu ne lui as pas plu.
- Pas plu ? cracha-t-il. J’ai ciré vos chaussures comme un gamin des rues.
- Certes, certes, tu as su te montrer généreux… soupira la prêtresse. Mais malheureusement, le Dieu à la Main Sanglante veut plus, toujours plus. Désormais, il veut la cité toute entière.

Le noble ne comprenait pas ce que la fanatique voulait dire. Il ne comprenait même pas pourquoi elle lui faisait ce coup bas. Elle avait au moins raison sur un point. Maintenant, Arkalis réalisait ce qu’il avait fait subir à son prédécesseur.

- Où sont ma femme et ma fille ? hurla-t-il soudain. Vous les avez déjà tués ?
- Du calme, mon bon Arkalis.

La matriarche berça doucement le bébé qu’elle tenait dans les bras, ce qui fit grincer des dents son père, avant de reprendre :

- Elles sont juste là.

A peine avait-elle fini sa phrase que trois autres prêtresses apparaissaient à l’angle d’un couloir de ses appartements. Les deux premières portaient par les jambes et les bras sa compagne, en chemise de nuit, bâillonnée et ligotée. L’aristocrate crut pendant un instant qu’elle était morte, toutefois il croisa son regard désespéré alors qu’elle essayait de regarder autour d’elle. La dernière furie tirait derrière elle sa fille, elle aussi en tenue nocturne, pieds et poings liés. Son visage terrorisé lui brisa le cœur.

- Relâchez-les, relâchez-les ! cria-t-il.

L’assassin sortit de son immobilisme pour faire quelques pas et frapper l’individu bruyant d’un revers de main. Le coup ne fut pas loin de lui briser la mâchoire. Arkalis ne put que rester muet pendant que la matriarche parlait.

- Il n’arrivera rien à ta femme et ta fille si tu fais exactement ce que nous te disons de faire. A savoir, accepter le duel public que te proposeras un nouvel arrivant à la cour dans deux jours.

Le silence se fit, alors que l’aristocrate attendait de ne plus souffrir le martyre pour répondre. Pendant ce temps, il réfléchissait. Et il ne comprenait toujours pas. Il ne comprenait toujours rien au plan du temple. Ses agents pouvaient le tuer ici et maintenant, mais non, ils réclamaient un duel. C’était insensé. Qu’espérait-il d’une exécution publique ? Car un combat contre un guerrier du culte comme cet assassin n’avait rien d’un match d’égal à égal, c’était une pure et simple mise à mort. Tout cela ne faisait que retarder l’heure de son trépas… Après tout, c’était bon à prendre, se dit-il. Peut-être arriverait-il entre temps à trouver un moyen de contrer ses adversaires.

- C’est tout… ce que vous désirez… de moi ? finit-il par dire, chaque mot lui pétrissant la mâchoire de douleur.
- C’est exact, mon cher Arkalis. Tente quoi que ce soit contre nous, et ta fille et ta compagne seront sacrifiées à Khaine.
- Et… mon fils ?
- Ton fils ?

La matriarche eut un soupir d’amusement.

- Et bien… je le noierai de mes propres mains.

_________________
« Qu’il ne soit fait aucun quartier. Je veux entendre leur cri. Faites les souffrir. Mutilez leurs corps pour que même Isha ne puisse reconnaître ses enfants. »
Tyrus, dynaste elfe noir

Mon armée, ma saga et mes dessins



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MessageSujet: Re: [Participations] Concours de récits II   Sam 9 Oct 2010 - 13:14

Comme promis, voici ma participation au concours. c'est long, j'en suis conscient, mais j'ai réduit au maximum pour entrer dans les critères d'admissibilité. en raison justement de cette réduction il se pourrait que vous trouviez certains passage un peu hors de propos, tout ce que je peux dire, c'est que chaque passage avait son importance dans le texte original. j'espère que cela vous plaira.

LES CULTES

Combattre les cultes, une lutte de tous les instants. Ils sont nés ici, sur les terres d’Aenarion le Défenseur, enfantés par Morathi, sa veuve et ancienne reine d’Ulthuan.

Après plusieurs décennies de guerre, les terres de Nagarythe ne sont plus qu’un immense charnier, alimenté par le fanatisme de certains elfes adorateurs des noires divinités du panthéon elfique. Au milieu de toute cette folie, il ne reste plus beaucoup de fidèle aux idéaux du premier Roi Phénix et aux anciennes traditions. La plupart sont en fuite ou réduit aux plus basses formes d’avilissement.

Une poignée d’elfes de cette contrée se dresse ouvertement contre le pouvoir d’Anlec, et tente d’inverser le cours de la guerre par des actions audacieuses. Cachés dans les montagnes de Nagarythe, ils attendent que leur ennemi montre un signe de faiblesse pour frapper vite et fort, puis ils regagnent leur havre de paix par des chemins détournés. Ces guerriers ont un nom. Ils sont surnommés les guerriers fantômes. Ils ont un chef dont la légende s’est étendue à tout l’Ulthuan. Son nom est Alith Anar.

Caeril était l’exemple typique de la nouvelle génération d’elfe du royaume de Nagarythe. Sa famille avait été prise dans un raid druchii dix ans auparavant. Il ne devait sa liberté qu’à la chance, il était dans les montagnes à la recherche d’herbes médicinales. A son retour, il n’avait trouvé que mort et destruction dans le village. De sa famille il n’y avait alors aucune trace, mais des sillons dans le sol indiquaient que des chariots avaient été emportés, remplis d’esclaves ou de sacrifices en devenir pour les sombres cultes druchii.

Il fut recueilli plus tard par une patrouille de guerriers fantômes. Depuis, chaque jour était consacré à l’apprentissage de tout ce qui était nécessaire pour devenir un de ces guerriers de légende. Il espérait ainsi avoir la chance de retrouver au moins l’un des membres de sa famille, même s’il savait que cela était plus qu’improbable. Sous la supervision d’un maître fantôme, nom donné aux vétérans, il devint un bon archer, capable de toucher sa cible à plus de deux cent pas de distance, et de lui infliger une blessure mortelle. Ses talents de bretteur étaient certes plus limités, mais sa capacité naturelle à esquiver les coups égalisait ses chances face à un adversaire plus talentueux au maniement de l’épée. Le pistage et la survie en terrain hostile n’avaient plus de secret pour lui. Dans son cœur, il ne connaissait ni la pitié ni le remord. Sa haine envers les druchiis ne connaissait aucune limite.

Le soir, les elfes de sa nouvelle communauté se réunissaient autour d’un grand feu, chacun partageant des anecdotes de la vie quotidienne, puis échangeant des histoires. La soirée avançant, on arrivait toujours au sujet de discussion préféré de Caeril. Il écoutait avec avidité les histoires sur le Roi Fantôme, ses exploits, la légende qui se répandait après chacune de ses apparitions. Le dernier prince de la maison Anar enflammait les esprits des derniers elfes de Nagarythe qui osaient combattre l’usurpateur et sa mère à Anlec. Héritier du culte du Dieu chasseur, faisant parti intégrante d’une meute de loups, revenu d’entre les morts, adversaire implacable des druchiis, difficile de faire la part de réalité et la part de l’imaginaire. Si Caeril avait un rêve, c’était de pouvoir rencontrer un jour cet elfe au destin exceptionnel.

Ce soir là, les histoires allaient bon train. Plusieurs escouades étaient revenues avec des vivres et des fournitures volées à un convoi druchii à destination de Chrace. Une quarantaine de druchiis morts dans une embuscade était un motif suffisant pour faire la fête.

Aethenar, le maître de Caeril, était pour une fois assez joyeux pour régaler l’assistance de l’une de ses histoires :
-et il est apparu sur le rocher, et derrière lui toute une meute de loups aussi grands que des bœufs, et chacun avait un regard plein de malice et d’intelligence. C’était les loups les plus grands que l’on ait vu à Elanardris. Une fois de plus, il était à nos côtés, prêt à nous mener à la bataille. Alith Anar en personne, que l’on croyait mort depuis des années, assassiné par les druchiis.
-où il est aujourd’hui, demanda un enfant.
-il va et vient, visitant chaque camp, chaque cache, répondit Aethenar. Il veille sur le véritable peuple de Nagarythe, c'est-à-dire nous tous ici, et ceux qui comme nous sont obligé de se cacher. Nous sommes les descendants des guerriers qui ont combattus pour Aenarion lors de la grande guerre contre les démons. Les meilleurs guerriers de tout l’Ulthuan, l’avenir de notre pays, voila ce que nous sommes. Il ne se montre pas souvent, seulement lorsque le besoin s’en fait sentir, il est peut être parmi nous ce soir, un peu en retrait écoutant nos histoires et s’assurant que nous ne risquons rien. N’oubliez pas les enfants, rien ne peut vous atteindre ici. Et maintenant c’est l’heure d’aller se coucher !
Un véritable chœur de protestation s’éleva chez les plus jeunes, récriminations vite canalisées par leurs parents.
Chaque famille s’éloigna du feu pour regagner sa tente ou son abri dans les grottes. Caeril quant à lui, finissait de nettoyer son équipement, huilant consciencieusement la lame de son épée récemment acquise.

-tu as toujours eu du mal à partir te coucher, lança Aethenar au jeune elfe.
-peut être est ce du au fait que mon abris, bien que très spacieux n’abrite nul autre elfe que moi, répondit il. Je n’ai aucune famille, contrairement aux autres, personne de ma communauté d’origine n’était là pour moi. Je me suis toujours débrouiller seul depuis que je suis arrivé ici. Cette solitude me pèse parfois.
-Nous sommes tous seul. Que ce soit face à nos doutes ou à nos peurs. Au final, quand vient l’heure de choisir, nous sommes tous seul.
-mais vous, vous ne connaissez ni doute ni peur, vous avez marché, combattu et même souffert à ses côtés.
- écoute-moi petit. Le guerrier qui ne connait pas ces choses là, n’est rien de plus qu’un mort en sursis. C’est la peur qui fait de nous les guerriers que nous sommes, car loin de s’y morfondre, nous la tenons en respect dans nos cœurs et dans nos âmes sacrées. Quand tu seras maître de cette peur, tu deviendras un véritable guerrier fantôme. De toutes nos armes, la peur est la plus puissante. Elle paralyse nos ennemis, les fait hésiter, les pousse à l’erreur, et nos exploitons ces moments de faiblesse pour frapper vite, pour frapper fort. Et lorsque nous nous retirons, il ne reste que la peur de nous voir revenir et frapper à nouveau.
-je ne comprends pas tout, rétorqua Caeril.
-je sais, mais un jour, mes paroles auront un sens pour toi.
Il posa une main compatissante sur l’épaule du garçon avant de s’éloigner vers sa tente.

Quelques jours plus tard, les maîtres fantômes de la communauté étaient rassemblés dans une grande grotte, à l’abri des oreilles indiscrètes. Un messager était arrivé tantôt pour les prévenir que les troupes étaient mobilisées pour tendre une embuscade à une légion venue tout droit d’Anlec à destination de Tor Anroc, la capitale tiranocii. Il était évident qu’avec les troupes déjà sur place les druchiis n’avaient nullement besoin de renforts, mais était annonciateur d'une nouvelle offensive vers le sud du pays. Toutefois, les espions de la maison anar avaient réussi à débusquer un culte, dans le royaume de Chrace. Étant la communauté la plus proche de la frontière, ils avaient l'occasion de frapper et de libérer des captifs des mains des druchiis. Ils avaient aussi la l'occasion de se renseigner sur tous les nouveaux cultes de la région. Le débat était intense. Certains étaient favorables à l'envoi de troupes à l'embuscade, arguant que le culte serait toujours la fin de la saison. Les autres voulaient diviser les troupes et frapper des deux cibles, mais les renforts pour l’embuscade ne seraient certainement pas assez importants pour être efficaces face à la légion d’Anlec. Les débats étaient encore violents quand Aethenar proposa une alternative :
- envoyons toutes les troupes au col, expliquait-il. Nos chances de victoire seront alors bien meilleures. Donnons la défense de la communauté à un maître et à ses apprentis sentis que nous envoyons un autre maître et quelques apprentis s'occuper du culte.
- Tu es devenu fou Aethenar, déclara Esturil, le plus âgé des maîtres de la communauté. Ces apprentis ne sont que des gamins, ils ne sauront pas s'occuper du culte ou de la défense.
- Moi je trouve contraire que c'est une bonne chose, rétorqua Aethenar. Cela va nous permettre de savoir qui sera le futur de cette guerre de l'ombre.
-Mais ils sont trop jeunes !
- Si mes souvenirs sont bons, et si je ne me trompe pas, tu avais leur âge quand tu as pris les armes aux côtés d’Aenarion.
-C'était une époque différente. Nous étions à l'ordre sous les ordres d'un représentant du roi des dieux.
-Et tu as raison. Quand tu as pris les armes, tu étais un jeune elfe plein de fougue qui souhaitait faire le nettoyage de l'île. Mais étais-tu formé au combat ? À la furtivité, à la guérilla ? Savais-tu pister un elfe corrompu comme un chasseur qui chasse un cerf ? Je ne le crois pas. Mais ces jeunes elfes si. Ce culte est mineur pour l'instant, il nous faudra qu'un effectif léger pour s'en occuper. Son honnête avec toi-même. Si aujourd'hui le premier roi phénix te demandait de l'aide dans la guerre contre les démons, tu enverrais un elfe qui n’a goûté qu’aux joies de l’âge d’or ou tu lui proposerais des services d'un elfe qui a passé plus de 20 années à apprendre à tuer ?
- La question ne se pose pas mon ami. Tu m'as convaincu. Et pour le prouver, je propose le service est de mes apprentis pour la défense de notre communauté.
- Voilà qui est réglé alors, clôt un autre elfe qui avait gardé le silence. Nous avons deux cibles, et les moyens pour les frapper les deux.
Ce disant, il rabattit sa houppelande et laissa apparaître son visage en pleine lumière. Son visage émacié étaie encadré par des cheveux de jais, un regard plus dur est plus froid que celui des autres guerriers fantômes, qui soumettait les elfes présents à son autorité. La fine couronne posée sur sa tête ne faisait que confirmer son identité.
-Puisque Aethenar a tellement foi en la nouvelle génération, c'est à lui de partir pour Chrace. Tous les autres maîtres fantômes passent sous mon commandement immédiat et ce jusqu'à la fin du conflit.

Dans les jours qui suivirent, Aethenar choisit les apprentis qui d'après lui seraient les meilleurs pour cette mission. Caeril faisait parti du petit groupe d'apprentis qui suivraient le maître fantôme. Le jeune elfe choisit son équipement avec beaucoup de minutie. Comme tout elfe qui se respecte, à Nagarythe, il possédait tout le nécessaire pour survivre dans les montagnes inamicales de sa contrée. Des vêtements chauds, une dague acérée, un peu de cordes, suffisamment de vivres pour éviter de chasser, quelques sachets d'herbes médicinales, son épée symbole de son appartenance aux guerriers fantômes un arc composite qui venait des colonies et qui avait la particularité d'être renforcé par du métal. À cela s'ajoutaient bien sûr une cape noire et une armure de cuir que lui avait offert Aethenar avant le départ.

Le groupe était de taille modeste, à peine huit personnes. Il progressait rapidement dans les vallons peu exposés au froid, leur allure n'étant modérée qu'en raison de nombreuses patrouilles ennemies qu'ils voulaient absolument éviter. Après cinq jours de voyage, le véritable défi commençait. Il leur fallait été créé dans le territoire voisin sans passer par les routes habituelles. Avant de partir, Aethenar avait consulté les cartes pour emprunter alcool peu usité est particulièrement dangereux pour tous les elfes inexpérimentés qui s'aventureraient dans les montagnes. Toutefois, les elfes qu'il guidait à ce moment-là, avaient passé leur vie à prendre des risques dans l'école de ce type la afin d'échapper à la poursuite des druchiis. L'entreprise était périlleuse, mais il pouvait gagner facilement deux jours de voyage par rapport à un accès plus facile et surtout plus connu dans la montagne.

La traversée en elle-même ne fut pas une partie de plaisir, avec l'altitude la raréfaction de l'air posait problème. Les températures douces des valons, avait laissé place à un froid mordant qui leur faisait consommer plus de rations que d’habitude. Pendant trois jours ils grimpèrent, escaladèrent, empruntèrent des cols particulièrement dangereux et difficiles, et tout cela avec un maximum de célérité. Ils ne se permirent de souffler qu'à l'aube du quatrième jour quand enfin ils surent qu'ils avaient bien passé la partie la plus difficile du voyage.

Alors que le groupe reprenait des forces, Aethenar demanda à faire le point sur les provisions. Les réserves n'étaient pas très abondantes, sur les terres de Nagarythe cela aurait peut-être posé un problème. Mais sur ces terres giboyeuses, lui il suffisait d'envoyer un elfe ramené un cerf. Après avoir examiné tous ses apprentis, il désigna Caeril pour traquer un animal et ramener de la nourriture. Cela laissait aux autres temps de récupération beaucoup plus grand. Et dans la mesure où il devait délivrer des captifs, un surplus de nourriture ne serait que le bienvenu.

Après quelques mises en garde, notamment sur la présence des lions blancs de la région, Aethenar sa Caeril partir en chasse. Armés seulement de son arc est une dague, le jeune elfe ne tarda pas à remarquer la piste d'un cervidé à quelques centaines de mètres à peine du campement provisoire. La piste était fraîche, est la proie ne semblait pas fuir un éventuel prédateur. Il n'eut aucun mal à trouver le cervidé s'abreuvant un cours d'eau de montagne. En juger par ses bois, c'était un male de cinq ou six ans. Lentement, le chasseur pris une flèche dans son carquois au dos, et sans faire le moindre bruit il en coucha sa flèche. Il prit son temps pour tirer la corde vers lui tout en visant la tête. Quand il décocha, son arc composite propulsa sa flèche à une vitesse bien supérieure que celle des autres arcs. Revers de la médaille, l'arc produisait aussi plus de bruit. Toutefois le cerf n'eut pas le temps de comprendre d'où une bruit que la flèche s'était déjà plantée dans sa tête. Encore une fois Caeril ne put retenir un léger sourire en repensant à cet arc qu'il avait acquis quelques années auparavant auprès d'un maître fantôme. Au-delà de la ligne élégante de l’arme, sa spécificité venait surtout de lamelles métalliques qui venaient renforcer l'arc à des endroits dits stratégiques afin de lui procurer une meilleure puissance. Comme lui avait expliqué un jour son maître, l'arc en question ne lui permettait pas d'atteindre des distances supérieures aux autres, mais augmenté considérablement sa force à l'impact.

Avec l'aisance de l'habitude, il découpa des carrés de viande qu'ils stockent dans des sacs de toile avant de les passer dans sa gibecière. Ne pouvant emporter toute la dépouille de l'animal, il fit une courte prière pour remercier Kurnous de lui avoir fourni une proie aussi facilement, et ont fait le reste en guise d'offrande.

De retour au campement, il sortit du sac de toile de sa gibecière, et commença à distribuer la viande fraîche. Tous les elfes participèrent à la confection de leurs nouvelles rations. Un feu était déjà allumé et même si les conditions n'étaient pas idéales, ils firent sécher la viande. Un autre elfe revint au campement, avec quelques fruits à coques et des racines de montagne. D'un point de vue extérieur, le repas pouvait sembler frugal. Mais en ces temps de guerre, ce genre de repas était assez exceptionnel pour les gens de Nagarythe. Après ce qui leur semblait être un festin, et ils elfes oublièrent la fatigue et les péripéties de leur voyage. Grâce à ces quelques heures de repos, ils étaient à nouveau un groupe de guerriers en mission.

Aethenar leur expliqua que dorénavant, ils devraient se déplacer de nuit. Ils étaient en terre étrangère, et aucun d'entre eux ne savait sur qui compter en dehors du groupe. Chaque elfe rencontré pouvait appartenir au culte ou pire être un druchii lui-même. Descendre des montagnes ne fut pas chose aisée, le groupe dû pour cela souvent faire pipi tout en afin d'éviter les meutes de lions blancs qui peuplaient cette région.

Après trois jours de voyage supplémentaire, ils firent au loin les feux d'un hameau. Aethenar sorti de son sac une carte précise de la région. Il calcula grâce à la position des étoiles, le chemin parcouru depuis leur départ. Le hameau qu'ils voyaient, était beaucoup trop haut dans les montagnes pour être leur cible. Si tout se passait bien deux jours de voyage supplémentaire serait nécessaires pour rallier leur objectif. Ils contournèrent le village, ne laissant derrière eux aucune piste susceptible d'être suivi.
Si Aethenar avait peur d'échouer, alors il ne le montrait pas devant les autres elfes. À aucun moment ils ne virent le doute sur son visage. Quelque 13 jours après leur départ, le groupe arriva enfin à destination. Les plus jeunes avaient hâte d'agir, mais Aethenar leur expliqua qu'il fallait avant tout reconnaître les lieux et les gens. Ils passèrent donc la journée à observer les elfes de ce village.

Pour la plupart ils se comportaient normalement, travaillant un peu la terre, allant chercher de l'eau au puits, houspillant les enfants qui jouaient à des jeux jugés dangereux par leurs ainés. La journée passa lentement, à première vue, aucun des elfes du village n’avait de comportement suspect. Du moins pour les jeunes yeux. En qualité de vétéran, Aethenar avait vu les cultes à l’œuvre bien plus d’une fois, et certains signes, très discrets ne lui échappèrent pas. Comme certains elfes qui passaient leur temps à discuter assez prêt d’une maison, chaque groupe changeant toutes les heures environ. Il remarqua aussi que la plupart des habitations autour de cette bâtisse étaient curieusement vides, et que très peu d’elfe osait s’en approcher.

-Caeril et Destire, vous êtes les deux meilleurs archers du groupe, vous abattrez les deux sentinelles pendant que nous contourneront le bâtiment. Vous couvrez notre progression jusqu’à que nous soyons entré. Quand ce sera fait, vous pourrez nous rejoindre, deux épées de plus nous seront fort utiles j’en suis sur.
Aethenar mena son groupe sous le couvert des arbres. La nuit entamée, leurs capes noires leur permirent de rester cachés dans les ombres. Caeril suivi le groupe des yeux, jusqu’au moment qu’ils soient à portée de voix des deux sentinelles. Il regarda Destire à sa gauche, et d’un hochement de tête ils bandèrent leurs arcs en ciblant chacun un elfe. La flèche de Caeril n’avait pas encore atteint sa cible qu’il avait déjà encoché un nouveau projectile, prêt à frapper des renforts éventuels. Les deux tirs atteignirent les elfes et les tuèrent sur le coup. Aethenar, attendit une poignée de secondes avant de lancer l’assaut sur la maison.

Les deux elfes restèrent en position une minute de plus, mais ne voyant aucune activité dans le village malgré qu’il fut encore tôt dans la nuit, ils descendirent jusqu’au village par le même chemin que les autres moins de quinze minutes auparavant.

En entrant, Caeril ne vit qu’une maison vide, pas le moindre indice d’une éventuelle présence récurrente. Ils trouvèrent la trappe qui permettait d’accéder au sous sol, grâce un large escalier en colimaçon. L’escalier devait à l’origine être de pierres blanches, mais le manque d’entretien et les activités subversives des druchiis leur avaient donné une couleur allant du vert moisissure au brun calciné suivant les endroits. Les murs étaient eux parfois teintés de rouge. Plus ils descendirent, et plus une forte odeur acre de fumée et de sueur leur montait au visage, ainsi accessoirement que des cris de bataille de la maison Anar. Faisant fit de la discrétion, ils remirent leurs arcs dans leurs étui dorsaux avant de dégainer leurs fines épées longues.

Le combat dès qu’ils arrivèrent en bas des escaliers, un groupe de druchiis aux regards fiévreux se lança à l’assaut des deux elfes dans le plus grand désordre. Si Caeril et sa compagne avaient l’avantage de leur formation et d’avoir l’esprit clair, six druchiis fanatiques armés de couteaux et de hachoirs représentaient quand même une menace sérieuse. Caeril lança un de ses couteaux en plein visage de l’elfe le plus proche. La lame s’enfonça dans l’œil avec une extrême facilité, tuant le premier druchii sur le coup. Le deuxième faisait de grands moulinets avec son couteau, Caeril le désarma, mais ne put l’achever, le troisième, la troisième en fait se jetant littéralement sur lui hachoir en main et écume à la bouche. Elle s’empala d’elle même sur l’épée, et jeta à l’elfe une ultime malédiction avant de s’effondrer. Alors qu’il essayait d’extirper son arme, le deuxième elfe se jeta sur lui en ayant préalablement récupérer son arme. Caeril ne pouvant pas libérer son épée à temps, il offrit une belle cible, jusqu’à qu’il sorte une dague de chasse de son fourreau, et qu’il enfonce la lame effilée sous le menton de l’elfe, transperçant le palais et le cerveau, tuant son adversaire. Il récupéra son épée, et tua le dernier adversaire de Destire par derrière, d’un vicieux coup de dague à la base du cou.

Le jeune elfe essuya ses armes avant de repartir avec Destire dans les couloirs souterrains en direction des bruits de bataille. Sur place, les corps de cultistes s’empilaient un peu partout, mais ils ne partirent pas toujours seuls, au moins quatre guerriers de la maison Anar gisaient dans leur sang, aussi morts que leurs ennemis. Les survivants étaient acculés par une vingtaine de cultistes qui semblaient plus habiles que la moyenne. Leurs corps étant couverts de symboles du dieu à la main sanglante, leur culte de Khaine et de ses sombres secrets martiaux étaient une véritable plaie pour les novices de Nagarythe. Les deux elfes ne prirent pas le temps d’analyser la situation, ils laissèrent tomber leurs armes à leurs pieds en silence, et ressortirent leurs arcs. Une nuée de flèches faucha les cultistes dans le couloir, donnant un élément de surprise au groupe d’Aethenar et laissant les cultistes avec des effectifs beaucoup plus réduits. Le combat qui s’en suivit fût plus proche du massacre que de la bataille rangée, aucun cultiste ne s’en sorti vivant, mais deux autres naggarothis.

Aethenar lui-même souffrait d’une vilaine blessure, et la plupart avaient reçu au moins une estafilade sur une partie du corps. Caeril distribua des poudres à bases d’herbes médicinales, pour prévenir les risques d’infection, mais aussi pour lutter contre les éventuels poisons. Le vieil elfe était mal en point, il ne pouvait plus bouger ses jambes. Destire qui avait quelques connaissances en médecine préconisa un peu de repos, l’elfe ayant perdu beaucoup de sang, il lui faudrait prendre des forces avant de pouvoir bouger à nouveau. Aethenar fit signe à Caeril de s’approcher.

-je suis un peu faiblard, mais dans quelques minutes j’irai mieux mon garçon, lui dit-il dans un murmure. La mission n’est pas terminée, trouve les esclaves, s’il en reste des vivants, et trouve le chef du culte, nous n’avons tué que des sous fifres jusqu’à présent. Trouve le maître des lieux, et tue le !
Caeril fit un signe de tête pour montrer qu’il avait compris. Seule Destire était encore indemne, mais elle tentait de soigner les blessures les plus graves de ses compagnons. Il s’engouffra donc seul dans les couloirs sinueux.

Il n’eut pas à marcher longtemps pour trouver ce qu’il cherchait. Des cages aux barreaux d’acier emprisonnaient une trentaine d’elfes en piteux état, la plupart ne s’étant même pas levé à l’approche du jeune elfe. Un grand nombre portaient les reliquats de passage à tabac, de fouets, et parfois pire encore. Juste après les cellules, une porte noircie de saleté s’ouvrit sur une scène d’horreur pour Caeril. Une elfe à moitié nue, lui tournait le dos en psalmodiant une litanie en l’honneur de Khaine, une dague sacrificielle en main. Une jeune elfe, presque une enfant se tenait sur la table, les membres entravés de chaines noires. Toutefois, elle devait être sous l’effet d’un puissant narcotique, car elle ne semblait pas consciente du danger qui planait au dessus d’elle.

Epée au clair, Caeril entra dans la pièce sans autre forme de cérémonie. La prêtresse s’arrêta et se retourna lentement pour faire face à l’intrus. Son visage avait était peint de façon à ressembler à ceux des statues du dieu des batailles, sa rune était tatoué en grand format sur le front de la cultiste. Sous l’éclairage des braseros, son visage était une vision du cauchemar de la guerre et du meurtre, une incarnation parfaite ou presque du dieu à la main sanglante. D’un geste qui se voulait autant aguicheur qu’agressif, elle lui fit signe d’approcher.

-viens à moi petit elfe, rejoins les rangs des guerriers de Khaine, lui lança t elle. Tu es fort et courageux pour être venu jusqu’ici seul et sans blessures. Mes acolytes ne sont pas tous doués avec une arme, mais les lames de Khaine sont une véritable élite guerrière. Viens à moi petit elfe, tu n’as pas à avoir peur de moi.
A mesure qu’elle parlait elle se rapprochait de Caeril, qui lui aussi avançait d’un pas lent, sur ses gardes, son regard allant de l’elfe, à la garde sacrificielle qui était toujours dans sa main. Quand elle ne fut plus dans la faible lumière des braseros, Caeril cru reconnaître la forme de son visage. Il chercha dans sa mémoire, fouillant désespérément à la recherche d’un nom. Il reconnut tout d’un coup l’elfe qui se tenait devant lui.
-Etarielle !
La prêtresse s’arrêta de parler pour dévisager son interlocuteur. Evidemment, elle l’avait connu comme un enfant, souriant, mordant la vie à pleine dents. Tout ce qu’elle voyait alors c’était un elfe à peine entré dans l’âge adulte, la face sombre sous sa capuche, le regard étonné, mais empli de gravité. Elle eut un moment d’hésitation, mais finalement elle tenta un « Caeril » hésitant.

L’elfe en laissa tomber son épée. Après toutes ces années, il avait enfin retrouvé un membre de sa famille. Mais voir sa sœur ainsi transformé lui serra le cœur. Voyant que son jeune frère était maintenant sans arme à la main, elle en profita pour franchir les quelques mètres qui les séparaient. Elle le sera tout contre elle, lui murmurant des paroles qui se voulaient apaisantes, lui parlant de gloire, de combats, de hauts faits en l’honneur de Khaine. Une larme tomba sur l’épaule d’Etarielle. Puis une douleur sourde traversa le bas ventre du jeune elfe. Puis il sentit le sang tiède coulait sur sa main, et ses jambes. Il trembla un moment. Puis ses larmes séchèrent, la douleur disparut. Etarielle s’allongea sur le sol, une main plaquée sur la blessure profonde que Caeril avait faite dans son ventre. Le sang coulait dru, ainsi que des humeurs à l’odeur nauséabonde. Sur ses traits, l’étonnement était complet. Au dessus d’elle ne se tenait plus le jeune frère aimant qui était avec elle une minute plus tôt. Son regard se flouta, mais elle perçut distinctement les deux puits de noirceur que représentaient les yeux empli de haine de Caeril. Dans un geste de bonté, il abrégea les souffrances de sa sœur.
Une main vint se porter sur son épaule un peu plus tard.

-tu la connaissais, demanda Aethenar.
-c’est ma sœur lui répondit Caeril. Ou c’était. Je ne supporterais pas de mourir tant que l’un de ces ignobles pervers sera encore en vie. Rien n’est oublié, rien n’est pardonné.
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MessageSujet: Re: [Participations] Concours de récits II   Dim 10 Oct 2010 - 20:02

Premier texte pour lequel j'ose attaquer le dialogue. J'espère qu'il vous plaira !




La Marque du Passé


"Mais bon sang, qui êtes-vous au final pour connaître tout cela ?!"

-----------------------------------------------------------------------------------


" L'un des indéniables avantages d'habiter la Tour du Savoir lorsque l'on est un lecteur nocturne est assurément l'omniprésence des livres dans les étages supérieurs. Impossible de tomber à court de matière ; et ce n'est pas peu dire n'est-ce pas ? Surtout lorsque comme moi vous avez accès à la quasi totalité des salles aux savoirs interdis. Pourtant, régulièrement, je parviens à enrichir ma propre bibliothèque d'ouvrages qu'on ne trouve sur aucune autre étagère de cette Tour, et je parierai presque sur aucune autre dans tout Ulthuan. Alors pourquoi diable ce document là te pose-t-il davantage problème ?

Horien était installé à son bureau, son siège légèrement reculé, faisant face à son interlocuteur en arme. Un étrange amas d'une vingtaine de feuillets, reliés d'un cuir abimé par le temps était ouvert, et Horien gardait une main dessus, comme pour en camoufler le contenu. Visiblement, la situation l'agaçait.

" Horien... Nous en avons souvent discuté par le passé, et tu sais très bien que tous ces documents que tu rassembles sont dangereux pour toi. Celui-ci aussi provient de l'une de tes missions, c'est flagrant. Que t'arrivera-t-il le jour où ces écrits viendront à bout de ta volonté ? Qui t'arrêtera lorsque tu seras toi aussi corrompu par c...

Oh arrête ce discours Seridur ! J'en ai déjà plein les oreilles. Tu me le rabâche depuis que je suis entré dans l'Ordre après nos classes. T'en souviens-tu seulement. Maître Belannaer veille sur moi et ma mission... J'avouerai volontier prendre plaisir à cette tâche, mais c'est avant tout mon devoir que de lire cet ouvrage.

C'est bien ce qui m'inquiète vieux frère. Tu parles toi-même de plaisir à lire ces corruptions...

Certes. Mes mots sont mal choisis aussi. La Guerre Secrète est terminée depuis presque un millénaire maintenant. Le Prince des Plaisir n'a presque plus d'adeptes ici, et nos services locaux font très bien leur ménage tout seuls lorsque de nouveaux groupes émergent. Ne t'inquiètes pas pour ça, ce que nous savons du Culte est bien à l'abri et ne nécessite pas que nous l'approfondissions. Et puis, le Chaos ne peut être compris tu sais, ni par moi ni par aucun autre. Je n'aurais aucune raison de travailler d'avantage sur lui. Non, ce que j'étudie en ce moment est autrement plus intéressant et te concerne tout autant que moi -- ou que n'importe quel autre elfe au final.

Le gantelet ferré du Seigneur Seridur se crispa sur le pommeau de sa lame. Serrant davantage la mâchoire, il avança vers Horien. Que veut-il dire au juste ?

" Jettes-y un œil si tu veux. Hé ! ta conscience devrait pouvoir s'en remettre, ce n'est que de l'encre et du papier, sans presque aucun autre artifice, pour une fois !

Tu sais comme je crains et exècre tout cela... Je ne regarderais pas.

Comme tu voudras ! Mais je vais au moins te l'expliquer.

La main d'Horien glissa finalement de sa lecture, révélant une série de runes, visiblement dérivées du druck-eltharin. Il tira d'autres feuillets du documents, dont certaines étaient entachées de sang. Horien reprit.

" Khaine fait partie intégrante de nos cœurs. Je ne vais pas te refaire un cours de théologie, mais rappelles-toi qu'il représente une partie de nous en tant que membre de notre panthéon. Tous nos dieux sont ainsi. Et si les Cultes ouverts du Dieu à la Main Sanglante sont eux aussi interdits en Ulthuan, nous le vénèreront tous sous une forme ou sous une autre, un jour ou l'autre, dans notre vie. C'est d'autant plus vrai pour nous autres Maîtres des Épées qui sommes appelés à lever les armes régulièrement. C'est dans un sens plus présent encore pour des Seigneurs de Hoeth comme nous. Comment nier que la Guerre et le Meurtre font partie de nos missions ?

Les Maîtres des Épées ont vocation à la sagesse, pas à la haine et au sang, Horien ! Je suis responsable de la formation de presque la moitié des apprentis de cette tour, et c'est bien la première chose que je leur enseigne ! Horien ! Khaine est un adversaire à combattre, tu devrais le savoir mieux que quiconque.

C'est justement là que tu te trompes, Seri'. Khaine est incontestablement en nous, et je crois que nous pouvons nous servir de lui pour parvenir à nos fins au combat. Tu as affronté toi-même un assassin Druchii dans la mêlée, tu sais ce que je veux dire.

Mais toi tu ne sais pas quelle horreur elle révèle, frère. Tu as pourtant dû combattre des zélotes toi aussi pour arriver au sommet du pouvoir de ton ordre. Toi aussi tu dois te souvenir de cette haine aveugle et sourde dans leurs yeux ! De cette force impie dans leur bras !

... Je les ai toujours admirer pour cela.

HORIEN ! Retires cela !

Pourquoi donc, Seridur ? Nous luttons depuis des millénaires contre nos sombres cousins parce qu'ils sont forts grâce à Khaine. Ils ont rasé ton village et le mien, grâce à Khaine. Et ces zélotes, comme tu dis, tiennent régulièrement en échec même les meilleurs de nos chasseurs avec des barreaux de chaise et des dagues ! Grâce à Khaine !! Tu enseignes toi-même le respect de l'adversaire à tes élèves. Je ne vais guère plus loin en les admirant.

Horien... Que ... Que contient ce document au juste ?

Une ... description de la Rune de Khaine."


Brusquement, les yeux de Seridur s'écarquillèrent et il recula d'un pas, lâchant son heaume qui roula au sol. Il fit un second, puis d'un troisième pas, secouant la tête de droite et de gauche.

" Non... Non ! Horien, qu'es-tu en train de faire ?!

Calme-toi, vieux superstitieux ! Je t'ai dis qu'il n'y avait rien de dangereux dans ces écrits.

RÉPONDS !

... Le dernier groupe auquel j'ai eu affaire a repoussé puis tué trois de mes quatre meilleures lames. J'étais sur la zone à ce moment là. Lorsque je suis moi-même rentré dans la bâtisse, j'ai découvert que cela avait été l'œuvre d'un unique individu. Il avait sur le front la Rune. Il m'a presque tué, Seri' ! Je suis pourtant même meilleur que toi une épée à la main !... J'essaie juste de comprendre, Seri', j'essaie de La comprendre et de La reproduire. J'en suis tout proche, en fait."

Seridur dégaina aussitôt qu'Horien eut terminé. Une longue et fine lame, aussi longue en réalité qu'une épée bâtarde, et d'un blanc nacré. Une Épée Blanche, symbole de haut rang et qui jamais ne devrait servir à tuer. Seridur se mit en position d'attente dans un cliquetis de maille, jambes écartées, les deux mains sur la poignée, lame redressée.
Horien s'était relevé lui aussi, et dans ses robes resta figé à coté de son siège.


" Horien. Sais-tu combien tu es mal vu à la Tour ? Sais-tu combien de rumeurs courent sur toi ?

Oui, je le crois.

Alors je t'en conjure, oublie tout ceci et brûle ces écrits. Trouves-toi une autre place à la Tour ou redeviens civil. Qu'importe ! Mais laisse cette corruption au loin et oublie tout ça !!

Un autodafé à la Tour du Savoir. Seri, tu m'en demandes beaucoup là, tu sais. Je continuerai mes recherches et accomplirai mes devoirs. Belannaer me protègera une fois de plus."

La voix du Seigneur Seridur était vacillante lorsqu'il répondit, au bord des larmes :

" Horien ! Frère ! Une ultime fois je t'en conjure, ...

Non Seri, je ne peux pas. Je ne dois pas. Rengaine cette épée et allons en discuter avec les Maîtres du Savoir, ils t'éclaireront.

Étais-tu donc tant absorbé par tes recherches et tes déchiffrages que tu n'es au courant de rien ? Le Grand Maître de la Tour est à Lothern, Bel-Hathor l'a fait demandé, et Belannaer est parti depuis hier pour le vieux monde...

Comment ?

Il accompagne le Seigneur Finubar pour l'un de ses longs voyages... Je me serais attendu à ce qu'il te prévienne !"

Le visage d'Horien se décomposa en quelques secondes. Un second elfe en arme entra dans le bureau, lame au poing. Une autre Épée blanche. C'était le Seigneur Nelacar, un maître de guerre qui avait toujours souhaité sa mort et sa place.

"... Horien, tu n'as plus d'allié ici.

Seri', qu'est-ce que cela signifie à la fin !?

Tu es corrompu, "frère". Ne t'en rends-tu pas compte ? Si nous ne t'arrêtons pas, qui le fera ?

Très bien ! Très bien ! Tu as gagné, je me rends. Rangez vos lames et allons voir les Maîtres du Savoir, ils sauront comment réagir.

Mais il est ... déjà trop tard, Horien. Tu as refusé par deux fois ma proposition. Tu es corrompu ! Vieux frère, ... tu dois finir ici."


L'ithilmar enchanté fusa tandis qu'Horien tentait en vain de raisonner son ancien camarade. Le second combattant s'engagea, et bientôt Horien fut acculé dans un coin de la pièce. Le coin où reposait ses armes.

"Seri', ne m'oblige pas ... !"


-----------------------------------------------------------------------------------

Seri', ne m'oblige pas ... ! Seri', ne m'oblige pas ... ! Seri', ne m'oblige pas ... !

" Je ... Je préfèrerai ne pas répondre tout de suite à cela, si tu me le permets, jeune homme. Allons, reprenons la route."



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