Ulthuan vs Naggaroth

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 [Recit] Les Chroniques d'Orelym

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Knurlnien
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Mar 26 Aoû 2008 - 23:15

Sympa comme d'hab' ! :thumright:

Sinon j'ai adorée la superposition de précautions oratoires dans cette phrase :
Citation :
il avait simplement suggéré qu’il aurait pu être possible que les Exécuteurs aient éventuellement commis un acte peu civique
Mort de rire **laugh*

Knur' (fan de son Llo adoré)
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Eruvas
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Jeu 28 Aoû 2008 - 11:30

Oulah, j'ai raté deux chapitres !

le premier :

les plus:
-J'adore la description du mage dragon
-wouéééé, on va avoir des dragons !

les moins:

Citation :
Ils gravirent plusieurs volées d’escaliers
On dit une volée de marches, pas d'escaliers^^
Citation :
Je suis Aelys
Ca serait pas un peu pompé, ça ? XD


le deuxième:
franchement, j'ai adoré. Ce chapitre-là est digne d'un vrai roman. Ja trouve aucun mauvais point, quand au meilleur, c'est bien sûr :

Citation :
il avait simplement suggéré qu’il aurait pu être possible que les Exécuteurs aient éventuellement commis un acte peu civique

**laugh*
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Llomarin
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Mer 20 Mai 2009 - 18:52

Merci à Knur' qui par une remarque en section dessin m'a donné envie de continuer cette petite histoire :thumright:

Voilà donc la suite.



LLOMARIN



Le seigneur dragon déchu marchait d’un pas lent dans un couloir d’une noirceur total.
Il se défiait de l’absence de lumière, las comme il l’était d’être traqué dans sa propre forteresse.

Depuis des heures et des heures, il tentait d’échapper à tous les Druchii lancés à ses trousses dans les corridors sombres des passages secrets du Weyr. A plusieurs reprises, il avait failli tomber nez à nez avec une patrouille, mais à chaque fois un embranchement lui avait permis de la contourner.

A nouveau du bruit, à quelques encablures devant lui. Une patrouille. En sens inverse.
Cela n’augurait rien de bon, tout cela. Llomarin ne tenait pas à rebrousser chemin. Il y avait encore plus d’elfes noirs derrière lui que devant, sans doute. Que faire ?
La lueur d’une torche apparut à quelques mètres. Ils se rapprochaient dangereusement.
Devait-il les affronter ? Ou prendre le risque de reculer ? Pour tomber sur un autre groupe de Druchii et être pris en tenaille ?
Llomarin regarda rapidement autour de lui. Le couloir était peu large, n’autorisant une patrouille qu’à passer en file indienne, et haut de plafond. L’avantage était pour lui.

Sûr de sa décision, le seigneur dragon se mit à courir, le poing serré sur le pommeau de sa lame qu’il avait dégaine par prudence il y a longtemps déjà.
« Qu’est-ce que c’est ? J’entends quelque chose, s’étonna l’homme de tête, qui tenait une torche. »
Sa maille ne le protégea pas du coup mortel porté sur son cou, pas plus qu’il ne comprit qu’il mourrait.
Llomarin bouscula sans ménagement le corps pour s’attaquer au deuxième. Il avait eu raison : la patrouille évoluait en file indienne. La surprise empêchèrent les deux suivants de se défendre, mais pas l’un d’eux de crier « Une attaque ! » avant de rejoindre Khaine.
Llomarin marcha sur leurs corps sans vie, avant d’engager une courte passe d’arme avec le quatrième qui se solda par la mort d’un nouveau Druchii.

« En formation, cria une voix à l’arrière du groupe. »
Le cinquième Druchii se cachait derrière son bouclier. Soudain, une lance jaillit de derrière lui, se dirigeant vers Llomarin. Le seigneur dragon dut se jeter contre un mur pour ne pas finir embrocher. Il jeta un rapide coup d’œil derrière le premier homme. Quelques torches portées haut par des soldats éclairaient les têtes de cinq guerriers citoyens. La défense s’organisait. Chacun pointait sa lance devant son camarade de devant, campant derrière un bouclier.
Le plafond est haut, se rappela Llomarin avec justesse.
Le seigneur dragon prit une grande impulsion et bondit vers le mur opposé, à moins d’un mètre de distance. Son pied droit s’appuya sur la paroi et le propulsa encore plus haut. Dans les airs, Llomarin se saisit de la lance pointé sur lui et, l’écartant, s’abattit sur le premier elfe noir. Sa lame traversa rapidement sa gorge et il répéta son saut, neutralisant un nouveau guerrier citoyen.
« Dans une situation difficile, il te faut innover, lui avait un jour dit son maître d’armes ».
Brillante illustration, commenta intérieurement Llomarin.

Il n’avait devant lui plus que trois hommes, dont deux seulement portaient bouclier et lances. Mais le fait était que l’extrémité de l’arme du premier était dans la main du prince. Tirant vers lui, il attira le guerrier citoyen avant de le projeter contre un mur. Son camarade saisit l’occasion pour attaquer, toutefois Llomarin le vit venir et dévia la pique, pour finalement envoyer son poing ganté dans le visage de l’homme. Ce dernier atterrit dans les bras du dernier soldat de la file.
Llomarin ne voulut pas perdre de temps et marcha vers eux, lorsque le guerrier poussa soudainement son camarade encore sonné vers le seigneur dragon, venant s’empaler sur sa lame.
Les Druchii n’ont aucun sentiment entre eux, constata pour la énième fois le seigneur dragon. Tout ce qui compte, c’est leur propre vie.

Le dernier homme était un gradé, en réalité. Un foulard violet lui entourait le cou et un casque lui enserrait le crâne. On ne voyait de son visage que ses yeux noirs et sournois. A part ses épaulettes décorées, sa tenue était celle d’un guerrier citoyen normal : maille et plastron noire sur robe violette.
Il serrait dans sa main gauche une torche et dans l’autre une lame sombre en forme d’éclair, commune aux Druchii, mais à la garde en or.
« Tu es seul ? s’étonna l’elfe noir.
- Oui, mais j’en vaux dix comme toi.
- C’est ce que nous allons voir. »

Des bruits de pas, pressés, se firent entendre, quelques dizaines de mètres derrière Llomarin, a priori. Une autre patrouille, sans doute, venant voir ce qui se passait. Des cliquetis de métal : des hommes en armure lourde. Il ne fallait pas s’éterniser ici.
« J’aurai été ravi de faire durer notre petit duel, en temps normal, Druchii, mais…
- Mais ? demanda l’elfe noir en ricanant.
- Mais je suis assez pressé. »
Llomarin prit impulsion sur le sol pierreux et décolla. Une poussée sur le mur de droite, une sur le mur de gauche, et il se retrouva dans les airs au dessus de son adversaire. Ce dernier essaya de l’atteindre avec son arme, mais il ne rencontra que l’épée du Asur pour parer son coup.
Llomarin atterrit derrière l’elfe noir, et sans prendre le temps de se retourner, partit en courant dans le couloir.

Le seigneur dragon n'entendit aucun bruit derrière lui.
Il en déduisit que l’homme entendait les renforts avant de se lancer à sa poursuite.

Plus on est de fous, plus on rit.

_________________
« Qu’il ne soit fait aucun quartier. Je veux entendre leur cri. Faites les souffrir. Mutilez leurs corps pour que même Isha ne puisse reconnaître ses enfants. »
Tyrus, dynaste elfe noir

Mon armée, ma saga et mes dessins



Dernière édition par Llomarin le Jeu 6 Aoû 2009 - 23:04, édité 1 fois
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Knurlnien
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Mer 20 Mai 2009 - 22:59

Citation :
Merci à Knur' qui par une remarque en section dessin m'a donné envie de continuer cette petite histoire :thumright:
Merci à toi de nous ravir par cette suite tant attendue (je ne me savais pas si convaincant **siffle**).

Sur le texte.
Citation :
Le seigneur dragon prit une grande impulsion et bondit vers le mur opposé, à moins d’un mètre de distance. Son pied droit s’appuya sur la paroi et le propulsa encore plus haut. Dans les airs, Llomarin se saisit de la lance pointé sur lui et, l’écartant, s’abattit sur le premier elfe noir.
parce qu'en plus il est à moitié arlequin ? **fou** XD

Un récit bien construit et une bonne idée de transition mais il manque cruellement un élément nouveau à se mettre sous la dent...

Cordialement,
Knur' (qui espère avoir relancé pour longtemps une grande saga :thumright: )
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Wolfen
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Mer 20 Mai 2009 - 23:41

N'ayant pas lu le début, je me contente de commenter la forme. Je rattraperai mon retard aussi vite que possible (ce soir peut-être, si j'ai le courage suffisant).

Vraiment pas grand chose à redire, le passage est bien mené, on voit l'avancée littérale du Prince.

Citation :


las comme il l’était d’être traqué dans sa propre forteresse.

C'est très laid et le "comme il l'était" ne sert à rien à part à alourdir ta phrase. ;) Sans ça, la phrase devient lisible sans que mes yeux ne jaillissent hors de mes orbites.


Citation :

A nouveau du bruit, à quelques encablures devant lui. Une patrouille. En sens inverse.

Pas convaincu par les phrases nominales qui s'enchaînent, là. C'est censé donner une impression de prise sur le vif mais dans un texte déjà entamé de manière posée, au passé, ça rend assez mal, je trouve. Point de vue personnel, ceci dit.

Citation :


Devait-il les affronter ? Ou prendre le risque de reculer ? Pour tomber sur un autre groupe de Druchii et être pris en tenaille ?


Mouais, tu peux lier au moins deux des questions ensemble pour que ce soit moins redondant — après j'aurai fait une seule phrase du tout, moi, mais bon. ;p

Citation :

Le couloir était peu large

"était étroit", quoi ;)


Citation :

qu’il avait dégaine par prudence

dégainé*

Citation :

pas plus qu’il ne comprit qu’il mourrait.

mourait*
J'aime pas trop cette tournure de phrase ; le "pas plus" aurait tendance à faire référence à la maille : ici, ce n'est pas le cas et ça rend quelque chose de ... bizarre.


Citation :

La surprise empêchèrent les deux suivants de se défendre, mais pas l’un d’eux de crier « Une attaque ! » avant de rejoindre Khaine.

empêcha*
Après, je vois que tu apprécies d'intégrer du discours direct à ton texte mais ici, cela coupe un peu la phrase : "donner l'alerte" est une alternative plus agréable au point de vue du rythme de la phrase.


Citation :

Il jeta un rapide coup d’œil derrière le premier homme.

Pas compris, là ; il n'en était pas au cinquième ?



Rien d'autre sur la forme.
Le texte est bien mené, bien écrit — ce pourquoi je me permets de pinailler car bon, on peut toujours faire mieux. ;)
Par contre, j'avoue ne pas être fan du côté "samouraï" donné au protagoniste. Le terme est entre guillemets car c'est ce à quoi ça me fait penser, ce héros qui charge dans le couloir, saute en l'air en prenant appui sur les murs et fait un saut par dessus son adversaire — dans un couloir étroit — en parant sa lame tout en lui volant sa torche — respect.



Wolf'.
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Llomarin
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Jeu 6 Aoû 2009 - 23:15

Wolfen a écrit:
ce héros qui charge dans le couloir, saute en l'air en prenant appui sur les murs et fait un saut par dessus son adversaire — dans un couloir étroit — en parant sa lame tout en lui volant sa torche — respect.
Je vois ce que tu veux dire. Après prise de recul, effectivement j'y suis allé fort. J'ai enlevé le vol de la torche, c'est déjà ça.

Voilà la suite que j'ai retrouvé dans mes dossiers, je ne sais pas trop pourquoi je ne l'ai pas posté quand je l'ai écris il y a quelques mois déjà... Je pensais sans doute rajouter quelque chose mais après relecture cela me parait suffisant.



TYLRAEL


Aelys referma la porte derrière eux, les plongeant dans l’obscurité.
Pendant quelques secondes, Tylrael resta figé. Il était tout ému de se trouver là, seul dans le noir avec celle qu’il aimait. Il voulut tendre la main vers elle, pour la toucher, mais elle parla à ce moment là :
- Alors, tu allumes ?
Le charme retomba aussitôt. Il revînt à la réalité en soupirant.
Fermant les yeux, il visualisa mentalement l’endroit où se trouvaient les torches, sur les murs. Il sentit les vents magiques lui caresser la peau et les fit converger par sa seule volonté vers le lieu voulu. Soudain, les torches s’allumèrent.
Il y en avait quatre, une sur chaque mur, et elles éclairaient désormais la pièce : une vieille remise inutilisée depuis des années. Quelques sacs vides et une malle traînaient dans un coin sur le sol de pierre, seuls vestiges témoignant que la salle avait jadis servi à entreposer des vivres.
- Bon, dit Aelys en se plantant au milieu de la pièce. Prend ça et commençons.
Elle lui jeta une des deux épées au fourreau qu’elle tenait, avant de dégainer sa propre arme.
Elle portait, sous une cape rouge qu’elle jeta à terre, une tenue de garde de son père : bottes et justaucorps vermeils.
Cela la mettait moins à son avantage que ses magnifiques robes habituelles, mais elle ne manquait pas de charme dans cette tenue, trouva le mage.
- Et bien, qu’est ce que tu attends ?
- Heu, excuse-moi.
Tylrael dégaina sa lame, une arme simple de guerrier citoyen « emprunté » à l’armurerie du château.
Il se mit en garde, comme Aelys lui avait appris. Celle-ci passa à l’attaque presqu’aussitôt.
Tylrael para le coup et riposta. Les deux elfes s’engagèrent dans une passe d’arme, mais le mage fut bien vite acculé contre un mur, la pointe de la lame d’Aelys pointé sur son torse.
- Allez, appliques toi un peu plus, ordonna la jeune femme.
- Je fais ce que je peux. Je ne suis pas un bretteur.
- C’est toi qui a voulu apprendre à te servir d’une épée.
Oui, je dois apprendre à tuer même par des moyens non magiques. Cela me sera très utile, quand j’aurai réveillé les dragons…
Tylrael se remit en garde. Une nouvelle passe d’arme s’engagea. Le mage fut désarmé, mais ils recommencèrent le combat rapidement. Ils effectuèrent ainsi plusieurs échanges de coups, et chaque fois Tylrael résistait plus longtemps.
Au bout d’une heure, le magicien était en sueur, tremblant sur ses jambes.
- Je crois que l’on va s’arrêter là, finit par dire Aelys.
- Pourquoi ?
- Tu risquerais de t’écrouler à ma prochaine attaque.
- Mensonge.
Aelys frappa à la vitesse de l’éclair. Le plat de sa lame percuta la jambe droite du mage au niveau du genou. Tylrael se retrouva violemment assis par terre.
- Tu disais ? dit la jeune femme.
Le magicien marmonna et se releva péniblement. Il tapota ses robes, qui étaient pleines de poussière, et passa sa main sur son front, pour s’apercevoir que son maquillage, mélangé à sa transpiration, ne tenait plus du tout.
- Ceci dit, tu t’es amélioré.
- C’est vrai ?
- Oui, tu es meilleur qu’avant. Tu te bats à peu près aussi bien qu’un soldat citoyen maintenant.
- J’aurai une meilleure arme que ça, sur le champ de bataille, dit Tylrael en montrant sa lame.
- Tu as travaillé ton sort ?
- Oh oui, répondit-il.

Tylrael ferma les yeux et essaya de se concentrer. Cependant sa fatigue physique était trop grande, les vents magiques lui échappaient totalement. Comme il ne voulait pas prendre de risque en présence d’Aelys, pour ne pas la blesser, il stoppa sa tentative.
- Je te montrerai plus tard, allons voir si le conseil est fini.
La jeune femme acquiesça, et ils quittèrent la pièce. Ils se trouvaient au sous-sol, juste sous les cuisines. Quant ils remontèrent, le personnel du château était en plein labeur : le conseil était fini et il fallait faire à manger pour tous les officiers affamés qui en sortaient.
Les deux elfes se dirigèrent directement dans la salle de réception, où bon nombre de Hauts princes étaient déjà assis, discutant bruyamment.
- Rendyl a un faible pour moi, je n’aurai pas de mal à le faire parler, chuchota Aelys avant de se diriger vers le susnommé. Celui-ci, dès qu’il remarqua la jeune femme, la dévora des yeux jusqu’à ce qu’elle soit assis à côté de lui. Tylrael avait envie de frapper cet insolent au regard libidineux, mais céder à cette tentation aurait signifié pour lui l’exil ou la mort. Dans un monde de nobles égocentriques, le roturier qu’il était, même ayant fait des études à la tour blanche, n’était rien.
Le mage se contenta de s’assoir aux côtés de la femme qu’il aimait.
- Alors, messire, vous n’êtes pas trop harassé par ce long conseil ? commença Aelys.
- Non, il en allait de l’avenir de notre belle cité.
- Dîtes moi donc ce qui a été décidé, et quelle part vous ne manquerez pas d’y prendre, messire.
- Et bien nous allons marcher sur le Weyr, ma Dame. Les Druchii n’ont qu’à bien se tenir.
- Vraiment ? s’étonna Aelys. Mais n’est ce pas remarquablement dangereux ?
- Sans doute, mais attendre ici que notre ennemi s’organise ne nous avance en rien. Nous ne pouvons espérer de nouveaux renforts avant des semaines. Les elfes noirs peuvent certainement se targuer d’espérer bien mieux. S’ils s’organisaient, ils pourraient même nous couper toute route vers eux. Il faut agir avant.
Tylrael ne désirait poser qu’une question, et il ne put se retenir plus longtemps.
- Et les Dragons ? Reyl a-t-il décidé de me laisser allez au Hall des Dragons ? demanda le mage.
Le Haut Prince ricana en regardant Tylrael.
- Tu penses toujours pouvoir réveiller un dragon ? Nous autres princes dragons avons essayé maintes fois ces dernières années, sans succès. Penses-tu vraiment que toi, tu réussiras où la noblesse de Caledor a échoué ? Reyl veut que tu restes ici, il estime que ta magie pourrait nous être utile, même si personnellement j’en doute.
Tylrael bouillait. Son visage se crispa. Les vents magiques affluaient vers lui, vers ses poings. Il sentait déjà une douce chaleur les envahir.
La main d’Aelys se posa sur son bras, alors qu’elle lui jetait un regard de réprobation.
Toute colère quitta le mage. Il se contenta de se lever et de s’éloigner, laissant derrière lui une Aelys attristée et un Rendyl affichant un sourire narquois.
De nombreux nobles affluaient encore dans la salle. Le repas serait servi d’ici une dizaine de minutes. Des servants versaient déjà du vin dans les auges.
Tylrael se dirigeait vers la sortie. Il n’avait pas faim. Plus faim. Personne ne l’écoutait ici. En vérité, personne ne le respectait ici, à part Aelys…
Alors que le sorcier y était presque arrivé, un homme arriva dans le large encadrement de la porte : le Haut prince Gregor, vêtu de son habituel armure dragon d’émeraude.
Une idée traversa l’esprit de Tylrael comme un éclair.
Il alla à la rencontre du noble.
« Messire, puis-je vous parler ? En privé. »
Gregor eut l’air surpris, mais acquiesça.
Tylrael l’emmena dans un couloir un peu éloigné des cuisines, près de l’endroit où ils s’étaient entraînés aux armes. Il jetait régulièrement des regards derrière lui pour s’assurer que le prince le suivait.
Gregor avait l’air légèrement surpris, voir même méfiant.
« Que me veux-tu, sorcier ? demanda-t-il lorsque ce denier se fut arrêté.
- C’est bien simple. Je désirerai que vous m’écoutiez. J’ai appris qu’on ne voulait pas me laisser partir pour le Hall des dragons.
- Oui, cet avis est discutable, mais pas dénué de justesse. Plus nous aurons de magicien avec nous, plus nous pourrons lutter contre la magie noire des Druchii.
- Messire, comprenez moi. Je sens l’agitation des dragons, je la sens ! Il faut que j’aille là-bas. Il ya d’autres mages ici, mon absence sera courte. Si jamais je reviens seul, j’accepterai tous les blâmes.
Gregor resta silencieux quelques secondes, regardant son vis-à-vis dans les yeux.
- Très bien. Je vais te faire quitter la ville cette nuit. Je crois en ton intuition, magicien. Rend toi devant notre camp une heure après le repas.
Le cœur de Tylrael s’accéléra. Enfin quelqu’un l’écoutait. Il avait presque envie de serrer cet étranger dans ses bras. Il était si satisfait qu’il faillit oublier l’essentiel.
« Messire, fit-il alors que Gregor commençait à s’éloigner.
- Oui ?
- Je dois vous demander une faveur. »
Le haut prince lui jeta un regard interrogateur.
« Il faut qu’Aelys vienne avec moi. »

_________________
« Qu’il ne soit fait aucun quartier. Je veux entendre leur cri. Faites les souffrir. Mutilez leurs corps pour que même Isha ne puisse reconnaître ses enfants. »
Tyrus, dynaste elfe noir

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Sam 8 Aoû 2009 - 0:11

Voilà la suite fraichement écrite.




ELKORA



Elkora faisait les cent pas dans le petit salon calédorien.
Elle n’en pouvait plus d’attendre. Cela faisait plusieurs heures qu’Annakaella était morte. Et on n’avait toujours pas attrapé ses meurtriers.
- Arrête de bouger, dit Tyrus. Assis toi, bon sang, tu m’horripiles.
Elle accorda à peine un regard à son concubin. Il se tenait sur un grand fauteuil en bois, l’air las, la tête penché sur sa main.
- Ce n’est qu’une question de temps, reprit le dynaste. J’ai envoyé la moitié des gardes noirs dans ces conduits. Et il y a aussi des ombres, et certains de tes soldats citoyens. Ils ne peuvent pas nous échapper. Bientôt leurs têtes orneront des piques sur les murailles du château.
Elkora soupira d’agacement et se posta devant son amant.
Il y avait beau avoir des dizaines et des dizaines d’elfes noirs dans ces passages secrets, on n’avait toujours pas attrapé le moindre Asur. Troublant.
- Et s’il y avait un problème ? dit-elle. S’ils étaient plus nombreux que nous le pensons ?
- Chérie, j’ai envoyé des Gardes noirs. Des gardes noirs ! Il faudrait une centaine de ces lâches d’Ulthuan pour en venir à bout.
- Une centaine dans une bataille rangée, pas dans des couloirs étroits.
- Ces tueurs ont été entraînés pour ôter la vie dans n’importe quelle situation.
- Je voudrais t’y voir, avec une hallebarde dans ces boyaux.
- Il suffit maintenant, Elkora ! Tu sais très bien que les gardes noirs sont des meurtriers, ils te tueraient même avec leurs ongles. Cesse de t’inquiéter.
Tyrus se gratta le menton, son regard noir perdu derrière elle, un sourire en coin.
- Et puis, la disparition d’Annaekaelle ne présente pas que des désavantages. Au moins, je n’aurai pas d’ennuis à cause de ses soucis avec le Maître des tortures.
- Tu plaisantes avec des choses graves, grinça-t-elle. Nous avons perdu notre meilleure sorcière. Nous sommes affaiblis.
- J’ai plus confiance en le fer qu’en la magie.

Elkora n’eut pas le temps de répliquer. Quelqu’un venait de frapper à la porte.
- Entrez, dit calmement Tyrus.
Le battant s’ouvrit sur Zuhl, lieutenant soldat citoyen d’Elkora.
Il entra et ôta son casque, avant de s’incliner devant le dynaste, puis devant elle.
- Ma dame, dit-il en lui faisant face, nous avons vu un Asur.
Il semblait hésiter.
- Et bien, continues, s’énerva Elkora.
- C’était un Prince Dragon, ou peut-être un noble encore mieux titré. Un excellent combattant. Il nous a surpris dans un boyau et a tué mes hommes un par un.
Elkora leva un sourcil interrogateur.
- Tu ne l’a pas combattu ? demanda-t-elle.
- Et bien, il m’a échappé. Je me suis lancé à sa poursuite avec des gardes noirs, mais nous avons perdu sa trace.
La colère montait en elle. Son lieutenant était un incapable. Sa patrouille entière n’avait pas pu venir à bout d’un seul misérable Asur. Tous y avaient laissé la vie, sauf lui. Le lâche.
- Ainsi donc, dit-elle en prononçant lentement chaque mot, tu es venu pour me rapporter… ton échec ?
- Il fallait que je vous rapporte ce fait, ma Dame. Je retourne tout de suite là-bas, si tel est votre désir.
- Tu aurais mieux fait de rester là-bas et de ne revenir qu’avec la tête de cet Asur.
Elle fut rapide comme l’éclair. Sa main se posa sur le pommeau de son arme. Elle dégaina et, dans le même geste, coupa la tête de son empoté de lieutenant qui vola dans le couloir. Le corps sans vie s’écroula lourdement sur le sol. Elle rengaina sa lame ensanglantée.
- Bon sang, chérie, tu as mis du sang partout, dit tranquillement Tyrus.
- Pourtant, je viens de faire le ménage, répondit-elle. Les soldats citoyens sont-ils donc tous des incapables ?
- Non, regarde toi, tu es très compétente.
- Merci de me rappeler que je ne suis qu’une bourgeoise, et pas une noble, dit-elle en se tournant vers lui. As-tu honte de moi ? Tu ne veux pas épouser une Sans-titre ?
- Oh non, fit-il avec un sourire. Je t’épouserai car tu es la mère de mon enfant et car ta dote gonflera mes coffres. Pas parce que je t’aime, loin de moi cette idée.

Elkora ricana. Elle aimait son ton ironique. Il n’était pas comme la plupart des autres nobles, trop fiers pour seulement regarder les femmes ne venant pas de la noblesse. Mais les paroles de Tyrus n’étaient pas dénuées de vérité. Un mariage avec une fille de la haute bourgeoisie était un moyen de renflouer les comptes d’une famille noble dont le trésor avait été érodé par le temps.

Elle héla le garde qui se trouvait devant la porte de la pièce. Il arriva dans l’instant et se mit au garde à vous. Il n’avait pas l’air surpris de voir le corps décapité de Zuhl. Pas étonnant, puisqu’il avait vu voler sa tête par la porte ouverte.
- Va me chercher le sergent Trask.
- Tout de suite, ma Dame.
Tandis que le garde s’éloignait dans le couloir d’un pas rapide, Elkora poussa du pied le cadavre afin de refermer la porte. D’une démarche langoureuse, elle se dirigea vers Tyrus et s’assit sur des genoux, enroulant ses bras autour de ses épaules.
- Joli coup, dit le dynaste en indiquant d’un signe de tête Zuhl. Ma bien aimée est une tueuse hors pair.
- Prend garde si tu ne m’épouses pas.
- Nous serons mariés dès notre retour en Naggaroth. Mais ne te fais pas d’illusions, ce sera peut-être dans très longtemps. Ce n’est que le début de l’offensive, tu le sais. Si vraiment la guerre s’éternise, nous nous marierons ici.
Elle l’embrassa. Leurs bouches s’unirent encore et encore. Si longtemps qu’ils furent interrompus par un nouvel arrivant qui frappait à la porte. Elkora se leva d’un bond.
- Entrez, ordonna-t-elle.
La porte s’ouvrit cette fois sur Trask, comme elle s’y attendait. Il ne jeta qu’un bref regard à son ancien supérieur, le très regretté Zuhl, qui gisait à côté. Sans doute le garde qu’elle avait envoyé pour le quérir l’avait-il prévenu.
- Ma Dame m’a demandé ?
- Oui, Trask. Je vous avais chargé de vous tenir au courant de tous les rapports concernant la traque. Comment cela se passe-t-il ?
- Comme le capitaine Zuhl a du vous le signaler, nous n’avons repéré pour l’instant qu’un Asur, mais il nous a échappé.
- Très bien, ordonnez en mon nom et en celui de votre dynaste de continuer la chasse.
Trask hocha la tête et fit un pas en arrière, près à se retirer, sauf contrordre.
- Ah, au fait, reprit Elkora. Vous êtes le nouveau capitaine de votre garnison. Emmenez votre prédécesseur dans l’enclos des sang-froids. Ils ont sans doute faim.
- Merci, Ma Dame. Bien sûr, ma Dame.
Il se baissa pour attraper le corps par les épaules et se mit à le traîner hors de la pièce, dans un sillon rouge.
Elkora referma la porte derrière lui, tourna la clef dans la serrure et se tourna de nouveau vers Tyrus :
- J’aime bien que, lorsque quelqu’un arrive à un certain poste, il voit ce qui est arrivé à son prédécesseur pour son incompétence. Cela afin qu’il n’oublie pas ce qui peut lui arriver à lui s’il ne s’avère pas meilleur.
- Pour ma part, j’ai tué mon frère aîné de mes propres mains. C’est comme ça qu’il a compris son incompétence et qu’il valait mieux me laisser la tête de la maisonnée.
Tyrus joint à la parole un sourire diabolique. Elkora lui rendit son sourire.
- Que penses-tu des nouvelles ? demanda-t-elle.
- Et bien, un ou plusieurs Princes dragons solitaires ont décidé, par folie ou parce qu’ils n’ont pas pu fuir, de rester dans la forteresse pour nous causer du tort.
- Cela ne t’inquiète pas ?
- Non, il y a trop de gardes noirs ici pour être inquiété, répondit calmement Tyrus.
- S’ils ne les ont pas retrouvés d’ici demain matin, je m’occuperai personnellement de les retrouver.
- Je te l’interdis, dit-il sèchement. Tu portes mon enfant, tu ne te bas pas. Je te l’ai déjà dit.
Elkora pinça les lèvres, de dépit.
- Très bien, soupira-t-elle.
Très bien, je le ferai donc sans ton autorisation, chéri, dit-elle intérieurement.

Elle aimait mentir à son amant. Cela l’excitait.
Une chasse à l’homme, pensa-t-elle. Il n’y a rien de plus jouissif… à part une chose.
Lentement, elle commença à dégrafer son corset.
- Enfin seuls, susurra-t-elle.

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Mar 18 Aoû 2009 - 13:26

superbe récit **yeha** J'attends la suite... pour les d'éventuel problème dans le texte je pense que d'autre s'en occuperons avec une joie mesquine....hein Knur?

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Lun 24 Aoû 2009 - 23:34

Citation :
pour les d'éventuel problème dans le texte je pense que d'autre s'en occuperons avec une joie mesquine....hein Knur?
Puisque tu y tiens je vais revenir sur ce passage :
Citation :
Une chasse à l’homme, pensa-t-elle. Il n’y a rien de plus jouissif… à part une chose.
Lentement, elle commença à dégrafer son corset.
- Enfin seuls, susurra-t-elle.
Houla...Mais que fais la police ! Il y a des mineurs qui nous lisent. Heureusement que la censure est intervenue à temps...
Enfin si tu es partant pour une suite pour les + de 18 ans...

Je reviens sur l'avant dernier texte que je n'ai pu commenter :
> Tylrael et Aelys sont deux nouveaux personnages me semble-t-il ? Pas envie de me refarcir les post précédents.
> Même si Gregor est un très bon général charismatique et tout et tout, je trouve qu'il accorde trop facilement sa confiance à Tylrael et devrait faire accompagner ce dernier au moins par un prince dragon au hall (il est fier tout de même).

Cordialement,
Knur' (qui a acquis un fichu réputation...à tenir XD)
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Lun 24 Aoû 2009 - 23:48

narog a écrit:
superbe récit **yeha** J'attends la suite...
Tiens, un lecteur ! Merci.


Knurlnien a écrit:
Je reviens sur l'avant dernier texte que je n'ai pu commenter :
> Tylrael et Aelys sont deux nouveaux personnages me semble-t-il ? Pas envie de me refarcir les post précédents.
Non, point du tout, on a déjà vu ces personnages avant (cf notamment un chapitre de Loki).
Aelys est la fille de Reyl, le seigneur dragon qui dirige Degry et qui a accueilli Gregor et les survivants du weyr.
Tylrael est son ami d'enfance. C'est un mage.

Voilà pour les rappels.

La suite devrait arriver dans les prochaines semaines.

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Jeu 27 Aoû 2009 - 23:12

REYL




Toc toc toc.

Le seigneur dragon pensa d’abord qu’il rêvait. Il se retourna dans ses draps. Ses pensées étaient embrouillées par un demi-sommeil.

Toc toc toc.

Il cligna plusieurs fois des yeux. Non, il n’était pas endormi. Il ne rêvait donc pas. Il se leva d’un bond. La soudaineté de l’action le fit vaciller, mais il réussit à ne pas tomber.
« Messire, messire ! » entendit-il à travers la porte.
Il ramassa son poignard sur son bureau et entrouvrit la porte.

- Messire, dit le soldat qui se tenait derrière, le camp des troupes de Sire Gregor a été attaqué.
- Attaqué ? s’étonna Reyl.
- Oui. Apparemment un raid. Il y a plusieurs morts.
- J’arrive tout de suite.
Il réfléchit un instant, avant de rajouter :
- Allez voir si ma fille est en sécurité.

Le soldat acquiesça et Reyl referma la porte. Contrairement à tous les matins, il dut revêtir son armure dragon rouge sombre sans l’aide de personne. Cela lui prit plusieurs minutes, mais il ne voulait pas paraître sans. C’était le symbole de son pouvoir.
Dès qu’il fut près, il quitta ses appartements et se dirigea vers la cour principale. Comme il sortait peu à peu du sommeil, des questions lui venaient à l’esprit.

Combien de morts dans notre camp ? Combien étaient les elfes noirs ? Sont-ils tous morts ou ont-ils pu s’échapper ? Si les elfes noirs sont capables de faire un raid à Degry, sont-ils capables de lancer une attaquer de plus grande envergure ?

Il arriva dans la cour, puis dans les écuries, où il enfourcha le premier cheval qu’il vit. La nuit était toujours là, bien que sans doute avancée. Il se lança au galop dans la descente de la longue voie qui serpentait dans la ville jusqu’aux grandes portes. Le chemin était régulièrement éclairé par des torches et des braséros. Des soldats citoyens y patrouillaient, sans doute à l’initiative de l’officier du poste de garde, à l’entrée de la ville. Tous les soldats qu’il croisa se mirent au garde à vous, bien qu’il ne leur accordait qu’à peine un regard.

Il s’arrêta devant le dit poste de garde. Le capitaine l’y attendait, vêtue de sa maille.
- Suivez moi, j’aurai sans doute besoin de quelqu’un pour transmettre mes ordres, dit simplement Reyl .
Il sortit de la ville, suivi du capitaine qui avait sauté sur une monture.

Il régnait une agitation importante aux alentours du camp et à l’intérieur, constata rapidement le seigneur dragon.
A l’entrée s’étaient rassemblés de nombreux Princes dragons de Gregor tous en armure, autour du haut prince en personne. Derrière, Reyl distingua des soldats citoyens qui patrouillaient dans le camp, des gens du peuple qui s’étaient réveillés et qui restaient hors de leurs tentes, alarmés.
- Désolé de vous réveiller à une heure si tardive, mon seigneur, dit ironiquement Gregor lorsqu’il le vit arriver.
Reyl ne lui accorda pas le moindre sourire en démontant au milieu du petit groupe de princes dragons.
- Que c’est-il passé, exactement ?
- Un raid. Ils ont frappé et se sont retirés aussitôt. Ils ont tué plusieurs soldats de garde et même des civils. Ils ont incendié une tente.
- Combien étaient-ils ?
- Pas d’estimation précise, répondit Gregor. Ils n’étaient pas en effectif pléthorique, sinon je ne serai peut-être pas là pour vous en parler, et ils auraient eu du mal à échapper aux cavaliers en patrouille autour du camp. Ils n’étaient pas non plus si peu nombreux que ça, car ils ont fait plusieurs victimes. Vous voulez voir ?
Reyl hocha la tête et suivit le haut prince qui le mena à quelques tentes de là, près des restes calcinés de l’une d’elles.
Quatre soldats citoyens gisaient là, dans un bain de sang. Deux avaient un carreau fiché dans le cou, les autres étaient morts par la lame. Une analyse rapide lui apprit que les meurtriers étaient des experts du combat à l’épée. Les coups portés l’étaient avec une redoutable précision aux endroits les plus mortels.
- Un raid classique, dit Gregor le regard baissé sur les corps. Tirs à courte portée puis combat rapproché.
- Vous n’avez trouvé aucun corps d’elfes noirs ? s’étonna Reyl.
- Non. Lorsque les premiers renforts sont arrivés suite à l’alerte donnée par ceux-là, ils les ont trouvés comme ça. Il y a quelques autres soldats tués par des projectiles, et malheureusement, deux familles ont été assassinées dans leur tente. Soit les Druchii ont subi aucune perte, soit ils ont emporté leurs morts, ce dont je doute, car échapper aux cavaliers en patrouille en traînant des cadavres n’est pas chose facile.
- Des experts donc. Des Ombres ?
- Sans doute. Cela expliquerait la parfaite exécution de l’attaque, notamment la précision des tirs. Un carreau pour une gorge.
Reyl grimaça.
- Que pensez-vous de leur but ? questionna-t-il.
- Nous prouver qu’ils peuvent nous atteindre ? Nous faire peur ? Repérer nos faiblesses en vue d’une attaque ? Les raisons ne manquent pas.
Reyl sentait dans la voix de Gregor une sorte d’inquiétude. Lui-même ne la partageait pas vraiment. Ce raid ne prouvait rien. Il doutait que les elfes noirs avaient assez d’hommes pour d’une part occuper le Weyr, et d’autre part lancer une attaque contre Degry. Cependant il valait mieux être prudent, effectivement.
- Dès le levé du jour, dit-il à l’intention de Gregor, tous vos hommes, et tous vos civils rentreront à l’intérieur des murs. Plus de camp extérieur désormais.
Gregor se contenta d’acquiescer. Reyl reprit :
- Nous nous débrouillerons, nous trouverons la place, quitte à faire dormir un des vôtres dans chaque maison de la cité.
- Merci à vous, Reyl. Nous serons plus en sécurité dans vos murs.
- En attendant, je vais envoyer des hommes pour renforcer les patrouilles autour du camp et des murs, ainsi qu’une garnison pour défendre le camp en attendant le levée du jour.
Reyl se tourna vers le capitaine.
- Transmettez mes ordres.
- Bien, Mon Seigneur.
L’homme se retira.

La tension sembla retomber chez les princes dragons, autour de lui, qui le regardaient. Gregor, lui, semblait toujours préoccupé. Il regardait avec tristesse les braves qui avaient trouvé la mort ici, il y a quelques temps à peine. Reyl voulut trouver des mots pour les défunts, mais il n’en eut pas le temps. Un cavalier arrivait en trombe de la ville. Il démonta dès qu’il fut à leur hauteur.
Reyl reconnut le garde normalement en faction devant sa porte, celui qui l’avait réveillé. Il semblait choqué.
- Mon seigneur, dit-il avec gravité, puis-je vous parler en privé ?
Reyl fut soudain inquiet. Etait-ce à propos de sa fille ?
Il emmena le soldat à l’écart, à la limite de la zone éclairée par les torches du camp.
- Mon seigneur, votre fille n’est pas dans ses appartements.
- Quoi ?
- J’ai frappé longuement, personne ne répondait. Alors je suis entré. L’endroit était désert, le lit même pas défait.
Reyl devînt blême. Le raid… Une diversion pour enlever sa fille ? C’était insensé, comment les elfes noirs pouvaient-ils savoir où elle se trouvait ?
Il resta là, silencieux, ne parvenant pas à y croire. Il sentit soudain la présence de Gregor derrière lui.
- Puis-je vous parler seul à seul, Reyl ?
Que lui voulait Gregor ? Sa fille venait de disparaître, il n’avait pas le temps de bavarder.
Le garde s’éclipsa sur un geste de Reyl. Gregor attendit qu’il fut loin pour parler.
- C’est votre fille qui a disparue, n’est-ce pas ?
Reyl fut abasourdi. Comment savait-il cela ? Les avait-il entendu ?
- Comment le savez-vous ? demanda le seigneur dragon.
- En fait, votre fille n’a pas disparue. C’est moi qui lui ai fourni des chevaux, à elle et à son ami magicien, pour se rendre au hall des dragons, avec une autorisation écrite pour y pénétrer.
Reyl resta choqué de longues secondes. Qui était ce Gregor pour oser prendre de telles initiatives sans l’en aviser ? Jouait-il avec la vie de sa fille ?
- Comment avez-vous osé ? rugit Reyl.
Les princes dragons, encore à quelques mètres, se tournèrent soudain vers eux, intrigués.
- Je pense réellement que les dragons peuvent être réveillés par ce Tyrael.
- Vous jetez ma fille dans l’inconnu, alors que les elfes noirs nous attaquent ?
Il criait. Il n’en pouvait plus, était prêt à frapper Gregor.
- Ne vous inquiétez pas pour votre fille. J’avais prévenu mes éclaireurs de leur passage. Ils les ont bien vu quitter le camp, peu avant l’attaque. Ils ont quitté la ville, sains et saufs. J’ai même envoyé quelqu’un pour suivre votre fille. Il devrait nous envoyer un oiseau bientôt.
- Qu’en savez-vous ? Et si les elfes noirs étaient présents en plus grand nombre dehors ?
- J’ai aussi envoyé des cavaliers explorer plus loin les alentours après l’attaque, ils sont tous revenus et n’ont rien vu.
- Je me fiche de tout cela ! Ma fille est sans doute morte, à cause de votre irresponsabilité !
Reyl jeta un œil aux princes dragons. Ils le regardaient tous, passablement inquiets.
- En tant que seigneur dragon, moi, Reyl, seigneur de Degry, place les restes de l’armée du weyr d’Orelyn entre les mains d’un de mes hommes. Vous, Gregor, n’avez plus leur commandement !

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Jeu 27 Aoû 2009 - 23:21

LLOMARIN




Dans un couloir sombre, une statue pivota. Elle représentait le dieu Vaul, bandeau sur les yeux et marteau à la main. Du passage obscur ainsi révélé, Llomarin s’extirpa lentement, guettant le moindre bruit, le moindre mouvement dans le corridor. Mais l’endroit était désert.

D’après ses estimations, il devait être la nuit depuis peu. Ou peut-être depuis longtemps. Ou peut-être faisait-il encore jour. En fait, il n’était pas sûr du tout. Il n’avait pas vu le ciel depuis un moment. Par prudence, il était resté caché dans ce boyau bien isolé pendant de longues heures. Il avait réussi à quitter le labyrinthe de couloirs infesté de gardes noirs et à atteindre un autre réseau de passages secrets.
Il ne connaissait que vaguement le plan des tous les réseaux du Weyr, et aujourd’hui, il regrettait de ne pas avoir écouté avec plus d’attention le vieil intendant Téris. Toujours était-il qu’au moins lui il avait des connaissances sur ce réseau interne, tandis que les elfes noirs, eux, ne connaissaient pas grand chose. Ils avaient même certainement du mal à se repérer dans les Weyr lui-même, tellement il était grand.

D’un pas rapide, il se lança dans le corridor, qui débouchait sur une petite cour. Le ciel qui s’étendait maintenant au dessus de lui avait la couleur rose du crépuscule.
La cour était déserte. Llomarin se rappelait parfaitement de ce lieu. Il lui était arrivé à plusieurs reprises de s’entraîner ici aux armes avec ses amis Maîtres des épées. Perchée haut dans le Weyr, elle offrait une vue magnifique sur la région.

Le seigneur dragon se pencha sur les créneaux. Une colonne d’elfes noirs était en train de rentrer par la porte principale de la cité d’Orelyn, en contrebas. Principalement des lanciers et des arbalétriers, mais aussi des chevaliers sur sang froid. Llomarin vit même la forme monstrueuse d’une hydre entre deux régiments. Elle était dirigée par plusieurs maîtres des bêtes qui semblaient avoir du mal à se faire obéir.
A l’horizon, nulle trace d’Asur. Son allié Reyl avait-il décidé d’abandonner la forteresse ? Ou bien, pire, Degry avait-elle aussi été prise ? En fait, se dit-il, il vaut peut-être mieux ne pas chercher à reprendre le Weyr. Cela serait tellement coûteux en vie de l’assiéger. Sans connaître les forces exactes de Reyl ou de quiconque autre chef de guerre elfique encore en vie, il était impossible à Llomarin de dire s’ils tenteraient de reprendre la forteresse. Il était donc livré à son propre sort.

Ecartant ses sombres pensées, le seigneur dragon quitta le chemin de ronde bordant la cour et se dirigea vers la deuxième issue, de l’autre côté. C’est alors qu’il vit une funeste mise en scène sur un des côtés de la cour, celui qui faisait face au vide.
Un autel était dressé, baignant dans une odeur pestilentielle. Une grande et fine statue représentait un homme portant un cœur sanglant entre ses mains levées vers le ciel. Cinq longs pics entouraient la représentation de Khaine. Quatre vierge de tout sacrifice, mais sur le cinquième, au centre, était empalé un corps nu de femme, sur lequel étaient penché quelques corbeaux qui s’envolèrent à l’approche du seigneur dragon.
Llomarin mit plusieurs secondes à bien distinguer la couleur des cheveux sous le sang séché. Rousse, elle était rousse. Le seigneur dragon se figea.

Sa femme.

Il contemplait le cadavre de sa compagne, assassinée au nom du Dieu du Meurtre.
Llomarin tomba à genoux.
Le corps avait sérieusement été entamé par les corneilles. Le visage était défiguré, les yeux manquant. Des plaies noires se dessinaient sur la peau autrefois laiteuse et désormais sale.
Le cœur de Llomarin battait à tout rompre. Les sentiments se mêlaient dans son esprit. Tristesse, colère, remords, désespoir. Ses yeux le brûlaient. Le brûlaient comme jamais ils ne l’avaient brûlé. Une larme coula enfin sur sa joue.

- Et bien, susurra derrière lui une voix féminine et suave, on se recueille ?
Llomarin se releva lentement et se retourna.
Une belle elfe aux cheveux et aux yeux noirs de jais lui faisait face, à deux mètres de lui. Elle ne portait qu’une paire de bottes hautes sombres, un corset de la même couleur et une épaulette violette. Le tout était relié par des lanières de cuir. Une épée et un fouet pendaient à son côté. Ses yeux malicieux le visaient au travers d’une arbalète à répétition braquée sur lui.
- Tu pleures ? ricana-t-elle. Ne me dis pas que tu la connaissais.
La larme tomba du visage de Llomarin sur les dalles de pierre. En même temps, des gouttes d’eau commencèrent à tomber du ciel.
- C’était ma femme, dit-il simplement.
- Ta femme, vraiment ? Mais alors, tu dois être l’ancien seigneur de ces lieux. Ta rouquine disait que tu étais parti je ne sais où.
Llomarin ne répondit pas. Il la jaugeait, jugeait de ses capacités martiales. Ses muscles fins et toniques parlaient pour elle, elle savait se battre.
- Que fais-tu ici ? continua-t-elle. Tu n’étais pas parti ? Où alors tu as rejoint la forteresse grâce à une entrée secrète, cela ne m’étonnerait pas. Tu es seul, ici, d’après moi. Est-ce vrai ?
Le seigneur dragon haussa les épaules. Ses muscles se tendaient et se détendaient. Peu à peu, dans son esprit, la tristesse laissait place à la colère.
- Tu aurais du être là lorsqu’on a empalé celle là, ricana l’elfe noir en faisant un signe de tête vers le corps empalé. Elle geignait comme une truie !
- Ses cris ne seront rien en comparaison des tiens.
Elle éclata de rire.
- Tu crois me faire peur ? Jusqu’à preuve du contraire, c’est moi qui te tiens en joug, pas l’inverse. Tu peux survivre à un carreau dans la gorge, chien ?
- En vérité, je suis déjà mort.

La mort, cela reflétait bien l’état de son âme. De voir son fief aux mains des elfes noirs, son cœur était tombé gravement malade. Devant le cadavre de sa compagne, il avait succombé. Désormais, seul un désir froid de vengeance l’animait et le maintenait en vie.

- J’ai bien aimé te traquer, dit-elle comme s’il n’avait rien dit. Néanmoins je suis un peu déçue, je t’ai trouvé bien vite. Tyrus sera fière de moi lorsque je lui ramènerai ta tête.
Tyrus, ce nom réveilla quelque chose en Llomarin. Il l’avait déjà entendu en espionnant des conversations, caché dans un passage secret. C’était le dynaste qui dirigeait les elfes noirs.
- Il te tient tant à cœur de lui plaire ? demanda le seigneur dragon.
- Et bien oui, je porte son enfant, après tout.
L’elfe noire sourit. Elle devait aimer faire des révélations à ses victimes avant qu’elle ne les tue. Llomarin aussi sourit, mais pas pour les mêmes raisons. Il avait devant lui un moyen de faire payer en partie ce Tyrus.

- Fini de jouer, maintenant, chien. Fais une prière aux dieux que tu veux, de toutes façons ils ne peuvent rien pour toi.
- Loues-tu Khaine ? demanda Llomarin.
Elle parut agacée.
- Quelle question, bien sûr ! Qu’essaies-tu de faire, chien, de gagner du temps ? Il n’y a personne ici, si ce n’est celle qui va te tuer.
- C’est bien que tu chérisses Khaine, dit le seigneur dragon, car tu vas lui être sacrifié.
Tout se passa très vite et très lentement en même temps. Il dégaina en une fraction de seconde, lut dans les yeux de la femme qu’elle allait tirer. Il se courba en arrière tel un arc, et le carreau siffla au dessus de sa tête. Il se jeta en avant, balayant l’air avec son arme, de droite à gauche.
L’arbalète vola des mains de l’elfe noir, brisée par le coup. Cette dernire roula sur le côté pour éviter l’éventuelle attaque suivante et se releva, son épée dans la main droite, son fouet dans la gauche.
- Tu as raison de me résister, dit-elle. Je n’aime pas tuer dans la facilité.

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Ven 28 Aoû 2009 - 13:32

Roo je vois bien ces deux là finirent ensemble.... ok ok, je vais prendre mes médicaments....

A quand la suite ?

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Dim 6 Sep 2009 - 14:36

Bon, bon. :thumright:
Par contre tu as intérêt à reprendre le combat dès l'entrée du prochain chapitre ou je t'étripe ! **fight**

Une faute mineure sinon :
Citation :
le plan des tous les réseaux du Weyr

Vivement la suite.

Cordialement,
Knur'
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Mer 16 Déc 2009 - 16:41

La suite?

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Lun 21 Déc 2009 - 21:43

Citation :
La suite?
J'ai mis temporairement ce récit entre parenthèses, par manque de motivation pour l'écrire tout simplement.
Voilà désolé.
Ce n'est pas pour autant que vous ne verrez plus de moi dans cette section, qui sait.

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Lun 21 Déc 2009 - 23:32

Bon finalement, vous me faites mentir. J'ai trouvé du courage pour continuer !


TYRUS




Le cri de désespoir que poussa Tyrus se répéta plusieurs fois sous l’effet de l’écho, ici au milieu des tours du Weyr.
Vacillant, il tomba sur les genoux, les mains tremblant sur le sol de pierre. Son corps tout entier fut agité de convulsions.

Il sentait sur lui le regard des officiers, des soldats, mais il n’en avait cure. Plus rien au monde ne lui importait désormais. Tout ce en quoi il croyait se tenait là, devant lui, brisé. A la suite d’un effort incroyable, il leva de nouveau les yeux. Il avait eu l’espoir infime que cela aurait disparu. Mais non, elle se tenait toujours là, sa femme, la mère de son enfant, maintenue debout par l’immense pic sacrificielle qui la traversait de part en part et ressortait au niveau de la poitrine. Elle tenait compagnie à la rousse, dans un stade de décomposition beaucoup plus avancé, à sa gauche.

Du sang avait coulé en de nombreux endroits sur son corps si parfait. Ses cheveux noir de jais, qu’il adorait caressé, se balançaient doucement devant son visage où une expression de peur s’était figé pour l’éternité.

Tyrus s’avança doucement, à genoux, et effleura son menton inerte du bout des doigts. Il avait envie de la serrer dans ses bras, de lui parler, mais à quoi bon ? Parler aux morts ne les fait pas revenir, sauf lorsque l’on est un nécromancien.

Une nouvelle convulsion l’agita et il baissa le regard. Il allait pleurer, il voulait pleurer. Mais il ne le pouvait pas, pas ici. A son grand étonnement, son sang-froid de militaire lui revînt en partie.

Tyrus se leva subitement et jeta un regard vers le soldat qui se tenait à sa droite. Celui qui était venu le chercher pour lui montrer ça… ça…
D’un même geste ample, le dynaste dégaina et décapita le fautif. Sa tête rebondit puis roula devant l’autel de Khaine. Ce n’était que la première, que la première d’une longue série, se promit Tyrus.
Il allait mettre ce pays à feu et à sang, se jura-t-il.

Il poussa un nouveau cri, de rage cette fois. Tous les gens autour de lui reculèrent, sauf le garde noir qui se tenait en retrait derrière l’autel.
Tyrus lui cracha :
« Enlevez là d’ici et emmenez la dans mes appartements ! »
Le guerrier, dans son armure noire comme la nuit, s’exécuta dans l’instant. Il retira sans ménagement le corps sans vie de son pic, le jeta sur son épaule et quitta la terrasse. Tyrus resta sans réaction pendant encore quelques instants.

Un lieutenant soldat citoyen se tenait également là, remarqua-t-il d’un coup d’oeil. L’intéressé baissa les yeux lorsque le dynaste le regarda.
« Toi, va annoncer aux Exécuteurs que tous nos prisonniers vont être sacrifiés à Khaine aujourd’hui ! Tous sans exception ! Et fait allumer un grand feu en haut de la plus haute tour que tu trouveras ! Je veux qu’il soit visible à des milles à la ronde ! »
Tyrus essaya de se calmer, ferma les yeux quelques secondes. Il devait canaliser sa colère, sinon il tuerait le lieutenant avant même qu’il n’ait eu le temps de transmettre ses ordres.

Après avoir poussé un grand soupir, le dynaste se mit en route dans le dédale d’escaliers et de couloirs de la forteresse. Il arriva là où il le désirait sans se tromper et dans un temps record.
La seconde cour intérieure, où s’entrainaient ses meilleurs hommes et amis. Les chevaliers de sa cour. Ils avaient cessé l’entraînement et attendaient groupés, fort de la vingtaine qu’ils étaient. Peut-être avaient-ils entendu son désespoir. Après les saluts militaires de guise, Tyrus prit la parole, jaugeant chacun de ses frères.

« Mes amis, mes frères, j’ai décidé de prendre les choses en mains. J’ai payé par la mort de celle que j’aime mon laxisme quant aux Asur qui se sont infiltrés dans la forteresse. Aussi ai-je décidé de mener la traque moi-même, avec vous. Les Gardes noirs n’ont pas été capables de trouver ces rats, j’espère que vous, vous en serez capables. »

Les nobles se mirent en action dans l’instant. Chacun connaissait la situation et savait où il devait se rendre pour diriger les hommes qui menaient la chasse aux Asur.

Tyrus resta encore quelques minutes dans la cour relativement bien protégée du vent, ressassant des souvenirs de sa bien-aimée. Leur première rencontre, alors qu’il avait demandé à voir qui parmi ses officiers soldats citoyens menait si bien ses troupes. Leur premier dîner, leur premier baiser. Leur dernière nuit passée ensemble. Enfin, il put laisser couler ses larmes. Il pleura pendant de longues minutes.
Lorsque ses yeux devinrent secs, il essuya ses joues d’un revers et se remit en marche. Il rallia à lui tous les gardes noirs qu’il croisa et en fit chercher d’autres.

Maintenant, la terrasse où se dressait l’autel de Khaine était déserte. Déserte, si l’on exceptait la rousse qui pourrissait toujours sous les rayons du soleil. Sa vue était à la fois plaisante et désagréable. Elle lui rappelait qu’il avait fait mal au peuple de cette île maudite, mais également que lui aussi il avait perdu quelqu’un qu’il aimait.

Ses pensées redevinrent rationnelles alors qu’il parcourait l’endroit des yeux. Il y avait deux entrées. Celle qu’il venait d’emprunter, qui venait des hauteurs de la forteresse, et une autre, qui menait aux étages inférieurs. Les méfaits précédents des Asur se situaient dans ces dits étages. Cela voulait donc dire qu’ils montaient et qu’ils se trouvaient maintenant derrière lui, peut-être à quelques encablures.
La pensée que des hauts elfes pouvaient se trouver si près, les mains encore rouges du sang de sa compagne, le rendait fou.

« Je sais que je n’ai pas besoin de vous le dire, messieurs, dit-il aux gardes noirs qui l’entouraient. »

« Qu’il ne soit fait aucun quartier. Je veux entendre leur cri, faites les souffrir. Mutilez leurs corps pour que même Isha ne puisse reconnaître ses enfants. »
Un frisson parcourut les rangs des gardes noirs. La perspective d’un massacre les enivrait, sans doute.

Tyrus se retourna lentement vers le haut de la forteresse. Il serra son poing gauche, toujours orné des griffes d’un dragon des mers, encore rouges du sang des derniers Asur auxquels elles avaient pris la vie. D’un pas décidé, il s’engouffra sous l’arche.

Les gardes noirs suivirent dans un cliquetis d’armure.





---------------
Citation :
Par contre tu as intérêt à reprendre le combat dès l'entrée du prochain chapitre ou je t'étripe !
Désolé Knur' XD

_________________
« Qu’il ne soit fait aucun quartier. Je veux entendre leur cri. Faites les souffrir. Mutilez leurs corps pour que même Isha ne puisse reconnaître ses enfants. »
Tyrus, dynaste elfe noir

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Dernière édition par Llomarin le Ven 25 Déc 2009 - 23:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Mar 22 Déc 2009 - 21:30

Citation :
J'ai trouvé du courage pour continuer !
Aaaaaah !

Citation :
Citation:
Par contre tu as intérêt à reprendre le combat dès l'entrée du prochain chapitre ou je t'étripe !

Désolé Knur' XD
Oooooh !

*S'en va trucider l'Admin*

*Reviens les mains pleines de sangs d'un Druchii croisé par là enfin calmé de sa colère*

Disons que c'est encore un coup de la censure...

Pour en revenir au récit : bien, bien, ça avance tout doucement. Faudrait peut-être que Llo (le perso et toi aussi d'ailleurs XD) se bouge le c** parce que il faudrait qu'il clôture ce récit avant la fin de l'année XD s'il arrive encore à s'en tirer sans dommages en massacrant une dizaine de gardes noirs ça va devenir très limite niveau crédibilité... **siffle**

Sinon il se passe quoi du côté HE ?

Cordialement,
Knur'
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Sam 26 Déc 2009 - 0:48

Citation :
s'il arrive encore à s'en tirer sans dommages en massacrant une dizaine de gardes noirs ça va devenir très limite niveau crédibilité...
LLOMARIN

Après avoir tué une dizaine de gardes noirs pour assurer sa fuite, Llomarin continua sa progression...

**siffle**



LOKY




Le Haut Prince Gregor, deux fois destitué, faisait les cent pas dans sa tente seigneuriale aux dimensions énormes.
Loky, pour sa part assis sur un tabouret, jouait avec son poignard. Il le jetait puis le rattrapait après plusieurs vrilles. Le jeune heaume d’argent avait bien essayé plusieurs fois de parler à son supérieur pour le calmer, mais il n’avait reçu en réponse qu’un silence ou un juron.

La situation était pour le moins curieuse, il est vrai. Gregor, vers qui tout le monde parmi les officiers d’Orelyn s’était tourné après la fuite du Weyr, venait officiellement de se faire retirer le commandement des dîtes troupes d’Orelyn par le seigneur dragon de Degry, Reyl. L’ordre, émanant d’une personne plus haute placée que Gregor, était irréfutable.
Cet évènement intervenait à un moment où les Calédoriens devaient être soudés face à l’adversaire. Or, cette destitution ne pouvait créer que dissensions entre les troupes d’Orelyn et celles de Degry. Nul doute que les plus impétueux des Princes Dragons de Gregor refuseraient désormais d’obéir aux ordres émanant de Reyl ou de ses vassaux. Au mieux, cela affaiblira l’efficacité de l’armée. Au pire, cela entraînera une réaction violente de Reyl et la mise aux fers d’officiers, acte qui pourrait avoir pour conséquence une bonne et simple rébellion au sein même de l’état-major.

Frappé par la gravité de ce qu’il entrevoyait, Loky manqua de rattraper sa dague qui vînt se planter entre ses pieds, vibrante.
Au même moment, un soldat ciotyen rentra dans la tente et se mit au garde à vous devant Gregor, qui s’arrêta enfin.
- Messire, nous avons reçu un message par oiseau.
Gregor lui arracha des mains et le déplia frénétiquement. Il soupira de soulagement, froissa le parchemin et le jeta à terre. Avant qu’il n’ait touché le sol, le Haut Prince avait quitté la tente.
Loky se leva d’un bond et ramassa le message.

« Les deux individus ont bien quitté le camp et se dirigent vers les Monts Anulii. Pas de traces d’elfes noirs. »

Le heaume d’argent quitta à son tour la tente. Les premiers rayons du soleil pointaient au dessus du camp et de la ville. Quelques rares nuages étaient balayés par les vents dans ce plafond jaune orangé.

Il rattrapa le haut prince, qui marchait d’un pas rapide vers les chevaux des officiers.
Un Prince dragon vînt à leur rencontre.
- Messire, votre… heu… remplaçant vient d’arriver.
Un Haut Prince en armure dragon écarlate, monté sur un destrier blanc, se tenait en effet à l’entrée du camp. Puisqu’il portait les couleurs de la maison de Reyl, il devait être de la famille. Visiblement, il commençait déjà à donner des ordres. Le camp était en plein déménagement vers l’intérieur de la ville, comme Gregor et Reyl en avaient convenu avant leur mésentente.
- Qu’il fasse comme bon lui semble, éructa Gregor. C’est lui le nouveau chef, après tout.
Le Prince dragon eut l’air surpris de la réponse, mais opina et les laissa continuer leur marche.

Soudain, le Haut Prince tourna la tête vers le heaume d’argent, comme s’il venait de se rappeler de sa présence.
- Il faut que j’aille voir Reyl pour essayer de faire cesser cette pantalonnade. La régence des troupes par un homme de Degry à la suite de mon écartement ne peut avoir que des conséquences désastreuses.
- Cela va sans dire, messire.
- Je comprends la colère de Reyl, poursuivit Gregor en enfourchant son cheval, mais il devrait être rassuré par les nouvelles.
Il éperonna sa monture et partit au galop vers la ville fortifiée, suivi de près par Loky sur son propre coursier.

La garde de nuit se faisait relever par celle de jour dans un grondement de cor. Le reste de la ville s’éveillait à peine alors que le soleil commençait sa longue montée dans le ciel. Les civils qui ouvraient leurs volets à leur passage laissaient souvent trainer leurs yeux sur le Haut Prince. Tous savaient qui il était. En revanche, ils ne savaient sans doute pas encore ce qu’il n’était plus.

En tournant la tête vers l’extérieur de la ville, depuis les hauteurs de la cité, Loky remarqua une fumée noire qui s’élevait au dessus des montagnes, au loin. Le heaume d’argent comprit ce que cela signifiait. Les elfes noirs préparaient sans doute quelque chose.

Gregor était toujours préoccupé et ne lâcha pas un mot pendant leur ascension vers le château. Loky n’essaya même pas de lui parler de cette fumée. Le Haut prince démonta aussitôt arrivé dans la cour et se dirigea d’un pas assuré vers les appartements de Reyl. N’ayant aucune envie d’essuyer la mauvaise humeur de son supérieur, Loky ne demanda pas l’autorisation de le suivre, il l’a prise lui-même.

Arrivé devant la massive porte en bois, le Haut Prince demanda au garde de l’annoncer.
« Messire Reyl ne… désire pas vous voir, messire. » répondit simplement ce dernier sans même bouger.
« Il m’a donné ordre de ne pas vous faire rentrer. » rajouta-t-il devant le visage déconfit de Gregor.
« Comment cela ? Il ne veut pas me voir ? Il y a une différence entre retirer le commandement d’un homme et ne plus le respecter. J’ai des nouvelles à lui communiquer. Laissez-moi entrer. »
Le garde se mit en travers de la porte, en faisant simplement non de la tête.
Il avait du cran, ce soldat, se dit Loky en regardant le visage grimaçant de colère du Haut Prince.
Gregor empoigna le garde par la manche et l’envoya voler dans le couloir. Sans perdre de temps pour voir sa réaction, il ouvrit le battant et le claqua derrière lui.
Loky se retrouva devant une porte close… et un garde en colère.
« C’est impossible vous n’avez pas le droit… » baragouina ce dernier en faisant mine de rentrer.
Mais Loky posa juste sa main sur le torse du garde pour le dissuader de le faire. Les deux hommes s’affrontèrent du regard, et le garde baissa les yeux.

Le heaume d’argent colla son oreille contre la porte pour essayer d’écouter la conversation. Il entendit des éclats de voix, mais rien qui fit sens.
- Le bois est épais, on n’entend pas, dit le garde, certainement fort de son expérience.
- Certes.

Loky attendit une poignée de minutes devant la porte avant qu’elle ne s’ouvre sur Gregor. Ce dernier se tourna de nouveau vers l’intérieur et dit :
- Pensez à la guerre, Messire.
Le Haut Prince referma et se lança dans le couloir, plongé dans ses pensées, ignorant totalement le heaume d’argent et le garde, avant de disparaître dans un embranchement.

Voyant que Loky ne bougeait pas, le garde lui demanda :
- Vous ne le suivez pas ?
- Non.
Loky vérifia d’un regard que le corridor était bien désert puis sortit d’une de ses sacoches une dague à la lame en forme d’éclair.
A voir les yeux écarquillés du garde, celui-ci avait sans doute reconnu l’origine druchii de l’arme, cependant la lame se retrouva plantée dans son ventre avant qu’il ait pu esquisser le moindre geste.
Loky remonta lentement la dague jusqu’au cœur, tout en maintenant l’autre main sur la bouche de sa victime. Il tira ensuite fortement pour dégager son arme du sac de nœud formé par les intestins. L’opération n’eut pas lieu sans tâcher de sang ses vêtements, remarqua le soit disant heaume d’argent. Toutefois, il n’aurait plus à se soucier longtemps de sa couverture.

Loky accompagna doucement le corps jusqu’au sol, puis ouvrit la porte sans bruit.
Il repéra immédiatement Reyl aux grommèlements qu’il ne cessait pas de déverser, seul devant une reproduction plus petite de la carte que Loky avait déjà vue, le jour du conseil.
Loky avança à pas de loups vers sa victime, sa dague levée dans sa main droite. Il abattit son arme, mais Reyl se déroba subitement au coup, et Loky ne rencontra que le dur bois de la table.
Le poing du seigneur dragon fusa vers le heaume d’argent, qui le repoussa avec son coude.
Reyl recula en dégainant. Loky se mit en garde après avoir dégainé une nouvelle dague.

- Traître, cracha le seigneur, tu es un elfe noir !
- Perspicace, hein ?
Reyl fendit l’air avec son épée qui fut arrêté net par la dague de Loky. Ce dernier attrapa le bras de son adversaire avec sa main gauche et, dans une prise, lui brisa l’avant bras. Il récupéra l’épée qui tombait de la poigne de Reyl et, dans un mouvement gracieux, envoya son pied dans la tête du seigneur dragon.
Reyl tomba assis contre le mur, gémissant de douleur. Loky pointa l’épée dérobée vers son ancien possesseur.
- Voici venu l’heure de ta mort.
A ce moment là, la porte s’ouvrit à la volée. Loky se tourna afin de voir à la fois Reyl et le nouvel arrivant.

C’était Gregor, lame au poing, le visage déformée par la colère, dont les yeux jetaient des éclairs vers son ancien lieutenant.
- Impressionnant, dit Loky en souriant, tu as compris…
- Un peu tard à mon goût, malheureusement.
- Trop tard, à vrai dire. Tu ne m’empêcheras pas de tuer ton cher ami Reyl. Et je vais même faire d’une pierre deux coups, en te tuant toi aussi, Gregor. Mais... comment as-tu compris ?
- J'ai repensé à l'attaque de la nuit dernière. Elle intervenait comme si les Druchii avaient su pour Tylrael et Aelys, et on avait même pas vu d'elfes noirs malgré toutes les recherches. Comme si les elfes noirs étaient... à l'intérieur. Et là j'ai repensé à d'autres choses, pleins d'aspects bizarres sur toi.

Loky sourit. Gregor n'était pas si bête. L'éliminer ferait grand bien aux Druchii.

Loky hésita un instant. Devait-il tuer Reyl avant d’entamer le combat ? Le problème, c’était que Gregor était vif et qu’il risquait de profiter du moindre geste imprudent de sa part.
L’assassin jeta un coup d’œil au seigneur dragon. Son nez saignait abondamment, son avant-bras faisait un angle peu naturel avec le bras, et son regard était particulièrement lointain.

Loky prit sa décision. Il jeta l’épée de Reyl loin dans la pièce, arracha sa deuxième dague du bois de la table, puis se mit en garde.
- Je suis content de voir que tu gardes dans ton esprit une chance de succès, Gregor. Je n’aime pas les combats gagnés d’avance.
- Si tu fais référence à notre précédent duel, saches qu’une victoire n’en fait pas deux.
- Si tu fais référence à mon éventuelle défaite, saches que la dernière fois, j’ai été loin de te montrer toute l’étendue de mon talent.
Mettant fin à la discussion, Loky se jeta en avant. Ses dagues firent une course folle dans les airs, à chaque fois repoussées par l’épée du Haut Prince.

Loky avait dit vrai, il avait dissimulé en partie son talent lors de leur précédent duel. Il avait notamment caché tout ce qui faisait un peu trop druchii… et plus particulièrement assassin. Coups de pieds, de coudes, ou encore sauts et acrobaties en tout genre utilisant son environnement. Pourtant, à son grand damne, Loky constata que Gregor n’était pas surpris par l’utilisation de tous ces atouts. Il se dérobait toujours au coup.

En fait, Gregor aussi utilisait son environnement. Il essayait d’acculer son adversaire vers les murs, prenait appui sur ceux-ci pour se jeter dans des assauts plus violents. Loky reconnut son erreur. La dernière fois, dans la zone dégagée du camp, il n’avait pas pu constater cette partie du talent de Gregor.
Si bien, qu’au bout de plusieurs minutes de combat, l’assassin commença à se demander s’il arriverait à tuer son adversaire à temps. Le vacarme qu’il faisait, le choc des lames, ne manqueraient d’attirer des gardes. Il fallait qu’il innove, surprenne, et vite.

Gregor ne portait pas de heaume. Loky glissa prestement sa main dans une de ses sacoches, là où il stockait ses étoiles de lancer.

Le Haut Prince fut extrêmement rapide. Il avait vu le geste. Allongeant le bras, il fit jaillir sa lame, qui se planta dans la main de l’assassin. Ce n’est que grâce à ses réflexes que Loky évita de se faire percer le cœur dans le même temps en reculant. Sa main, crispée de douleur, avait laissé choir une dague. Loky et Gregor le savaient, l’assassin était dans une position de faiblesse.

Loky sauta en arrière, s’élevant haut et tournant sur lui-même pour retomber sur ses pieds sur la table où s’étalaient les cartes. Gregor courra vers lui. Loky effectua un nouveau saut périlleux arrière pour retomber derrière la table, à l’entrée un balcon. Gregor sauta sur la table et se jeta sur lui.
Le Druchii ne chercha pas à parer la puissance du coup avec une seule dague, il fit un rapide pas en arrière, sur le balcon. Il se tenait en garde, la main droite armée, la main blessée derrière son dos.

Gregor avança vers lui. Loky reculait, gardant la même distance entre eux, jusqu’à ce qu’il fut dos à la balustrade. Heureusement, Loky connaissait ce balcon, il l’avait bien entendu repéré dans son étude des lieux, en vue de l’assassinat. Il sourit diaboliquement au Haut prince. Il enjamba la balustrade en coinçant sa dague entre ses dents et se laissa tomber dans le vide.

Loky se rattrapa d’une main à un relief du balcon. Il savait qu’il y aurait quelque chose pour se rattraper. Dans ses plans de secours, il avait en fait envisagé de descendre la façade du château, mais ce qu’il n’avait pas prévu, c’était sa blessure à la main. Elle ruinait complètement cette possibilité.
Bien qu’il l’ait déjà fait quelques jours plus tôt, Loky jaugea la distance qui séparait le balcon du sol. Raisonnable, ce à quoi il pensait ne l’était pas. Mais suicidaire était de rester là, alors que Gregor venait d’apparaître au dessus de la balustrade, un mètre plus haut.

Loky desserra ses mâchoires pour laisser tomber sa lame, qui aurait pu le blesser lors de la réception. Puis il prit une légère impulsion en poussant avec ses jambes sur la façade et il se jeta.
La chute ne dura pas plus d’un instant et il atterrit en roulant sur le sol de terre de la cour intérieure.
Des fourmillements lui parcouraient les jambes, mais Loky n’en tînt pas compte et se lança en courant vers la herse.

« Arrêtez le, arrêtez le, c’est un elfe noir ! » cria Gregor du haut du balcon.

Les deux gardes présents à l’entrée se tournèrent vers l’assassin, lance en mains.
Loky se dirigea vers celui de droite. La lance fusa vers lui. Le Druchii sauta par-dessus, heurta l’homme les deux pieds en avant dans une violence inouïe puis, se réceptionnant parfaitement, se tourna vers le deuxième soldat. Cette fois, le garde n’eut pas la rapidité de Gregor. Loky lança deux étoiles. Chacune d’elles se planta dans une jambe, dans un défaut de l’armure légère. Le guerrier tomba à genoux, et Loky, sûr de ne pas être suivi de près, traversa le pont levis en courant.

Le château était presque collé au reste de la ville, aussi Loky rejoignit les rues en quelques secondes.

Et bien vite, il disparût dans la foule qui naissait à peine à cette heure matinale.

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Dim 27 Déc 2009 - 22:45

Ah, ça c'est plus intéressant ! :thumright:

J'ai relevé une faute d'orthographe qui m'a choqué...
Citation :
Loky ne demanda pas l’autorisation de le suivre, il la pris lui-même.

...Une de construction...
Citation :
Si tu fais référence à mon éventuelle défaite, saches que la dernière fois, j’ai été loin de te montrer toute l’étendue de mon talent.
Cette phrase est dite par Gregor au vu du dialogue or tu écris ensuite :
Citation :
Loky avait dit vrai, il avait dissimulé en partie son talent lors de leur précédent duel.

...Et quelques erreurs de style à mon goût :

> Il me semble que "Druchii" est plus adapté dans la bouche d'un HE qu'"elfe noir", cette dernière appellation étant plutôt un nom donné par GW pour nous permettre de mieux les identifier au premier abord dans la fantasy générale.

> Prends garde à la répétition de "Loky", tu le mets quasiment dans chaque phrase lorsqu'il est sujet. Pense à : HdA renégat, assassin, agent Druchii, ex-second de Gregor, traître...

Cordialement,
Knur'
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Dim 27 Déc 2009 - 23:56

Knurlnien a écrit:

J'ai relevé une faute d'orthographe qui m'a choqué...
Citation :
Loky ne demanda pas l’autorisation de le suivre, il la pris lui-même.
A vrai dire, j'étais aussi choqué décrire cela, car ça sonnait bigrement faux, mais aveugle que j'étais je ne voyais pas l'erreur...

Citation :
...Une de construction...
Citation :
Si tu fais référence à mon éventuelle défaite, saches que la dernière fois, j’ai été loin de te montrer toute l’étendue de mon talent.
Cette phrase est dite par Gregor au vu du dialogue or tu écris ensuite :
Citation :
Loky avait dit vrai, il avait dissimulé en partie son talent lors de leur précédent duel.
Non, relis le texte, c'est bien Loky qui dit cela.

Citation :

> Il me semble que "Druchii" est plus adapté dans la bouche d'un HE qu'"elfe noir", cette dernière appellation étant plutôt un nom donné par GW pour nous permettre de mieux les identifier au premier abord dans la fantasy générale
Je comprend ton point de vue, néanmoins cela me permet de ne pas dire tout le temps Druchii.

Citation :
> Prends garde à la répétition de "Loky", tu le mets quasiment dans chaque phrase lorsqu'il est sujet. Pense à : HdA renégat, assassin, agent Druchii, ex-second de Gregor, traître...
+1



La suite un de ces quatre

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Lun 28 Déc 2009 - 1:17

Citation :
Je comprend ton point de vue, néanmoins cela me permet de ne pas dire tout le temps Druchii.
Sombre engeance, maudits cousins, parents sanglants, dégénérescences elfiques, moules à gaufres, frères aux cœurs noirs, envahisseurs ! On ne manque pourtant pas de termes !

SunHunter -
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Lun 28 Déc 2009 - 18:53

Citation :
Non, relis le texte, c'est bien Loky qui dit cela.
Toutes mes confuses, à la place de ", Gregor" je lisait ", dit Gregor" et puis il me semblait que Gregor avait battu Loky lors de leur duel (trop longtemps que je l'avait lu et la flegme de le relire). **sac**

Cordialement,
Knur'
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Mer 30 Déc 2009 - 0:02

Une suite violente à souhait.


LLOMARIN



Les pas du Seigneur dragon sonnaient sur le chemin de garde, suivi de ceux des cinq gardes noirs lancés à sa poursuite.

La peur et l’effort physique, alors qu’il n’avait pas mangé depuis plusieurs jours, faisaient battre le cœur de Llomarin à tout rompre. Mais il ne pouvait s’arrêter. Il devait faire fi de la fatigue, et la présence des soldats surentraînés et assoiffés de sang qui le poursuivaient ne manquaient pas de la motiver. Malgré tout son talent, il ne voulait pas prendre le risque d’un affrontement direct avec plusieurs gardes noirs. Il lui fallait les semer, ou trouver un autre moyen de les éliminer.

Alors que l’Asur cherchait une solution tout en courant aussi vite qu’il le pouvait, il vit un guerrier citoyen apparaître au bout de l’allée, au détour d’un virage du chemin de ronde. Dès que le soldat eut aperçu son cousin de race, il chargea son arbalète et la pointa vers sa cible.
Llomarin se mit à zigzaguer pour l’empêcher de viser correctement. Cela le ralentissait par rapport aux gardes noirs, toutefois il avait encore plusieurs mètres d’avance.
Un premier carreau fusa, manquant de quelques pouces la tête du prince.
Le tireur n’était plus qu’à une dizaine de mètres.
Un deuxième carreau siffla. Cette fois, il se brisa sur l’épaulette de Llomarin.
Le soldat citoyen jeta son arme de tir sur le côté et dégaina une épée courte.

Le seigneur dragon ne prit même pas la peine de dégainer.
Arrêtant à peine sa course, il arrêta au vol le bras armé qui s’abattit, attrapa l’homme par le col et le jeta de toutes ses forces contre les créneaux.
Alors que Llomarin repartait déjà en suivant le chemin de ronde à gauche, le dos du Druchii heurta de plein fouet la partie la plus basse du mur des remparts et il tomba dans le vide en poussant un cri déchirant.

Une hallebarde siffla derrière le prince Asur, si près que ce dernier crut que sa dernière heure était venue. Cependant, maintenant qu’il ne zigzaguait plus, il revînt à une allure plus rapide que les gardes noirs, gênés par leurs armes encombrantes.

Des escaliers.
Llomarin les monta quatre à quatre.
S’il avait eu moins de poursuivants, il aurait sans doute tenté quelque chose ici, alors qu’il se trouvait là au dessus de ses adversaires. Mais contre cinq gardes noirs, dans son état de fatigue actuel, il préférait s’abstenir et trouver autre chose, de plus sûr.

L’escalier débouchait sur une tour. Llomarin pria Asuryan pour qu’elle ne soit pas fermée à clef.
Ses prières furent exaucées, et il rabattit énergiquement la porte derrière lui.
Celle-ci fut violemment frappée deux secondes plus tard. Au deuxième coup, un garde noir traversa littéralement le bois avec son pied et défonça ce qui restait de la porte avec ses bras.
Les gardes noirs envahirent la petite pièce ronde.
Les trois premiers ouvrirent la prote en face et se jetèrent dans le froid extérieur.
Les deux autres regardèrent pendant quelques instants la salle déserte avec étonnement, puis l’un d’eux eut l’idée de lever les yeux.

Llomarin lui tomba dessus au même moment. Sa dague vint se planter jusqu’au manche dans l’œil du Druchii tandis que les deux hommes tombaient au sol. . Le prince se dégagea aussitôt du défunt et de la fontaine de sang qui s’échappait de son visage et dégaina son épée.

Le deuxième garde noir ne perdit pas son sang froid. Il balaya l’air avec son arme de gauche à droite. Llomarin se jeta en arrière pour esquiver, puis se rua en avant. Croc du Dragon heurta avec fracas le heaume du Druchii. Sa tête eut l’air de vibrer sous le choc et le garde noir s’écroula comme une masse.

Des cris indiquèrent au prince que les autres revenaient, sans doute passablement énerver d’avoir poursuivi du vent sur le chemin de ronde. Il réemprunta le chemin qu’il avait déjà pris à l’instant.
Montant sur des caisses rangées contre le mur, il sauta ensuite vers les poutres qui soutiennent le plafond.

Lorsque les trois gardes noirs firent irruption dans la salle, Llomarin attendait, l’épée à la main, en équilibre sur une poutre.
« Il est là ! » éructa un diable noir en levant les yeux.
Poussant des grognements de haine, un de ses camardes frappa de toutes ses forces avec sa hallebarde la poutre sur laquelle se dressait le prince. Le morceau de bois fut brisé net, cependant l’Asur avait anticipé et sauté sur une autre poutre.
Un des Druchii escalada les mêmes caisses et s’accrocha sur une poutre avec les bras avant de monter lestement dessus.
Le problème pour lui, c’était que Llomarin avait déjà eu quelques secondes pour préparer une réaction.

Sautant lestement d’une poutre à l’autre, il se jeta sur le garde noir du côté opposé à la hallebarde.
Le heurtant de l’épaule, il le fit valdinguer en bas mais chuta également, emporté par son élan.
Llomarin retomba, Croc du Dragon en mains, plantée dans le torse de son adversaire.

Le prince le savait, il n’avait pas le temps de récupérer son arme. Se retournant en un éclair, il put voir venir la hallebarde qui s’abattait sur lui.
Levant la main, il arrêta, comme il l’avait fait pour le guerrier citoyen, le bras de l’assaillant. Son autre main jaillit et s’écrasa violemment sur le casque d’ébène. Dans la foulée, Llomarin repoussa le fanatique avec son pied. Ce dernier lâcha prise et le seigneur dragon récupéra prestement la hallebarde.
L’Asur abattit lourdement l’arme sur l’épaule de son ancien possesseur, qui tomba à genoux en grognant. Le prince dégagea la hallebarde en poussant avec son pied le blessé qui s’étala de tout son long sur le sol déjà bien encombré de cadavres.
Seul un diable noir restait. L’air enragé, il restait pour l’instant à distance raisonnable de son ennemi, en garde.
Llomarin sourit. Ils combattaient avec la même arme, c’était très intéressant.
Des siècles de maniement entre les murs de Naggarond contre seulement quelques heures de pratique de la hallebarde à la Tour blanche.
Le sourire du seigneur dragon se figea. C’était plus dangereux qu’intéressant, en fait.

Les armes s’entrechoquèrent une première fois, puis une seconde. Tous les sens de Llomarin était aux aguets. Il cherchait une solution.
Et il l’avait trouvée.

Les hallebardes s’entrechoquèrent encore. Le garde noir parvînt à écarter l’arme du prince.
Llomarin ramassa dans le même temps sa dague encore planté dans l’œil du premier fanatique. Au moment où le Druchii s’apprêtait à donner le coup fatal, le seigneur dragon bondit.
Avant même que le dos de l’elfe noir n’est touché le mur de pierre sous la force du contact, un poignard s’était glissé entre son heaume et son gorgerin, faisant jaillir une gerbe de sang et lui ôtant la vie.

Llomarin rangea sa dague à sa ceinture puis récupéra son épée, encore fichée dans le torse d’un des combattants.
Avant de quitter la pièce par l’autre entrée, le prince adressa un signe de tête aux défunts.
« Bon dîner avec Khaine. »

Le chemin de ronde était désert. Apparemment, leur combat n’avait attiré personne. Tant mieux.
Llomarin reconnut parmi les bâtiments au bout du chemin une bâtisse abritant l’entrée d’un passage secret. Il sourit et courut vers la porte.

Il jeta en passant un regard à l’opposé des murs, vers les montagnes et le soleil brillant. Un spectacle magnifique, qu’il n’avait fait qu’entrapercevoir lorsqu’il était pourchassé, à l’instant.

Le seigneur dragon referma doucement la porte derrière lui, et la verrouilla. Il se trouvait dans une pièce au plancher grinçant qui avait servi d’entrepôt à armes pour les Asur, et qui apparemment ne servait pas pour les Druchii.

« J’ai failli attendre. » fit une voix.

Llomarin se tourna vers un coin de la pièce. Un Druchii était adossé contre le mur, les mains autour du manche d’un immense hachoir.
Il portait une armure complète du même bleu que la nuit, recouverte d’arabesques, qui lui recouvrait presque totalement le corps. On ne voyait pas une once de sa peau, pas même au travers des ténèbres des orifices de son heaume. Des draperies du même violet que son cimier tombaient de sa ceinture dans une visée esthétique.
C’était vrai, admit le prince, parfois les Druchii pouvaient être beau. Mais alors ils témoignaient d’une beauté froide, aussi froide que la mort qu’ils apportaient aux autres aussi bien qu’à eux mêmes.
Tout cet attirail désignait l’homme comme un chevalier. Un guerrier à redouter, sans aucun doute.

Llomarin dégaina tout en se plaçant au centre de la pièce rectangulaire, face à l’inconnu.
- Tu m’attendais ? demanda le seigneur dragon.
- J’avais prévu que tu passerais par là. Je m’attendais à voir des gardes noirs derrière toi, mais tu m’as l’air bien seul.
- Oui, ils ont été retenus.
- Cela n’est que plus réjouissant. Je vais m’occuper de toi personnellement. Tyrus me récompensera grandement lorsque je lui amènerai ta tête.
- C’est drôle, tu es la deuxième personne à me dire quelque chose dans ce genre. La dernière a fini sacrifiée à Khaine.
- Tais-toi, chien ! Le véritable sacrifice va avoir lieu maintenant !

Le chevalier brandit son hachoir et chargea en criant. Il se déplaçait avec une grâce et une vitesse féline, malgré son armure.

L’arme s’écrasa en crissant sur Croc du Dragon.
Le Druchii enchaîna botte sur botte, et le prince dut user de toute son agilité et de ses réflexes pour dévier les coups.
Llomarin apprenait à chaque fois un peu plus sur son adversaire. Ses points forts, mais aussi ses points faibles.
Au bout de cinq minutes de combats, le seigneur dragon n’avait pas encore porté une seule attaque, cependant il commençait à anticiper les assauts ennemis.

- Tu ne désires pas gagner ce combat ? demanda le chevalier. Je ne t’épargnerai pas, chien.

Le hachoir siffla de nouveau vers l’Asur. Llomarin fit un rapide pas en arrière pour éviter le coup, puis passa à l’attaque.
Croc du dragon s’abattit et s’abattit encore.
Cependant, le noble de Naggaroth repoussa chaque coup comme Llomarin l’avait fait auparavant.
Son hachoir était une arme à vocation fortement offensive, toutefois il le maîtrisait parfaitement et savait s’en servir pour parer les attaques les plus violentes.

Les combattants se séparèrent une poignée de secondes.
Encore une fois, pensa Llomarin, je vais devoir innover.
Il balaya l’air avec son arme, mais le chevalier esquiva en reculant puis se jeta en avant.
Bon sang, il allait jusqu’à imiter les techniques du prince !
Le hachoir fut stoppé par l’épée et le seigneur dragon en profita. Son pied monta à vive allure vers le heaume de son adversaire dans une extension parfaite et le heurta.
Le Druchii recula. Llomarin frappa dans la foulée avec son arme, toutefois le chevalier réussit à parer.
Surpris, le prince n’essaya pas d’esquiver le coup suivant, mais seulement de le bloquer. Le noble mit tellement de force dans cette attaque que Croc du dragon lui fut arracher des mains et atterrit plus loin sur le sol.
Le Druchii se plaça aussitôt entre l’arme et son ancien possesseur.
Llomarin dégaina sa dague ancienne.

Le Druchii se mit à hurler de rire.
« Tu crois pouvoir m’arrêter… avec ça ? » dit-il en resserrant sa prise sur son hachoir.
Le seigneur dragon sourit. Avec ce poignard, il gagnait en rapidité et en liberté de mouvement tout ce qu’il perdait en puissance. Pourquoi n’y avait-il pas pensé plus tôt ? Face à cette brute maniant une arme si lourde et encombrante, c’était la clef.
Llomarin se concentra et se rappela son enseignement acquis à la tour blanche.
« Face à un ennemi avec une arme lourde, la rapidité est de mise. »
Le prince se mit à tourner autour de son adversaire.
« Faites lui perdre ses repères, qu’il ne sache pas où vous êtes. »
Alors que le chevalier frappait, Llomarin entra dans une danse folle, virevoltant autour de son ennemi en suivant un rythme totalement chaotique. Il frappait régulièrement, rencontrant toujours le métal de l’armure, mais cela avait pour mérite de rendre fou de rage son adversaire.

Le Druchii se mit à frapper de tous les côtés. A chaque fois, l’Asur avait disparu de l’endroit où le hachoir fusait.
Llomarin frappa de nouveau, dans son dos. Cette fois sa dague se planta dans un défaut de l’armure, sous l’épaule gauche.
Le chevalier cria de douleur. Sa main gauche lâcha le hachoir.
Le prince attrapa son bras droit et le tordit.

Tout le reste sembla se passer en une fraction de seconde.
Le hachoir tomba au sol tandis que le Druchii tombait à genoux.
Le pied de l’Asur se plaça dessous et, d’un geste, le jeta dans les airs au dessus de lui.
Llomarin attrapa l’arme au vol et la planta violemment dans le heaume du chevalier. La lame pénétra profondément le casque et le crâne, éclaboussant de sang le meurtrier.

Le corps s’écroula lourdement au sol, l’arme toujours fichée dans la tête.

_________________
« Qu’il ne soit fait aucun quartier. Je veux entendre leur cri. Faites les souffrir. Mutilez leurs corps pour que même Isha ne puisse reconnaître ses enfants. »
Tyrus, dynaste elfe noir

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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   Mer 30 Déc 2009 - 23:47

Pas de signe de vie depuis 4 mois et là 3 textes en 1 semaine : tu fais péter ta moyenne Llo ! **yeha**

Maintenant revenons à ce bourrinisme absurde texte :
Citation :
Les pas du Seigneur dragon sonnaient sur le chemin de garde, suivi de ceux des cinq gardes noirs lancés à sa poursuite.
**siffle**
Dis-moi que tu l'as fait exprès !

Citation :
Les trois premiers ouvrirent la prote
Peux-tu m'expliquer ce qu'est une "prote" stp ? XD

Citation :
Llomarin sourit. Ils combattaient avec la même arme, c’était très intéressant.
Des siècles de maniement entre les murs de Naggarond contre seulement quelques heures de pratique de la hallebarde à la Tour blanche.
Le sourire du seigneur dragon se figea. C’était plus dangereux qu’intéressant, en fait.
Mon passage préféré. :)

Citation :
Avant de quitter la pièce par l’autre entrée, le prince adressa un signe de tête aux défunts.
« Bon dîner avec Khaine. »
Ça fait un peu beaucoup James Bond à mon goût.

Citation :
J’avais prévu que tu passerais par là.
Pourquoi ? Il est devin ? N'as-tu pas une explication rationnelle à nous fournir de la bouche d'un pro de la traque ?

En conclusion, c'est bien tout ça mais Llo va-t-il enfin faire quelque chose de particulier ou alors son but est d'annihiler à lui tout seul tous les envahisseur sans manger et sans boire (quel homme elfe !) ?
Je sais que tu adore les scène de baston (il y en a dans (presque) tous les passages) mais il faudrait un peu tisser le prétexte la trame de fond AMHA.

Cordialement,
Knur' (jamais content)
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MessageSujet: Re: [Recit] Les Chroniques d'Orelym   

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