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 [Récit] Le Silence sous les Feuilles (Concours CV)

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Gromdal
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MessageSujet: [Récit] Le Silence sous les Feuilles (Concours CV)   Lun 3 Nov 2014 - 20:28

Salut salut !

Je viens de me rendre compte que j'avais oublié de vous partager mon récit que j'ai écris pour le concours de récit du forum CV.*ninja*  Par ailleurs, c'était vraiment une expérience formidable, avec de vrais talents. *:)* Je le recommande à tous. *;)*
D'ailleurs, j'ai fini cinquième ex aequo sur 16 auteurs, et au vu du niveau qu'il y avait, j'en suis vraiment content. *woot*

Bref, bonne lecture, et n'hésitez pas à comm' ! *gg*

Le silence sous les feuilles

Si Martin avait eu l’âme poétique, il aurait pu admirer le silence qui régnait dans le lieu. S’il avait été un brin littéraire, il aurait pu dire que chaque rare bruit paraissait, devant l’immensité de cette absence de sons, aussi puissant qu’un coup de tonnerre, aussi perçant que le cri de l’aigle qui plane seul au-dessus du monde. Mais Martin n’avait pas l’âme d’un poète. Il n’était pas non plus un homme littéraire. Non, il n’était qu’un enfant, et il s’ennuyait. Ils étaient quatre. Son père, sa mère, son demi-frère, et lui. On aurait pu se dire que l’un d’entre eux aurait eu assez de présence d’esprit pour lancer une conversation. Mais non, rien, pas un son ne sortait des autres convives ! Et, par conséquent, Martin s’ennuyait. Alors il inventa un jeu : deviner ce qui se cachait derrière les visages des membres de sa famille, celle du comte d’Ostenheim.

Son père, le comte, ne disait rien, se contentant de contempler les armoiries familiales trônant au-dessus de la porte, en face de lui. Il a raison, se disait Martin, moi aussi j’aime les regarder. Mais non, ce n’était pas ça. Le comte pensait à sa propre misère et à sa famille brisée, et cela le rendait triste.

Sa mère ne parlait pas non plus. Mais elle souriait. Le repas doit lui plaire, pensait le garçon. Il aurait dû savoir qu’elle ne pensait qu’à son propre pouvoir, ça et rien d’autre.

Son demi-frère, de dix ans son ainé, regardait une servante sans mot dire. C’est vrai, se disait Martin, elle est très belle. Mais encore une fois, il ne connaissait pas la vérité. Non, c’était sa présence féminine qui rappelait à l’héritier familial qu’il allait bientôt se marier.

La servante, elle, faisait bien attention à ne regarder personne, et ne disait rien. De toute façon, elle n’aurait pas pu prendre la parole. Après tout, elle n’est qu’une servante, se dit Martin. En réalité elle avait déjà d’autres problèmes : elle s’inquiétait pour son enfant à naître et l’avenir qu’il qui lui serait réservé.

Il avait ainsi fait le tour des personnes présentes. Lassé, Martin se borna à faire tourner sa fourchette dans sa soupe, alors que le silence s’alourdissait, semblable à un linceul qui recouvrait peu à peu la pièce et tous ceux qui s’y trouvaient.

Mais un dernier convive partageait son repas avec la noble famille, loin, loin, et pourtant si près, avec les ténèbres pour seule compagnie. Il ne parlait pas non plus, car avec lui ne régnaient que les ombres, et il préférait écouter ce qu’elles lui murmuraient à l’oreille...

Mais cela non plus, Martin ne le savait pas. Somme toute, Martin ne savait pas grand-chose, mais après tout, il n’était qu’un enfant. Et de toute façon, qui peut percevoir les sombres pensées, les désirs et les agonies qui se meuvent derrière le silence tout puissant ?

***

Le vent fait bouger mes feuilles. Je le sens. Le soleil me nourrit, je le sens. Le sol me nourrit. Je le sens. Je sens aussi des vibrations qui s’approchent, car mes racines en perçoivent les résonances du sol. On touche mon tronc, on le serre. Puis le sol vibre encore une fois. Un rythme régulier qui se casse. Puis plus rien.
Après un moment, le sol vibre de nouveau. On abime mon tronc et je sens ma sève qui s’en échappe. Je sens aussi que le sol est devenu plus lourd, tout d’un coup.
Encore des résonnances qui s’approchent. Bien plus nombreuses. Mes feuilles frémissent. On touche mon tronc, on y grimpe, on arrache bon écorce, on tord mes branches, on les casse, et l’une d’elles s’alourdit.
Encore ces vibrations ! Mais cette fois, elles s’éloignent.
Le vent souffle, ce soir. Il y a de l’humidité dans l’air.
Puis encore un autre vient, il s’approche, il monte, et encore une fois je sens qu’une branche s’est penchée et est plus lourde.
On pourrait presque entendre la nuit pleurer.
Mais après tout, les arbres n’entendent rien.

***

Plus j’y pense, plus toute cette histoire me dégoute. Je ne sais même pas pourquoi j’ai cherché à tirer cette histoire au clair, et en tout cas je sais maintenant qu’il aurait mieux valu ne pas le faire. Qu’un petit comte de province puisse avoir une enfant hors mariage et l’élève comme servante à l’insu de tous dans sa propre demeure, soit. Après tout il venait de perdre sa première femme et ne savait pas encore qu’il allait se remarier. Mais qu’il donne naissance à un enfant corrompu par le chaos et que, dans un instant de faiblesse, il décide de l’élever seul, en l’enfermant dans les profondeurs du château ? Je frémis rien que d’y penser.
Quoiqu’il en soit le destin s’est bien joué de lui : son fils ainé, inconscient de l’engeance que son père avait semé dans le château, tomba amoureux de sa propre sœur ! Ou plutôt de sa demi-sœur, mais au final ça ne change pas grand-chose. Savoir qu’elle attendait un enfant de lui me donne envie de vomir. Elle a dû penser la même chose quand son père l’a reconnue alors que son fils la lui présentait comme celle avec qui il voulait se marier, car, sûrement accablée de honte et de chagrin, elle s’est enfuie du château et s’est tranchée les poignets en lisière de la forêt.
C’est comme ça, prostrée contre le tronc d’un vénérable chêne, que l’a retrouvée son frère. C’est là que tout se complique : l’autre frère, celui enfermé dans le château, apprit on ne sait trop comment ce qui était arrivé et réussi, là encore sans explications plausibles, à s’évader du donjon où il avait été si longtemps enfermé. Je crois personnellement qu’en plus d’être frappé de mutations, il avait aussi quelques affinités avec le vent de l’ombre. Toujours est-il que le voilà en train de découvrir sa sœur morte et son frère la serrant dans ses bras. Ici aussi, l’histoire est quelque peu confuse : rage meurtrière, folie, inconscience ? Quoiqu’il en soit ce dégénéré tua son propre frère dans la foulée. Un braconnier assista à toute la scène (et c’est de lui que je tiens cette partie du récit, l’autre témoin de l’affaire étant le vieux chêne lui-même) : tout ce qu’il vit fut le fils de son seigneur se faire brutalement assassiner pas un brute du chaos : son sang ne fit qu’un tour, et, tout braconnier qu’il était, il rameuta ton son village et ils lynchèrent le meurtrier avant de le pendre à l’arbre même qui avait tout vu arriver.
Les gardes seigneuriaux trouvèrent les corps là où les villageois les avaient, ces pauvres ignorants superstitieux n’ayant pas osé toucher aux corps des victimes, et rapportèrent la nouvelle au comte. Quelque chose a du se briser dans le vieil homme car il alla lui-même se prendre aux côtés de sa fille et ses deux fils, laissant son dernier enfant, âgé d’à peine dix années, à la tête de la région. Bien sûr la mère du petit, la seconde femme du comte, assura la régence, mais son fils mourut bien vite aux suites d’une maladie inexpliquée, après quoi des cultistes incendiaires le château et plongèrent le pays dans l’anarchie.
Mais je sais mieux que quiconque ce qu’il s’est passé, pour avoir rencontré plusieurs survivants du drame : le garçon ne mourut pas accidentellement, mais fut empoisonné par sa mère pour qu’elle puisse elle-même prendre la tête du comté au profit des cultistes dont elle faisait partie. Mais là encore le destin se prouva fort ironique car ses propres confrères la laissèrent brûler avec la demeure de son défunt mari.
Aucun mot de ceci ne doit arriver à l’empereur ni à qui que ce soit d’autre, mais je pense que quelqu’un ici doit savoir ce qui s’est véritablement passé. Après quoi, personne, je dis bien personne, ne doit savoir que les forces chaotiques ont eu accès aux sphères de la noblesse. Nous avons assez de problème avec ça. Dites simplement à la cours que le comté est tombé aux mains des serviteurs des dieux sombres après un adroit complot.
Tout le reste devra être passé... sous silence.
Extrait d’une lettre du prêtre-guerrier Balder Archimandias à son ami Gerhard von Heutler, Grand Intendant du palais impérial.

***

Cruel, cruel destin ! Sa bourrasque terrible a arraché toutes les feuilles les plus vigoureuses, ne laissant que la plus vieille et la plus décharnée, condamnant l’arbre à souffrir du vent froid, si froid, de la mort. Assis sur la branche du vénérable chêne, je me sens comme cette pauvre vieille feuille qui s’accroche désespérément pour sauver son arbre, sa famille. Mais c’est peine perdue, car tout le feuillage est tombé. Il en reste bien une dernière, toute jeune, mais je sais que le vent la fera tomber bien assez tôt. Non, elle en a assez, cette vieille feuille, de combattre ce qu’elle ne peut, à la fin, que perdre. La corde est passée autour de mon cou, bien attachée à l’arbre. La vieille feuille attend que vienne le vent qui la fera tomber, loin, en bas, pour rejoindre ses enfants qui se sont fait emporter si soudainement pas la mort.

Et, sur la branche de l’arbre,

La feuille tombe

Et meurt.

Les derniers mots du comte d’Ostenheim. Manuscrit conservé aux archives secrètes du palais impérial. Communiquée par Balder Archimandias à Gerhard von Heutler.






Grom'

_________________
Spoiler:
 

Uzkul ged a ibid Dawi. Bar Dawi urz grim un grom, un ekrokit "Nai. Drekgit.". Un Uzkul drekged.
Spoiler:
 

Traduction réalisée d'après Grudgelore, de Nick Kyme et de Gave Thorpe.
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Wolfen
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Silence sous les Feuilles (Concours CV)   Mar 4 Nov 2014 - 1:27

Bonsoir Gromdal ;

Je vais commencer par préciser que c'est évidemment un très bon texte, comme la plupart de ceux auxquels tu nous présentes.

Sauf que de ce constat initial va découler que je vais un peu chercher la petite bête.


C'est un texte intéressant, mais étrange. Pourrais-je d'ailleurs savoir quel était le thème, et quelles étaient les restrictions, du concours en question ?


Je vais faire part de mes réflexions dans l'ordre dans lesquelles elles me sont venus, quitte à être moins structuré.

La première partie est joliment écrite et joliment trouvée. Je ne sais pas si tu as lu les livres de Patrick Rothfuss : The Name of the Wind / A wise man's fear (le nom du vent / ? 'connais pas le titre français). Si tu t'en es inspiré, c'est une très bonne référence d'inspiration parce que ces livres font partie des bouquins de fantasy bien écrits. Sinon, et que tu ne les as pas lu, va donc les lire. ,p

La deuxième partie est mystérieuse. Pas inintéressante, mais pas exempte de maladresses. J'y reviendrai.

La troisième partie ôte toute la poésie et la langue bien maniée qu'il y avait auparavant. Je sais que c'est voulu mais c'est quand même brutal, et ç'aurait pu être fait plus subtilement. J'ai un peu de mal avec cette partie. J'y reviendrai.

La dernière partie est très réussie.



Repassons un peu sur du détail, à commencer par la deuxième partie :


Citation :

Le vent fait bouger mes feuilles. Je le sens. Le soleil me nourrit, je le sens. Le sol me nourrit. Je le sens. Je sens aussi des vibrations qui s’approchent, car mes racines en perçoivent les résonances du sol. On touche mon tronc, on le serre. Puis le sol vibre encore une fois. Un rythme régulier qui se casse. Puis plus rien.
Après un moment, le sol vibre de nouveau. On abime mon tronc et je sens ma sève qui s’en échappe. Je sens aussi que le sol est devenu plus lourd, tout d’un coup.
Encore des résonnances qui s’approchent. Bien plus nombreuses. Mes feuilles frémissent. On touche mon tronc, on y grimpe, on arrache bon écorce, on tord mes branches, on les casse, et l’une d’elles s’alourdit.
Encore ces vibrations ! Mais cette fois, elles s’éloignent.
Le vent souffle, ce soir. Il y a de l’humidité dans l’air.
Puis encore un autre vient, il s’approche, il monte, et encore une fois je sens qu’une branche s’est penchée et est plus lourde.
On pourrait presque entendre la nuit pleurer.
Mais après tout, les arbres n’entendent rien.

La première phase, "Je le sens" est plutôt bien. Le truc c'est que l'arbre, dans son constat, dans son côté purement sensoriel, garde un aspect poétique. C'est un arbre après tout. Du coup, le "car mes racines en perçoivent les résonances du sol" jure un peu avec le reste et ternit l'effet employé auparavant.
Pour pinailler, c'est très bête mais "un rythme régulier qui se casse" aurait pu être "un rythme régulier qui se rompt" ; tu gagnes une allitération et le mot est plus évocateur et moins banal que "casse".
A partir de la phrase suivante, les "je sens" deviennent lourds. D'ailleurs tu t'en aperçois (peut-être inconsciemment) car ils disparaissent de la phrase suivante. "On abime mon tronc et ma sève s'en échappe" eut été tout aussi efficace. Les "je sens" ici alourdissent juste la phrase et n'apportent pas grand chose.
Le reste du passage est plutôt bien (oh, pour pinailler, j'aurais tourné "L'air est humide" plutôt que "Il y a de l'humidité dans l'air" ; d'abord parce que la tourne est un peu bizarre, ensuite parce que cela va mieux avec l'arbre qui fait des phrases simples et perçoit son environnement).



Et du coup j'arrive à la lettre, et la partie la plus faible de ton texte. D'abord, elle manque d'espace et d'aération. La forme du texte importe.
Le "Plus j'y pense, plus toute cette histoire me dégoûte" est très fort et c'est une superbe transition. Ici, rien n'est dégoûtant : tu changes entièrement la perception lecteur. La phrase mériterait d'être suivie d'un saut à la ligne et d'un retour à la ligne : cela lui donne beaucoup plus d'impact et cela l'isole, au lieu de la perdre dans le flot du reste du passage.
Le passage a plusieurs problèmes, d'abord parce qu'il ne sait pas trop quel ton adopter. Tu te dis dans une lettre, à quelqu'un d'important, mais aussi un ami. Donc déjà, cela implique, même en réalité, d'écrire quelque chose de délicat. Formel, mais pas trop ; jusqu'à quel point ? En retirant l'aspect "amitié", tu pourrais t'autoriser quelque chose de plus formel, dont le ton serait plus simple à trouver.
Bon, mais le vrai problème, c'est que je n'y vois pas vraiment une lettre, pas jusqu'à la toute fin. Et le passage ne gagne pas grand chose à être une lettre. Il me fait plus penser à un extrait de journal : et cela aurait nettement plus de sens. Il n'avertit personne, le prêtre-guerrier. Il enterre son secret mais il le confie à un journal, au cas où. En tout cas, la phrase d'accroche (et je trouve le reste du passage) correspond plus à ce que je m'imagine d'un extrait de journal que d'une lettre.

Il y a plusieurs maladresses de forme. L'expression "enfant hors mariage" est très étrange ; surtout dans le monde de warhammer, on peut parler d'un bâtard, tout simple. Ou si on veut prendre des pincettes, on peut parler d'un "enfant illégitime" ou d'un "enfant naturel". Mais "enfant hors mariage", c'est assez étonnant et ça fait hausser le sourcil (gauche ; pas le droit, le droit a tendance à être plus serein). Le "soit" également ne va pas avec le style de la lettre, du tout. C'est du langage oral. Même pour un journal, ce n'est probablement pas la meilleure façon de dire la chose. Tu peux changer la phrase avec un "Je peux tolérer que [...]. Mais qu'il donne naissance [...] ! ".

Petite maladresse dans la manière de raconter aussi : de la manière dont c'est dit, on a l'impression que l'enfant illégitime, bref la fille, la servante, est l'abomination chaotique. Ce qui ne colle pas et on voit tout de suite que quelque chose cloche et que ça doit être autre chose. Mais c'est mal expliqué, tu ne dis jamais "mais qu'il en est un deuxième, et que celui-ci s'avère maudit par le Chaos" ou quelque chose comme ça ; on déduit qu'il y en a un deuxième mais la lettre ne le dit pas.
Ah, et les cultistes "incendièrent" le château. ,p

Une tournure un peu contradictoire m'a également gêné : (je comprends qu'il y a une naissance mais c'est exprimé maladroitement) :

"personne [...] ne doit savoir que les forces chaotiques ont eu accès aux sphères de la noblesse. [...] Dites simplement à la cours que le comté est tombé aux mains des serviteurs des dieux sombres après un adroit complot."

Bon, mais assez pinaillé, passons au fond.


Quand j'ai fini de lire un texte, je me demande toujours : qu'est-ce qu'on vient de me raconter ?


C'est l'histoire d'un comte, qui a perdu sa femme, qui couche avec une servante ou autre, ce qui n'a rien de bien spécial, puis se remarie. Il a un premier enfant, issu de son premier mariage. Deux bâtards : une fille qui est servante au château, un garçon marqué par le Chaos qu'il a enfermé au plus profond des cachots de celui-ci et qu'il élève en secret. Il a un dernier enfant, plus jeune, de sa nouvelle femme.
Son premier enfant tombe amoureux de sa demi-sœur ; lorsqu'ils apprennent leur lien, celle-ci s'enfuit et se donne la mort. Le troisième enfant, qui s'est échappé à ce moment précis, la retrouve morte et son plus grand frère au-dessus. Il le tue, fou de rage et est à son tour tué par les paysans du coin. Le mari se suicide. La seconde épouse met son enfant sur le trône, le tue (??) car elle est en fait une cultiste du Chaos et se fait tuer à son tour.


M'okay. C'est quand même une sacrée histoire que tu nous démêles en quelques lignes. :D
Les comportements des personnages ne sont pas choquants : ils ne sont pas tous intelligents et je me pose quelques questions sur le père qui, d'abord, ne dit à personne que la fille est sa fille bâtarde (ce genre de chose était en général assez connu, au moins dans le château, voire dans la région) et ne dit rien quand il voit son fils grandir et, nécessairement s'y intéresser. Cela ne lui traverse jamais l'esprit. Bon, admettons. Après tout, il élève un mutant du chaos dans sa cave, il n'a vraisemblablement pas toutes ses facultés. ;p
Le "drame" me semble intéressant et loin d'être tiré par les cheveux. Je parle du suicide, meurtre, lynchage, suicide. Tout s'enchaîne bien, c'est tragique mais cela a du sens avec l'histoire construite jusqu'ici.

Puis vient la conclusion. En plus d'avoir un mutant du chaos à la maison, il s'est débrouillé pour épouser une cultiste du Chaos. Bon. Elle a tout gagné, elle vient de récupérer le trône.
Donc elle, elle devient régente pour son fils. Il n'y a personne d'autre pour disputer son héritage à lui. Elle, n'a aucun titre lui permettant de revendiquer le Comté. Alors que le Comte, on peut être sûr qu'il en a une ribambelle d'oncles, cousins lointains qui sont certes mal placés en ligne de succession mais restent selon toutes les lois des époques féodales et autres, les mettent devant elle.
Et elle tue son fils ! Le fils qui lui donnait accès au pouvoir. Le fils sans qui elle n'a plus aucun pouvoir.
Et ses potes la tuent. Parce qu'avoir une Comtesse dans leur rang, franchement, c'était pas super intéressant. Foutre le feu c'était nettement plus intéressant.
C'est idiot. ;p
Sur la première partie de ton histoire, jusqu'à la tragédie, les personnages ont un comportement sensé. Pas forcément intelligent, mais sensé. Mais à partir de là, ça n'a plus aucun sens. Quand tu es régente, tu en profites, et tu gardes le pouvoir. Et quand ton fils approche de sa majorité, ben là il a un accident. Mais pas mortel, non non. Suffisant pour que tu sois obligée de rester régente. ;p

Bon, c'est dommage mais je pinaille, ça n'a pas une énorme importance puisque l'histoire que tu racontes, celle qui t'intéresse, c'est celle d'avant : la tragédie elle-même. Sauf que du coup, pour justifier ta lettre, tu te sens obligé de raconter la fin et les conséquences de tout cela. Et comme elles sont un peu étranges et qu'elles sont expliquées en quelques lignes seulement, ça ternit un peu le reste de ton histoire, qui était pourtant très bien. Et le retour au quatrième passage (qui encore une fois, est très bon) paraît étonnant parce qu'il nous ramène à l'histoire qui nous intéressait mais dont tu semblais avoir fait le deuil puisque tu nous as raconté la suite.

Bref, tout ça pour dire que c'est le troisième passage qui pose problème. Ton histoire elle-même est bien campée (mériterait un peu de raffinement quant aux conclusions, et à la seconde épouse et ses actions, mais bref) mais ce passage embrouille un peu ton récit. L'idée de changer les styles et d'y inclure un "rapport" qui vient donner un témoignage historique de ce qui s'est passé (le prêtre guerrier a même cherché des témoins, c'est intéressant !) est une très bonne idée, que j'aime beaucoup. Mais la manière dont s'est fait, le support (lettre, et à qui, ou journal ; le ton...) demande à être retravaillé pour permettre quelque chose de plus fluide et rendre justice à ton histoire et à sa construction.



Voila, bref j'ai beaucoup pinaillé, mais c'était très bien,

Merci de l'avoir partagé avec nous !


Cordialement,

Wolfen.
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Silence sous les Feuilles (Concours CV)   Mar 4 Nov 2014 - 10:32

@Wolfen : le thème était "En silence" et les restrictions étaient pas plus de deux pages Word en Times New Roman police 11 ou pas plus de 8000 caractères, espaces compris. C'est ce qui a été le grand dilemme de Grom' dans ce concours, arriver à une des deux limites, vu qu'il faisait plus apparemment.
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Arthamir
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Silence sous les Feuilles (Concours CV)   Mer 26 Nov 2014 - 19:47

Un petit coucou pour dire que j'ai lu et apprécié. On sent que tu est un peu à l'étroit, mais le rendu final reste de qualité.

Un peu morbide, par contre. XD

J'ai fait également le rapprochement avec les "prologues" de la série des Chroniques du tueur de Roi. J'aimerais bien savoir si tu t'en es effectivement inspiré ou... pas. *^^*
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MessageSujet: Re: [Récit] Le Silence sous les Feuilles (Concours CV)   

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