Enclaves Elfiques - Ulthuan vs Naggaroth

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 [Récit] Histoire de Gilgalad by Gilgalad

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gilgalad
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MessageSujet: [Récit] Histoire de Gilgalad by Gilgalad    [Récit] Histoire de Gilgalad by Gilgalad  EmptyJeu 4 Avr 2019 - 17:03

Bonjour à toutes et à tous.

Si jamais il y a des gens qui passent par ici, voici l'histoire de mon personnage, un elfe-vampire Prince Dragon de Caledor :)

Je vous mets le prologue, suivit de la première partie du premier chapitre.  
Comme d'habitude, n'hésitez pas à dire ce que vous en pensez, parce que j'ai aussi besoin de vos retours (si vous êtes inscrits, sinon, inscrivez-vous).



Prologue :

An 2523 du Calendrier Impérial, quelque part dans l’Empire.

Alexander chevauchait aux côtés de Petr depuis quelques jours maintenant. Ils s’étaient retrouvés après de longues années de séparation, à errer chacun de son côté à trouver des adversaires à leur mesure. Ils parlaient tous les deux de leurs exploits respectifs, des défis affrontés et surmontés. C’étaient des retrouvailles entre un maître et son apprenti.

Toutefois, Petr, le plus jeune des deux, et de loin, trouvait Alexander étrange. Comme si quelque chose le préoccupait grandement. Or, rares étaient les choses pouvant inquiéter un Dragon de Sang vieux de plusieurs siècles. Il lui demanda donc avec moult précautions :

« Que se passe-t-il, maître ? Vous semblez soucieux depuis que nous nous sommes retrouvés.

-Une vieille histoire a refait surface, expliqua succinctement Alexander en regardant au loin.

-Et quelle est-elle, insista son élève, voulant en savoir plus que ces simples mots ?  

-As-tu déjà entendu parler d’un certain Gilgalad, le questionna alors l’aîné ? Peut-être sous le nom de Dragon Rouge, par ailleurs. »

Son apprenti nia totalement. Il aurait entendu un nom pareil, il s’en serait souvenu, de manière certaine. C’était difficile d’oublier cela. Idem pour le surnom qui était donné à cette personne. Or, l’inquiétude de son maître se propageait au jeune vampire. Qui était donc cette créature qui l’inquiétait tant ? Que se passait-il dans la Confrérie pour lui causer tant de tracas autres que chercher un nouveau combattant à tuer ?

« Je te souhaite de ne jamais l’offenser, ni lui ni son épouse. Ton existence prendrait fin très rapidement. On dit que seul Walach, le Grand Maître de notre Ordre, a une chance contre lui. On raconte aussi qu’il aurait appris le combat d’Abhorash en personne. Il est redouté par tous et désormais rares sont ceux à ne pas en avoir entendu parler.

-Qu’a-t-il de réellement si particulier, demanda, curieux, Petr ?

-Il est pratiquement invincible. C’est un Haut Elfe transformé en Vampire. Seul un vampire de la Première Génération aurait eu la puissance pour le faire, ou bien Nagash. Surtout, aurait eu la puissance pour accorder le Baiser de manière adéquate pour ne pas créer un monstre sanguinaire.

On raconte que c’était déjà un excellent combattant avant d’être transformé. Certains disent qu’il aurait réussi à tenir tête à Abhorash en personne pendant plus de quelques secondes. Si c’est vrai, c’est certainement l’un des combattants les plus doués qui est. On raconte également qu’il aurait accédé au même statut que ce dernier et aurait vaincu la Soif. Ce qui reste à démontrer, bien évidemment.

Sa venue est un signe de mauvais augure. Cela annonce des temps particulièrement difficiles s’il est sorti de son île lointaine. Pire encore, s’il est envoyé par Abhorash pour une quelconque mission, il faudrait une armée pour l’arrêter. Et même là, cela risque de ne point être suffisant s’il a un dragon avec lui. »

Petr y croyait à moitié à cette histoire. Comment quelqu’un aurait déjà trouvé le créateur de leur lignée alors même qu’ils le cherchaient tous depuis des siècles, voire des millénaires pour certains ? Alors il demanda plus de précisions à son maître, voulant en savoir plus sur cet elfe et vampire à la fois.

« Je vais vous en raconter une bonne partie moi-même fit soudainement une voix derrière eux. »

Le duo se retourna brutalement et se retrouva face à un grand guerrier en armure complète. Seules deux fentes au niveau de ses yeux laissaient apparaître ces derniers, d’un magnifique bleu. Il était plus à peine plus fin qu’un humain. Toutefois, Petr comprit très vite qu’il était bien plus dangereux qu’un géant en colère et était aussi mortel que certains des plus terribles démons. Qu’il n’aurait aucune chance contre lui.

« Votre réputation vous précède, Dragon Rouge, fit alors respectueusement Alexander, conscient qu’ils seraient fous de le défier, même en combattant ensemble. Nous n’oserions pas vous affronter.

-Et c’est bien dommage, répondit la personne. Mais je vous conseille d’installer le campement ici. Nous en aurons pour un certain temps.

-Qu’en est-il de la recherche du grand orque, demandant Petr, qui ne voulait pas perdre l’occasion d’un véritable combat ?

-D’autres créatures viendront par ici, haussa les épaules le Dragon Rouge. Ce qui se prépare est bien plus terrible que tout ce qu’a pu connaître le monde jusqu’ici, à l’exception de la Venue du Chaos.

-De quoi parlez-vous, demanda Alexander en dressant le campement ?

-Le moment où le Chaos est apparu dans ce monde et l’a ravagé. Une époque où les Nains et les Elfes se sont dressés, parfois ensemble contre un ennemi commun. Et ce qui arrive aujourd’hui est bien que ce que vous avez pu connaître il y a deux siècles ou bien avant. Pire encore que la Peste. »

Pour la première fois de son existence, Petr fut réellement terrifié. Si un être aussi vieux que lui, qui semblait avoir vu mille batailles et mille horreurs disait cela, alors ce qui arrivait devait probablement annoncer la Fin du Monde, au moins tel qu’ils le connaissaient.

Une fois tout le monde installé, le Dragon Rouge ôta son heaume, révélant ainsi un magnifique visage aux traits délicats, même si marqués par quelques fines cicatrices. Ses cheveux étaient courts, chose rare pour un elfe. Il dit négligemment qu’ils étaient plus aisés à nettoyer ainsi. Enfin, il commença son histoire. 




Chapitre 1-1 :

Les côtes d’Arabie pouvaient parfois receler d’étranges phénomènes. Parfois, cela pouvait être dû aux sorciers des îles sises à proximité. Parfois, des navires s’échouaient, sans raisons apparentes, bien que des tempêtes en étaient probablement la cause. Les habitants de la région prenaient ces naufragés et les revendaient comme esclaves. Pourtant, ce jour-là, quand ils surveillèrent les plages après avoir vu un navire sombrer pendant la nuit, ils ne trouvèrent que deux corps.

Ces derniers étaient loin d’être normaux. Ils respiraient encore, même si très faiblement. Des oreilles pointues jaillissaient de leurs cheveux. Ils semblaient bien plus grands que des humains, tout en étant plus fins. Ils ne savaient pas ce qu’ils pouvaient être. L’un des deux êtres était roux avec les cheveux longs et l’autre blond, avec une chevelure plus courte. Leurs visages fins étaient magnifiques. Étaient-ils des envoyés des dieux ?

A quelque distance de là, ils découvrirent une armure parfaitement ouvragée, des dragons gravés dessus. Différentes pièces l’accompagnaient, ainsi qu’un radeau de fortune à proximité des deux corps. Ce métal était bien différent de l’acier des Hommes et bien plus léger. Il semblait appartenir aux deux naufragés. Le chef du groupe ordonna de retourner à la ville chercher les savants et historiens. Eux sauraient peut-être d’où ils venaient. En attendant, il ordonna aux autres de ne pas s’approcher plus près des corps, par crainte d’une contamination ou pire, d’une damnation.

Alors que la foule de curieux grossissait en attendant les savants et historiens, l’un des corps commença à bouger un peu. Il recracha de l’eau en se tournant sur le côté, provoquant des murmures effarés parmi les humains. L’être regarda autour de lui et ses yeux semblèrent avoir du mal à faire la mise au point. Puis, il se traina jusqu’à l’autre cadavre en murmurant des mots incompréhensibles. Il se pencha au-dessus de lui et commença à lui parler dans cette langue étrange et mélodieuse.

L’autre être, celui toujours allongé contre le sable fin et chaud, était toujours inerte, ce qui provoqua chez celui au-dessus et aux cheveux roux, quelques cris de désespoir et quelques larmes. Puis, le blond ouvrit les yeux en souriant alors que celui au-dessus l’avait embrassé sur la bouche. Ce qui provoqua la colère de la personne à la chevelure auburn. Un murmure surpris parcourut les curieux. Ainsi ils semblaient mariés ! Il devait s’agir d’un homme et d’une femme. Ou plutôt d’un mâle et d’une femelle puisqu’ils n’étaient pas humains.

Ce fut approximativement à ce moment que les savants et historiens arrivèrent, demandant des explications au chef du groupe. Ce dernier leur expliqua toute la situation et ce qu’il venait de se passer. Les nouveaux arrivants s’approchèrent alors des deux étrangers venus de la mer, sans arme. Ils semblèrent percevoir leur arrivée d’assez loin et se tournèrent vers eux. L’un d’eux dégaina une épée, menaçant.

En signe de paix, le plus vieux et plus sage des savants tendit une outre remplie d’eau fraîche. Ils semblaient assoiffés. La femme, qui était la rousse, puisqu’elle semblait avoir un peu plus de poitrine et un visage plus gracieux que celui du blond, lui fit signe de leur envoyer le contenant, probablement pour s’hydrater. Le vieil homme obéit, conscient que cela aiderait à établir un premier lien.

Les deux êtres s’hydratèrent lentement mais sûrement, à petites gorgées. Autour du plus vieux des savants, des scribes prenaient tout en note, y compris ses remarques. Comme celle qui disait qu’ils devaient savoir des choses élémentaires sur la survie ou sur le combat. D’autres dessinaient également les corps de ces deux mystérieux êtres, ne ressemblant à pas grand-chose de connu, même venant des lointaines contrées du Nord servant le Chaos. En tout cas, ils ne venaient visiblement pas de la terre des Morts.

Ils attendirent plusieurs minutes que les deux êtres se relevassent péniblement. La femme, visiblement la personne qui était dans le meilleur état, prononça alors quelques mots dans leur langue mélodieuse. Devant l’incompréhension des humains, elle utilisa différents langages qu’ils ne reconnurent pas. Puis, elle finit par utiliser le Reikspiel, que certains savants parlaient, ayant voyagé jusqu'au lointain Empire du Vieux Monde.

« Où sommes-nous, demanda-t-elle de sa voie gracieuse ? Qui êtes-vous ?

-Je suis Abd-As-Slam, répondit le vieil homme, érudit et savant de Copher, cité libre d’Arabie.

-Où est-ce exactement, exigea l’être, tout en soutenant celui qui semblait être son mari ?

-A l’est du Grand Océan et à l’ouest de la Terre des Morts, anciennement appelée Nehekhara. »

Ce nom sembla dire quelque chose à l’être étrange. Abd-As-Slam comprenait que c’était d’abord à lui de donner des informations avant d’en recevoir. En regardant le visage de l’être, qui s’était remis à parler à son compagnon, il sut que ce qu’il venait de dire n’était pas une bonne nouvelle pour eux. Visiblement, ils n’avaient pas cherché à atteindre Copher et étaient arrivés dans cette région par accident. Mais il sentit qu’il en saurait bientôt plus.

En attendant, il se prit à les observer attentivement. Ils semblaient relativement fins mais plus grand que les gens venant du peuple des Hommes. Bien plus grands que parmi les plus grands d’entre eux. Ils faisaient près de deux mètres, peut-être même plus. Ils avaient un visage assez fin et des traits très gracieux. Néanmoins, celui de la femme était un peu plus rond que celui de son compagnon, bien carré et abrupt toutefois, même s’il n’en restait pas moins très beau. Bien au-delà de toute beauté humaine.

« Pourrait-on savoir qui vous êtes et si vous avez des intentions hostiles, demanda alors le savant ?  Je ne veux guère vous presser, mais nous n’hébergeons pas d’ennemis ou de menaces pour notre peuple, j’espère que vous comprendriez. »

Le duo se regarda de longues secondes et sembla avoir une conversation totalement silencieuse, ce qui fut bien entendu répertorié par les scribes. Ils prenaient en note chaque détail, chaque mot, chaque chose qu’ils pouvaient noter ou dessiner selon leur mission respective. Finalement, le blond se tourna vers le savant et prononça d’une voix faible mais assurée :

« Je suis le Prince Dragon Gilgalad Brannon-êl de Caledor et héritier en second de Tor Amon. Voici mon épouse, Aryana Rill. Nous venons de la lointaine en Ulthuan en paix. Notre navire a subi une lourde tempête au large et nous nous sommes échoués sur vos terres.

-C’est un honneur pour moi de vous rencontrer, seigneur Gilgalad. J’ai une question additionnelle, continua Abd-As-Slam. Est-ce que ceci, il montra l’armure ramassée, vous appartient ? »

Il eut sa réponse en voyant le hochement de tête du naufragé. Et l’air soulagé qui traversa fugacement ses yeux. Une armure si finement ouvragée devait en effet appartenir à un Prince, si ce qu’il disait était vrai.

« Je vous offre l’hospitalité de ma demeure tant que vous en aurez le besoin, proposa alors le vieil homme, conscient qu’il n’aurait jamais plus une telle chance de rencontrer un peuple aussi étrange et étranger de celui des Hommes, les Morts ne comptant pas réellement.

-Nous acceptons votre offre avec plaisir, répondit simplement le dénommé Gilgalad.

-Je vais ordonner à mes hommes de rassembler toutes les affaires qu’ils trouveront sur la plage et sur le navire pour les rassembler dans ma demeure et vous les restituer.

-Cela va de soi, répliqua sèchement le naufragé qui semblait avoir quelque peu récupéré de son bain forcé désormais. »

Abd-As-Slam comprit alors une chose. Offenser ces deux visiteurs semblait une très mauvaise idée. Du peu qu’il avait aperçu de leur armure, elle semblait d’une excellente facture. Qui n’aurait pu être égalée ou surpassée que par les légendaires nains des Montagnes de l’Est, que quelques rares marchands de Copher allant jusque dans l’Empire rencontraient parfois.

Pire, tout dans l’attitude des deux étrangers semblait indiquer qu’ils étaient des guerriers. Des guerriers qui semblaient avoir vu bien pire. Ils semblaient aussi être effectivement des nobles habitués à se faire obéir et à ne pas marchander avec de simples érudits, humains par-dessus cela. Ils semblaient jeunes et vieux à la fois. Comme s’ils n’avaient pas d’âge. Il se remémora une leçon de son ancien maître, mort depuis de longues décennies désormais.

Il lui avait parlé d’une époque qu’on ne trouvait que dans de rares textes ou tablettes de pierre trouvées dans le désert. Un peuple qui était venu par-delà les mers et les océans. Un peuple qui maîtrisait l’art de la navigation bien avant même les légendaires rois de Nehekhara, bien plus réels pour eux que pour l’Empire. Un peuple qui avait établi des comptoirs et des cités en Arabie, aujourd’hui en ruine.

Il se souvenait des récits apportés des humains de l’Empire ou des dessins des fresques de ces cités en ruine. Il craignait la colère de ce peuple s’il réduisait en esclavage ces deux êtres, même s’il ne connaissait pas le nom de leur race ni l’emplacement exact de leur pays. Surtout s’ils étaient des seigneurs. La fureur de ces êtres venant d’au-delà les mers serait dévastatrice pour Copher dont la défense reposait sur des mercenaires.

Le couple le suivit donc jusqu’à sa grande demeure, sans poser une seule question. Ils étaient visiblement épuisés, même s’ils tentaient de le masquer. En revanche, ils avaient fini par s’agacer des scribes qui notaient absolument tout et finirent par exiger de les faire partir. Abd-As-Slam n’eut d’autre choix que d’obéir pour ne pas les vexer, et ne pas permettre à un autre savant de les récupérer à sa place. Il avait l’occasion de faire une immense découverte et n’allait pas permettre à un rival de la faire plus tôt.

Une fois arrivés, le couple observa longuement la demeure avec un regard semblant parfaitement neutre. Abd-As-Slam se comporta en hôte parfait et leur proposa de nombreux mets. Ils acceptèrent de l’eau douce et fraîche, des fruits, des légumes et du pain, avant de demander à se reposer. Ce qui lui convint, devant à la fois tout rapporter au Calife de la cité et faire quelques recherches. Il les accompagna jusqu’à leur chambre, où il leur promit de faire déposer leurs affaires.

« Il vaut mieux pour vous, répondit simplement la dénommée Aryana Rill. »

Le ton cordial sembla toutefois masquer une menace. Qui fut confirmée par les yeux verts de la dame rousse, chargés d’avertissements. Le savant sut définitivement qu’il ne vaudrait mieux pas faire de ces personnes et de leur peuple des ennemis, ou la cité de Copher risquerait de le payer particulièrement cher, en vies et en richesses.

**********************

Quelques heures plus tard, quand ils se réveillèrent pratiquement ensemble, Gilgalad et Aryana mirent quelques minutes avant de se souvenir où ils étaient. Ils remarquèrent un plateau d’aliments et des cruches d’eau douce posé à côté de leur lit, sur une petite table. Ils se servirent et burent de longues gorgées avant de se lever réellement.

Une fois cela fait, ils fouillèrent dans les nombreuses affaires présentes dans leur chambre, venant probablement du navire sur lequel ils avaient traversé l’océan. Ils optèrent finalement pour des tenues relativement légères mais pratiques, et qui restaient correctes pour leur rang. Ils prirent leurs armes, par mesure de précaution, avant de sortir de la pièce, désireux d’en savoir plus sur l’endroit où ils étaient arrivés.

Le style des bâtiments était gracieux et relativement beau. Il n’y avait pas d’angles droits, ou très peu. Tout était en courbes élégantes qui n’étaient pas sans rappeler le style architectural des Asurs. Dans leur mémoire, leur peuple était déjà venu sur ces terres des millénaires auparavant. Peut-être avait-il laissé des traces dont les architectes locaux s’étaient inspirés. Preuve du bon goût de ces derniers dans ce cas.

Ils rencontrèrent bien vite des serviteurs qui s’empressèrent de quitter la pièce où ils étaient. Le couple se regarda et communiqua à nouveau silencieusement. C’était quelque chose qu’arrivaient à faire parfaitement les elfes, quel que fût leur peuple d’origine. Ils restaient plutôt méfiants. Ils n’avaient aucune idée d’où ils étaient réellement, ni ce que leur hôte comptait faire d’eux.

Finalement, leur hôte arriva. Il s’agissait d’un homme particulièrement vieux. Il ne lui restait probablement que quelques années à vivre. Il semblait aussi fatigué, même si passionné par les découvertes qu’il risquait de faire dans les temps à venir.

« Vous êtes-vous bien reposés, mes seigneurs, demanda affablement leur hôte ?

-Plutôt bien, nous vous remercions de votre hospitalité et de l’attention qui nous a été portées par vous et vos serviteurs, répondit poliment Aryana. Il nous faudra toutefois encore beaucoup de repos pour récupérer.

-Vous pouvez rester ici autant de temps qu’il vous plaira, proposa Abd-As-Slam, avant de voir le hochement de tête de ses hôtes, valant leur acceptation. Je vous propose que nous nous entretenions dans ma bibliothèque, où nous serons en paix et sans personne pour nous déranger. »

Les deux elfes acceptèrent immédiatement. Une conversation s’imposait entre leur hôte et eux. Ils le suivirent donc jusqu’à sa bibliothèque. Cette dernière était particulièrement grande. Elle regorgeait d’ouvrages et de parchemins divers et variés. A l’entrée, se trouvait un gros pupitre soutenant un énorme livre. Il servait probablement de référencier pour tout ce qu’elle contenait.

Ils s’installèrent dans un petit espace où se situaient des fauteuils relativement luxueux. Après avoir été servis en thé, une boisson que les deux elfes apprécièrent rapidement malgré sa chaleur, ils purent commencer à discuter.

« J’ai fait quelques recherches alors que vous dormiez. Un peuple similaire au vôtre est déjà répertorié dans nos légendes et histoires. Est-ce que cela est possible ?

-C’est possible, accorda Gilgalad. Il fut un temps où notre peuple gouvernait les mers et une bonne partie des terres de l’est. Mais ce fut il y a fort longtemps.

-Nous avions construit de nombreuses cités et ports dans ces époques lointaines, renchérit Aryana. Peut-être avez-vous vu des ruines durant d’éventuels voyages dans votre pays.

-Cela est probable, acquiesça Abd-As-Slam. J’ai parfois pu observer des ruines de tours élancées aux formes magnifiques. Elles ne ressemblaient en rien aux forteresses naines et aux bâtiments de l’hantée Terre des Morts.

-Est-ce qu’il y a certaines de ces ruines à proximité, demanda alors le Prince Dragon ?

-Une d’entre elles est à une journée de chameau ou de cheval d’ici. Nous pourrions nous y rendre, si vous le désirez. Certaines parties nous sont inaccessibles malheureusement.

-Et pourquoi voudriez-vous avoir accès à nos salles, soupçonna Aryana immédiatement ?

-Dans un but purement scientifique pour moi, avoua le savant. Je ne désire rien d’autre que de répertorier de nombreuses connaissances. Par ailleurs, cela pourrait vous permettre de rendre ces objets aux héritiers de leurs anciens propriétaires.

-Nous vous en remercions, accepta le seigneur Asur. Est-ce qu’il y aurait des navires faisant la route pour Marienburg et l’Empire ? Nous pourrions en avoir besoin pour repartir chez nous lorsqu’il sera temps.

-Il y en a même de nombreux. Quand vous le désirerez, je vous emmènerai à la capitainerie pour que vous puissiez voir quels sont les navires que vous pourriez utiliser. Mais pourriez-vous me parler de votre pays et de votre peuple ? Au moins succinctement bien évidemment.

-Cela serait particulièrement long, débuta Aryana. Nous vous en parlerons un autre jour, dans les grandes lignes. Mais notre pays, nommé Ulthuan, est une île à l’ouest du Grand Océan. Il s’agit, sommairement, d’un anneau de terres avec une mer au milieu. Il existe de nombreuses terres différentes.

-Notre peuple est celui des Asurs, continua Gilgalad. Le premier et seul véritable peuple de la race elfique. Il n’a rien à voir avec nos cousins maudits appelés Druchii et qui organisent parfois des raids sur les Terres des Hommes et sur notre pays. Nous pouvons vivre plus d’un millénaire sans problème. Certains de nos rois ont vécu près de deux millénaires.

-Mais pourquoi n’avions-nous pratiquement plus entendu parler de votre pays, s’interrogea l’arabien ? Vous ne faites pratiquement plus partie que des légendes, si je n’avais pas interrogé brièvement quelques nains.

-Nous avions des raisons internes pour ne plus être présents dans le monde entier. Mais nous avons gardé des avant-postes au sud de chaque continent pour contrôler ces détroits. Et nous dominions toujours les mers. Ce n’est que depuis une petite année que le Roi Phénix a décidé de s’ouvrir à nouveau au monde. »

La conversation continua ensuite quelque peu sur la culture locale. Les deux elfes apprirent ainsi que les locaux ne vénéraient qu’un seul et unique dieu, pour absolument tout. Pour eux, c’était difficilement concevable. Le dieu de la guerre ne pouvait pas être le même que celui de la paix, ou celui de la haine le même que celui de l’amour. C’était inconcevable.

Toutefois, aucun d’eux ne critiqua cet état de fait. Ils étaient des hôtes après tout, dans un pays et une ville qu’ils ne connaissaient pas. Ce n’était pas correct et digne de leur rang de faire de tels commentaires, surtout en public et devant une personne habitant cet endroit.

Abd-As-Slam leur raconta également dans les grandes lignes l’histoire de l’Arabie, des origines anciennes où seuls les nomades peuplaient ses terres à l’heure actuelle, en passant par le grande empire arabien et l’arrivée du prophète, qui convertit progressivement toutes les cités. Il raconta aussi les luttes plus ou moins anciennes contre les morts de Nehekhara, y compris celles d’il y a moins de quatre siècles.

Cette époque était bien plus proche pour les deux elfes, nés un peu plus tard. Et elle disait quelque chose à Gilgalad. Puis, il se souvint quand le savant leur parla de sorcier partit vers l’ouest et revenus avec des connaissances pour vaincre les morts et les bannir. Ces sorts avaient permis de remporter des victoires, mais ils n’avaient jamais révélé l’origine de leur apprentissage de ces phénomènes.

« Ma cousine est une magicienne, expliqua le Prince Dragon. Elle m’a raconté une fois avoir vu des humains apprendre le maniement du vent de Hysh à la Tour Blanche, lieu où la majorité de nos sorciers apprennent à manier les vents de magie. C’était bien avant ma naissance. Ils devaient apprendre à le manipuler pour bannir des morts et les renvoyer dans la tombe. Probablement qu’elle parlait de mages arabiens puisque les Hommes de l’Empire ne manipulent pas ces vents.

-Les vents de magie, s’interrogea le savant ? Je n’ai jamais entendu parler d’une telle chose.

-Nous vous raconterons cela plus en détails une autre fois, reporta Aryana. Cela ne mérite pas d’être discuté en très peu de temps. Le sujet est extrêmement vaste et complexe. »

Peu après, le trio alla prendre le souper. Car il fallait bien manger quand même et subvenir à ses besoins. Or, une bibliothèque n’était pas une place pour cela. Les mets, fins et délicats, furent jugés, particulièrement par les deux étrangers, peu habitués à cette nourriture venant des oasis et des cultures poussant dans ce pays chaud. Ulthuan, et particulièrement Caledor, était une région plus froide. Beaucoup plus froide pour leur royaume natal d’ailleurs que le reste de l’île.

Après le repas, les deux elfes repartirent faire un brin de toilette avant de raconter rapidement quelques histoires de leur peuple au savant, qui prenait frénétiquement des notes. Puis, ils allèrent se coucher, non sans avoir une conversation dans leur lit, histoire de faire le point sur ce qu’il fallait faire désormais.

« Il nous faudrait avoir plus d’informations sur la cité et le pays. Mais ils pourraient être utiles pour le trafic d’épices et autres produits s’il y avait un rétablissement de liaisons commerciales avec l’est. Par ailleurs, il a semblé très intéressé par nos armures, nous posant régulièrement des questions dessus, résuma en partie Aryana.

-Je suis d’accord, convint Gilgalad. Il nous faudra toutefois avoir plus d’informations sur leur style de combat avant de leur en fournir hypothétiquement. Et même là, ce serait à un prix exorbitant. Heureusement que la cargaison nous appartient, murmura-t-il à la fin.

-Le vieil homme paraît convenable, renchérit son épouse. Mais je me méfie toujours des Hommes. Ils peuvent facilement être corrompus. Et je ne veux pas que nous fournissions des armures à des dirigeants qui traitent aussi bien leurs sujets que nos ennemis jurés. »

Pour toute réponse, son mari l’embrassa chastement sur la bouche, tout en lui signifiant par le regard qu’il était d’accord avec elle. Tout l’équipage et la majeure partie de la cargaison semblait au fond de l’océan désormais. Mais ils auraient largement de quoi faire fortune avec le reste. Sans compter qu’il restait un Prince Dragon de plein titre et que son épouse était son apprentie. Toutefois, il décida de reporter les plans au lendemain, ou plus tard encore, et s’endormit tranquillement.


Dernière édition par gilgalad le Mar 16 Avr 2019 - 17:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Récit] Histoire de Gilgalad by Gilgalad    [Récit] Histoire de Gilgalad by Gilgalad  EmptyDim 14 Avr 2019 - 23:52

Chapitre 1-2 : Influence et décision


Les jours suivants, le couple d’Asurs passa le plus clair de son temps à récupérer de son naufrage. Ils étaient rapidement épuisés et avaient besoin de se nourrir et de boire en grandes quantités. Le corps des elfes était certes bien plus résistant que celui des humains en ce qui concernait les maladies, les affres de l’âge et l’endurance face aux épreuves, mais il n’en restait pas moins une enveloppe mortelle ayant besoin de se sustenter régulièrement.

Aryana et Gilgalad expliquèrent alors certains pans de leur histoire à leur hôte, de même qu’ils firent quelques descriptions d’Ulthuan. Néanmoins, s’ils racontèrent la beauté de leurs cités et de leurs paysages, jamais ils ne parlèrent du système défensif de ces dernières. Si Abd-as-Slam ne semblait pas animé de mauvaises intentions, ce ne serait pas nécessairement le cas de personne cherchant des informations qui viendraient le voir.

En échange, le savant leur parlait de leur pays. Ce dernier était loin d’être unis. Il était un assemblage de diverses cités plus ou moins indépendantes et régnant sur des territoires plus ou moins grands. Leur plus grand ennemi n’était pas tant le Chaos, que le vieil homme ne connaissait pratiquement que de nom, mais les Morts de l’ancienne Nehekhara, aujourd’hui baptisée Terre des Morts.

Il avait pu voir, dans sa prime jeunesse, ces derniers combattre. La vision de combattants ne s’arrêtant et pouvant se relever était effroyable. Néanmoins, leur armée avait été magnifique avec ses armures dorées qui réfléchissaient le soleil. Mais le silence qui l’accompagnait avait été assourdissant. Il leur expliqua les principales faiblesses de ces morts-vivants, par simple courtoisie, justifia-t-il, même si les deux elfes n’étaient pas totalement dupes et savaient qu’il espérait bien qu’ils aideraient en cas d’attaque.

Les deux naufragés voulurent ensuite en apprendre plus sur la ville. Mais le savant leur apprit que la cité traversait une sorte de crise politique. Le précédent calife était mort de vieillesse. Et ses fils se disputaient son héritage. Par conséquent, il ne pouvait certainement pas les présenter à l’un d’eux sans risquer de s’attirer la fureur, mortelle, des autres. Il leur expliqua alors que le vainqueur exécuterait probablement ses demi-frères et frères.

« Mais pourquoi ne font-ils pas une élection, tout simplement, demanda Gilgalad ? C’est ainsi que nous procédons pour le Roi Phénix qui est choisi parmi les princes d’Ulthuan quand le précédent meure. Certes, il y aura beaucoup d’intrigues et d’alliances. Mais le processus est beaucoup plus sain et permet de s’assurer de l’allégeance de tous les royaumes et tous les domaines.

-Ce n’est pas dans nos mœurs et traditions, répondit simplement Abd-As-Slam. Mais, si vous y consentez, je pourrai vous présenter les héritiers pour que vous proposiez la solution.

-Cela nous conviendrait amplement, accepta Aryana. Nous avons plusieurs raisons de les rencontrer, et qui ne concernent pas que le choix d’un nouveau calife. »

Toutefois, les deux elfes ne désiraient pas les rencontrer immédiatement. Avant cela, ils comptaient entièrement récupérer de leur naufrage et reprendre réellement leur entraînement guerrier, ce qui devait arriver dans les jours suivants. Ils voulaient également terminer le tri dans leurs affaires pour apparaître à leur avantage. C’était nécessaire selon eux de ne pas paraître faibles.

Trois jours plus tard, le Prince Dragon Gilgalad avait revêtu à nouveau son armure, pour la première fois depuis plusieurs semaines. Il se sentit diffèrent dès qu’elle fut passée, ressentant à nouveau le plaisir immense de se battre et se donner physiquement et mentalement à fond dans le combat. Il avait été élevé pour la guerre par ses parents. Il avait été aussi éduqué par la guerre, ayant longtemps été envoyé dans les terres d’outre-mer pour garder les bouts de continents et le trafic maritime qui y passait.

Quand Abd-As-Slam les surprit en train de s’entraîner, il comprit une chose. Les rares légendes sur ce peuple qu’il avait pu lire dans sa bibliothèque disaient vrai. Ce peuple était composé de guerriers hors pairs. Parmi les Hommes, rares devaient être ceux capables de les égaler. Les voir combattre était similaire à regarder une danse entre deux personnes. Une dans qui pourrait être mortelle contre des ennemis qu’ils combattraient.

Assurément, jugea-t-il, il valait mieux pour les héritiers du défunt calife ne pas s’en faire des ennemis. Sinon, la fureur de ces Asurs pourrait être terrible. Mais il les savait suffisamment intelligents pour cela, à l’exception de quelques-uns peut-être. Il faudrait voir aussi ce que les elfes auraient éventuellement à proposer. Être mercenaire n’était certainement pas possible, comme ils l’avaient dit durant certaines discussions.

Ce fut finalement trois semaines après leur arrivée à Copher, parsemées de quelques petites visites ou observations de la ville, que le couple d’elfes fut présenté aux héritiers du calife, qui ne s’étaient toujours pas départagés. La compétition entre eux allait de plus belle et les complots se faisaient et se défaisaient à une grande vitesse. La vérité d’une journée n’était pas celle de la nuit pas plus que celle du lendemain. Pourtant, tous parvenaient à échapper aux assassinats, au prix de quelques gardes tués.

Le palais était particulièrement beau, même si les deux elfes trouvaient la richesse exposée un peu trop visible. Cela ressemblait à de l’arrogance mal placée pour eux. Comme s’ils avaient besoin d’exposer leur argent pour montrer qu’ils en avaient et que personne ne pouvait le soupçonner. Mais ils ne s’arrêtèrent pas à cela et rencontrèrent leurs sept « candidats » au titre de calife.

Dire que la majorité fit bonne impression était un euphémisme. La plupart des tenues étaient trop ostentatoires au goût des deux calédoriens. Elles contenaient énormément d’or ou de brodures dorées. Cela semblait être la course au plus riche. Seul l’un d’eux s’était habillé plus sobrement, sans guère d’ornements. Avait-il étudié plus en détail les informations d’Abd-As-Slam ?

Tous se répandirent en formules d’accueil diverses et variées et voulurent offrir des cadeaux venant de la lointaine Cathay pour montrer leur opulence. Probablement qu’ils espéraient un soutien commercial qui leur ferait prendre l’avantage sur leurs concurrents, à défaut d’un soutien militaire plus qu’hypothétique.

Les deux elfes se laissèrent faire et subirent les nombreux discours qui visaient à mettre en valeur celui les déclamant et rabaisser les autres. Ils se demandaient si Finubar, qui explorait les terres bien plus au nord devait subir un pareil traitement. Il espéra que non, auquel cas les elfes s’enfermeraient définitivement sur Ulthuan.

Néanmoins, après quelques heures, seul le premier-né du précédent Calife avait retenu l’attention des deux combattants. S’il était éduqué pour éventuellement régner sur des terres, Gilgalad restait toutefois un guerrier élevé pour la guerre contre les ennemis des Asurs. Et il gardait l’intérêt de ces derniers en vue. Ainsi, juste après la rencontre, ils firent passer le mot à leur hôte qu’ils désiraient rencontrer le premier-né.

Ce dernier arriva rapidement chez Abd-As-Slam et se présenta comme Amir, ce qui signifiait Prince dans sa langue, ce qui correspondait plutôt bien à son rang. Il justifia, après les présentations traduites par l’hébergeur des elfes, son choix de tenue et sa retenue lors de la présentation précédente.

« J’ai bien lu ce que votre aimable hôte nous avait écrit. En voyant que vous étiez avant tout des guerriers, j’ai songé qu’il valait mieux éviter de paraître trop marchand et riche. Ce qui m’a convaincu définitivement était de voir que vous étiez de grands seigneurs, peut-être bien plus riches que toute la cité de Copher elle-même.

-Qu’est-ce que vous demanderiez, fit directement Gilgalad, malgré tout peu dupe ?

-Je pourrais conclure une alliance avec votre peuple et nous commercerions. En m’enrichissant ainsi, cela me permettrait de prendre l’avantage sur mes concurrents et donc de diriger la ville, ce à quoi j’ai été destiné depuis mon plus jeune âge. L’alliance pourrait ainsi aussi se transmettre à travers les générations.

-Mais qu’est-ce que cela apporterait à Ulthuan selon vous, insista Aryana ?

-Un contrôle plus vaste sur nos marchandises à destination de l’Empire et de la Bretonnie. Vous désirerez probablement établir aussi vous-mêmes un contrôle sur ces dernières, si ce que l’on sait de votre flotte est vrai. Cela permettrait à Copher d’assurer une meilleure flotte de guerre pour se protéger des pirates. Contre paiements de diverses natures, vous pourriez aussi protéger nos navires. »

Une idée se mit en place dans la tête des deux elfes. Une idée qui nécessiterait d’en parler au Roi Phénix et probablement Finubar. Ulthuan pourrait devenir une grande plaque tournante pour le commerce mondiale et la protection de la flotte Asur se payer à prix d’or. Certes, ils ne deviendraient pas des corsaires ou quoi que ce fût dans le même genre. Mais leur protection serait très chère et pourrait aisément remplir les caisses du royaume.

« Nous ne sommes pas commerçants, répondit simplement Gilgalad. Nous ne pouvons établir un échange avec vous directement. Mais, dès que nous rentrerons, nous en parlerons avec notre Roi pour qu’il envoie des émissaires à même de le faire. Je suis certain qu’il sera intéressé par une telle offre.

-J’en prends note, accepta l’arabien, qui n’avait guère le choix. »

Les semaines suivantes furent consacrées à la préparation du départ pour Ulthuan. Toutefois, le plus difficile fut d’essayer de recruter un navire et un équipage prêt à faire ce voyage dans l’inconnu. L’île d’Ulthuan n’était guère connue par les arabiens qui ne la considéraient que comme une légende pour ceux qui en avaient la connaissance parmi les marins.

Néanmoins, quitter Copher allait être loin d’être aisé puisque la compétition pour devenir Calife s’accéléra brutalement avec l’assassinat de deux prétendants. La ville commença à être écumée par des bandes d’hommes qui saccageaient les maisons et les échoppes des partisans de certains fils de l’ancien seigneur de la cité. Cela concernait aussi bien les moins fortunés que les plus riches.

Ainsi, une nuit, les deux elfes furent réveillés par un vacarme provenant de d’autres pièces. Surpris, ils s’habillèrent en vitesse avant d’écouter plus attentivement. Une bande attaquait la demeure d’Abd-As-Slam. Ils enfilèrent certaines pièces de leurs armures pour se protéger des coups avant de prendre leurs armes. La plaisanterie avait assez duré selon les deux étrangers.

En sortant de leur chambre, ils remarquèrent des hommes en train de saccager la bibliothèque. Ils tenaient des torches pour s’éclairer et incendier la maison. Certains renversaient les meubles et brutalisaient les servants, et esclaves. Ces derniers n’avaient rien à voir avec les esclaves des Druchii et étaient beaucoup mieux traités que leurs homologues martyrisés à Naggaroth.

Les deux elfes se décidèrent rapidement à intervenir. Ils tirèrent l’épée du fourreau et prirent par surprise deux premiers humains. Ces derniers n’eurent pas la moindre chance contre les guerriers et furent tués en quelques secondes, la gorge tranchée. Alors qu’ils s’effondraient, d’autres intrus arrivèrent et se jetèrent sur les invités.

Le combat fut très bref et sanglant. Gilgalad était entraîné depuis près de deux siècles. Aryana plus d’un. Ils avaient probablement vécu bien plus de combats dans toute leur vie que tous ces hommes vandalisant la maison de leur hôte réunis. La différence se fit rapidement sentir entre ces humains vêtus de simples tuniques habitués aux combats de rues et ces guerriers entraînés à tuer sans remords et équipés d’armures très résistantes.

Le sang commença à inonder le carrelage et la céramique du sol. Les esclaves et servants purent ainsi se regrouper et se réfugier dans certaines pièces tout en les barricadant. Pendant ce temps, le couple écuma toute la demeure, tuant impitoyablement tous les intrus. Jusqu’à arriver dans la bibliothèque, mise à sac. Abd-As-Slam était tenu en respect par un homme qui ressemblait à un véritable soldat et l’implorait de ne pas détruire l’œuvre de plusieurs vies, sans guère de succès.

L’invention des Asurs fut aussi brève que sanglante. Ils étaient trop rapides et trop bien entraînés pour se laisser vaincre par de simples bandits sans foi ni loi. Seul le guerrier qui avait tenu en respect de son arme le savant put leur opposer une quelconque résistance. Avant de mourir, lui aussi décapité.

Aryana se retourna brusquement, les sens alertés. Quelqu’un d’autre était présent. Elle n’esquiva une dague lancée contre sa gorge que grâce à son entraînement et ses réflexes surhumains. Elle repéra le lanceur et en avertit son époux. Ce dernier se tourna vers le responsable. Ils eurent tous deux un moment d’arrêt.

Il ressemblait énormément à un assassin Druchii. Mais il n’en était pas un car la guerrière l’avait entendu arriver. Certes, il avait été discret, mais pas suffisant. Un assassin de Khaine ne se serait pas laissé surprendre et n’aurait pas raté sa cible, ils en étaient certains. Comprenant probablement qu’il n’aurait pas beaucoup de chances d’en réchapper s’il les affrontait, il tenta de s’enfuir.

Mais une lame lancée par Aryana stoppa sa course en se fichant dans son dos. Il s’effondra sur le sol alors que Gilgalad arrivait sur lui. Il le retourna et lui bloqua la bouche avec son gantelet. Il désirait l’empêcher de se détruire une dent ou avaler du poison. Il enleva l’autre et fouilla la cavité buccale de son prisonnier mais ne trouva aucune fausse dent. D’une main de fer, il lui tint les mains alors que l’homme essayait tant bien que mal de se débattre.

Finalement, Aryana arriva avec une corde et ils le ligotèrent rapidement. Puis, ils le coincèrent contre un mur avant de se mettre à l’interroger. Voyant qu’il ne répondait rien, Gilgalad le menaça avec son arme, puis donna quelques coups, sans plus de succès. Il semblait imperturbable. Finalement, l’elfe craqua. Il alla saisir une torche enflammée et déchira un morceau de la tunique de l’humain.

« Je vais parler… je vais parler, cria-t-il aussitôt, ses paroles étant traduites rapidement par un Abd-As-Slam qui s’était partiellement remis de ses émotions et s’était rapprocher pour les aider.

-Qui t’a demandé de tuer notre hôte, demanda sèchement le Prince Dragon ? »

Il donna rapidement un nom, visiblement terrifié par la torche qui flambait. Puis un deuxième. Qui correspondaient à des « candidats » pour devenir Calife. Ce qui ne surprit guère les deux elfes et le savant. Ils étaient passés à la vitesse supérieure pour prendre l’avantage sur leurs concurrents. Et les deux elfes décidèrent de résoudre le problème à la source, en les attaquant.

Mais, soudain, l’alarme retentit. La ville était attaquée probablement depuis la mer. Les deux elfes laissèrent leur prisonnier sur place, non sans lui enfoncer une de ses armes dans la jambe pour l’immobiliser. Suivis de loin par leur hôte, les deux guerriers montèrent au sommet de la maison pour voir ce qui arrivait. Ils pouvaient voir le port et la mer depuis un balcon.

Plusieurs navires dans la rade étaient en flamme et illuminaient cette nuit de demi-lune. La population paniquait et courrait dans les rues comme si elle avait perdu la tête. Les voiles blanches de la flotte de guerre d’Ulthuan étaient distinctement visibles par les deux elfes. Visiblement, Copher avait attiré la fureur du Seigneur des Mers pour une raison ou pour une autre.

« Je pense qu’il s’agit d’un des héritiers du défunt Calife, tenta Abd-As-Slam. Il a dû faire attaquer un navire en le pensant sans défense. Et il a dû attaquer le mauvais. A moins que votre peuple n’ait décidé de prendre nos richesses pour nous menacer.

-Les Asurs n’attaquent pas sans raison, rétorqua Gilgalad. La flotte d’Ulthuan est là pour une raison et je désire savoir laquelle. Faites-moi venir un parchemin, une plume et de l’encre. »

Quand cela fut fait, le Prince Dragon écrivit un message en Eltharin sur ce dernier. Un message qu’il devrait présenter aux elfes qui viendraient chez lui. Il ordonna également aux serviteurs de se barricader et d’ouvrir aux Asurs et uniquement à eux, à personne d’autre. Puis, avec Aryana, ils s’aventurèrent dans les rues qui se désertaient progressivement de la basse ville.

Il ne fallut que dix minutes aux deux elfes pour trouver une première unité de Gardes Maritimes. Ces derniers progressaient rapidement, la lance à l’épaule, comme à la parade. Nul n’osait réellement s’opposer à eux. Toutefois, leur chef les fit s’arrêter quand il reconnut l’armure du Prince Dragon.

« Qui êtes-vous et que faites-vous avec l’armure d’un Asur, demanda-t-il dans la langue de l’Empire ?

-Je suis le Prince Dragon Gilgalad Brannon-êl, second héritier de la cité de Tor Amon, sise dans le Royaume de Caledor, rétorqua le concerné dans la langue des Asurs. Et je vous demande la raison de votre présence dans cette cité.

-Nous sommes ici sur les ordres du Seigneur des Mers. Des navires mouillant ici ont attaqué un de nos bâtiment et en a pillé les richesses. Nous venons récupérer ce qui appartient au Roi Phénix et avertir les habitants qu’il ne faut point sous-estimer la puissance d’Ulthuan.

-Alors comptez sur nous pour vous aider, sourit méchamment celui qui logeait ici depuis plusieurs mois maintenant. »

Rien ne put s’opposer aux Gardes Maritimes et aux deux guerriers de Caledor. Même les unités de gardes envoyées les arrêter furent impitoyablement massacrées jusqu’au dernier. Quatre palais furent investis et mis à sac, les richesses prises, qu’elles appartinssent à Ulthuan ou non. Elles serviraient en compensation de ce qui avait été volé au Roi Phénix. Cette nuit-là, quatre prétendants au trône de Calife décédèrent sous les lames des Asurs.

En revenant au port, les deux invités d’Abd-As-Slam rencontrèrent l’amiral de la flotte. Ce dernier accepta de les récupérer sur une plage au large, avec leurs possessions. Et ce dès le lendemain. Récupérer un prince et une princesse d’Ulthuan dont on était sans nouvelles lui assurerait une bonne position dans l’état-major de la marine de guerre grâce au prestige dû au retour du couple.

Dès qu’ils revinrent chez Abd-As-Slam, les deux elfes l’avertirent de leur départ prochain. Aussitôt, le savant fit mettre en branle ses serviteurs et esclaves qui se mirent à organiser des chariots pour transporter les biens appartenant aux deux invités. Naturellement, il leur proposa de revenir un jour à Copher, que sa porte leur serait toujours ouverte.

« Nous vous en remercions. Si Asuryan le veut, peut-être nous reverrons-nous un jour, répondit diplomatiquement Gilgalad. Pour l’heure, nous nous devons de rentrer dans nos terres natales. En revanche, vous pourriez vous attendre à la visite d’une délégation elfique dans un moment d’une durée incertaine.

-Une visite plus diplomatique que celle de cette nuit, demanda l’érudit en plaisantant ?

-C’est cela même, lui accorda le Prince Dragon. Si tant est que Copher n’offense pas à nouveau Ulthuan bien entendu. Il vaut mieux pour votre cité que ce ne soit pas le cas. La fureur des Asurs n’est pas bonne à être provoquée, surtout si on n’a pas les moyens de la contrer.

-J’en avertirai les seigneurs de la cité, convint leur hôte, qui était probablement leur meilleur soutien dans cette ville. Je leur demanderai de ne pas faire attaquer vos navires et ceux de vos alliés. J’espère que l’attaque de cette nuit suffira comme avertissement. »

Seul un hochement de tête approbateur lui répondit. Gilgalad avait bien d’autres choses à faire comme préparer leur départ. Il devait aussi trier ses propres affaires une dernière fois, ce qu’il alla faire assez rapidement après avoir acquiescé aux paroles de leur hôte.

Quelques heures plus tard, les elfes furent prêts au départ. Abd-As-Slam choisit de rester dans sa demeure. Sinon, selon ses propres mots, il aurait été trop tenté de venir avec eux en Ulthuan. Ce qui était inenvisageable pour lui. Ainsi, il préférait les adieux chez lui. Les deux elfes le saluèrent avec une pointe de tristesse, conscients qu’ils ne le reverraient probablement jamais. Il ne lui restait que peu de temps à vivre quand eux n’étaient que de jeunes elfes adultes. Et puis il les avait accueillis et hébergés pendant quelques mois, à leurs frais.

Après un nouvel échange silencieux avec son époux, Aryana sortit un parchemin de ses affaires et le tendit à l’homme. Ce dernier le saisit, surprit.

« Il contient nombre d’informations sur Ulthuan, expliqua la femme elfe. Il raconte notamment certaines de nos légendes et contient une carte sommaire de notre île. Bien évidemment, aucune information stratégie d’importance n’y est inscrite. Qu’Asuryan et Isha vous protègent et vous accorde leur protection, termina-t-elle.

-Qu’Ormazd vous accorde sa protection pour toute la durée de votre existence, qu’elle soit longue et heureuse, répondit le vieil homme, les larmes aux yeux. »

Les deux elfes le saluèrent avant de quitter la ville, escortés par de nombreux serviteurs. Ils la quittèrent sans encombre et arrivèrent au bout de quelques heures sur la plage désignée, attendus par de nombreuses chaloupes elfiques. Ces dernières chargèrent les biens plus ou moins précieux. Les esclaves d’Abd-As-Slam s’en retournèrent ensuite, non sans avoir des regards émerveillés. Et les deux naufragés surent qu’ils raconteraient tout à leur maître.

Non sans un dernier regard, ils embarquèrent sur le vaisseau dragon La Fierté de Saphery. Un long chemin les attendait jusqu’en Ulthuan. Mais ils allaient enfin rentrer sur leur île natale, même si pas immédiatement à Caledor, ce qu’ils attendaient pourtant avec impatience. Ses montagnes et ses pics enneigés valaient tout l’or du monde.


Note de fin :
Oui, je sais, la fin va un peu vite. Mais c'est voulu. Juste que l'histoire tirait à sa fin pour cette partie de leur vie et qu'il n'y avait pas de raison de s'éterniser outre mesure.
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MessageSujet: Re: [Récit] Histoire de Gilgalad by Gilgalad    [Récit] Histoire de Gilgalad by Gilgalad  EmptyLun 22 Avr 2019 - 18:13

Bonjour ou bonsoir à toutes et à tous. Voici le nouveau chapitre de l'histoire de mon personnage en RP. On fait un saut dans le temps de quelques siècles.


Chapitre 2-1 : Jusqu’à la mort

Les routes de l’Empire, même s’il était très fragmenté et en proie à une guerre civile parfois larvée, parfois ouverte, contenaient toutes sortes de voyageurs. On y trouvait bien évidemment des paysans allant vendre leurs produits. Des marchands qui partaient parfois pour de longues expéditions sous une très bonne garde. De temps à autre, on pouvait croiser une armée, plus ou moins grande, en marche. Mais il y avait aussi des visions moins attrayantes comme celles des répurgateurs et de mystérieux voyageurs qui tentaient de se faire discret.

Tout ce beau monde se retrouvait souvent en dans les auberges des villages et petites villes, ou bien celles fortifiées présentent sur la route. Quelque part dans la province disparue du Solland, un être étrange venait de pénétrer dans une de ces auberges fortifiées. Oh, elles l’étaient bien moins que dans celles de la Reikwald. Mais en ces temps incertains, il fallait se prémunir de tout danger potentiel.

L’être était particulièrement bizarre, de l’aveu même des voyageurs qui occupaient les lieux et se restauraient et désaltéraient avant de profiter d’une bonne nuit de sommeil bien mérité. Il avait revêtu une immense cape noire de voyage, dont le capuchon cachait une grande partie de son visage. Il alla s’asseoir loin du feu, dans un recoin sombre, semblant être aux aguets. Il commanda une simple soupe, visiblement pour la forme puisque la serveuse nota son ton peu aimable.

Le silence tombé à son arrivé disparut bien vite et chacun retourna à ses affaires. L’être, toutefois, resta très attentif à toutes les conversations, qu’il pouvait aisément percevoir. Il cherchait des informations sur des personnes qui étaient passées par les environs il y avait encore peu de temps. Il voulait les voir et les affronter.

Soudain, des paroles retinrent son attention. Elles parlaient de deux guerriers invincibles. Deux êtres qui disaient être des elfes de la lointaine Ulthuan. Deux personnes capables de gagner un combat à un contre cinq sans porter la moindre armure. Des combattants qui frappaient plus vite qu’un serpent et semblaient aussi glissants que des anguilles entre les attaques de leurs adversaires et ennemis.

Le mystérieux voyageur sourit amplement. Il était sur la bonne voie. Il se concentra sur les paroles plus ou moins décousures du duo qui parlait de ces deux êtres surhumains. Il apprit qu’ils étaient partis vers le sud, visiblement sur la piste d’un quelconque objet appartenant à leur race. Ils tuaient tous ceux qui tentaient de s’opposer à eux. Il ne tarderait probablement pas à les trouver. Même s’ils allaient à cheval comme le disaient les deux humains.

Quand il eut la direction empruntée par les deux voyageurs, l’être quitta sa table non sans laisser quelques pièces. La nuit était tombée dehors. Mais cette dernière ne le gênait pas. Il y voyait aussi clair qu’en plein jour. Néanmoins, il enleva le capuchon de sa cape, n’ayant désormais plus aucun risque. Oh, il n’était jamais contre un bon combat. Mais seulement si celui-ci en valait la peine. Et ce n’était pas le cas de ces piètres humains.

Les deux lunes révélèrent un visage blafard aux longs cheveux blancs noués en une tresse. Les deux yeux, bruns, s’allumaient parfois d’une petite lueur rouge alors que des pensées meurtrières traversaient l’esprit de cet être qui ne craignait rien ni personne. Peut-être qu’il aurait prochainement un combat digne de ce nom. Le premier depuis fort longtemps. Il n’avait jamais eu l’occasion de réellement affronter les elfes de la lointaine Ulthuan.

Oh, il la connaissait de par les histoires de son ancien peuple, celui de Nehekhara. Mais ils étaient bien trop rares de ce côté de l’océan. A chaque fois qu’il entendait parler de l’un d’entre eux qui aurait pu mériter un combat, il était déjà reparti ou avait bien trop d’avance et finissait par repartir sur son île. Cette fois, il ne laisserait pas passer sa chance. Surtout quand il repéra les traces fraîches de deux montures. Les elfes avaient probablement voulu avancer de nuit pour être plus en sécurité, puisqu’il y avait peu de bandits et de dangers dans cette région de l’Empire.


A quelques lieues de là, Gilgalad et Aryana allaient tranquillement sur leurs montures. C’était l’hiver et ils étaient déjà partis depuis quatre longues années d’Ulthuan. Leur terre natale ne leur manquait guère plus que cela. En revanche, c’était le cas pour la fratrie du premier. Ainsi que la ville elle-même de Tor Amon.

Quelques décennies après leur expédition fortuite en Arabie, son épouse avait réussi l’exploit de devenir un Prince Dragon de Caledor sur une dérogation d’Imrik lui-même. Depuis, ils s’entraînaient, se battaient et parcouraient également l’Empire à la recherche d’artefacts appartenant au peuple des Asurs. Ils étaient en mission pour le Roi Phénix Finubar le Voyageur et nul n’avait le droit de s’opposer à eux.

A force de combat et après plus de quatre siècles d’entraînements toujours plus poussés, Gilgalad était devenu un très redoutable combattant dans l’ordre. Certains disaient même qu’il était le meilleur après Imrik en personne. C’était vérifié à l’épée, bien qu’il n’ait jamais eu l’occasion d’affronter tous les guerriers de l’ordre, mais point à la lance de cavalerie qui n’était pas l’arme de prédilection de l’elfe.

Aryana était devenue une combattante pratiquement aussi redoutable que son époux. Il l’avait entraînée personnellement et quand il progressait, elle progressait aussi. Elle compensait son retard dans l’entraînement par une plus grande prudence au combat. Elle bénéficiait aussi d’une grande expérience puisqu’il l’avait souvent laissée combattre toute seule pour l’aguerrir alors qu’il observait, tout en se tenant prêt à intervenir, au cas où.

Naturellement, lors d’une expédition comme celle qu’ils faisaient actuellement, ils ne prenaient guère de pièces d’armure. Seulement leur cuirasse et quelques autres éléments. Chacun disposait de son propre équipement, conçu pour ces longs voyages. Ils portaient également toujours un arc, un carquois avec des flèches mais aussi une épée.

Ils regardaient souvent autour d’eux, à la fois pour repérer d’éventuels dangers, mais aussi pour admirer les paysages. Même s’ils les trouvaient moins beaux que les plaines d’Ellyrion ou les montagnes de Caledor, les terres de l’Empire pouvaient receler de magnifiques endroits qui méritaient d’être vus. Il y avait aussi parfois des curiosités architecturales, comme des tours en ruine sans personne ne sache pourquoi elle était là, au milieu de rien.

« Est-ce que tu penses que l’on finira par trouver ce que l’on doit ramener en Ulthuan, demanda brutalement Aryana en brisant le silence établi entre eux ?

-Je commence à en douter, répondit son époux après quelques instants de réflexion. Il est dit que les morceaux du Talisman de Guerre peuvent être particulièrement petits. Et donc difficilement trouvables. »

Le silence confortable regagna le couple qui avançait sans se presser. N’avaient-ils pas largement le temps ? Ils n’étaient pas humains et avaient encore au moins cinq siècles à vivre. Sans compter que cela épuiserait plus rapidement leurs montures. Ils voulaient aussi profiter de la liberté qu’ils avaient en dehors de leur île natale, où toute leur vie était contrainte par leurs rangs de prince et princesse d’Ulthuan.

Trouver les traces d’objets appartenant aux Asurs était souvent loin d’être aisé. Il s’agissait souvent d’interroger de simples humains sur ce qu’ils voyaient, sur les ruines elfiques qu’ils avaient pu explorer, eux ou leurs ancêtres. Bien évidemment, personne n’osait vraiment s’opposer à eux. L’Église de Sigmar avait bien tenté, mais la réaction du Roi Phénix les avait dissuadés d’aller plus loin. Il fallait dire que la menace de raids sur Marienburg était plutôt utile.

Un autre problème auquel ils devaient souvent faire face était celui des bandits. Même s’ils étaient des elfes, les personnes ne savaient guère qu’ils étaient des combattants aguerris. Ils se fiaient à leur faible apparence, étant plus minces que des humains. Avant de déchanter rapidement. Ainsi avait grandi l’histoire de deux guerriers invincibles. La seule menace désormais redoutée par les deux Princes Dragons était celle d’une bande bien trop nombreuse de bandits, ou alors de peaux-vertes, ce qui n’était pas impossible.

Néanmoins, dès que c’était possible, ils évitaient les embuscades. Non pas qu’ils avaient peur d’y perdre la vie ou d’être capturés. Mais ils craignaient pour leurs montures, qui elles, risquaient soit de partir dans la nature, soit d’être blessées ou tuées, ce qui reviendrait pratiquement au même en l’absence de guérisseurs Asurs pour les chevaux.


Bien loin derrière eux, l’étrange voyageur continuait sa route, suivant attentivement les traces laissées par les montures des deux elfes. Il marchait très vite, sans même avoir besoin de courir. Il commençait à ressentir l’excitation du combat et à envisager toutes les éventualités de celui à venir. Si les deux guerriers étaient aussi bons que les humains le disaient, il devrait être prudent pour ne pas avoir la moindre faiblesse exposée.

L’être avait déjà affronté des elfes, même s’ils venaient de la lointaine Naggaroth ou de la grande forêt de Bretonnie. Même s’ils pouvaient être forts différents, ils restaient des elfes. Ils étaient plus rapides que n’importe quel être humain. Très bien coordonnés, ils pourraient, non pas le mettre en difficulté, mais lui opposer un combat digne de ce nom. Il n’en avait pas eu depuis des siècles. Cela commençait à lui manquer.

Néanmoins, le nord du Vieux Monde commençait à s’agiter. Et peut-être que bientôt, le Chaos se déverserait contre l’Empire désuni. Alors il aurait peut-être une chance d’affronter ceux qui faisaient partie des meilleurs guerriers au monde, les champions du Chaos et les Démons Majeurs. Cela faisait plus d’un millénaire qu’il n’avait pu affronter l’un d’eux. Et affronter deux grands guerriers elfes que la lointaine Ulthuan lui donnerait l’occasion de reprendre les bonnes habitudes.

Malgré cela, il désirait être certain d’avoir un excellent combat. Il n’avait aucune garantie et ne voulait plus se lancer dans des duels bien trop faciles. Ils n’avaient aucun intérêt, à part flatter son égo qui n’avait pas besoin de cela. Il avait tué un dragon il y avait plus de deux millénaires. Il était le plus fort, le plus rapide et probablement le meilleur de tous les guerriers du monde. Seuls peut-être les dieux pouvaient le vaincre, s’ils existaient. Il avait besoin d’opposants dignes de ce nom.

Il savait une chose, que les routes de cette région de l’Empire grouillaient parfois de bandits. Qui étaient organisés en des bandes parfois assez nombreuses. Il sourit méchamment en pensant à ce qu’il pouvait faire. Il allait organiser une embuscade et ainsi il pourrait estimer leur valeur au combat. S’il les estimait dignes, et donc qu’ils survivaient tous deux sans guère de problèmes, ils auraient alors l’immense honneur de l’affronter.

Ainsi, il commença à accélérer le rythme pour les rattraper et les dépasser dans les jours suivants, en prenant au passage quelques chemins détournés. Car il savait une chose à propos des elfes. Ils avaient une ouïe surdéveloppée. Ils auraient tôt fait de le repérer les dépasser. Et il aurait attiré leur attention, provoquant un combat qu’ils n’étaient peut-être pas dignes d’avoir.

Quelques temps plus tard, il débuta la mise sur pied de l’embuscade, se contenant de recruter une vingtaine de bandits, attirés par l’opportunité de se faire aisément de l’or. Bien évidemment, il les avertit du talent au combat des elfes. Mais, à deux dizaines contre seulement deux guerriers, soit un contre dix, l’avantage semblait clairement en leur faveur. D’autant plus qu’ils avaient des archers redoutables selon les propres standards humains.


Trois jours plus tard, Gilgalad et Aryana arrivèrent à proximité du lieu de l’embuscade. Malgré la discrétion des humains, ils les entendirent de loin. Ils firent demi-tour et tentèrent d’explorer les environs. Mais ils n’avaient guère le choix. Il faudrait se battre, peut-être durement. Alors ils s’équipèrent intégralement, du moins avec toutes les pièces d’armure qu’ils avaient, y compris les heaumes. Puis, ils revinrent vers le même endroit, prêt à se battre jusqu’à la mort, la leur ou celle de leurs assaillants.

Mais, avant d’y arriver, le sifflement caractéristique de flèches les alerta. Ils tentèrent de les esquiver. Celles les visant directement allèrent se perdre dans les bois les entourant. Mais pas celles visant les montures, qui furent tuées sur le coup. Elles chutèrent au sol, entraînant avec elles leurs maîtres. La fureur grandit rapidement au sein du couple. Ils paieraient pour le meurtre de deux nobles chevaux d’Ellyrion.

Une nouvelle volée sortit des fourrées se ficha dans les grands boucliers des deux guerriers de Caledor. Ces derniers étaient extrêmement résistants et pouvaient résister à de nombreux traits, car conçus pour la guerre contre les Druchii et leurs mortelles arbalètes à répétition. Ils passaient régulièrement des coups d’épées le long de ces derniers pour couper les flèches. Les volées s’enchaînèrent pendant plus de deux minutes, qui parurent une éternité.

Mais les bandits semblèrent à cours de munition et se décidèrent pour le combat au corps-à-corps. Gilgalad et Aryana se sourirent rapidement. L’excitation du combat coulait dans leurs veines. Ils venaient sur leur terrain et allaient comprendre la dure loi des elfes. Si les bandits n’étaient pas trop mal équipés, ils étaient loin de l’être suffisamment pour faire face à des guerriers en armure lourde.

La charge, désordonnée, causa rapidement les premiers morts dans leurs rangs. Les deux elfes se battirent dos à dos. Mus par un entraînement très régulier et de longues batailles à Arnheim, sur les terres de Naggaroth sur les murailles d’une cité Asur sise là-bas comme un avant-poste, ils avaient l’habitude de ce genre de situation. Ils s’entendaient à merveille une fois l’épée à la main. Et rares étaient ceux pouvant briser leur danse mortelle.

Pourtant, leurs styles étaient assez différents, liés à leurs propres physiques. Aryana était plus agile, plus précise. Elle utilisait à son maximum la finesse des guerriers d’Ulthuan et la précision mortelle des elfes. Gilgalad, lui, était beaucoup plus dans la puissance brute et la force physique, étant particulièrement fort pour un elfe, même s’il n’atteignait pas le niveau de certains Lions Blancs, gardes du corps du Roi Phénix.

Naturellement, chacun était parfaitement capable de se battre de la manière de l’autre. Aryana était bien plus forte que son apparence ne le laissait penser et son mari était loin d’être une brute épaisse comme les humains. Ils n’oubliaient jamais non plus de se protéger. C’était lié à leur constitution d’elfe, bien plus fragile que celle de l’humanité. Ils n’étaient pas imprudents ou fous. Ils ne désiraient pas non plus mourir stupidement.

A une distance raisonnable, le mystérieux observait les bandits tomber un à un, un sourire sadique aux lèvres. Il les méprisait tant parce qu’ils étaient des humains que pour la profession qu’ils exerçaient. Ce n’était que justice pour eux de tomber sous les coups de personnes bien plus fortes qu’eux. Ce destin était préférable à la mort lente et douloureuse qu’ils auraient eu s’ils étaient tombés sur les soldats de l’Empire.

Néanmoins, il était satisfait de l’embuscade. Les deux elfes étaient réellement des combattants très doués. A deux contre douze au départ, ils étaient désormais deux contre six, à peine après deux minutes de combat. Ils défendaient vaillamment leur position. Ils paraient, esquivaient ou encaissaient toute attaque sans faillir. Leurs assaillants semblaient désormais hésiter à les attaquer. Les archers semblaient déjà s’être enfuis, ce qui ne le dérangeait pas. Ils n’auraient servi à rien à part se faire tuer.

A sa grande surprise, les deux elfes ne profitèrent pas de la pause permise par l’hésitation des bandits survivants. Ces derniers hésitaient sur la conduite à tenir. A la place des deux étrangers, il aurait attaqué. Mais ils restaient bien en place, attendant leurs assaillants. Comme s’ils avaient l’avantage. Quelques secondes plus tard, il réalisa leur manœuvre. Ils n’allaient pas lâcher leur avantage si durement acquis à la pointe de l’épée. Bien au contraire.

Le combat qu’il ferait contre eux n’en serait donc que d’autant plus intéressant. Il serait celui qui passerait à l’attaque. Les provocations des humains ne servaient à rien et ils semblaient en avoir vu bien d’autres autrement plus terribles. Désormais, à un contre trois, l’avantage était même indirectement pour eux. Il s’approcha, sentant que le combat ne tarderait guère à se dénouer.

Il ne se trompait puisqu’il vit les deux elfes subir un assaut concerté des six survivants. Quatre périrent rapidement. Les deux autres s’enfuir avant de subir le même sort. Gilgalad et Aryana se sourirent, soulagés. Oh, ils n’étaient pas fatigués. Mais cela avait été tout de même relativement incertain au début. Prendre volées sur volées n’avait rien de très réjouissant ni très tranquille.

Alors qu’ils profitaient de la fin du combat pour se restaurer un peu et surtout bien boire, se battre étant fatiguant, surtout à deux contre plusieurs dizaines, le couple repéra une personne s’approcher relativement silencieusement. Ce qui les intrigua particulièrement puisqu’ils ne l’avaient pas vue durant le combat. Et qu’elle ne semblait pas étonnée de les voir là.

« Qui êtes-vous et que voulez-vous, demanda fortement Gilgalad pour se faire entendre ? »

A sa grande surprise, la personne sembla les avoir entendus, et répondit calmement :

« Je désire vous affronter tous les deux dans un duel juste. Rien de plus, rien de moins.

-Et pourquoi accepterions-nous, demanda Aryana, surprise, comme son époux, de cette demande pour le moins saugrenue ?

-Parce que je désire un duel contre des adversaires intéressants, fit l’étranger »

Ce dernier semblait particulièrement étrange aux yeux des deux elfes. Ils ne savaient pas comment se comporter avec lui. Certes, il était seul et semblait humain. Mais quelque chose leur disait de se méfier grandement de lui. Il semblait bien plus dangereux qu’il en avait l’air. Était-ce leur sensibilité à la magie qui les avertissait de quelque chose ? Ce n’était pas impossible. Mais ils restaient des Princes Dragons, et refuser un duel n’était pas dans leur nature.

« Alors soit, nous acceptons, répondit Gilgalad après un échange de regards avec son épouse. »

Le voyageur sourit gentiment et laissa tomber sa cape de voyage. Il révéla un visage blafard aux traits sans âge. Sa chevelure était aussi blanche que la neige et descendait jusqu’aux épaules. Il portait une armure aux motifs étranges, qui rappelaient aux deux elfes ceux de l’antique Nehekhara. Son visage était sans réelle expression, comme gravé dans le marbre.

La lame qu’il tira était aussi dépourvue d’ornements que possible. En revanche, elle semblait être d’une qualité incroyable. Le couple avait appris brièvement (à l’échelle elfique) les bases de l’art de la forge et savaient reconnaître les armes de qualité. Assurément, celle que leur adversaire portait en était une. Même de très grande.

Les deux Princes Dragons se mirent en position et renfilèrent les heaumes et resserrèrent les liens des boucliers, prêts à l’affrontement. Ils sentirent que ce dernier serait loin d’être aisé.

« Aryana, l’interpella son époux, alors que l’inconnu commençait à courir vers eux.

-Oui, répondit son épouse ? Qu’est-ce qu’il y a ?

-Je t’aime, lui avoua Gilgalad, peut-être pour la première fois de leur vie commune.

-Moi aussi, sourit sa compagne, un sourire aux lèvres. Moi aussi je t’aime. »

L’étranger fut sur eux. Ils l’esquivèrent en le laissant passer entre eux. Mais il parvint à passer outre en frappant avec une force surhumaine le bouclier de Gilgalad, qui fut brisé, avec le bras de ce dernier. Aryana avait récolté une estafilade sur le bras. Il chargea à nouveau. Cette fois, le combat s’engagea brutalement.

Après quelques secondes, sans qu’aucun ne put faire quoi que ce fût, le Prince Dragon gisait, au sol, l’armure percée et une large blessure sur le ventre. Aryana avait le bras brisé par les parades successives et une épaule démise. Le sang s’écoulait aussi de sa jambe. Le voyageur se tourna vers eux et déclara :

« Vous vous êtes bien battus. Ce fut plus long que je ne l’aurais imaginé, mais plus court que je ne l’aurais espéré. »

Prenant appui sur son épée, Gilgalad se releva malgré tout, prêt à nouveau à se battre. Sa blessure ne guérirait pas. Et Aryana ne parviendrait pas à s’échapper. Elle se releva à ses côtes, sous le regard étonné de leur ennemi. Il ne s’était visiblement pas attendu à une chose pareille. Ils auraient dû implorer sa pitié ou lui demander de les achever. Il les entendit murmurer quelque chose ressemblant à un serment dans leur langue natale et les vit se préparer à se battre.

Il les regarda à nouveau et se jeta dans le combat, décidé à en terminer avec eux une bonne fois pour toutes. Cette fois, les deux elfes s’effondrèrent au sol. Ils n’avaient eu aucune chance, l’un comme l’autre. Mais ils n’étaient pas encore morts. Ils se traînèrent pour se réunir et mourir ensemble. Cette vision lui rappela un autre temps. Un temps oublié des tous les hommes et dont seuls quelques êtres se souvenaient encore.

Les heaumes, boucliers et armures étaient brisés. Leurs corps eux-mêmes étaient endommagés au-delà du réparable, à part par des dieux. Ils avaient été des adversaires dignes. Les meilleurs depuis des siècles. Et parmi les meilleurs guerriers qu’il avait pu observer depuis les Croisades de la Bretonnie contre l’Arabie. Certes, il trouverait probablement mieux à l’avenir. Mais ils avaient mérité leur place parmi ses enfants.
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MessageSujet: Re: [Récit] Histoire de Gilgalad by Gilgalad    [Récit] Histoire de Gilgalad by Gilgalad  EmptyDim 28 Avr 2019 - 22:38

Voici la deuxième partie du deuxième chapitre.


Chapitre 2-2 : Le Retour

Gilgalad se sentait différent. Beaucoup plus léger. Il regarda autour de lui et n’aperçut rien du tout. Tout était lumière. Il se regarda et remarqua que ses blessures avaient disparues. Il ne voyait pas Aryana et se demandait où elle était passée. Il était certain qu’ils étaient morts tous les deux. Cet étranger avait été bien trop fort, trop rapide et trop doué pour eux. Il n’était pas un humain normal. Ne l’était plus. L’elfe en était désormais bien conscient.

Mais, désormais mort, il resterait en paix pour l’éternité. Au moins avait-il fait honneur à sa famille, à son rang et à son peuple. Il ne pourrait certes plus jamais défendre Ulthuan, mais continuerait d’espérer qu’ils parviendraient par finir de stopper leur lente extinction pour se relever et devenir à nouveau une puissance de premier plan. Ils le méritaient. Selon lui, la survie du monde le nécessitait. Les elfes ne s’étaient que trop affligés.

Toutefois, ce n’était plus son affaire. Il était mort. Il n’existait plus dans le monde des vivants. Il ne pourrait pas non plus intercéder auprès des dieux, qui ignoraient probablement son existence. Du moins ses volontés. Il n’avait pas été un immense héros d’Ulthuan à la mesure de certains princes de Caledor, loin de là. Certes, il était l’un des meilleurs guerriers de son royaume, mais il n’avait pas accompli d’acte héroïque. Pas à la mesure de certains anciens combattants de la dernière guerre contre Naggaroth.

Quelque chose n’allait pas comme attendu. Il n’était pas envoyé dans le royaume des Morts. Pas plus que son âme n’avait rejoint une pierre elfique pour ensuite renforcer le Grand Vortex. Non, il était coincé quelque part, dans l’inconnu. Gilgalad tenta alors de prier à peu près tous les dieux du panthéon des Asurs pour qu’ils lui permissent de passer son chemin, d’une manière ou d’une autre. Il ne désirait pas rester pour l’éternité dans cette prison de lumière.


Il était loin de le savoir, mais dans une autre dimension, son corps était loin de reposer là où il était mort. L’étranger après quelques minutes, avait grogné contre sa propre faiblesse et avait tiré les cadavres des deux elfes jusqu’à une sorte de petite grotte. Là, il retira son gantelet et s’ouvrit les veines avant de verses son sang dans les bouches de ses anciens adversaires, désormais morts. Les minutes puis les heures passèrent et rien n’arriva.

Mais il n’abandonna pas. Rien ne l’avait vaincu jusqu’à présent et s’il désirait de faire d’eux ses enfants dans la mort, ils le deviendraient. Jugeant l’endroit trop exposé, il alla au premier village aller acheter une carriole et un cheval. Il chargea les deux corps dessus avec tous leurs effets. Il ne désirait pas les abandonner à d’éventuels pillards.

Il conduisit les corps des deux elfes sur une très longue distance, traversant les frontières de l’Empire et même des territoires habités par les Hommes. Il leur fournissait régulièrement, une à deux fois par jour, son propre sang. La seule chose qu’il voyait était que les cadavres ne pourrissaient pas. Il les entretenait très souvent, ne désirant pas qu’ils revinssent dans ce monde dans un état déplorable. Il tenait à eux, s’il connaissait encore ce sentiment.

Arrivé dans une grotte dans les montagnes non loin des terres peuplées d’innombrables tribus de peaux-vertes, l’être installa les deux elfes morts, espérant pouvoir trouver une solution. Il avait réfléchi au problème. Leur constitution était fort différente de celle des humains. Et probablement aussi leur âme. Parviendrait-il à les réveiller un jour et sans trop de dommages psychologiques ? Il ne désirait pas abattre ses propres enfants.

Pendant des mois, il attendit, s’occupant d’eux régulièrement. Il ne se décourageait pas. Il variait les doses de sang, mais ne constatait guère de résultats plus efficaces. Pour passer sa frustration, il se défoula sur quelques tribus de peaux-vertes qui furent massacrées impitoyablement, ne laissant pas le moindre survivant à chaque fois. Il était le meilleur guerrier du monde après tout. Il valait plus d’une armée entière à lui tout seul.

Il hésitait à user de magie pour tenter de les transformer en êtres de la nuit. Il ne connaissait pas les effets potentiels que cela aurait sur leurs corps. Il voulait éviter de créer des monstruosités corrompues par le Chaos. Alors, il se restreignit et continua à les nourrir. Après six mois, il commença à espacer de plus en plus, jusqu’à pouvoir les laisser seuls pendant une semaine et les retrouver comme avant son départ.


Gilgalad ne voyait pas le temps passer. Pour lui, il pouvait s’être écoulé aussi bien quelques minutes qu’un siècle, voire un millénaire. Ses prières n’avaient pas eu d’effet. Il se refusa à implorer les dieux du Chaos, sachant que cela condamnerait son âme. Il sentait que quelque chose le retenait dans le monde physique. Quelque chose qui l’empêchait de partir. Un lien qui se raffermissait avec le temps.

Soudainement, la douleur revint dans son corps et il poussa un hurlement. Ses yeux, fermés par la souffrance, s’ouvrirent brutalement. Par réflexe, il se redressa sur la dalle de pierre sur laquelle il était allongé. A ses côtés, il repéra immédiatement Aryana, qui semblait aussi s’être réveillée. Comme si elle était passée par les mêmes épreuves que lui. Il faisait nuit noire dehors et ils semblaient être dans une grotte. Une intense soif de sang le démangeait.

« Est-ce donc à cela que ressemble le Royaume des Morts, demanda-t-il à son épouse ?

-Je n’ai pas l’impression, répondit cette dernière, un air mécontent sur le visage. J’ai eu bien trop mal pour cela et je suis certaine d’être morte. Toi aussi ?

-En effet, je l’étais bien, confirma Gilgalad. Si nous ne sommes pas morts, où sommes-nous ? »

Pour toute réponse, Aryana haussa les épaules. Elle parla rapidement de sa soif de sang frais. Ils se levèrent de leurs dalles respectives et explorèrent la caverne, trouvant leurs armures en morceaux. Elles étaient récupérables. Leur ennemi avait frappé au point faible. Elles permettraient d’être toujours immunisées aux flammes, qu’importe leur origine. Ils prirent leurs épées et enfilèrent les cottes de maille, essayant de contrôler leur désir de sang frais.

Dans la nuit noire, éclairée partiellement seulement par la lune verte, ils descendirent de la petite montagne en suivant un sentier taillé à travers le roc, visiblement par les nains il y avait fort longtemps. Ils repérèrent au loin un campement. Leur vision elfique semblait étrangement améliorée. Mais ils ne s’en soucièrent guère. Ils finirent par arriver avant l’aube en bas de la montagne, trouvant un renfoncement.

Le soleil pointait son nez quand Aryana sauta en arrière, dans l’ombre, s’attirant le regard surpris de son mari.

« Je… J’ai… Je n’aime pas ça, répondit la guerrière. J’ai l’impression que c’est mal pour nous. »

Pour toute réponse, Gilgalad retira son gantelet et tendit sa main vers la lueur. Il la retira dès qu’il la sentit anormalement chauffer. Elle n’était point brûlée, heureusement. Mais il sentait que s’ils allaient au soleil, ils mourraient tous les deux. Ils se réfugièrent sous les roches, s’enfonçant derrière des angles pour se protéger de l’astre du jour.

Ils attendirent toute la journée. La nuit venue, ils sortirent de leur cachette et se dirigèrent vers la tribu de peaux-vertes. Ils engagèrent rapidement le combat, les prenant par surprise. La soif s’était faite de plus en plus insistante et ils n’arrivaient plus à y résister. Le massacre fut horrible. Rendus bien plus forts et résistants que n’importe quel elfe, vivant ou mort, Gilgalad et Aryana tuèrent un à un tous les orques et gobelins, se repaissant de leur sang.

Les deux Princes Dragons faillèrent être surpris par l’aube, mais se réfugièrent dans une hutte pour attendre la nuit. Ils tenteraient ensuite de rentrer en courant dans la grotte où ils s’étaient réveillés. Ils remarquèrent qu’ils n’avaient plus de besoin de dormir ou de manger. Seulement de boire du sang. Tous deux savaient ce que cela voulait dire. Mais aucun n’osait le prononcer à voix haute, de peur de rendre la chose encore plus réelle. Ils étaient devenus des vampires. Des abominations vivant pour l’éternité, condamnées à rester dans les ombres et à boire le sang de victimes sacrificielles. Ils étaient probablement pires que les pires des Druchii.

Une fois la nuit arrivée, ils rentrèrent dans leur grotte en courant, ne désirant pas être surpris par le soleil. Ils étaient des elfes, habitués à courir vite. Pourtant, cette fois, ils furent encore plus rapides. Ils sentaient le vent sur la peau. La lueur des deux lunes, qui illuminaient le ciel avec les étoiles permettaient de ne jamais chuter et d’avoir le pied plus sûr que jamais. Ils finirent par y arriver, heureux d’avoir pu se défouler. Mais aucun n’était fatigué.

Les deux elfes, désormais morts-vivants, commencèrent à s’entraîner au combat à l’épée. Ils étaient devenus bien plus forts. Pas vraiment plus rapides. Leurs réflexes et leur précision étaient toujours là. Leur savoir aussi. Même les bottes les plus improbables étaient présentes. Seule leur force semblait largement améliorée. Ils se battirent pendant trois jours de suite sans fatiguer, gagnant à tour de rôle les affrontements. Ils étaient de valeur égale.

Soudain, le quatrième jour, un être s’approcha de la grotte. Ils le sentirent arriver bien avant qu’il ne fût présent. Quand il apparut, Gilgalad et Aryana reconnurent immédiatement le guerrier qui les avait faits passer de vie à trépas. Et très certainement était responsable de leur état. Furieux, ils se jetèrent sur lui. Mais, avec une vitesse surprenante, il dégaina, para les deux coups et frappa fort les deux guerriers, les envoyant valser.

Sonnés, les deux elfes comprirent qu’ils ne seraient pas de taille. Surtout quand il prit la parole :

« Je suis plus vieux que n’importe quel autre elfe en vie, fit-il, arrogant. J’ai connu la naissance et la chute d’empires et de royaumes. L’Empire de Sigmar était simplement composé de tribus plutôt primitives lorsque je commandais déjà des armées de milliers de soldats de l’ancienne Nehekhara. J’ai vaincu un grand dragon en combat singulier et vaincu la Soif de Sang des vampires. C’est la seule voie possible pour faire de même. »

Les deux elfes se relevèrent. Ils étaient sonnés par ses paroles. Il était extrêmement vieux. Peu étonnant qu’ils n’eussent aucune chance contre lui. Mais ils avaient eu aussi une raison de continuer d’exister. Défendre Ulthuan et les Asurs. Mais, pour cela, il leur faudrait vaincre la Soif de Sang comme il l’avait appelée. Et tuer un immense dragon chacun. Bien sûr, rien n’empêcherait l’autre d’aider celui devant le boire. Et ils feraient mieux de trouver une arme enchantée. Malgré tout, il faudrait s’entraîner.

« Accepteriez-vous de nous former, demanda alors Aryana ? Nous ne pouvons certainement pas rentrer chez nous ainsi. Et je ne pense pas que vous transformiez des elfes régulièrement.

-Vous êtes les premiers, avoua le vampire, qui s’était, par sous-entendus plutôt clairs, identifié comme tels. Je vous aurais enseigné que vous le vouliez ou non, simplement parce que je désire vous contrôler et ne pas lâcher des bêtes dans la nature.

-Trop aimable, répliqua Gilgalad, toujours vexé d’avoir été privé, pour l’éternité, du repos éternel qu’il pensait avoir quand même mérité.

-Je ne sais combien de temps cela durera, continua leur père dans les Ténèbres. Mais je vous apprendrai tout ce qu’il y a à savoir sur les vampires. Si vous m’apprenez aussi certaines choses sur vous.

-C’est entendu, répondit Aryana, qui ne désirait pas laisser le ressentiment de son époux interférer avec leur devoir. »

L’entraînement débuta dès cet instant. Ils débutèrent par de simples présentations. Le vampire s’identifia comme s’appelant Abhorash. Les deux elfes se présentèrent et leur maître commença ensuite le premier entraînement. Il dura longtemps, très longtemps. Les deux Princes Dragons voulaient apprendre et devenir parmi les meilleurs guerriers. Ils désiraient tuer deux dragons pour briser la Soif de Sang. Ils avaient un objectif et désiraient l’atteindre, peu en importait le prix.

Abhorash leur raconta tout ce qu’ils allaient devoir désormais subir. Du moins en théorie. Car ils étaient les premiers elfes transformés. Ils pourraient perdre des points forts et avoir plus de points faibles que les vampires qui étaient des humains. Ou inversement. Ils étaient dans l’inconnu. Quatre choses étaient certaines. Ils étaient plus forts, courraient plus vite, craignaient tout autant le soleil et avaient toujours soif de sang.

Cette dernière fut très difficile à contrôler. Les premières semaines, Aryana et Gilgalad massacrèrent des centaines de peaux-vertes pour se nourrir, bien aidé par Abhorash. Ils tentaient toutefois de ne pas s’avilir pour ne pas se transformer en monstres assoiffés de sang. Alors leur maître les força à se battre longuement pour leur apprendre à se maîtriser. Petit à petit, cela porta ses effets et ils purent commencer à résister à leurs pulsions meurtrières, bien qu’ils mirent du temps.

Là où il aurait fallu quelques mois à peine pour un vampire « humain » pour se maîtriser en étant guidé et bien formé, deux années furent usitées par les Princes Dragons pour en arriver au même point. En revanche, leur rapidité légendaire issue de plusieurs siècles d’entraînements intenses était toujours intacte. Elle n’était ni renforcée, ni affaiblie. Leurs sens étaient les mêmes. Seule la vision la nuit était largement améliorée pour y voir aussi bien qu’en plein jour.

En échange de l’enseignement de leur maître d’arme, Gilgalad et Aryana racontaient des histoires sur les Asurs et les elfes en général. Abhorash en avait entendu parler dans les anciennes histoires de Nehekhara et après leur retour dans le Vieux Monde. Mais il n’avait jamais su nombre de choses. Pour lui, il s’agissait encore d’une race mystérieuse. Une qui aurait pu présenter un réel défi, s’il n’avait pas déjà affronté certains des meilleurs guerriers du pays, à sa grande déception.

Ils racontèrent les étendues montagneuses de Caledor et la chaîne de volcans qui composait le cœur de ce royaume qu’ils aimaient tant. Dans cette grotte, ils étaient, ironiquement, bien plus à l’aise que dans une plaine. Ils parlèrent des montagnes crachant le feu aujourd’hui pratiquement toutes endormies. Rares étaient celles en activité et les dragons réveillés. Quand ils étaient partis d’Ulthuan, un seul l’était, Minaithir, la monture et ami du Roi de Caledor, Imrik. Le royaume diminuait en puissance au fil des siècles. Rien ne semblait pouvoir le relever.

Ils parlèrent aussi des autres royaumes. Des plaines verdoyantes d’Ellyrion parcourues par d’immenses troupeaux de chevaux. Des forêts d’Avelorn remplies d’esprits plus anciens que les races des elfes et des hommes. Des plaines gorgées de magie de Saphery. Des montagnes de Tiranoc dont les rares plaines étaient parcourues par des guerriers montés sur des chars. Des collines d’Eataine et de la beauté de Lothern, gardant le passage vers la Mer Intérieure. Des grottes de Cothique et des forêts remplies d’animaux féroces de Chrace. Mais aussi des plaines de cendre de Nagarythe, ses ruines et ses terres maudites.

Les années passèrent et les deux elfes progressèrent lentement mais sûrement. Ils partaient déjà de haut, même s’ils étaient loin du niveau de leur maître. Ce dernier les surclassait toujours et le ferait certainement pour l’éternité. Mais ils étaient des guerriers et les Princes Dragons apprenaient aussi la patience. C’était une vertu incontournable chez eux. Ils se choisissaient toujours les ennemis les plus terribles ou intervenaient toujours au moment décisif pour utiliser au mieux tout leur talent. C’était intériorisé par tous les guerriers de l’ordre.

Gilgalad et Aryana apprirent ainsi à devenir toujours plus rapides et plus puissants. Mais aussi plus concentrés, plus précis et mortels. Abhorash leur enseigna également des bottes venant de l’ancienne Nehekhara et apprises en ces temps reculés. En échange, ils lui montrèrent quelques-unes apprises chez les elfes, sans révéler certains secrets qui devaient le rester. Naturellement, ils adaptèrent ses coups prévus pour des humains à leur rapidité et précision presque naturelles.

Après douze années à passer dans la région, Abhorash décida qu’il était temps d’écumer les terres des peaux-vertes pour toujours plus s’entraîner. Désormais, selon lui, rien ne vaudrait la pratique. Alors le trio se mit en route. Les armures des deux elfes, déjà rouges à cause des couleurs de la famille de Gilgalad, le furent encore plus du sang des orques et des gobelins. Aucun ennemi ne semblait alors pouvoir les arrêter.

Naturellement, ils n’allaient pas affronter les tribus les plus peuplées, ce qui aurait été bien trop risqué. Ils ne prenaient aucun plaisir dans le massacre de leurs ennemis. Ils voyaient là une vision utilitariste. Se nourrir de sang frais et s’entraîner. Valait mieux le faire sur les orques et les gobelins que sur des humains qui aideraient, eux ou leurs descendants à défendre le monde contre le Chaos. Et indirectement, sans même le savoir, l’île d’Ulthuan. Ils n’étaient point brutaux et tuaient rapidement sans jamais torturer. Abhorash ne le permettait pas. Selon lui, la clé était le contrôle de soi-même.

Les années passèrent et les deux elfes apprirent petit à petit. Perfectionnistes, ils travaillaient chaque mouvement jusqu’à le maîtriser à la perfection. Ils développèrent un nouveau style de combat, bien différent de celui qu’ils avaient précédemment et qui prenait en compte l’usage de boucliers. Les leurs étaient brisés et ils ne pouvaient plus se reposer sur eux avant leur retour en Ulthuan.

Certes, au cours de leur entraînement, ils avaient appris à manier toutes sortes d’armes, des dagues aux lourdes haches de bûcheron en passant par les lances de cavalerie et les épées à deux mains. Mais ils se battaient habituellement avec une épée et un bouclier. Ils avaient l’habitude de ces deux derniers. Ils devaient donc regagner le même niveau, en maniant une seule épée, même s’ils s’entraînèrent à le faire à deux mains pour avoir bien plus de force dans le déluge de coups qu’ils pouvaient infliger à pratiquement n’importe quel ennemi.

Mais ils n’apprirent pas que le combat. Les deux elfes étaient naturellement plus sensibles à la magie et acceptèrent de l’apprendre. Même si la voie du guerrier était la seule menant à l’excellente capable de leur permettre de vaincre la Soif, les sortilèges pourraient être bien utiles après cela. Ou même pendant le combat. Naturellement, Gilgalad se spécialisa plus dans le domaine flamboyant tandis qu’Aryana le rejoignait bien vite dans son apprentissage. Peut-être était-ce à cause de leur naissance à Caledor qu’ils préféraient la magie d’Aqshy aux autres.

Les deux elfes n’oublièrent pas la quête fixée par Ulthuan, jugeant cette dernière potentiellement utile dans leur mission de tuer deux très vieux dragons pour vaincre la Soif. Ils pourraient trouver de vieux objets enchantés désormais oubliés et qu’ils utiliseraient. Les forges de Vaul avaient été très prolifiques entre l’invasion des démons et même la fin de la Déchirure. Bien plus qu’à n’importe quelle autre époque. Des armes, armures et objets de toutes sortes étaient désormais disséminés à travers le monde, au point d’en trouver parfois en possession de princes ou très riches humains, ignorant tout des trésors qu’ils avaient entre les mains.

Ils étaient devenus des vampires depuis pratiquement un siècle quand ils trouvèrent enfin le trésor d’Aranir Cœur-de-Tempête, un ancien noble d’Ulthuan disparu dans la période de paix entre le règne d’Ænarion et celui de Caledor Ier. Il n’avait pas laissé de traces et tout ce qui l’accompagnait avait été perdu avec lui. Pourtant, il semblait s’être réfugié dans une grotte dans les Montagnes du Bord du Monde, gravement blessé vu certains os de son cadavre. Il semblait être mort là avec quelques montures restantes.

Les deux elfes se servirent abondamment en armes magiques et protections enchantées. Avec leur maître Abhorash, ils avaient trouvé la trace de deux dragons qu’ils pourraient désormais affronter sans grande crainte. Ils avaient tué des géants, des trolls, de terribles orques et même des vouivres. Là, ils allaient frapper dans la catégorie supérieure. Ils n’auraient pas assez de force pour cela et il leur faudrait donc un renfort magique de poids pour survivre.

Peu après, ils mémorisèrent l’emplacement et se lancèrent sur les traces du premier dragon, celui le plus au sud et le plus à l’est. Aryana fut celle qui l’affronta dans un premier temps. Le combat dura près de trois semaines interminables pour Gilgalad. Mais elle se nourrissait des nombreuses blessures infligées au monstre. Plusieurs fois, elle fut jetée à terre, grièvement blessée. Mais sa nature régénérait ses blessures et lui permettait de reprendre le combat et de continuer à se battre. Elle finit par vaincre le monstre et se délecta de tout son sang, jusqu’à la dernière goutte. Son époux avait mémorisé les points faibles du dragon, qui pourraient lui servir.

Trois mois plus tard, il affronta à son tour un immense dragon. Ce dernier était réellement grand, réalisait-il enfin. Aryana et Abhorash observeraient le combat de loin. Il se battit avec toute l’énergie possible. Son armure dragon le protégea d’innombrables fois contre les flammes du wyrm, même enfoncée ou abîmée. Car ce n’était pas seulement des plaques d’armure, mais aussi une cotte de maille. Durant trois semaines, Gilgalad se battit avec l’énergie du désespoir. Il n’avait pas le droit à l’échec. Il déploya tout son art, même s’il dut perdre son épée enchantée, brisée par un coup de patte particulièrement puissant.

Dès lors, le combat devint plus difficile et l’elfe devenu vampire sortit une large épée à deux mains. Cela le ralentirait mais il aurait toujours un espoir de percer l’épaisse carapace du dragon, chose impossible avec sa simple épée. Pour se donner de meilleures chances, il n’hésita pas à lancer un sort renforçant sa lame et l’enchantant. Il n’en usa d’aucun autre. Mais elle était encore plus redoutable, nimbée de flammes chaudes. Le duel redoubla de violence.

Dans un dernier effort, alors qu’il sentait ses forces le quitter, Gilgalad se fit violence et asséna un coup fatal au dragon qui s’effondra, mort. Il se jeta sur lui tel en mendiant sur une pièce d’or et se délecta du sang qui s’écoulait de son cœur transpercé. Il comprit enfin le sentiment d’exaltation qui avait parcouru son épouse et leur père dans les ténèbres quand ils avaient goutté à un tel nectar.

Une fois le cadavre vidé de tout son sang, Gilgalad hurla au monde sa joie. Il était enfin débarrassé de cette humiliante faiblesse qu’était la Soif. Tout son être semblait enfin en paix. Si la condition était terrible, elle était bien pire encore pour les elfes. Ils avaient dû lutter pendant un siècle pour ne pas y succomber totalement. Cela avait été une lutte de chaque instant. Mais ils en étaient désormais libres, libres de pouvoir vivre au grand jour et de pouvoir rentrer en Ulthuan sans aucune crainte.
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