Ulthuan vs Naggaroth

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 [Recit] A l'ombre du saule

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Arganoth
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MessageSujet: [Recit] A l'ombre du saule   Jeu 29 Sep 2005 - 20:48

Citation :
Bonjour à tous.
Voici donc une série de courtes nouvelles qui traiteront de l'histoire de mon héro haut elfe, Yrondith.
En espérant que cela vous amusera.

Chapitre 1: Yvanhel

La première chose que j'entendis, ce fut le bruit du vent soufflant sur les feuillages, dans la douce quiètude du printemps. Et ce son, je n'ai jamais cessé de l'aimer. Je suis né sur l'île bleue, ma douce et belle patrie, celle que nous appellons Ulthuan. C'est ici que, couchée sur l'herbe grasse, le visage figé par l'effort, ma mère m'a mis au monde. C'est ici que j'ai passé mon enfançe, berçé par le champ harmonieux des rossignols, par l'odeur vanillée des tulipes et par l'amour de mes proches. Ignorant tout de la noirceur de ce monde, les premières années de mon existence furent douces et paisibles.
Je vivais, et vis toujours, dans la belle cité d'Oskalath, berceau des arts et des sciences, dont la beauté faisait la fierté du royaume de Cothique. C'était une ville de lumière et d'esprit, parsemée de jardins verdoyant et de fleurs écarlates, de tours blanches qui s'élevaient jusqu'au ciel et de palais de marbre. Les rues en étaient bruyantes et joyeuses, salvées par les chants des vierges elfes et les cris joviaux des marchands. La nourriture y était exquise, relevée d'épices exotiques importées des lointaines contrées de Cathay, et nos étoffes comptaient parmis les plus soyeuses et colorées.

Ma famille et moi demeurions dans un vaste domaine du Sud de la ville. Mon père était un riche artisan, habile de ses mains comme de son esprit, et il forgeait des armes et des joyaux de grande qualité. Il était aussi un fin bretteur, une des plus fines lame d'Oskalath, et enfant je ne me lassais pas de l'admirer, tandis qu'il executait avec graçe ses mouvement sveltes et habiles. Ses cheveux longs et blonds encadraient un visage sévère mais empli de bonté, son port était noble et altier et il allait toujours droit au but qu'il se donnait. Jamais je n'ai connu homme plus fin et majestueux.
De ma mère je n'ai jamais eu connaissance. Quand j'en parlais à mon père, son expression devenait mélancolique, et il me répondait de façon evasive.

Notre demeure comptait plusieurs domestiques, tous traités avec la plus grande bonté qu'il soit. L'un d'entre eux, Yvahnel, un elfe dévoué et sensible, fut un de mes amis les plus chers, et en sa compagnie je passais les moments les plus agréables qu'il soit. Ma vie sur Ulthuan était alors des plus idylliques. Mais un évênement vint m'ouvrir les yeux et me tirer de mon insouciance. Un soir d'automne, nous nous promenions le long de la lizière de la forêt, et parlions comme l'auraient fait deux frêres. Un rugissement terrifiant se fit alors entendre, et un lion gigantesque, un gracieux félin à la fourrure blanche, surgit du sous-bois, la gueule ensanglantée. Il me fixa d'un regard carnassier et se dirigea lentement vers moi, attiré par la peur qui m'enlaçait et me paralysait. Mais Yvanhel tira un long poignard de sa ceinture, et s'interposa entre nous deux. La bête s'arrêta un moment, puis rugit et bondit avec une puissance colossale sur la poitrine d'Yvahnel qui fut projeté à terre, et lui lacera le bras de ses griffes. L'elfe hurla de douleur, mais, se débattant, il planta sa lame dans la patte du lion. Et c'est pétrifié par l'horreur que j'assistait à ce combat sauvage et sanglant, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte. La poussière me piquait les yeux. Puis Yvanhel, dans un ultime effort, ficha son poignard dans le coeur de l'animal, qui poussa un grognement d'agonie et s'effondra lourdement. C'est alors que je fus tiré de ma léthargie. Je me précipitas vers Yvahnel en hurlant, mais il était déjà trop tard. Le sang ruisselait sur son doux visage, et il était zebré de nombreuses et cruelles blessures. Il me regarda en souriant, et me prit la main:
- Je n'ai pas faillit à ma mission. Adieu mon ami.
Puis ses yeux se fermèrent, et il cessa de respirer. Pour la première fois, je respirais le parfum de la mort. Un instant je fus silencieux, regardant le corps de l'elfe défunt avec effroi. Puis une vague de douleur m'envahit soudainement et déchira mon coeur, et je poussa un hurlement strident qui résonna dans la vallée, brisa le silence et fit fuir les oiseaux. J'avais honte de moi-même, de n'avoir aidé mon ami. Je me trouvais couard, lâche, je me haïssais. Et, terrassé par le chagrin, mes larmes coulèrent à flot.

C'est mon père qui me retrouva. Arrivé auprès de moi, il comprit immédiatement ce qui c'était passé, et me serra dans ses bras. D'autres elfes arrivèrent, et, l'air endeuillé, ils emportèrent le cadavre. Tous me regardaient avec une pitié non feinte, et l'un d'entre eux, en repartant, me posa la main sur l'épaule. Mon père me chuchota à l'oreille: "Ne t'en fais pas, il est mort en brave. Son esprit trouvera le chemin du panthéon des plus grands au royaume d'Asuryan". Puis il me prit par la main et me ramena à la maison. Sur le chemin du retour il reprit: "Tu ne pouvais rien y faire, quand bien même aurais-tu essayé que tu serais mort". Mais je ne l'écoutais plus, j'étais tout entier à mon chagrin. Même la brise du soir sur mon visage ne put l'attenuer. Et je sombrais dans un sommeil sans rêve.

Le lendemain, j'avais pris ma décision. Plus jamais mes proches ne souffriraient par ma faute. Je me dirigeais vers mon père, le visage empreint d'une ferme résolution. J'avais pris avec moi Orcrist, une épée superbe qu'on m'avait forgé à ma naissance. Je lui tendis, et déclamai d'une voix hargneuse:
-Apprends-moi à me battre...

Citation :
La suite pour très bientôt
-Arganoth-
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Balbuzar
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MessageSujet: Re: [Recit] A l'ombre du saule   Dim 2 Oct 2005 - 17:48

Excellent!!!!

Serieusement, c'est très beau, ça m'ne donen des frissons! Vraiùent très bien écrit et tout. **aplause** **aplause** **aplause**

En gros, la docueur d'Ulthuan ressort vraiment bien dans ta situation initiale et on sent que ça va changer par la suite!!! Les descriptions sont superbes!

Par contre, je trouve l'élément modificateur un peu bidon. Un lion qui tue son meilleur ami, ça ne bouleverse pas complètement une vie. J'aurais mieux vu un affrontement entre un elfe noir et son ami car ce n'est pas un lion qui boiffe son ami qui fait que l'on est tiré de son insouciance, surtout a l'époque du moyen age.
Donc je verrais mieux une ombre elfe noir qui surgit et qui affronte et tue Yvahnel. Ce qui fait sortir Yrondith de son rêve en étant témoin de la violence entre race.

J'éspère que j'ai été assez clair!

A oui encore une chose, tu décris la mère a l'accouchement et ensuite tu dis que tu ne l'as jamais connu… Ça entraîne la confusion, il faudrait éclaircir ce point.

En bref : bravo!
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Slayne
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MessageSujet: Re: [Recit] A l'ombre du saule   Dim 2 Oct 2005 - 21:11

Moui moui, je dirait un peu la même chose, surtout pour le lion, mais bon je ne vais re-dire la même chose.

Un autre chose :
Citation :
le visage figé par l'effort, ma mère m'a mis au monde
Je sais pas, les elfes sont sensé n'être que de douceur et pas de douleur, or là, on a l'impression qu'elle accouche d'un boeuf...
Enlève, le visage figé per l'effort ça ferat un pue mieux d'après moi...

Mais du tout bon ce texte, c'est pratiquement la seule fois qu'on parle d'Ulthuan et que je devient pas tout rouge **angry** ...
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Arganoth
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MessageSujet: Re: [Recit] A l'ombre du saule   Lun 3 Oct 2005 - 21:20

Mon père me fixa d'un air inquiet, puis s'exprima d'une voix grave:
-Mon fils, je comprends bien ta douleur à propos de la mort de ton ami, mais tu dois comprendre que rien ne pourra le ramener auprès de toi.
Les larmes embuèrent mes yeux, mais je les refoulais rageusement, et m'appliqua à conserver un ton ferme.
-S'il vous plait père. Je veux pouvoir défendre ma vie et celle de ceux que j'aime. Je veux pouvoir être maître de mon destin. Apprenez-moi à me battre.

Son visage s'assombrit, et il m'observa longuement, en silence. Puis, sans ajouter un mot, il sortit de la pièce. Un instant, j'eus peur d'être allé trop loin et d'avoir outrepassé mes droits. Mais il revient peu de temps après, vêtu d'une toge noire, et chacune de ses mains tenait un long sabre de bois. Il m'en tendit un. Je le saisis lentement, d'abord craintif et désorienté. Mes doigts se replièrent doucement, un par un, le long de la poignée. Mais peu à peu, le contact du sabre m'inspira une sensation nouvelle. Un feu secret couvait dans mon coeur, et je brûlais d'envie de le sentir s'emparer de moi. Je fus empli de visions que je ne connaissais pas, celles de batailles sanglantes et de combats sauvages. Un sourire se dessina lentement sur mon visage, alors que je m'imaginais, guerrier indomptable, hachant, tailladant des ennemis inconnus.
Je sentit la haine monter en moi, et fus pris d'une joie meurtière. Chaque membre, chaque muscle de mon corps se tendirent, et un soudain afflux de sang vint empourprer mon visage. Je regardais alors mon père, et décela dans ses yeux une expression de tristesse. Je fus alors conscient de la folie qui m'habitait, ma rage retomba aussi vite qu'elle était montée, et, pris d'effroi, je fus en proie à de violents tremblements. Le sabre s'échappa de ma main et tomba sur le sol dallé avec un bruit sourd.

Mais mon père ne fit pas un pas dans ma direction pour venir m'aider. Son expression était des plus sévères, il s'exprima d'une voix autoritaire:
-Si tu veux être maître de ton destin, mon fils, alors tu devras apprendre à maîtriser tes pulsions. Reprends ton arme, et redresse-toi. L'apprentissage du combat prend sa source en toi. Tu dois apprendre à te connaître. Allons, en garde! Nous allons voir ce que tu vaut, et si vaut la peine que je perde du temps pour toi.
Jamais il ne m'avait parlé d'une telle façon, et j'en fus peiné. Je le regardais avec des yeux implorants, mais son visage resta de marbre.

Je me rafermis, refoulant mes larmes qui perlaient au bout de mes cils, et m'executait. Je saisis mon sabre à deux mains, et le porta à hauteur de poitrine. Mon père fit de même, et nous nous observâmes, les yeux dans les yeux, tel des loups à l'affut. Le temps semblait s'évanouir autour de nous. Puis je bondis soudainement, et lui porta une attaque au visage. Mon père esquiva d'un mouvement ample, et me porta un coup dans les côtes qui me fit perdre équilibre. L'instant d'après, il était derrière moi, et appuya la pointe de son sabre contre ma gorge.
-Dans un vrai combat, tu serais déjà mort, Yrondith. Tu es trop emporté. Ne baisse jamais ta garde sauf si tu as une bonne raison de le faire.
Pour toute réponse, je m'écarta de lui, et me remis en position, ne le lâchant plus du regard. La soudaineté de son attaque me surprit, et je n'eus que le temps de me jeter en arrière pour l'éviter. Je repris cependant mes esprits, et ma lame vint décrire un grand arc de cercle à hauteur de son poignet. Mais mon coup ne rencontra que le vide. Mon père avait sauté sur le côté, et son sabre vint viser mon épaule. J'avais cependant anticipé son mouvement, et au dernier moment je déviais son sabre de sa trajectoire. Puis, en courant, je tentais de le renverser de mon épaule. Mais il se jeta sur le côté avec une vitesse incroyable qui me laissa déconcerté, puis je reçu un choc dans le dos qui me propulsa par terre. Je percutais le sol violement, mais je protegais la tête de mes bras.
Mon père demeura silencieux.

Je me relevais difficilement, chacun de mes membres me faisant souffrir. Mais je gardais la tête haute et fixait mon père avec un expression de défi. Mon coeur battait à tout rompre, et je me replaçais dans ma position de garde. Mon père rit doucement:
-Tu es courageux, Yrondith. Courageux, mais beaucoup trop impétueux. Tes coups irréfléchis auraient put causer ta perte maints fois, s'il s'était agit d'une vraie arme. Je ne pense pas que tu feras un bon guerrier. Renonçe.
La colère me fit frémir, mais je le containt et me força à rester concentré. Je restais aux agguets du moindre de ses mouvements, d'une rotation des hanches au plissement d'une paupière. Il s'elança à nouveau vers moi, mais cette fois-ci je fus plus rapide que lui. Je lui porta un coup au visage, et il esquiva aisement, mais au dernier moment mon sabre changea de direction et fondit en direction de ses flancs découverts. Surpris, il évita l'attaque à grand peine, et j'en profitais pour lui envoyer mon pied au ventre. Il se baissa vivement, mais ce faisant, il ne put m'éviter quand je me jeta sur lui, non envoyant tous deux au sol. Nous restâmes un moment allongés côte à côte, puis il se redressa et me parla d'une voix radouçie.
-Je crois que je me suis trompé, Yrondith. Tu es digne de reçevoir mon enseignement.

....................................

Sinon, en ce qui concerne vos commentaires,

Citation :
Un lion qui tue son meilleur ami, ça ne bouleverse pas complètement une vie.

Que ce soit un elfe noir qui tue son ami n'aurait pas changé grand chose. Je voulais qu'Yrondith soit confronté à la mort pour la première fois. Ce n'est pas en soi le fait que ce soit un lion le meurtrier qui l'a choqué, mais le fait de voir son ami, un^tre cher à ses yeux, qu'i laimait profndément, mourir sous ses yeux, et qu'il n'ait rien put faire pour le sauver. Sa situation avant cet incident était des plus idylliques, mais cet évênement tragique amorçe la fin de son époque d'insouciance et amorçe sa rencontre avec la noirceur et la sauvagerie du monde.
Mais ne t'en fait pas, rencontre avec elfe noir il y aura...

Citation :
A oui encore une chose, tu décris la mère a l'accouchement et ensuite tu dis que tu ne l'as jamais connu… Ça entraîne la confusion, il faudrait éclaircir ce point.

Slayne et toi semblez être du même avis, je vous réponds en même temps.
La brève description de la mère à la naissance n'implique en rien qu'Yrondith l'a connu, elle décrit juste la situation de chaque femme à l'accouchement.
Et non, Yrondith n'est pas un boeuf (excellent elle-là, tu m'as fait mourir de rire ^^), mais il me semble que toute femme, elfique où non, souffre lors 'un accouchement. La terme s"souffrançe" m'ayant paru trop fort, j'ai préfèré le remplacer par "effort", plus doux.

En tout cas, merci beaucoup d'avoir consacré du temps à mon récit.
-Arga, elf enjoy-
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Balbuzar
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MessageSujet: Re: [Recit] A l'ombre du saule   Mar 4 Oct 2005 - 12:16

Citation :
Que ce soit un elfe noir qui tue son ami n'aurait pas changé grand chose. Je voulais qu'Yrondith soit confronté à la mort pour la première fois. Ce n'est pas en soi le fait que ce soit un lion le meurtrier qui l'a choqué, mais le fait de voir son ami, un^tre cher à ses yeux, qu'i laimait profndément, mourir sous ses yeux, et qu'il n'ait rien put faire pour le sauver.
Oui mais je dirais qu'a l'époque du moyen-âge (si il est vraiment possible de situer le monde de WB dans le temps) c'était à le limite normal qu'un proche se fasse bouffer par un loup ou quoi que ce soit de méchant. Tandisqu'un meurtre devant ses yeux lui aurait fait voir les guerres interraciale… Cela lui aurait apporté la haine, un sentiment qu'il n'avais jamais connu jusqu'ici etc……… (oula, je m'emporte ^^)

Pour la 2e partie, je trouve qu'il apprends vite ce petit ^^ Mais bon, on peut dire que c'est un elfe donc a la limite il est tellement agile a la base que ce n'est pas spécialement magnifique, mais quand mêùme, on matte pas un grand père comme ça ^^.

Voilà, sinon toujours le même style d'écriture que j'adore donc je relèves que les défauts! ^^
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Balbuzar
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MessageSujet: Re: [Recit] A l'ombre du saule   Jeu 13 Oct 2005 - 17:25

………

Et la suite? **love**

…………
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Arganoth
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MessageSujet: Re: [Recit] A l'ombre du saule   Dim 13 Nov 2005 - 18:12

Une voix s'élèva, blanche et claire:
-Enfant de la lumière, éveille-toi...
Une autre lui répondit, froide et cruelle:
-Fils des ténèbres, soumets-toi...
-Je suis la pureté de ton coeur...
-Je suis la haine qui te ronge...
-Le chant du rossignol...
-Les hurlements du mourrant...
-La clarté des étoiles...
-Les ombres de la nuit...
-La carresse du vent...
-Le tranchant de la lame...
-Mais où allons-nous?
-Qui le saurait...
-Nous rejoindrons-nous?
-Peut-être jamais...

Les voix se turent un instant, puis doucement, commençèrent à chanter, d'abord faiblement, puis de plus en plus fort, jusqu'à ce que leurs voix mêlées s'élèvent en un choeur vibrant, empli de joie et de tristesse, qui fit s'ébranler les montagnes, se soulever les océans et se déchaîner les vents.
Un oiseau de feu apparut dans le ciel, déploya ses ailes, éclatant de beauté. Il poussa un cri perçant et prit son envol, s'éloignant dans l'horizon vers le soleil couchant. Les deux voix se turent alors, et il y eut à nouveau le vide.

Elles parlèrent alors de concert:
-Mais il est là. Nul ne peut lui réchapper. Le dieu sombre.
Puis, au coeur des ténèbres, une forme apparut, plus noire que la nuit. Elle tendit sa main griffue. Elle était gorgée de sang. Et le sang continuait de couler, inlassablement. La forme déplia ses longs doigts. Et dans son creux, se trouvait un coeur, encore palpitant, et qui se dessechait lentement, mais surement...
............................

Je me réveillai soudain, le front en sueur, terrorisé. Je mis un certain temps avant de retrouver une respiration normale. Je me souvenais de tout exactement, la tristesse qui émanait des deux voix quand elles s'opposaient, le beauté de leur chant. Puis la créature. A sa seule pensée, je fus pris d'un frisson glacial. Qui était-elle? Et que signifiait ce rêve?

Je descendis rejoindre mon père qui m'attendait dans le jardin. Je traversa la cour intérieure, salua les domestiques et pénétra dans la véranda. Mon père s'y tenait, l'air soucieux. A côté de lui se tenait un autre elfe, grand et altier, et vêtu de la livrée verte et grise des gardes de la ville. Quand il me vit il me salua, fit une courte révérence à mon père, puis s'en fut d'un pas rapide.

J'interrogeais mon père du regard:
-Je viens de reçevoir une missive de la cour. Une forte concentration de bêtes sauvages des mont d'Anulli vient d'être repérée un peu plus au Nord. Si nous n'intervenons pas rapidement, la région risque d'être menaçée. J'ai été nommé par le conseil pour mener la battue. Je pars sur le champ. En mon absence, tu iras habiter chez Curufinwe, un ami.
-Combien de temps serez-vous absent, père?
-Je ne sais pas, trois jours, peut-être plus. Je ne peux t'en dire plus.
Je hochai la tête et le laissa à ses préparatifs. Il emmena un grand nombre d'armes, ainsi que son armure en or fin qu'il n'avait pas utilisé depuis des années. Puis il prit Nimcrist, son épée, et l'accrocha à sa ceinture. Alors qu'il la rangeait dans son fourreau, je l'entendis soupirer:
-J'aurais aimé ne plus avoir à me servir de toi. Le destin est parfois si cruel...
Quelques instants plus tard et il était paré.
Il m'embrassa sur le pas de la porte. Il me coûtait de le voir me quitter ainsi. Depuis la mort d'Yvanhel, je craignais de devoir me séparer de mes proches, et il me répugnait de le voir partir au loin.
Alors que ses lèvres effleuraient ma joue, une vague de tristesse me submergea, et je ne pus retenir un accès de faiblesse, et je le serrai entre mes bras. Il eut un léger sourire, m'ébourifa les cheveux, et me repoussa doucement:
-Tout ira bien, je te le promet. Allons, conduis-toi en homme!
Je m'écartai de lui et me tint le buste droit, l'air digne, refoulant ma peine. Puis il nous salua de la main, et partit sans un mot de plus.

Curufinwe habitait dans une petite maison, un peu plus au nord que la notre. Il m'accueillit avec joie, me servit à manger, et dévoila des qualités exceptionelles pour le bavardage intempestif. Mais je ne l'écoutais guère. Je pensais sans cesse à mon père, et mon coeur était empli de crainte. Alors qu'il me montrait ma chambre, je l'interrompis brusquement dans sa conversation, et lui demandai:
-Pensez-vous que mon père reviendra?
Il me regarda avec surprise, puis sourit:
-Bien sur. Votre père est un grand guerrier. Je suis certain qu'il s'en tirera. Après tout, il ne s'agit que de simples animaux, j'ai vu votre père se sortir de situations bien plus délicates. Ne craignez rien. Il vous reviendra sain et sauf. J'en fais le serment.
Après cela, il dut me quitter, non sans m'avoir fait moult excuses. Mais ses paroles m'avaient reconforté, et m'avaient redonné espoir.

C'est alors que je fis la connaissance de son fils, Beren, un elfe de mon âge. Il était reservé et timide, de petite taille, les cheveux noirs et soyeux. Mais malgré cela nous lièrent conversation, et il fut bientôt mon ami le plus intime, tel que je n'en avais jamais eu depuis Yvahnel. Ensemble nous parcourions la campagne, nous entraînèrent à l'épée et à l'arc, nagions dans les ruisseaux. En sa compagnie, je retrouvais la joie de vivre, et la douleur causée par le départ de mon père s'estompa quelque peu.
Ses yeux d'un vert profond cachaient la science et la soif de connaissence d'un érudit, et je ne me lassais pas de l'écouter me raconter les histoires des temps anciens, m'instruire sur la composition du monde au delà du grand océan. Pour la première fois, j'entendis parler des humains, je ris aux éclats quand il m'instruisait sur le peuple nain et leur petite taille qui me semblait si exagérée, et je retins des pleurs quand il me compta l'histoire tragique du peuple d'Athel Loren.
Puis il en vint à me parler de ceux qu'il nommait les maudits, les elfes noirs du royaume ténèbreux. J'éprouvais alors un vif intérêt pour ces êtres qu'il disait corrumpus et vils, capables des actes les plus bas. Il me dit qu'ils avaient un jour été des notres, mais qu'ils avaient quitté la voie d'Asuryan, il y a bien longtemps, pour se plonger dans la dépravtion et la haine.
Captivé, je lui posais davantage de questions, mais il se referma et refusa d'y répondre:
-Il est des choses qu'il ne vaut mieux pas savoir. Ils sont nos noirs cousins, et entre nous il n'y aura toujours que la guerre.
Je me tus alors, et changeai de conversation, mais en mon for intérieux je n'étais toujours pas satisfait. Mon rêve me revient alors en mémoire. Une voix claire et blanche, une autre froide et cruelle, toute deux chantant de concert, dans la clarté du soleil couchant...

Un jour, alors que nous nous promenions le long de la forêt, nous passames à l'endroit où Yvahnel était tombé. Instantanément, les souvenirs douloureux que j'avais enfoui au plus profond de moi-même refirent surfaçe, et mes yeux s'embuèrent de larmes. Beren le remarqua, et me fit m'asseoir:
-Que ce passe-t'il? me demanda-t'il avec douceur.
-Dis-moi Beren. Jusqu'où irais-tu pour sauver quel'qu'un que tu aime? Irais-tu jusqu'à te sacrifier? Irais-tu jusqu'à donner ta vie?
Il hésita un moment, puis me posa la main sur l'épaule, et me parla d'une voix émue:
-Oui Yrondith. Je donnerais me vie pour aider ceux qui me sont cher.
Je plongeai mes yeux dans les siens, et y lu une profonde compassion. Je lui souris tristement, et il répondit à mon geste. Le soleil couchant vint illuminer nos deux visages. Jamais je ne me suis senti aussi bien...

Puis mon père revint, quelques semaines plus tard, couvert de boue. J'appris son arrivée avec une joie intense, et me précipitait pour le retrouver. Mais son accueil fut de glaçe. Il me repoussa avec agaçement, refusa de manger, puis monta dans sa chambre et s'y enferma, me laissant seul en proie au plus vif étonnement...
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A Dark Soul
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MessageSujet: Re: [Recit] A l'ombre du saule   Dim 13 Nov 2005 - 20:49

pas maaaaaaal, **aplause** c'est de mieux en mieu, tu est véritablement parvenu à comprendre la mentalitée haut elfe et à la retranscrire dans tes ligne. A chaque épisode de ton récit que je lit, j'ai l'impression de faire un voyage en Ulthulan (sans massacrer aucun jardinier, c'est sa le plus bizare^^)

Je te dirait bien que tu est le meilleur mais c'est sans compter ma jalousie mégalomaniaque :lol!:
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Balbuzar
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MessageSujet: Re: [Recit] A l'ombre du saule   Mer 16 Nov 2005 - 8:20

Oui excellent. Le niveau est encore monté AMHA. La relation entre le rêve et le reste de l'histoire, la connaissance de leurs cousins ténébreux. Et c'est vrai qu'on est vraiment plongé en Ulthuan. C'est vraiment génial.

En plus, plutôt original, car on a rarement l'histoire du petit elfe plutôt naïf sur le monde exterieur, pas vraiment courageux et au cœur tendre! ^^

Très bon récit, rien a dire, si ce n'est que je trouve toujours que tu accordes beaucoup d'imortance aux animaux car même un lion, une volée de flèches en on en parle plus! Bref, c'est un point qui peut se discuter. Les avis sont surement partagés.

Excellent récit, rien a dire de plus.
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A Dark Soul
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MessageSujet: Re: [Recit] A l'ombre du saule   Mer 16 Nov 2005 - 15:00

Pour l'importance des anniamux, c'est justifié, déja c'est un elfe et donc il à un fort rapport avec la nature.

De plus, pour le coup du lion, il faut faire gaffe, c'est fichtrement coriace et c'est encore plus dangereux quand c'est blessé...
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Arganoth
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MessageSujet: Re: [Recit] A l'ombre du saule   Jeu 17 Nov 2005 - 18:26

Citation :
Voilà suite! Merci pour tout

Chapitre 2: La nef noire

Mon père ne sortit pas de sa chambre avant le lendemain matin. Il me rejoignit sur la terrasse, et posa sa main sur mon épaule:
-Excuse mon comportement d'hier soir. Le voyage a été harassant, et je n'aspirais plus qu'à du calme et du repos. Pardonne-moi si je t'ai fait du tord.
Je lui souris:
-Vous êtes tout excusé, père.
Il s'assit à mes côtés et nous primes ensemble une collation frugale. Dévoré par la curiosité, j'oubliais ma crainte et lui demandai:
-Que s'est-il passé ère? Pourquoi avez-vous été si long?
Il inspira profondément, et son regard se porta au loin:
-Ils étaient plus nombreux que nous ne le pensions, dit-il enfin. Nous avons marché longtemps, nous enfonçant chaque jour de plus en plus à l'intérieur des terres, sans jamais rien trouver. Nous etions tous exténués et découragés. Certains parlaient même de repartir.
Il s'humecta les lèvres.
-Un soir, nous nous sommes réunis. La plupart des hommes étaient las de cette poursuite infructueuse. Après un débat houleux, nous décidâmes de rebrousser chemin. Nous partirions à l'aube.
Son visage s'assombrit.
-Ils nous ont attaqués pendant la nuit. Aucun d'entre nous ne l'avait prévu. Les sentinelles avaient été discrètement neutralisées. Ils nous sont sautés dessus avec la plus grande brutalité. La plupart des hommes sont morts avant d'avoir compris ce qu'il leur arrivait. Les autres ont mis du temps avant de se remettre de leur surprise et à se réorganiser. La moitié des notres étaient morts quand nous pûmes enfin faire front.
Ce n'étaient pas pas des prédateurs ordinaires, chassant pour se nourrir. Leurs fourrures étaient d'un noir de jais, leurs corps couverts de piquants suintants, et leurs gueules ensanglantées parsemées de crocs d'une taille démesurées. Leurs yeux bestiaux brillaient d'une intelligence maligne. Je crains que ces bêtes ne viennent des Mont Anulii, et qu'ils n'aient été corrumpus par le pouvoir du Chaos.
Un frisson me parcourut l'échine. Dans nos longues discutions, Beren avait plusieurs fois mentionné ces puissances de la ruine, les dieux obscurs qui semaient la terreur sur le monde. On pensait que la chute de leur champion avaient réduits les seigneurs du nord à néant, mais de nombreuses rumeurs circulaient, annonçant que le chaos étendait de nouveau son influence insidueuse...

Mon père reprit:
-Mais que nous leur opposâmes une résistance, ils fuirent à la vitesse de l'éclair et plongèrent dans les bois. L'instant d'après, avant que nous n'ayons put réagir, ils étaient sur nos arrières. Ils répétèrent leur manoeuvre à plusieurs reprises, emportant chaque fois nombre de valeureux guerriers dans la tombe. Nous nous disposâmes alors en cercle, et patientions dans une attente fièvreuse. Les bêtes rôdaient autour de nous, hurlant de façon lugubre...
-Nous réussimes à nous échapper le lendemain matin, à l'aube. Les monstres nous suivaient, mais n'osaient pas nous attaquer tant que le soleil était haut dans le ciel. La nuit venue, nous allions nous cacher dans les branches des arbres. Nous passions des nuits horribles, nous avions tous peur de nous endormir et de tomber au sol, où ils nous attendaient.

-Puis un jour, voyant que nous étions affaiblis, ils osèrent une attaque de jour. Nous n'étions plus de taille à les affronter, et nous nous préparions à mourir en brave. C'est alors que le claquement sec de cordes d'arcs se fit entendre. Des dizaines de traits jaillirent des bois, créant une grande panique dans la masse grouillante qui nous faisait façe. Puis des silhouettes encagoulées surgirent de nul part et fondèrent sur les bêtes. D'abors interloqués, nous reprîmes courage et les accompagnèrent.
La bataille fut aussi brève qu'elle fut violente. Toutes les créatures furent tuées. Celles qui réussirent à s'échapper furent pourchassées. Un des hommes encapuchonnés s'avana vers nous. Son visage était masqué. Il dit avoir été mandé par le conseil pour nous retrouver, car nous avions pris un retard inquiètant, et nous aider et cas de besoin. Nous le remerciâmes chaleureusement, puis, sans un mot de plus, il se détourna et retourna avec ses hommes dans les ténèbres des sous-bois. Quelques jours plus tard, et nous étions rentrés.

Il eut un instant de silence, puis me sourit. Je sentis mon coeur se gonfler de fierté envers lui, mais je retins mes ardeurs et lui sourit à mon tour.
-Viens, me dit-il, il me tarde de revoir ma chère cité.
Il se revêtit de ses plus beaux habits, et nous sortîmes alors. Au pas de la porte, nous fûmes rejoints par Beren et Curufinwe, qui acueillirent mon père avec fortes exclamations de joie et de soulagement. Puis nous nous sortâmes de la ville, et allâmes nous promener sur les berges du grand océan, le coeur en liesse.

Au mileu de l'après-midi, après m'être baigné et m'être fait berçé par les vagues, j'alla m'allonger à l'ombre d'un gracieux saule. Enivré par tant d'émotions, je ne tarda pas à m'assoupir, et le sommeil me gagna. Mon esprit fut empli par la vision d'un vaste champ ensoleillé au creux duquel coulait calmement un petit ruisseau. J'étais au bord de l'eau, et m'abreuvais lentement. Soudain, l'eau se teinta de rouge. Je me redressais vivement, empli de craintes. Puis une voix douce et mielleuse se fit entendre derrière moi:
-Il est l'heure.
Je me retournais vivement. Un homme se tenait debout. Il était entièrement couvert de noir, et, malgré la lumière, son visage était plongé dans l'obcurité, mis à part sa bouche, sur laquelle se dessinait un sourire cruel.
-Il est l'heure petit.
Il tendit tendit son bras. Ses doigts tenaient une forme sombre, envelloppée dans un tissu de couleur malsainte.
-C'est le moment d'ouvrir les yeux.
Son timbre avait changé, et je reconnus alors la voix froide et cruelle de mon rêve. Il découvrit alors ce qu'il tenait dans sa main, et l'exposa à la lumière du soleil. C'était une tête, un tête d'elfe, pourrie et rongée par les vers...

Mon père me réveilla alors en m'appuyant sur l'épaule. Je le fixa d'un air hagard. Son expression était sombre.
-Viens voir. Vite.
Il me mena jusqu'à une haute falaise qui surplombait l'étendue bleue de l'horizon. Curunfinwe et Beren m'y attendaient déjà, l'air grave. Les vagues venaient se fracasser violement en contrebas. Mon père tendir son doigt vers le lointain.
-Regarde.
Je plissais les yeux. Un forme se mouvait rapidement. C'était une navire au profil séduisant, de facture elfique, cela ne faisait aucun doûte. Mais sa coque, ses voiles étaient tout de noir. Le vaisseau fendait la bise à une vitesse impressionnante. Je le discernais de mieux en mieux à mesure qu'il se rapprochait. Sur la plus grande voile, on pouvait voir un symbole se dessiner lentement. La rune de Khaine. La voix de mon père d'éleva alors.
-Prévenons la cité. C'est un navire elfe noir. Nous somme attaqués...
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MessageSujet: Re: [Recit] A l'ombre du saule   Mar 28 Fév 2006 - 21:50

excellent récit!!! j'adore!!! Je suppose (ou plutot j'espère en tant qu'elfe noir **Diabolik** ) qu'il y aura plein de mort et d'esclaves! avec un peu de chances y sera capturé et fait esclave! super histoire dont on en voit peu! Continu!
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MessageSujet: Re: [Recit] A l'ombre du saule   Dim 23 Avr 2006 - 11:56

Allez, après un petit peu d'absence, une suite:

Citation :
Mon père nous mena en toute hâte au siège du conseil, au coeur d'Oskalath. Il s'agissait d'une grande bâtisse, soutenus par de vastes pilers de marbre. Ses murs blanc immaculés étaient recouverts d'oriflammes portant les insignes d'Oskalath, et de fines scultures en or marin. En d'autres temps, je me serais émerveillé devant ce spectacle somptueux, mais je n'avais plus le temps de m'extasier.
Nous franchîmes le portillon d'entrée avec précipitation. Un garde tenta de s'interposer. Mon père lui parla d'une voix autoritaire, le sommant de le laisser passer, au nom de la survie de la ville. Le garde, d'abord incrédule, inclina la tête, puis s'écarta. Nous montâmes prestement la volée de marches qui menaient à la chambre du conseil, et mon père en ouvrit la porte sans perdre un instant.

Autour d'une grande table ovale se tenaient plusieurs individus revêtus de toges blanches, aux visages froids et satisfaits. De grandes liasses de feuilles s'amassaient entre leurs mains, et à en juger leurs expressions hostiles, nous les interompions dans une conversation délicate.
L'un d'entre eux, un homme imposant aux yeux perçant, se leva vivement, et nous toisa avec colère. Il eut un geste de surprise en reconnaissant mon père, puis s'adressa à lui d'une voix impérieuse:
-Que se passe-t'il, Elennil? Pourquoi cette entrée intempestive? Ne connaissez-vous pas les règles du protocole?
-Quand une affaire concerne la vie de plusieurs centaines d'elfes, il est sage d'oublier le protocole, Cirion.
Le Haut Conseiller eut un sourire ironique:
-Et quelle affaire justifie-t'elle que l'on dérange le conseil?
Mon père inspira profondément, et s'exprima d'une voix basse:
-Les elfes noirs. Un de leur vaisseaux est passé outre les patrouilles maritimes, et il s'approche de la ville. Au moment où je parle, ils ont peut-être déjà débarqué sur la plage.
Il y eut un profond silence dans la salle. Les membres du conseil étaient abasourdis. Puis Cirion se mit à parler, d'une voix altérée par l'étonnement:
-Un navire elfe noir s'approche de la côte. Etes-vous sur de ce que vous affirmez, Elennil, où s'agit-il d'une grossière plaisanterie?
-Vous doûtez de mes dires, Conseiller?
Cirion se rassit lourdement sur son siège, atterré. Il croisa les doigts, ferma une moment les yeux, puis les rouvrit tout d'un coup et nous fixa d'un regard perçant.
-Bien. Cette nouvelle est pour le moins inattendue. Nous nous concerter et prendre une décision...
Mon père le coupa soudainement. Son visage refletait une expression de profond agaçement:
-Il n'y a plus le temps conseiller. Les elfes seront sur nous dans peu de temps. Nous devons prendre une décision immédiatement.
-Nous pourions fuir vers le Nord, et rejoindre Tor Yvresse...
-Fuir? Avec des elfes noirs aux trousses?
Mon père éclata d'un rire sinistre.
-Ils sont trop rapides. Ils auront tôt fait de nous rattraper. Non, nous devons rester et nous battre. C'est la seule solution.
-Notre ville n'est pas conçue pour soutenir un siège. Et la plupart de nos combattants ne sont pas prêts.
Mon père se tint immobile un moment, l'air sombre. A côté de moi, je sentais Beren trembler. Je le regardais un bref instant. Son teint était livide.
-J'irais, avec quelques-uns de mes compagnons, ralentir l'avançée des elfes noirs, reprit mon père. Je vous laisserais ainsi un bref temps de répis. Profitez-en pour apprêter les combattants et organiser la défense.
Cirion inspira profondément, et son regard balaya l'ensemble de ses conseillers. Tous hochèrent la tête en silence.
-Très bien. Nous ferons comme vous dîtes. Maintenant partez, et faites vite. Donnez-nous tout le temps que vous pourrez.
Mon père fit une révérence, et sortit de la salle. Nous lui emboîtâmes le pas.

Il parti presque immédiatement après. Il ne voulut pas que je l'accompagne, et je n'insista pas. Je le regardais juste s'engouffrer dans la vaste étendue boisée qui s'étendait de là aux plages de Cothique, le coeur terrassé par le chagrin. Avant qu'il ne s'enfonçe dans les ténèbres, il se retourna et m'adressa un bref geste du bras. Puis il disparut. Beren me prit la main et la serra fortement contre la sienne. Une larme perla au bout de mes cils, coula le long de ma joue, et vint se mêler à la rosée du matin...
Cirion n'avait pas perdu de temps. Oskalath était emplie du vacarme provoqué par l'affairement précipité des soldats, les hurlements de la population paniquée, les cris des généraux, le fracas des armes qu'on affute. Les enfants pleuraient, leurs mères terrorisées, tentaient en vain de les rassurer. Tous les jeunes gens capables de se servir d'une arme furent emmenés pour combattre au front. Leurs proches les regardaient partir en pleurant, les serrant une dernière fois entre leurs bras, innodant leurs visages effrayés de larmes. Yrondith vit une mère hystérique s'accrocher désespérement aux vêtement de leurs enfants, hurlant de desespoir. Les gardes durent s'y mettre à deux pour l'en écarter, et elle s'effondra sur le sol dallé...
Le coeur lourd, je me rendis à la caserne de la ville, accompagné par Beren. Curunfinwe dut rejoindre son ordre, et nous quitta après avoir longuement embrassé son fils, lui promettant avec un sourire qu'il le reverrait bientôt.
La caserne était en ébullition. Les armes étaient distribuées à la hâte, dans le plus grand vacarne et la plus parfaite desorganistion. Assurement, la ville n'avait pas prévu une telle attaque. Je me ceins d'une armure de moyenne facture, mais néanmoins souple et légère, m'équipa d'une longue lançe de combat et d'un large bouclier, et alla m'aligner avec ceux du corps des lanciers qui s'organisaient en un petit régiment dans la cour. Beren me succéda.
Le régiment mit peu de temps avant d'être constitué. La vue de nos armures flamboyantes sous le soleil levant me rempli d'espoir. La tête haute, je regardais Yrinith, commandant de mon ordre, s'avançer vers nous, l'air grave. Il nous regarda longuement, puis inspira profondément, et parla d'une voix claire:
-La bataille que nous nous préparons à livrer est loin d'être gagné d'avançe. Même combinés aux autres corps de la ville, nos effectifs sont loin d'être suffisant pour espérer repousser un assaut des maudits. Nous allons surement vivre un combat des plus difficiles. C'est pourquoi je vous demande de donner le meilleur de vous-même. Quoi qu'il arrive, n'oubliez pas que vous défendez votre famille, vos proches, vos biens...Quoi qu'il arrive souvenez-vous bien que l'avenir de la ville dépend de vous.
Sa voix se fit puissante, et me fis prendre conscience de la réalité de la situation.
-Maintenant, aux portes de la ville.
Il ouvrit grand les portes de la caserne, et se dirigea à grands pas vers l'artère principale de la ville qui menaient à l'entrée de la cité. Nous lui emboîtâmes le pas avec discipline. Nous défilâmes sous les encouragement de la foule qui s'amassait sur notre passage. Certains jetaient des gerbes de feuilles d'oranger à nos pieds. Le parfum de l'encens embaumait l'air.

En route, nous fûmes rejoint par le corps des archers, de jeunes gens qui paraissaient effrayés et serraient nerveusement leurs longs arcs en bois d'if. Puis vint le corps des cavaliers, majoritairement constitué par les nobles de la ville. Je m'émerveillais devant leur allure gracieuse et altière, leurs armures finement ciselées, leurs longues chevelures dorées. Il me semblait impossible que de tels êtres pussent mourir un jour. Non, nous ne pouvions pas perdre...
Arrivé à la plaine qui s'étendait devant Oskalath, Yrinith nous ordonna de nous arrêter. Il balaya l'étendue du futur champ de bataille de ses yeux de lynx, puis nous dispersas selon une disposition que je ne compris pas pleinement. L'art militaire m'échappais. Je ne m'y étais d'ailleurs jamais vraiment interessé.
J'étais au troisième rang. Un chançe, je n'osais imaginer la peur qui tenaillait les pauvres êtres qui se trouvraient aux premières lignes, et qui reçevraient la charge de l'ennemi de plein fouet. Nous attendîmes un moment. Le soleil était alors au zénith. Les oiseaux gazouillaient dans le lointain. Un douce brise souffla sur mon visage. C'état vraiment une belle journée...

Soudain, en contrebas, un groupe d'homme sortit en toute hâte des fourrés, et se dirigèrent vers nous en courant. Mon sang ne fit qu'un tour. Mon père! J'allais l'appeller pour lui signaler ma présence, mais je rappellais ma situation, et me contentait de l'observer tandis qu'il escaladait le flanc de la colline en toute hâte. Mon coeur se gonfla de fierté. Il était en vie.
Soudain, un nuage de poussière se souleva brutalement, et une colonne de soldats déboula brutalement de l'autre côté de la plaine. Je me sentis devenir livide. L'ennemi était là.

Dès qu'ils nous aperçurent, les elfes noirs s'arrêtèrent. Nous entendîmes un homme aboyer des ordres dans un language que je ne compris pas, puis, les elfes noirs se déployèrent sur toute la largeur du champ de bataille. Je fus horrifié. Malgré la distance qui nous séparait, je pouvais clairement voir leurs visages froids et cruels s'éclairer en un rictus sadique. Certains ricanaient doucement. Ils étaient entièrement vêtus de noir, leurs étendards corrumous flottaient comme sous l'effet d'une brise surnaturelle, et leurs armes étaient gorgées de sang. Je fus pris d'un horrible révulsion envers ces êtres malsains. Comment pouvaient-ils avoir été des elfes?
Mon attention se reporta alors sur mon père et ses compagnons. Ils venaient d'atteindre nos lignes, et j'en fus soulagé, mais mon père ne me vit pas, et se dirigea tout droit vers Yrinith. Je ne pus entendre un traître mot de leur conversation, mais le capitaine de l'ordre des lanciers eut l'air inquiet...

C'est alors qu'un hurlement ideux se fit entendre dans l'armée adverse, accompagné par le chant de cors de guerre. Les elfes noirs se mirent alors en marche...
Ils se déplacaient rapidement. Je pouvais voir une rage indicible déformer leurs visages. Yrinith leva son épée. A ma gauche, les archers encochèrent leur flèches à l'empenage bleu asur. Tous patientaient dans une attente fièvreuse. Puis, lorsque les elfes noirs atteignirent la moitié de la plaine, il l'abaissa vivement.
Tout son fut alors dominé par le bruit des cordes qui se détendent et des flêches qui tranversent l'air. Le ciel fut transperçé par une raie argentée, qui s'éleva dans les cieux assombris, puis retomba dans les rangs ennemis.
Les pertes ne furent pas à la hauteur de nos espérances. Les dégâts étaient conséquents, mais ne firent qu'exacérber la fureur des elfes noirs qui s'élançèrent en courant. Ils avaient déjà franchis les trois-quarts du champ de bataille. Yrinith leva son épée à nouveau, puis renouvella son mouvement. Une nouvelle pluie de flèches tomba. Elle n'eut pas plus d'effet que la précédente. Les elfes enragés percutèrent alors de plein fouet les lignes des lanciers.

De toute ma vie, il ne m'avait jamais été donné d'assiter à un évênement d'une telle brutalité. Dans ces corps-à-corps barbares et sanglants, on ne voyait pratiquement rien. Je ne savais absolument pas ce qui se passait autour de moi. Dans la poussière, le fracas des armes, les hurlements des mourants et l'odeur du sang, une seule chose était vraie: je devais me battre pour sauver ma vie. Et je battis alors avec une férocité dont je ne me serrais jamais cru capable. Je n'avais plus qu'une seule idée en tête: tuer. J'abandonnais ma lançe au profit de l'épée longue de mon père, et taillais mes ennemis sauvagement. Toute pitié m'avait abandonnée, ma folie guerrière était à son apogée. Je sectionnais le bras d'un maudit qui vint s'effondrer à mes pieds en vociférant, avant que je ne lui transperçe la gorge. Un autre profita de ce moment d'innatention pour me percuter violement et m'envoyer par terre. Sur de sa victoire, il se jeta sur moi en se préparant à porter le coup de grâce. Je lui plantais ma lame dans le ventre, et la retira vivement, laissant ses entrailles sanguinolentes s'étaler sur le sol boueux. Son visage se figea dans une expression de surprise, puis il s'effondra façe contre terre.

C'est alors que je repris conscience de moi-même et jeta un bref coup d'oeil autour de moi. De nombreux corps d'elfes noirs gisaient sur par terre, mais d'avantage encore de ceux de notre espèce. J'entendis le doux chant d'un clairon sonner dans mon dos. Je me retournais. C'était Yrinith. Profitant d'un bref moment de répis de l'ennemi, il nous encourageais à nous rassembler autour de lui. Je m'élançais à ses côtés, tuant un elfe noir de plus qui tentait de s'interposer entre nous.
Yrinith fut soudain touché par un projectile qui lui transperça la gorge. Il s'effondra en émettant un gargouillement atroce. Je fus soudain confondu. Un elfe noir en profita pour m'approcher par derrière et me porter un violent coup à la nuque. Je m'effondrais façe contre terre. Du sang coulait de ma bouche. Je m'attendais à reçevoir le coup de grâce, et fermait les yeux en priant Asuryan de ne pas être trop dur dans son jugement. Mais il n'en fit rien. L'elfe noir me désarma brusquement, et m'attacha les mains à l'aide de cordelettes de cuir. Je regardais autour de moi. La plupart de nos guerriers s'étaient fait prendre de même. Les derniers noyaux de résistance furent rapidement réduit à néant. Je fus tiré de ma torpeur. Le désespoir m'envahit. C'était fini. Nous avions perdu...

Les elfes noirs nous réunirent au milieu des cadavres. Je regardais autour de moi. Aucune trace de mon père ni de Beren.
Un maudit de haute stature s'avança vers nous. Il était vêtu d'une armure de longues mailles noirs, et une cape écailleuse pendait sur son épaule. Il nous toisa avec un regard arrogant. Sa voix siffla à mes oreilles:
-Ecoutez-moi bien, pourris. Jusqu'à présent, vous viviez dans la luxure et la suffisance. Ce temps est révolu. Votre cité sera pillé et incendiée, vos femmes violées, vos enfant massacrés. Et vous, vous serez emmenés à Naggarond, et nous servirez. Car à présent, vous n'êtes plus rien. A compter de ce jour et jusqu'à la fin de votre existence, vous êtes des esclaves...

-Arga-
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MessageSujet: Re: [Recit] A l'ombre du saule   Mar 25 Avr 2006 - 17:46

C'est toujours aussi bien, j'aime! Mais le jeune qui n'as pas cents ans, je doute qu'il puisse tuer beaucoup d'elfes noirs sans encaisser de blessures, car il est jeune et n'as pas passé sa vie à s'entrainer, comme les elfes noirs (surtout qu'il me semble que c'est une armée de métier chez le HE). Mais bon, j'aime beaucoup, continu!
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