Ulthuan vs Naggaroth

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 [Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu

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lam'ronchak
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu   Lun 18 Jan 2016 - 10:05

Tiens tiens je me souviens d'une certaine histoire ressemblant à celle là sur une certaine île au cœur d'Ulthuan ;)

Sinon que dire d'autre que la SUITE *clap*
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jay974
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu   Mar 19 Jan 2016 - 11:54

lam'ronchak a écrit:

Sinon que dire d'autre que  la SUITE *clap*

Parfaitement d'accord! Tu nous fais trop attendre... *big* La suite!!
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Naïr Le Tisseur de nuages
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu   Mar 19 Jan 2016 - 12:01

Je trouve tout de même inquiétant que Malekith semble avoir complètement oublié sa quête du fragment. C'est le moment où je me dis "allez, ce serait trop bête si le fragment passait sous son nez et que l'histoire finissait mal pour Malekith, même les dieux du chaos n'accepteraient pas ça..."
En quelque sorte, je me convainc que tout va bien se passer parce qu'il faut que l'histoire continue, mais c'est le genre d'impression que j'aimerais éviter lors d'une lecture.

J'espère que mes craintes seront dissipées dans la suite *^^*
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Lokhir Fellheart
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu   Jeu 21 Jan 2016 - 13:06

Et bah... J'ai eu pas mal de chose à rattraper mais c'est chose faire !
Beaucoup de moment m'ont ému, surtout les passages avec son précepteur et son père...
Quand je sais qu'il est devenu ce qu'il est aujourd'hui à cause du dénigrement de sa condition par certains, ce qui l'a amené à devenir comme ça... *cry*
C'est magnifique, continue !
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Kayalias
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu   Lun 25 Jan 2016 - 19:34

Heureux de voir que le récit suscite de plus en plus de réactions! La fin est imminente et je vous réserve quelques surprises ! Voici la suite :)








***









Malékith détourna une pince qui tenta de lui arracher le bras. Il riposta rageusement, en ouvrant le démon au niveau du bas ventre. La bête s'écroula la bave aux lèvre. Un autre assaillant vint prendre sa place. Ses bras fouettaient l'air à une vitesse incontrôlable. Le Roi Sorcier recula de quelques pas, progressant d'avantage dans les ruines. L'un des poings de la créature heurta soudain son visage. L'impact fit vaciller le Prince qui en perdit son heaume. Malékith cracha un filet de sang. Il invoqua ses pouvoir et une éclair noir s'abattit sur la colonne de pierre à proximité, la faisant s'effondrer sur le démon. Malékith profita de ce court répit pour se retirer au cœur du temple dévasté. Là, il assista à la retraite surprenante d'une cohorte de démons. Ces derniers ne lui accordèrent plus le moindre regard. L'elfe s'interrogea sur le tournant de la bataille à l'extérieur des ruines. Seule une défaite cuisante eut pu pousser les démons à fuir, or les combats n'en étaient qu'à leurs prémices. Malékith pivota sur lui-même et comprit la raison de leur fuite. Sur les marches du temple, rampait une masse informe, pestiférée, nécrosée, couverte de bubons. L'abomination traînait une arme de sa taille, encombrante, rongée par la rouille. L'odeur infecte qui émanait de son corps putréfié attirait un nuage d'insectes contaminés. Le quatrième et dernier Seigneur de la légion avait ordonné à ses troupes de regagner le champ de bataille. Lui seul venait trouver Aenarion, le défenseur.

Pris dans la mêlée, le Roi Phénix ne se doutait pas de la présence malfaisante qui partait à sa rencontre. Il para avec aisance la frappe du Gardien Slaneeshi, avant de contre attaquer férocement. L'épée de Khaine virevoltait dans sa main et cherchait à tout instant les points vitaux de sa cible. A ses côtés, Idraugnir luttait aussi furieusement que son maître. Engagé dans un combat à mort, l'étau de sa queue se referma sur le corps musculeux du démon. Le héraut de Khorne se débattit de toute sa rage et, tremblait de rage et parvint à se dégager. Malékith se dissimula derrière un pan de mur, s'interrogeant sur le moment le plus propice pour intervenir.

— Sors de ta cachette avorton, je renifle ta puanteur de vivant, dit l'envoyé de Nurgle, tandis qu'il gravissait les marches du temple.

L'elfe abandonna sa couverture et contourna l'immense larve parmi les débris. Lorsque celle-ci eut passé le portail central, Malékith joignit ses mains et impulsa suffisamment d'énergie pour que la voûte s'écroule sur le démon. Les pierres tranchantes lui rouvrirent de nombreuses plaies. Il maudit Malékith, se dépêtrant difficilement des décombres. L'elfe se mit à découvert, joignit à nouveau ses mains et un éclair vint s'abattre sur le démon, ne lui provoquant qu'un léger soubresaut.

— Est-ce là tout ce dont tu es capable, mortel ? s'enquit le grand immonde.

Malékith s'y résolut. Ses pouvoirs en ce temps n'étaient que ceux d'un jeune elfe. Sachant que son père allait probablement périr en ces lieux, il décida à une folle entreprise. En dépit de la puanteur atroce qui régnait, il s'élança entre les jambes courtes du démon qui, fut trop lent pour le capturer. Malékith ouvrit de profondes entailles dans la panse de son adversaire qui ne sembla nullement en souffrir. Des entrailles en décomposition se répandirent sur l'elfe. Les sucs rongèrent son armure et sa peau. Il grommela, se dégagea avant que le démon ne s'affaisse pour le réduire en poussière. La monstruosité aux abats pendant fut secouée d'un rire mauvais.

— Tu es condamné, dit-elle, soumets toi aux puissances qui dans ton cœur te somment de plier.

Ce furent également par ces mots que les trois Hérauts des dieux sombres tentèrent de raisonner Aenarion. L'elfe rejeta leur appel. D'une passe habile, il sectionna l'une des pinces du Slaneshii. Le démon seul ne pouvait lutter face à l'élu de Khaine. A quelques mètres de là, le grand immonde fracassa les ruines les plus proches de Malékith. De nombreux débris furent soulevés ; l'un d'entre eux toucha l'elfe aux tempes. Privé de son heaume, Malékith fut assomé. Il ne put voir que le démon verdâtre levait son arme très haut, au dessus de l'épaule. Au moment ou la masse alla s'écraser, le Prince sentit qu'on l'entraînait au sol, hors de portée de son adversaire. Le second choc fut plus terrible encore. Une immense quantité de poussières et de gravats noya les décombres du sanctuaire. L'air devint irrespirable et la visibilité nulle.

On entendit une inspiration profonde, inquiétante, suivie d'un souffle puissant. Un vent fétide chassa le nuage de poussière et Malékith qu'on avait tiré au sol put distinguer les traits de son bienfaiteur. Des cheveux d'or et des yeux perçants dont l'iris était bleu. Tels étaient les traits de Chyrès. Le précepteur avait retenu la main de Caledor au moment de l'outrage et s'était frayé un chemin à travers les ruines. Il auscultait le Prince, s'assurant qu'il restait en vie. Malékith bredouilla quelques mots à son bienfaiteur et ami, des paroles presque inaudibles que Chyrès accueillit avec solennité. Il intima au Prince de garder le silence, tandis qu'il se glissait derrière un muret de pierres.

— Montrez-vous ! vociféra le démon pesant.

Malékith vit l'éclat d'une émeraude scintiller, quand Chyrès dégaina. Le précepteur se faufila avec légèreté dans le dos du grand Immonde. Le Seigneur démon lui apparut dans toute son horreur. Des croûtes moisies crevassaient son corps, dont dégoulinait en permanence de son flanc un liquide visqueux et puant. Chyrès se faufila entre ses pattes et plongea l'épée dans sa panse. L'acier déchira une membrane fragile de laquelle s'échappèrent une myriade de diablotins ensommeillés. Leur l'hibernation venait d'être interrompue. Le grand Immonde poussa un grognement de satisfaction.

— Mes petits, mes chéris, trouvez le vivant qui se cache parmi les ruines. Repaissez-vous de sa chair !

Les diablotins ouvrirent leurs paupières, révélant de petits yeux jaunâtres, malfaisant. Des entrailles de leur maître, ils tirèrent divers objets plus ou moins tranchants, tous corrodés. En nuée gesticulante, ils se dispersèrent et Chyrès pris d'horreur, n'eut d'autre choix que d'abandonner sa lame dans l'abdomen du Seigneur démon. Ce dernier leva sa masse, fendit l'air d'un mouvement circulaire, mais manqua le percépteur. Quelques démons furent broyés dans le sillon de l'arme. De son côté, Malékith reprenait lentement ses esprits. Il se massait le crâne, encore trop faible pour marcher. Les nurglings couvrirent les ruines, tel une meute en battue. Le précepteur bondit sur un groupe qui se rapprochait dangereusement du mur derrière lequel se trouvait le Prince. Il tira une seconde lame de son fourreau, de plus courte envergure et embrocha les démons imprudents. Il frappa encore et encore, usant de toutes ses talents de combattant. Toujours plus de rejetons s'extirpaient des entrailles du grand immonde, si bien qu'il ne put endiguer la marrée. Le Seigneur démon vomit un flot infâme et d'autres restes sur le précepteur. Le sol était recouvert de bile et lorsqu'il tenta de se dégager, le sol sembla se dérober sous ses pieds. Immanquablement, il perdit l'équilibre. Lorsqu'il chercha à fuir, une douleur intense le transperça. L'un des nurglings avait poignardé son dos.

Chyrès s'affaissa. Le Seigneur démon exultait. Il félicita sa progéniture et renforça la poigne autour de son arme. Il l'éleva avec autorité, la maintint très haut au dessus dessus de lui. Son geste semblait lent, très lent, si lent que Chyrès put en distinguer le moindre détail. De la face extérieure morcelée de rouille, aux rivets qui maintenaient l'acier au manche. Le Grand Immonde opéra une bascule fatale. Un sourire malsain fendait sa bouche en deux rides béantes. Aucun échappatoire. Le précepteur se surprit à éprouver de la peur pour la première fois. Malékith fut spectateur de la scène. Une torpeur l'engourdissait, le réduisait à la passivité. Le temps lui sembla fractionnée, comme ralenti. La masse était si proche du visage de Chyrès qu'elle lui voilait le ciel. Dans un geste désespéré, le précepteur leva son épée en guise de parade. Il n'y eut pas un cri, seulement le vacarme terrifiant de l'acier broyant l'acier. Puis le silence.

— NON ! s'écria Malékith, dont l'émotion le ramena à la raison.

Le Seigneur démon jouit de cet instant. Il ramassa son arme ensanglantée et intima à ses serviteurs d'éliminer l'héritier une fois pour toute. Malékith s'appuya contre le mur, manqua de chuter. Il saisit son épée, les mains tremblantes. Dans son cœur ardant, la vengeance et l'instinct de survie s'affrontaient. Autour de lui, les grognements haineux se rapprochaient et il se résolut à fuir. Sans plus d'autre choix, le Roi Sorcier rassembla ses forces et gravit le sommet du temple, là ou combattait son père. Le Grand Immonde conspua cette lâcheté pathétique, une preuve évidente de la faiblesse du peuple elfique. Il s'élança à sa poursuite. Le Prince courrait à perdre haleine. La sueur perlait sur son front et dans son dos. Ses efforts furent finalement récompensés quand il gagna le plateau.

Idraugnir livrait duel dans les airs contre le héraut de Khorne. Leurs ailes tournoyaient en un ballet aérien terrifiant et on lisait la détermination dans le regard du reptile, comme dans celui du démon. Au sol, le Roi Phénix brisa la carapace et entailla l'épaule du Slaneshii. Le Gardien démoniaque hulula de plaisir. Malékith ne prononça pas un mot, jusqu'à ce que son père le remarque, ainsi que la silhouette terrifiante qui grandissait dans son dos.

— Malékith, va-t-en immédiatement ! hurla le père.

Cette inattention fut immédiatement sanctionnée et un nouveau revers du gardien l'envoya rouler au sol. Le démon lascif gémit d'extase. Malékith se retourna et vit la horde de nurglings prête à se jeter sur lui. Les diablotins babilleurs annonçaient leur maître. Le Seigneur démon s'était mû rapidement, au grand étonnement du Prince. Aenarion commanda un mot en direction d'Idraugnir qui lui obéit sans hésitation. Le dragon inspira longuement et libéra une gerbe de flammes titanesques qui habillèrent le démon. Le beuglement de rage qu'il poussa se répercuta dans toute la vallée et ses circonvolutions le firent piétiner ses fidèles.

Malékith élimina deux nurglings qui tentèrent de l'empaler. Plus que tout, il recherchait le plus fourbe, celui qui avait poignardé Chyrès, l'ayant conduit à la mort. Au milieu de la horde, il le reconnut. Son visage sournois portait les stigmates de nombreuses balafres et ses yeux minuscules, engoncés dans deux petites fentes noires, ne semblaient emplies que de malveillance. Son estomac gonflé pendait en dehors de sa panse et ses pattes longues compliquaient son équilibre. Malékith fondit sur lui. Il écarta ses opposants de plusieurs moulinets vigoureux, avant d'esquiver l'attaque maladroite du nurglings en question. Il lui trancha la main d'un geste sec et le poignard qui avait servi au meurtre tomba au sol, encore souillé par le sang du précepteur. Au même instant, le démon de Khorne asséna au dragon une volée de coups qui le firent s'écraser au sol, épuisé. Sa monture en mauvaise posture, Aenarion feinta son propre adversaire, afin de projeter son épée sur le Khornitte. La trajectoire de la lame décrivit une courbe et sectionna le tendon du démon qui ne put achever Idraugnir. Le Gardien Slaneshii profita du fait que le Roi Phénix fut désarmé pour le capturer dans ses pinces et lui broyer la cage thoracique.

Les traits crispés, le Roi maudit les dieux sombres. Malékith réalisa que sous couvert de bravoure, ses choix avaient fermé l'avenir de son peuple. Les Nurglings encerclèrent l'elfe, à bout de souffle. Plus loin, la hache du Khornitte venait de s'abattre sur Idraugnir, détachant sa tête de son tronc. A terre, l'épée de Khaine perdait son éclat.

— Malékith, fuis ! Quitte cet endroit ! l'exhorta son père, à l'agonie.

Au milieu du cercle de démons, une sphère luisante apparut, ironiquement. Le fragment d'essence rappela au Prince l'oeuvre de sa mission. Il hésita longuement. Les Seigneurs démon se tournèrent vers lui et il n'eut d'autre choix que de le saisir. Un vortex de magie l'aspira hors de ce monde. Sa bouche était pleine de sang, de poussière et de cendre. Quand il foula le sol, loin, très loin de la guerre, il implora pardon.
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Naïr Le Tisseur de nuages
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu   Mar 2 Fév 2016 - 11:02

J'imaginais Malekith bien plus insensible. Peut-être que cette visite du passé est la première depuis qu'il est devenu roi-sorcier, ce qui signifierait que pendant des millénaires, Malekith ait vécu dans le moment présent, rongé par les seules pensées de pouvoir et de cruauté. Etrange, j'aurais juré qu'il aurait depuis longtemps compris tout ce qu'il vient de voir, et assumé ses choix, de même que ses erreurs.
Cela dit, tout ceci est sujet à l'interprétation de chaque auteur. Sur la forme de cette interprétation qui est la tienne, je n'ai rien à redire *hmm*

La suite ! Les surprises ! XD
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Kayalias
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu   Mer 3 Fév 2016 - 13:15

Un peu de patience, mes amis. La suite arrive... tout de suite !






***







— Nous avons réussi, Prince Malékith, nous avons réussi ! exulta Tazdief.

Les petits yeux sombres du démon luisaient d'une joie perfide. Son bec fuyant caquetait en tous sens, tandis que les moignons de son dos frétillaient sans retenue. Sa gaieté fut telle, qu'emporté par l'élan, le démon se risqua à une accolade. Malékith sentit une patte griffue saisir son bras. L'étreinte pareille à une légère secousse provoqua en lui une réaction étonnamment tempérée. D'un geste désinvolte, sans agressivité, le Roi Sorcier écarta son acolyte restant de marbre. Les traits tirés, l'air vague, l'elfe admirait l'artifice qui s'imposait à sa vue. Pour la première fois depuis son évasion du temple, il laissa ses pensées voguer calmement vers le couchant. Tandis qu'habituellement, un soleil en chassait l'autre, les astres semblaient cette fois se repousser mutuellement, selon une courbure plongeante. Les rayons mourants se reflétaient sur les colonnes brisées du temple et les jeux d'ombre modifiaient sans cesse la coloration des pierres. Le gris, le beige et l'ocre se confondaient, trompaient l'oeil et conféraient aux ruines une atmosphère mystique. Au loin, les montagnes vierges se dressaient fièrement, face au crépuscule. Une brise courut dans vallée. Sa fraîcheur vespérale balaya le visage humide de l'elfe. Quelques gouttes de sueur perlaient encore sur son front, lui rappelant la brutalité du combat qu'il venait de livrer. Il ne prêtait aucune attention à Tazdief, mais visualisait le champ de bataille, retraçait sans cesse le fil de ses actions, y cherchant des pistes, des alternatives qui n'auraient pas conduit à une telle débâcle. Un cri particulièrement aigu troubla l'elfe dans ses réflexions.

— Qu'est-ce là ? s'enquit le Roi Sorcier,.
— Il s'agit probablement d'un hurleur blessé qui rôde dans les parages, rétorqua le démon, visiblement sur ses gardes.

Une plainte retentit à nouveau dans la nuit.

— Les cris de cette créature risquent d'attirer à nous d'autres charognards, ajouta le Prince, méfiant.
— Voilà une juste raison de nous hâter et gagner la sécurité du palais.
— Le hurleur pourrait être celui que nous avons laissé dans les ruines, peu avant notre voyage astral.
— Cela est impossible, ce sont les enchantements qui nous lient à nos montures et non ce que vous autres mortels faibles appelez fidélité.
— Je n'en doute pas, démon. Même blessé, ce hurleur pourrait nous être utile. Depuis notre position, la flèche du temple est invisible. Nous marcherions des semaines durant, nous exposant aux dangers du sol que l'obscurité nous voile. Dans les airs, notre progression serait rapide et la nuit nous dissimulerait aux regards.
— Dompter un hurleur n'est pas chose aisée, jeune Prince. A plus forte raison lorsque la bête est blessée. Un faux mouvements et son dard pourrait vous transpercer. Quel gâchis d'avoir survécu jusque ici pour mourir de la sorte.
— Nous verrons cela, démon, conclut Malékith.

L'assurance de l'elfe le conduisit au cœur des ruines. Il se repéra au son des plaintes et se déplaça furtivement, de colonnes en colonnes. Les cris du hurleur se firent plus durs et plus traînants, jusqu'à ce que le Prince découvre d'importantes traînées de sang mauve au sol. Le hurlement qui suivit cette découverte fut si strident que Malékith dut se couvrir les tympans. Dos à un muret presque totalement effondré, le Prince vit le mouvement circulaire d'une queue dardée qui fouettait l'air. Il inspira longuement, adressa un signe à son acolyte, puis abandonna la sécurité précaire de sa cachette. Aussitôt alerté, le hurleur se retourna brusquement et chargea l'elfe. Ce dernier anticipa d'un bond et se replia plusieurs mètres en aval, jusqu'à se trouver complètement hors de portée. La bête rugit de défi et Malékith put juger l'étendue de ses blessures. Tout le corps du hurleur était lacéré d'entailles et une plaie béante à hauteur de l'abdomen saignait abondamment. Au sol, les carcasses difformes de plusieurs démons témoignaient du combat qui avait eu lieu, entre eux et la bête. L'elfe se tint toujours à distance et remarqua un détail significatif.

— Cette entreprise n'est qu'une folie de plus, annonça le démon d'un ton péremptoire.
— Tazdief, le courage te fuirait ?
— Pour sur non, reconnut le démon. Je me souviens des écailles de la monture et des motifs qui ornent sa scelle.
— Ce hurleur est resté dans les ruines, guettant patiemment ses maîtres. Il s'est battu jusqu'à notre retour. Me rappellerais-tu tes présomptions concernant la fidélité des gens de ton espèce ? s'amusa le Prince.

Les derniers signes de gaieté s'effacèrent du visage de Tazdief et il maudit l'elfe en silence.

— Ne voyez-vous donc pas que la bête est condamnée ? Allons-nous en, maintenant, avant que d'autres créatures nous assaillent !

Malékith n'eut cure des recommandations de son acolyte. Il marcha à la rencontre du hurleur, lentement, avec beaucoup de précautions. Il tenta d'apaiser la bête en lui montrant la paume de sa main nue. Il la tendit et la maintint droite dans les airs, avant de la rabattre doucement au sol, comme pour prévenir que ses intentions n'étaient pas belliqueuses. Pas après pas, l'elfe se rapprocha du hurleur. Celui-ci tempêta furieusement et cracha un mélange de sang et de venin. A un instant, il fit mine de charger l'elfe, mais interrompit prématurément son mouvement, après seulement quelques mètres

— Ainsi la monture reconnaît son maître ? ironisa Tazdief à son tour.

La bête fut parcourue de soubresauts terribles. Elle traîna ses ailes dans la poussière et expira difficilement. L'air sifflait fort hors de ses bronches et bientôt, tout son corps s'affaissa. Ses yeux en forme de jades devinrent vitreux et seul son dard s'agitait encore, à la manière d'un pendule au rythme dégressif. Malékith profita de cet instant pour combler la distance qui le séparait du hurleur. Par précaution, il immobilisa son dard d'une main, puis posa l'autre sur son cou trapu, sous les yeux méfiants de Tazdief. La monture blessée flaira la main qui le caressait et sembla enfin la reconnaître. Sa nuque s'abandonna lentement entre les bras de l'elfe qui fut presque emporté par le poids de la bête. Malékith voulut alors recouvrir la principale blessure de sa main, mais le hurleur referma les ailes autour de son flanc. L'elfe insista et se glissa délicatement à hauteur de la plaie. Là, les écailles avaient éclaté et la chair était à vif. Les yeux du hurleur à demi-clos se laissèrent lentement glisser vers l'éther. Malékith prit le risque de relâcher son étreinte autour du dard, avant d'entrer en méditation profonde. Il réunit l'étendue de son pouvoir et demeura silencieux. Des vagues d'énergie imperceptibles circulaient de son corps jusqu'à celui de la bête. Le transfert dura un long moment, jusqu'à ce que le hurleur s'endorme et que Malékith eut a son tour besoin de repos.

— Arme toi de patience Tazdief, dit-il. Nous ne repartirons que lorsque notre monture sera apte à nous supporter.

Tanis que le démon montait la garde, Malékith réitéra ses soins plusieurs fois et nourrit la bête à partir du cadavre des démons qu'elle avait éliminés. Le hurleur se rétablit promptement et après seulement quelques jours, les tissus de sa plaie semblaient s'être déjà cicatrisés. Tazdief se méfiait du zèle de son acolyte. L'elfe et le démon échangeaient encore moins que d'habitude. Sans certitude, Tazdief le soupçonnait de ne pas agir exclusivement dans leur intérêt, mais d'entretenir un lien d'attachement futile avec l'animal. Le démon s'agaçait de ce contretemps, mais la joie de se savoir bientôt en possession de son essence effaçait sa rancoeur. Une seconde chance s'offrirait bientôt à lui, comme peu d'élus y avaient eu droit. Il la saisirait, la magnifierait et punirait le Prince pour sa condescendance le moment venu.

Le jour ne succédait plus à la nuit, depuis que les astres solaires s'étaient simultanément effacés du ciel. Malékith s'en moquait, tandis Tazdief y voyait un signe. Lorsque le hurleur fut parfaitement rétabli, revigoré par la magie du Roi Sorcier, les deux acolytes chevauchèrent vers le nord. L'elfe et le démon abandonnèrent les ruines et leur mystère. Tous deux survolèrent des montagnes majestueuses, depuis lesquels s'affrontaient des hordes rivales. Ils longèrent des lacs aux eaux troubles et des geysers d'acide. A quelques endroits, la terre paraissait vivante, se fissurait et se réassemblait, emportant avec elle les malheureux qui ne furent pas assez rapides. D'épais nuages galopaient dans les airs et après de longues heures de vol, les flèches du temple apparurent sous le firmament. Les immenses tours projetaient des torrents de flammes multicolores qui guidaient les visiteurs et repoussaient les envahisseurs. Les murs extérieurs aux lignes pures témoignaient du fait qu'aucun mortel n'eut pu bâtir un tel édifice. Sa porte principale était masquée par un labyrinthe de ronces et de végétaux mortellement enchevêtrés.

Malékith ordonna au hurleur de plonger dans l'instant. L'atterrissage se fit en bordure extérieure du labyrinthe. Il fut souple et parfaitement maîtrisé. Après que Malékith et Tazdief eurent mis pied à terre, l'elfe retira la scelle du hurleur, ausculta discrètement la cicatrice, puis lui caressa affectueusement le flanc. La bête grogna de contentement, mais ne comprit pas pourquoi son maître s'éloignait d'elle. Le hurleur suivit Malékith sur quelques mètres. Tazdief s'impatientait, mais l'elfe sourit. Il orienta la main vers sa monture et libéra quelques feux follets, suffisants pour que la monture prenne son envol, à quelques mètres seulement au dessus du sol. La bête grogna d'incompréhension. Elle s'approcha encore, mais à chacune de ses tentatives, Malékith l'effrayait d'avantage, avec d'autres jeux de lumière tourbillonnants. L'opération fut répétée et le hurleur prit chaque fois un peu plus de distance. Il poussa un dernier cri d'abandon, avant que le Roi Sorcier ne lui lance une kyrielle de sorts inoffensifs qui le poussèrent à fuir.

— L'heure est venue, déclara résolument le Prince.
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Naïr Le Tisseur de nuages
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu   Mer 3 Fév 2016 - 17:43

Je suppose que Tazdief n'est pas le seul à vouloir une seconde chance.
Et dans le domaine du Changement, rien d'étonnant à ce que les personnages eux-mêmes commencent à changer de manière inattendue. Certains disent même que le Grand Corrupteur serait également un dieu de l'espoir, aussi impensable que cela puisse paraitre.

Ta suite ressemble trop à une transition... Il en faut, mais cela mériterait la suite de la suite dans les plus brefs délais *:p*
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Kayalias
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu   Mer 10 Fév 2016 - 15:24

Citation :
Et dans le domaine du Changement, rien d'étonnant à ce que les personnages eux-mêmes commencent à changer de manière inattendue. Certains disent même que le Grand Corrupteur serait également un dieu de l'espoir

Tout est dit, merci de l'avoir fait remarquer. Dans cette partie, je voulais suggérer une influence plus "diffuse" et plus indirecte du grand architecte. Mais attention, tous les "changements" de Malékith ne sont pas uniquement dus à cette influence. Chacun se fera son opinion en lisant. La suite arrive, la fin s'approche !







***







Le démon ouvrit la marche, sous les grandes voûtes végétales. Il savait exactement quelle voie emprunter et quelle autre fuir. Les épines et les ronces tortueuses s'écartaient naturellement au passage des deux acolytes. Malékith n'oublia pas pour autant les dangers de sa précédente visite. Il maintint une main sur le pommeau de sa lame et un œil fixe sur Tazdief. La traversée se poursuivit sans encombre, jusqu'à ce que les branches arc-boutées ne révèlent un portail flamboyant. L'émerveillement gagna l'esprit de l'elfe et il n'accorda pas d'attention à une liane qui serpentait à ses pieds. Elle rampa en silence et s'entortilla à la jambe du Prince, le faisant chuter au sol. Malékith fut traîné dans la poussière et tenta de se débattre, mais la liane resserrait sa prise, cherchant à l'emporter au cœur du labyrinthe. Devant l'inertie de Tazdief, l'elfe n'eut d'autre choix que de lever sa garde et l'abattre à deux reprises. Il sectionna le tentacule végétal, avant de s'extirper du bosquet. Aussi, adressa-t-il un regard mauvais à son acolyte.

— Ne m'avais-tu pas garanti que je ne courrai aucun risque en t'emboîtant le pas, démon ? siffla-t-il.
— Patience, jeune Prince, nous sommes presque de l'autre côté. Êtes-vous toujours en possession des fragments ?

Malékith palpa sa bourse, en signe d'acquiescement.

— Bien, répondit Tazdief avec douceur. Remettez-les moi et je nous ferai pénétrer au sein du temple, comme convenu.
— Pas si vite ! rétorqua Malékith, refermant la bourse contre sa taille. Quel étrange stratagème, démon, que d'ajouter à notre accord, une condition qui n'y était pas exigée.

Le bec de Tazdief se tordit en rictus hideux.

— N'est-ce pas là votre objectif, prince Malékith : vous infiltrer dans le temple et regagner votre monde ? ajouta le démon, d'une voix sirupeuse.

L'elfe sourit à son tour, plein d'ironie.

— Certes, Tazdief, mon ami. Néanmoins, la générosité dont tu fais preuve semble trahir ton empressement. J'aimerais à mon tour modifier les termes de notre accord. Ainsi, sache que je ne te remettrai les fragments qu'une fois à l'intérieur, en gage d'appointement.
— Ne soyez pas absurde, jeune Prince ! Sans mon essence, je ne disposerai pas des facultés nécessaires pour libérer les énergies du portail, poursuivit le démon.

Malékith perdit son calme et se jeta sur Tazdief, l'empoignant violemment par le cou.

— Misérable, tu aurais souhaité que le labyrinthe m'emporte, avoue-le ? Mais je suis toujours en vie !

Le démon poussa un cri inarticulé.

— Oui, menacez moi, perdons donc du temps et si les gardes nous trouvent, soyez-sur que ni vous ni moi ne sortirons vainqueur de ce litige ! s'étrangla Tazdief.

A cet instant, un bruissement se fit entendre au cœur du labyrinthe. Un frisson glacé courut entre les épaules du démon, car il reconnut la scène de sa première vision.

— J'ai suffisamment donné de ma personne, rugit le Prince. Tu n'as pas la moindre idée des sacrifices que j'ai réalisés pour conquérir ces fragments, tes fragments. Nous ne ferons face qu'à de simples visions disais-tu ? Mensonges. Ce que nous avons vécu dépassait de très loin la simple prédiction. Je n'ai aucune confiance en toi. Tu vas m'ouvrir cette porte maintenant, démon !

Malékith saisit son épée avec détermination, quand une voix féminine au timbre connu l'interpella de derrière les taillis.

— Il lui sera impossible d'ouvrir le portail, annonça-t-elle.
— Mère ? observa le Prince, stupéfait.

La silhouette blême de Dame Morathi vacillait au gré des vents de magie, semblait si fragile cernée d'immenses haies. Le labyrinthe l'engloutissait de toute sa monstruosité, prolongeait ses griffes en direction de son corps dématérialisé, sans jamais pouvoir le saisir. Les sourcils longs et lisses de la matriarche suprême se plissèrent, l'air grave. Tazdief profita de cette intervention pour dénouer l'étreinte du Roi Sorcier. Il manqua de s'affaler au sol et inspira bruyamment.

— Je n'ai que peu de temps, Malékith. Le renégat avec lequel tu traites se joue de toi. Seuls les êtres privilégiés, pourvus d'une essence supérieure peuvent pénétrer au sein du palais, ajouta Dame Morathi.
— Dans ce cas, le choix sera rapide ! trancha le Prince aux accents menaçants.
— J'ai cherché à te préserver tant que je l'ai pu, mais je ne peux te cacher la vérité plus longtemps : ce que tu t'apprêtes à commettre aura de sinistres répercussions.
— Je n'ai que faire des conséquences, mère ! Vois sur mon visage les stigmates de notre prétendu protecteur ! Imagines-tu seulement les souffrances qui torturent mon existence, peuplent mes songes de cauchemars et broient chaque jour un peu plus l'idéal de vertu auquel je fus promis ? Père lui-même ne m'a pas reconnu.
— Que dis tu-là, Malékith ?

La mère considéra longuement son fils, jugeant de sa démence. Le Prince ignora volontairement son apostrophe.

— Vous ne sauriez me dissuader, mère. Puisque le destin me retient, je briserai ses chaînes de mes propres mains, conclut-il.

Une tendresse inhabituelle s'imprima sur le visage de la matriarche. Ses traits durs s'assouplirent en même temps qu'elle voulut caresser la joue meurtrie de son enfant. Le cœur lourd, Malékith tendit aussitôt la paume de sa main en direction de sa mère. Celle-ci protesta, lutta férocement pour maintenir sa présence dans le plan, mais inexorablement, la maîtrise lui échappait. Le Roi Sorcier n'entendit pas ses suppliques et le sortilège gagna en intensité, renforcé par les flux ascendants du Royaume. Après quelques secondes de doute, l'elfe dissipa entièrement le reflet de sa mère. La lumière de son visage fut dispersée dans les méandres du labyrinthe. Tazdief pressentit la menace qui planait et chercha à fuir aussi vite qu'il le put, empruntant l'un des sentiers de traverse dont lui seul avait connaissance. Malékith fut plus prompt et le saisit par le bras, avant de le gifler violemment. Tazdief s'écrasa lourdement au sol, avant que le Roi Sorcier ne le batte du plat de sa lame.

— Où comptais-tu fuir, pleutre ? questionna l'elfe, débordant de rage. Lève toi !

Le démon obéit. La haine et la souffrance déformaient son visage, déjà hideux. Il projeta une sphère enflammée en direction de l'elfe qui n'eut aucun mal à l'écarter. A nouveau Malékith le cogna du plat de sa lame. Le démon chétif poussa un cri de douleur quand son épaule se brisa.

— Imaginais-tu que j'allais te livrer l'essence avant d'être entré dans le palais ? Pensais-tu réellement pouvoir me tromper ? Oh, tu n'as pas idée des efforts qu'il m'a fallu consentir pour supporter ton ignoble compagnie. J'ai rêvé cet instant, guettant patiemment la certitude de ton inutilité.

Sur ces mots, l'elfe projeta son pied en direction du visage de son ancien acolyte, dont le bec se brisa en deux. Un sang visqueux dégoulina le long de son visage méconnaissable.

— Cet instant est enfin arrivé. Mère n'a fait que le confirmer. Tu vas pouvoir recevoir le châtiment que tu mérites. Mais avant de me débarrasser de ton corps, je m'emparerai de l'essence. Elle m'appartient désormais !

La raison semblait avoir déserté l'esprit du Prince. Il proférait des injures et la vengeance seule semblait lui importer. Il saisit à nouveau Tazdief à la gorge, sans que celui-ci n'oppose de résistance. Ses os brisés, son orgueil blessée, il rassembla ses dernières ressources.

— Sois maudit ! dit-il au Prince, d'un souffle de mépris.

Le Roi Sorcier marqua une pause, contempla les yeux du démon, rougis de haine.

— Maudit ? Je l'étais bien avant notre rencontre, rétorqua Malékith, avant d'enfoncer froidement sa lame dans le corps du démon.

La douleur fut si vive que Tazdief se raidit, avant de vomir un flot de sang grumeleux. Son haleine était fétide et Malékith lutta pour contenir son dégoût. Le démon convulsa alors. Le Prince interposa son pied contre la cage thoracique de sa victime, pour en mieux retirer l'épée. Tazdief bascula en arrière, mort. Malékith n'en éprouva aucun émotion. Il s'approcha de son cadavre et fouilla dans un tas puant de viscères et de plumes crasseuses, afin de dérober l'ultime fragment. Il ouvrit ensuite sa bourse et libéra les autres. Les fragments d'essence, pareils à de petite globes translucides tournoyèrent dans les airs quelques instants, avant de fusionner en une sphère plus massive. L'elfe l'observa curieusement, sembla hésiter plusieurs minutes, tandis que les lianes du labyrinthe se nourrissaient déjà des restes de Tazdief. L'elfe observa à nouveau le portail du palais, dont les flammes pourléchaient l'embrasure. D'un geste décidé, il cueillit l'essence dans sa paume et fut instantanément gagné par la sérénité. La sphère s'écrasa sur elle-même, glissa sur son bras, son torse, puis ses jambes. Malékith sentit l'onde fraîche remonter le long de sa nuque. Il ne lutta pas, se laissa lentement submergé par une puissance torrentielle. Les brûlures de son corps s'apaisèrent et ses muscles lui semblèrent plus vigoureux que jamais. Gorgé de magie noire, le Roi Sorcier eut une certitude. Il plongea ses mains dans le brasier et n'en ressentit aucune souffrance. Les flammes ne le dévorèrent pas, si bien que le portail reconnut là, un serviteur du Grand Architecte. Sans un bruit, les portes embrasées s'ouvrirent sur la splendeur du palais.
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Naïr Le Tisseur de nuages
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu   Dim 21 Fév 2016 - 13:09

Ces chutes à répétition en deviennent frustrantes *:p*

La suite, par tous les dieux du panthéon asur !
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Kayalias
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu   Ven 26 Fév 2016 - 15:56

Désolé pour le retard, voici la suite, prochain post = fin du récit !









***







Une lumière intense jaillit hors de la grande salle, aveugla Malékith de ses rayons, avant que les ombres du labyrinthe l'absorbe. Quelques instants plus tard, les pupilles de l'elfe se furent suffisamment rétrécies pour lui permettre d'admirer les merveilles qui se présentaient à lui. Des nefs immenses, visibles depuis l'extérieur surmontaient des murs blancs immaculés. De nombreuses glyphes lumineuses et des symboles oniriques peuplaient les façades. Certains représentaient une demi-lune, sertie de rubis, en passe d'être dévorée par un reptile. Plusieurs gravures naissaient çà et là, fracturaient la roche, déployant fièrement leurs ailes d'or par dessus le marbre. Au dessus du sol, régnait une cacophonie inégalée. Des bibliothèques mouvantes éparpillaient leurs ouvrages, saisis au vol par quelques sorciers empressés, qui survolaient habilement le hall depuis leur disque flottant. Dans les airs, les arcanistes dépravés faisaient loi, croisant diablotins et feux-follets dans leur sillon. Les créatures multicéphales ne s'échangeaient que peu de mots. Des chaînes antiques pendaient à leurs poignets, tandis qu'ils traînaient derrière eux les reliques impies de leurs maîtres. Aucun ne semblait remarquer la présence de l'elfe, jusqu'au moment où un démon planant à basse altitude le bouscula dans sa course. L'oeil mauvais, les deux protagonistes se jaugèrent et à la grande stupeur de Malékith, le démon ne sonna pas l'alerte. Les traits elfiques du Prince avaient certainement du l'intriguer, mais l'essence qu'il portait avait tôt fait de dissiper ses soupçons. L'obédience importait d'avantage que la race. Élégamment, le démon salua le Roi Sorcier, puis reprit calmement sa route.

Malékith s'avança prudemment sur la voie, cherchant à esquiver les créatures qui surgissaient de toutes parts. Plusieurs démons le couvrirent d'injures et il comprit rapidement que circuler à pied ne serait pas chose aisée, tant le flux de voyageurs semblait dense. Pire encore serait la sentence s'il venait à être démasqué. Jugeant préférable de ne pas attirer l'attention, l'elfe s'écarta provisoirement de l'allée centrale et vint s'adosser à un pylône cracheur de feu. En levant les yeux au ciel, il aperçut le belvédère vertigineux, depuis lequel s'affrontaient des sorciers expérimentés. Les cris rageurs des duellistes s'accordaient à la violence des sortilèges pyrotechniques qu'ils projetaient. Les vents de magie se déchaînaient, claquaient dans l'air et broyaient magistralement le corps des adversaires suffisamment intrépides pour s'opposer à eux. Une tempête d'énergie se forma autour des sorciers damnés. Leur corps malingre trembla tandis que les énergies corrompues parcouraient leur chair déformée, par vagues entières. Malékith connaissait bien le sort de ces démons pour les avoir affrontés dans le passé. A l'instar de nombreux mortels faibles, ils n'avaient pas hésité à céder leur âme au forces de la ruine, ne serais-ce que pour goûter à l'élixir de puissance. Mais les dieux sombres étaient capricieux. Loin d'accorder aisément une parcelle de leur pouvoir, il bénissaient un jour pour punir le lendemain. Le privilège éphémère que détenaient les sorciers ne ne tarderait pas à les consumer. Manipulé par leur maître, les serviteurs redécouvriraient en enfer la contingence de leur existence. Fort de ces considérations, une voix prit soudainement le Prince à partie.

— Excusez-moi, très cher, mon Maître désirerait un portrait de vous, s'enquit un démon au profil grossier de rapace.

De courte taille, le peintre peinait à se mouvoir. Chaque pas tremblant lui arrachait un grognement de souffrance tandis qu'une toux sèche obstruait ses bronches. Les muscles frêles, presque rachitiques du démon soutenaient à peine ses deux ailes de longueur inégales, au plumage terne, couvert de kystes, dont le poids lui courbait l'échine. Son bec fracturé en de multiples entailles suintait de pus. Vêtu d'un simple pagne crasseux en guise de robe, le peintre planta fixement son regard dans celui de l'elfe. Ses yeux étaient pâles, vitreux, et coulants. Désarçonné par l'apparence misérable du démon et le caractère incongru de sa requête, Malékith balbutia une succession de mots inintelligibles, avant de se ressaisir.

— Pardonnez moi, mon brave, mais je n'ai point le temps de satisfaire votre requête, rétorqua-t-il dignement.

Malaisé, l'elfe tourna le dos à son interlocuteur. Le démon resta pourtant statique, en position étrange, comme s'il s'attendait à un revirement de volonté. Malékith estima qu'il lui faudrait accréditer ses propos au plus vite, sans quoi son comportement paraîtrait suspect. Il s'avança à nouveau vers l'allée centrale, sans savoir véritablement que faire. Il scruta attentivement le flux de démons. C'est alors qu'il les aperçut au loin. Plusieurs disques vaquant flottaient, indolents, noyés dans la masse de voyageurs. Il patienta, puis ferma les yeux, bloqua sa respiration et prit son envol à leur passage. L'essence démoniaque accrut ses sensations et le bond effectué le conduisit idéalement à sa cible. Le disque suspendu dans les airs crachait des traînées bleutées dans son sillage. Cet assemblage hybride semblait doté d'une volonté propre. De l'acier tranchant couvrait ses extrémités en forme de dard et une peau rugueuse tapissait son centre. Les bottes du Prince adhéraient parfaitement à cette texture animale et bien qu'il ne sut aucunement manoeuvrer sa monture, Malékith se laissa porter, sous le regard indifférent du peintre.

L'elfe erra longuement dans le dédale du palais, consacrant du temps à dompter son coursier de fortune. A force de tentatives répétées, il parvint à orienter le disque en fonction de l'inclinaison de son corps. Dès lors qu'il se fut d'avantage familiarisé au vol, le Roi Sorcier gagna en vitesse. Les contours flous de silhouettes hideuses défilaient, tandis qu'il les dépassait à la chaîne. Souhaitant s'extraire de la foule démoniaque qui l'entourait, il commanda au disque de prendre de altitude. Pour la première fois depuis son périple, une sensation grisante de liberté l'envahit. Lui, simple mortel, avait pénétré par ses propres moyens dans l'antre des démons et maintenant, il circulait librement parmi eux. Cette transgression nourrissait en lui ses espoirs les plus fous. Le trône, son obsession de toujours, ne cessait de le hanter. Dès son retour, il communiquerait ses ordres aux plus puissantes thaumaturges de Naggaroth. Revigoré par le pouvoir de l'essence, ils conjugueraient leurs efforts et les démons auxquels se mêlaient actuellement le Roi Sorcier ne tarderaient pas à tomber sous son joug. Il s'imaginait commander aux hordes immortelles marchant sur Ulthuan et entendait déjà sa voix résonner des pics de Caledor jusqu'aux forêts profondes de Chrace. Partout sa volonté serait faîte et peut-être pourrait-il enfin restaurer la province engloutie de Naggarythe, le joyau de son Royaume.

L'ambition brûlait dans le cœur du Prince. Éloigné des préoccupations immédiates, il tarda à réagir, tandis que sa monture s'élevait toujours plus haut, au dessus de la foule. Tout en souplesse, Malékith bascula légèrement en amont, mais le disque n'obliqua pas. Il réitéra l'expérience, sans effet. Son coeur s'accéléra à mesure que les voûtes du palais se rapprochaient. Il s'inclina encore et à nouveau le coursier enfreignit l'ordre. Le danger imminent poussa l'elfe à s'extraire hors du disque, espérant que les vents de magie amortiraient sa chute. Ses chausses pourtant aériennes s'alourdirent, pesèrent plus lourd que le plomb. Une force surnaturelle les maintenait, rivées au socle du disque. Peu avant l'impact, la monture dévia sa trajectoire, plongeant brusquement dans le vide à une allure considérable. Le vent se mua en bourdonnement incessant et les viscères de l'elfe se contractèrent. Rapidement, Malékith cessa de se débattre, jugeant préférable de se cramponner aussi solidement qu'il le put, à l'appendice le plus proche. Le disque pressentit l'apaisement de son hôte, décéléra de lui-même et emprunta une voie perpendiculaire à l'allée centrale, nettement moins fréquentée. Il bifurqua sous un pont mouvant, au diamètre évolutif. En contrebas, le Roi Sorcier découvrit des milliers de cristaux sanguins entassés. L'amas de pierres précieuses se consuma instantanément à leur passage, découvrant au sol un anneau nimbé de flammes. Le disque et son cavalier le traversèrent, flottant silencieusement dans l'éther.

Lentement, le Prince récupérait la maîtrise de son corps. Ses jambes se délièrent du maléfice et bientôt, ses pieds purent fouler le sol, soulevant une nappe de cendre qui se diffusa dans toute la pièce. La poussière se densifia, devint brume, tandis que le disque s'élevait dans les airs, regagnant le portail par lequel il avait transporté son hôte.

— L'amour est ton héritage, susurra une voix féminine.

Il n'en fallut pas plus pour que Malékith brandisse sa lame. La faible lueur de l'acier enchanté perçait difficilement la brume. A pas de loups, l'elfe se décida à explorer son environnement.

— La trahison est ton héritage, nuança la même voix, dont l'écho se répercuta dans le silence.

Le son semblait courir de toutes les directions à la fois et en pivotant sur lui-même, le Roi Sorcier renversa ce qu'il lui semblait être une figurine constituée de sable. Quelques rires lointains retentirent peu après cette maladresse. A ses pieds, Malékith aperçut au sol des traces de pas. En y superposant ses chausses, il s'aperçut que les empruntes épousaient les siennes à la perfection. Celles-ci provenaient toutefois d'une direction qu'il jura n'avoir jamais empruntée. Sur ses gardes, l'elfe choisit de remonter la piste.

— Oui, suis-moi mon amour...

Malékith accéléra le pas, nonobstant ses avertissements intérieurs qui le pressaient de rebrousser chemin. Il longea les empruntes sur quelques dizaines de mètres, avant de rencontrer une structure solide, probablement boisée et recouverte d'un épais manteau de poussière. Il l'examina quelques instants, avant de l'épousseter à l'aide de son veston. Le symbole qu'il dévoila ne prêtait à aucune confusion. Les deux croissants de lune dos à dos, caractéristiques du grand hermaphrodite se révélèrent nettement. Le Prince s'interrogea longuement sur la place que ce symbole pouvait tenir au sein d'un temple qui ne lui était pas dédié.

Il ne trouva que peu d'éclaircissement à ses interrogations. En palpant le symbole maudit, l'elfe libéra une onde qui dissipa la brume ambiante. Le banquet des milles plaisirs se livra ainsi à sa vue. Les fontaines enchantées ne déversaient plus ni de miel, ni de vin. Les lustres n'émettaient plus qu'une lumière pâle, morbide, si loin des feux puissants qui brûlèrent nuit et jour. Ne régnait en maître que le silence, car les convives d'autrefois s'étaient tus. La cendre avait embaumé leur chair et interrompu leur activité. Certains festoyaient, ou se livraient à la luxure quand le sortilège les avait frappés. Tous demeuraient immobiles, muets, figés, dans un pastiche de grandeur. La taille des courtisans semblait avoir quelque peu évolué. Certains paraissaient minuscules, d'autres démesurés. De la figurine qu'avait renversé l'elfe, ne gisait plus qu'un tas de poussière, imbibé d'un liquide vermillon. En silence, Malékith longea le banquet. A son extrémité, la silhouette monstrueuse de Dame Sharaz se détacha du reste des convives. Grotesques, ses membres jadis sensuels pendaient mollement, le long de son flanc. Sa pléthore de talismans chatoyants ne luisaient plus. Seul un éternel sourire se dessinait sur son visage terni.

— N'aie crainte, mon cœur bat toujours pour toi, lui murmura une voix derrière l'autel.

Le Prince haletant contourna la maîtresse du banquet et son trône. Une draperie fine et bleutée masquait une entrée dérobée. Des chandelles dansaient de l'autre côté du voile, tandis que les ombres obscurcissaient les murs. Quand Malékith se retourna, la statut de Sharaz s'était retourné sans qu'il ne s'en aperçoive. Elle lui souriait encore. Le Prince leva le voile et plongea au milieu d'une pièce neutre, dont l'unique ornement se concentrait sur la porte aux proportions titanesques. Des feuilles d'or recouvraient la surface de chaque battant, tandis que les gemmes qui y étaient incrustées changeaient sans cesse de nuance. La porte émettait des impulsions à la fois fortes et régulières qui exercèrent sur lui, un attrait irrésistible. Le Roi Sorcier y tendit une oreille avide et demeura de longues minutes devant cette porte, captivé. Il lui sembla que le cœur du monde battait à l'intérieur de cette antichambre, au même rythme que le sien. Des désirs contradictoires se mêlaient dans son esprit. L'orgueil et la tentation étaient immense, mais il n'osait se risquer à entrebâiller la porte. Insensiblement, les pulsations s'adoucirent. Elles perdirent en intensité jusqu'à devenir ténues, presque imperceptibles. Quand le dernier battement audible fut ouït, Malékith se tordit de douleur, terrassé par un mal qui lui comprimait la poitrine. A quelques mètres de là, une poterne se déverrouilla. La souffrance encore vivace arracha au Prince une grimace. Celui-ci, se hissa sur ses jambes avec difficulté. Il maintenait une main vacante sur sa poitrine. Au dessus de la poterne, flottaient une cascade de glyphes occultes. L'inscription Tzeentchite énonçait en lettres d'or :

Aux élus du grand Architecte, le destin promis.

Malékith pénétra dans la pièce, découvrant un long corridor, à l'éclairage tamisé. Les murs ornés de centaines de tableaux aux dimensions toutes identiques conférait au lieu une ambiance feutrée particulière, presque divine. Les portraits représentaient avec soin divers démons à l'apparence hétéroclite. Certains empruntaient une allure humanoïde, revêtaient une armure finement ciselée, dépourvue de heaume. D'autres démons aux pattes velues et aux ailes majestueuses arboraient un troisième oeil. A l'arrivée de Malékith, les portraits s'animèrent. Quelques démons éveillés le saluèrent bien bas, tandis que les plus téméraires brandirent leurs sceptres dans sa direction. L'elfe longea la galerie d'un pas mesuré. Sur son passage, des démons moqueurs lui présentèrent leur plus beau plumage. Au milieu de tant d'autres, le Roi Sorcier reconnut son ancien acolyte. Tazdief croisait les bras, le scrutait fixement de ses yeux rougis, caquetant de mépris. Aux yeux du Prince, la carrure du démon parut plus musculeuse et son port plus noble, comme si son portrait avait été réalisé au pic de sa gloire, bien avant sa disgrâce.

L'elfe poursuivit son incursion, sans considération pour celui qu'il avait froidement assassiné. D'autres démons au visage creusé croisèrent sa route. Ils lui murmurèrent des promesses de richesse et d'immortalité, complotèrent, cherchant à l'employer pour renverser leurs rivaux. Pendant que les démons s'adonnaient à la surenchère, Malékith se tint comme paralysé à la vue d'un portrait. Une jeune femme au visage pur et à la beauté extrême le contemplait passionnément. Ses yeux noisettes l'emprisonnèrent au souvenir des nuits de plaisirs à l'excès et de vices défendus. Il reconnut y reconnut l'unique, son aimée. Le changement avait légèrement déformé son corps gracile. Ses hanches étaient plus prononcées et le fin voile mauve qu'elle portait ne masquait aucunement l'arrondi de son ventre, duquel pointait le nombril. Au bord des larmes, il souhaita caresser Alyndra, palper la vie en elle, mais ses mains tremblantes se heurtèrent à la toile granuleuse. Contenant difficilement son chagrin, Malékith ne vit pas l'ombre qui croissait au cœur du clair-obscur, pas plus qu'il ne vit le sourire d'Alyndra se tordre en rictus. Les ténèbres noyèrent bientôt la toile et s'assemblèrent en une masse sombre, aux contours indistincts. La silhouette obscure progressait, empruntant une démarche volontairement chaloupée. Inéluctablement, ses traits androgynes se dessinèrent à n'en plus douter.

« Impossible ! », s'exclama le Prince, lorsqu'il reconnut Dame Sharaz.

La Gardienne du Temple glissa ses mains couvertes de bagues et de talismans sur les épaules nues de la prêtresse, avant de les laisser glisser mollement sur la courbure de son abdomen. Alyndra rayonnait. Dame Sharaz quant à elle souriait, comme toujours.

— Cela ne se peut..., reprit l'elfe à demi-mots.

Il nia encore et encore, jusqu'à ce que les prédictions de Caledor ne s'imposent définitivement à lui.

Mais un jour, le fils premier né d'une famille noble s'élèvera d'entre les siens et l'enfant apprendra les sombres secrets de la Magie Noire et commandera une armée de créatures des enfers. C'est ainsi que le Roi Noir tombera, terrassé non par une lame ni par une flèche, mais par les sombres pouvoirs de la magie la plus noire, et son corps se consumera dans l'enfer pour l'éternité.
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Naïr Le Tisseur de nuages
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu   Dim 6 Mar 2016 - 16:12

Quelque soit l'issue de cet atroce périple, je suis impatient de le découvrir, et "impatient" est un faible mot.
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Kayalias
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu   Lun 14 Mar 2016 - 4:56

Voici la toute fin du récit, épilogue compris. Il n'y aura plus de suite, c'est la dernière séance comme dirait Eddy Mitchel. J'espère que vous aurez pris autant de plaisir à lire ce récit que j'en ai pris pour l'écrire. J'attends vos retour avec impatience!










***









Pour le Prince, la prophétie se confirmait et concrétisait ses pires craintes. Horrifié, il fit deux pas en arrière. Il tituba alors et entraîna dans sa chute plusieurs portraits. Le silence se changea en vacarme et la galerie devint infernal. Les démons pestèrent, caquetèrent de rage, cherchant à déchirer la toile qui les emprisonnait. Les démons hurlaient à en perdre la raison. Ni l'un ni l'autre des amants ne s'échangèrent de mot. Malékith détourna le regard et se précipita hors de la galerie, droit devant lui, jusqu'à atteindre un parvis, à l'apparence neutre. Là, il s'affala de dépit à même les marches glacées qui menaient au portail de fer. Il demeura assis de longues minutes durant, ruminant la trahison d'Alyndra. Comment avait-elle pu le duper ? Le forcer à enfanter son futur assassin ? Le froid qui régnait engourdit ses membres, révélant des vertus curieusement apaisantes. C'est alors qu'on apostropha l'elfe, de l'autre côté du portail.

— Excusez-moi, très cher, mon maître désirerait un portrait de vous, dit le peintre.
— Tu m'as déjà posé cette question, rétorqua le Prince à la voix traînante.
— C'est exact, mais vous ne m'avez pas répondu.

Une brume apaisante enveloppa le Roi Sorcier. Son fardeau, sa peine immense, tout s'allégea comme par enchantement.

— Tu m'as suivi jusqu'ici n'est-ce pas ? reprit Malékith.
— Non, vous m'avez suivi, assura le peintre.

Malékith fit face à son interlocuteur. Le portail séparait l'elfe du démon. Le corps du peintre était décharné, son dos courbé et son apparence miteuse. On eut dit un mendiant au Royaume des immortels. Son potentiel magique semblait faible.

— Qui es-tu, parle ! demanda l'elfe.
— Je suis le peintre du palais, serviteur du maître, créateur du ciel et de la terre. Mon nom n'a quant à lui pas d'importance.
— Qu'attends-tu de moi ?
— Voudriez-vous l'entendre une troisième fois ? dit le Peintre.
— Ton maître dispose d'une galerie fort abondante. Pourquoi mon portrait viendrait-il s'ajouter à sa collection ?
— Car telle est la place de ses plus éminents serviteurs.
— Je ne sers pas ton maître, objecta le Prince.
— Dans ce cas que faîtes-vous dans son palais, portant son essence ? s'enquit le démon.

Un silence pesant ponctua sa question.

— Ceci n'a plus d'importance maintenant, ajouta l'elfe.
— Gardez espoir. Le maître a de grands projets pour vous.
— Je n'ai que faire de ton maître ! rugit Malékith.
— Alors vous ne regagnerez jamais votre Royaume. Un usurpateur de plus s'assiéra sur le trône et tous se prosterneront devant lui. L'histoire se répétera inlassablement pour quatre-milles années de plus.

Cette interpellation sembla marquer le tournant de leur conversation.

— Vous n'êtes pas un serviteur ordinaire, cher peintre, conclut l'elfe.
— Et vous n'êtes pas plus un mortel ordinaire. Les yeux du maître son rivés sur vous. Acceptez et vous serez récompensé au delà de votre imagination.

Sur ces mots, une brise surnaturelle sinua entre le portail tel un serpent, réchauffant d'avantage le cœur du Prince. Dans sa tête se mêlèrent toutes les épreuves qu'il avait traversées, les serments qu'il avait enfreints et les espoirs qu'il cultivait en secret. Il eut une furieuse envie de rire.

— Ouvre donc cette grille et je me plierai à sa demande, ponctua Malékith, le regard déterminé.

Le peintre s'exécuta, frétilla d'excitation, tandis que le portail s'ouvrait en grinçant. La pièce aux murs blancs se déplia tel un patron géométrique, donnant vue sur l'infini. Des astres innombrables éclairaient la nuit.

— Il vous suffira d'emprunter l'un de ces portails pour regagner votre univers, ajouta le peintre, désignant plusieurs socles anthracites surmontés de cristaux verdâtres.

Pendant que le démon réunissait ses effets, Malékith ne put que s'émerveiller devant tant de perspectives. Les premiers portails des anciens, s'offraient à sa vue. L'antique race avait transmis son savoir aux elfes, leur avait apprit l'écriture et la maîtrise des arcanes à l'âge où les premiers hommes se battaient pour la domination d'une caverne. Quand le portail primordial se fut effondré, les vents de magie cessèrent d'être canalisés aux pôles et circulèrent librement à travers les terres. Des hordes de démons se déversèrent sur le vieux monde, apportant la mort et la destruction. Pour l'elfe, la contemplation de ces artefacts de puissance relevait du divin.

— Bien, asseyez-vous sur cette stalle. Vous vous tiendrez droit et fixerez cette étoile à l'est. J'ai besoin que vous soyez parfaitement immobile pour accomplir mon œuvre, dit le peintre fouillant une malle épaisse.

Malékith scruta furtivement l'astre puis vit son hôte acrouppi, en train d'extraire ses effets de la malle. Le démon en retira une toile ondulante, une palette de couleurs au multiples nuances ainsi qu'un pinceau, un ­magnifique pinceau au manche ébène, légèrement courbé à son extrémité. En son centre, brillait une opale au feu croissant. Au sommet du manche, des poils longs et lisses, couleur d'argent s'éveillèrent à l'appel de leur maître. Ils se dressèrent lentement et s'unirent pour ne former qu'un bloc. Brusquement, tous pointèrent en direction de Malékith.

— Ne vous avais-je donc pas averti, gronda le démon, j'ai besoin que vous soyez parfaitement immobile si je veux avoir une chance d'accomplir mon œuvre !

Sa voix tremblait et les portails crépitèrent au son de sa colère.

— J'imaginais simplement qu'un monarque ne pouvait poser sans couronne, rétorqua le Prince, choisissant ses mots avec précaution.
— Seul importe votre visage, trancha le peintre sèchement. Vous serez récompensé en temps voulu.

Malékith se repositionna prudemment sur la stalle que lui indiqua le démon. Sur son visage émacié, une apparente sérénité peinait à masquer son agacement. Les traits de l'elfe se durcirent. De mauvaise grâce il se plia à cette mise en scène. Aussitôt qu'il fut assit, le peintre saisit son instrument et le pinceau se mit à virevolter frénétiquement sur la toile. Malékith s'agaça d'avantage. Sa propre posture passive l'insupportait.

— Tiens toi droit ! tonna sèchement le misérable petit être.

Tel un couperet, la voix du peintre s'abattit sur les rêves maussades du Prince. D'abord stupéfait, ce dernier ne tarda pas à lever un œil vengeur vers celui qui osait l'admonester. Le démon fixait Malékith, sans ciller. Il ne le regardait plus avec cette déférence excessive, le dos voûté, emmitouflé dans des haillons trop larges pour lui. Tantôt humble et affable, le peintre maintenant était superbe. L'oeil vif et flamboyant défiait intensément celui du Prince. Le démon sous les hardes et les oripeaux dont il faisait son habit imposait dès lors dans l'atmosphère sa présence, sa puissance, son orgueil. Statique, il dévisageait Malékith toujours aussi glacial. Il attendait avec condescendance et insolence que l'elfe s'exécute. Et l'elfe s'exécuta.

Les deux êtres s'observaient à la dérobée. Leurs regards s'interpénétraient et se sondèrent aussi longtemps que dura l'office. La mâchoire crispée, Malékith ne libéra pas une parole. Il jaugeait son hôte dans un silence de mort. Son front se plissa à mesure que le peintre pétrifiait son reflet sur la toile. Une douce violence s'insinuait en lui, mais son visage resta de marbre. Le Roi Sorcier ne disait mot. Le démon poursuivit son œuvre. Les coups de pinceau vifs, précis et rapides se succédèrent à l'infini. De plus en plus perceptible, le faciès du démon devint plus menaçant encore. Un rictus vicieux tordait son sourire. Il affichait ouvertement l'indicible arrogance que seul le pouvoir confère. Enfin, il porta l'ultime coup de pinceau ; son oeuvre en fut parfaite.

— Puis-je contempler votre toile, cher Maître ? l'interrogea l'elfe.

Le rictus du démon n'offrait à la vue qu'une fente de haine. Ses yeux plus perçants que jamais brillaient tels les feux d'un brasier. Sa cruauté semblait sans pareille. Sans un mot, il rabattit ses deux doigts crochus, intimant à l'elfe d'approcher. A nouveau, Malékith obtempéra, sans discussion.

— Le résultat est saisissant de détails, ajouta-t-il, contemplant son sinistre portrait.

Le démon ne releva pas et l'elfe pressentit que son destin lui échappait pour toujours.

— Pourriez-vous à présent me remettre la couronne ? se risqua Malékith.

La déférence avait changé de camp. Les paupières du peintre se fermèrent. Il déposa négligemment son instrument sur le chevalet et concentra son pouvoir dans la sphère qu'il forma de ses deux mains superposées. La matière sombre se déforma et un portail s'ouvrit. Un heaume scintillant se rapprochait à vive allure des deux protagonistes et en quelques secondes seulement, il fut arraché du warp. Malékith inclina légèrement son buste pour se trouver à hauteur égale du démon. Celui-ci porta le heaume d'acier au dessus de sa tête et couronna le Prince.

— Que serait un roi sans couronne ni sans sceptre, ronronna le démon. Grâce à elle, tu continueras à mener ta mission à bien.

Malékith lui tourna le dos.

— Quel portail devrais-je emprunter, Maître ?

Le peintre fit volte-face, accompagna l'elfe sur quelques pas, puis lui désigna l'un des cercles démoniaques. Quand Malékith fut à hauteur du portrait, il esquissa un geste latéral furtif, tandis que le regard du démon portait droit devant lui. Le Roi Sorcier monta les quelques marches qui le séparaient du plateau fumant. Les cristaux à son sommet crépitèrent. Son cœur battait à tout rompre. Quand il sentit le transfert imminent, il défia une dernière fois le démon.

— Quant à toi Tzeentch, dit-il avec insolence, peux-tu me dire où est ta couronne et où est ton sceptre ?

Démasqué, le Dieu n'afficha aucune réaction, jusqu'à ce qu'un sentiment bien connu des mortels le raidisse : la peur. Il se retourna rageuseuement vers le portrait, poussant un hurlement de haine si terrible, que les cristaux des portails se brisèrent à l'unisson. Tout son corps tremblait et sa peau se déchirait par vagues. Révélant sa véritable nature, il projeta une tornade de flammes en direction de l'elfe, mais celui-ci avait déjà disparu dans l'ether, guidé par les sombres énergies qui relient monde et l'autre. On dit à ce jour que la colère de Tzeentch fut si grande envers celui qui l'a dupé, que sa frustration déchaîna autant de tempêtes depuis les côtes de Norsca jusqu'aux clairs rivages de Ulthuan.




***




Épilogue






Quand Malékith regagna ses esprits, il reconnut les terres corrompues des désolations du chaos. Affaibli par son transfert, il marcha des jours, titubant vers ce qu'il lui semblait être l'ouest. Il dut encore batailler contre quelques créatures décérébrées, autrefois des hommes submergés par la puissance des dieux sombres. Au détour d'un pic venteux, il aperçut une caravane chargée d'or et de pierreries. Des femmes elfes la conduisaient et leurs parures flottantes indiquaient aisément leur provenance et leur mission. Mandatées par la Matriarche suprême, ce genre de caravanes arpentaient fréquemment les désolations du chaos, afin de rencontrer les tributs du nord. En les couvrant ponctuellement de richesse et en endormant leurs sens, les Druchii s'assuraient de leur docilité.

Quand les thaumaturges découvrirent leur suzerain errant tel un vagabond, elles crurent tout d'abord à un leurre. Son armure était couverte d'entailles et de morsures. Son visage était terne, ses traits tirés. Elles sondèrent les vents de magie et comprirent qu'aucun maléfice ne les abusait. Elles affrétèrent une escorte composée d'un char, tiré par de rapides coursiers noirs, ainsi que plusieurs sorcières émérites. Les forces du Prince s'amenuisaient. Bientôt inconscient, il dut compter sur ses fidèles seules pour repousser les nombreuses bêtes qui les assaillirent. Malékith fut conduit à Ghrond par les entrées les plus secrètes de la ville. Sans attendre, on dépêcha un émissaire qui avertit Dame Morathi depuis Naggarond. Par un prodige de sorcellerie, la Matriarche gagna la Tour du Nord en seulement quelques heures et très vite, la rumeur se propagea dans tout le Royaume. Le Roi Sorcier était de retour.

Par crainte plus que par repentance, de nombreux Princes dissidents baissèrent leurs armes et ouvrirent leurs portes à la garde royale, en signe de soumission à la couronne. Les dynastes les plus circonspects finirent par céder. Certains traître choisirent l'exil, afin de fuir le courroux vengeur du Roi Sorcier. Helleborn s'assura qu'aucune piste fiable ne remonte à elle et fit assassiner dans l'ombre des dizaines de généraux Druchii.

Une fois de plus, Dame Morathi consacra tous ses talents à la régénération de son fils. Celui-ci lui conta une partie de ses récits, au cours de ses cauchemars éveillés. Il lui rapporta des images de forêts constellées d'yeux, de temples de la débauche, de forteresses bâties avec des montagnes de crânes. Jamais plus, il n'évoqua avec elle le souvenir de son père, pas plus qu'il ne traita de sa rencontre avec le Grand Architecte. Après de longs mois, quand il eut regagné ses forces, Malékith sembla discret et étonnamment placide. Tous attendaient que sa juste fureur s'abattent sur les traîtres, qui, en son absence avaient comploté. Mais le Roi Sorcier leur donna tort.

Une attaque d'Asurs aux portes de Naggarond ne tarda pas à éveiller les soupçons. Autrefois, ce genre d'assaut aurait rendu Malékith fou de rage, l'aurait pousser à traquer chaque instigateur, afin de le pendre de ses propres mains. Mais le Roi Sorcier resta imperturbable. Si certains esprits séditieux le disent aujourd'hui affaibli, Malékith n'a rien perdu de son autorité. Son tempérament de feu s'est changé en perfidie calculatrice. Depuis la plus haute Tour de Naggarond, il filtre les vents de magie sans cesse et déchiffre l'avenir. Les tempêtes surnaturelles se multiplient. La fin du monde est proche. Depuis son trône, rien ne lui échappe et il y tient ses légions prêtes à agir. Entre ses mains calcinées, scintillent parfois les poils fins et argentés d'un pinceau.








FIN









Merci encore à tous ceux qui ont suivi l'avancée du récit. Encore un grand merci à ceux qui l'ont commenté. Si vous avez des retours ou des questions, n'hésitez pas! Actuellement, je travaille sur un autre projet d'écriture, dans le vieux monde, mais qui ne concerne pas les elfes. Néanmoins, j'ai quelques esquisses de récit sur les elfes noirs, voire de nouveau sur Malekith. A très bientôt *;)*
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jay974
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu   Mar 15 Mar 2016 - 1:44

Merci pour ce récit, l'ami. Ce fut un plaisir à lire. Un grand bravo à ta plume! *clap*
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Naïr Le Tisseur de nuages
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu   Dim 20 Mar 2016 - 10:16

C'est curieux, j'aimerais dissiper mon doute : Tzeentch est-il en colère simplement pour avoir été reconnu ? Voila qui me semble incohérent. Bien entendu, nous pouvons avoir une impression différente de la mentalité d'un dieu *^^*

Un récit qui en dit long sur la pugnacité du plus illustre des elfes noirs, je dirais même des elfes tout court. Une vision adroitement narrée des dimensions chaotiques et de ses habitants. Pour tout cela, un grand bravo et un grand merci à toi, cher auteur !
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Kayalias
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu   Lun 21 Mar 2016 - 9:04

Merci pour ces retours, petite explication car les derniers passages ne sont peut être pas assez clairs :

Tzeentch piège les essences de ses champions (sur le long terme tous déchus) en peignant leur portrait. C'est un petit peu comme "vendre son âme au diable". Figurer parmi les portraits signifie être un élu de Tzeentch mais aussi son esclave. Malekith le comprend mais n'a d'autre choix que de céder à la demande du dieu qui se déguise sournoisement sous les traits d'une créature misérable (le peintre). Malékith qui porte l'essence démoniaque de Tazdief est donc officiellement un esclave de Tzeentch. Comprenant, cela, il cède à ses demandes, le dupe, lui vole son pinceau, son instrument divin de pouvoir et s'éclipse.

C'est donc une question de temps pour Malékith qui est de toute façon condamné à être un esclave du dieu (en effet, son portrait a été fait). Mais en dérobant le pinceau au grand architecte, cela ouvre le champ des possibles.

Est-ce une sorte de match nul ? Une âme contre un instrument divin de pouvoir ?

Où est-ce que Malékith parviendra à se libérer des chaînes de Tzeentch par ce biais?

A vous de voir. Ou d'attendre la suite du Royaume du Chaos... ? *siffle*
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu   

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[Récit] Le Royaume du Chaos, les péripéties du Prince déchu
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